La prière urgente de La Vierge à Fatima !  » O mon Jésus  » (2)

La prière urgente de la Vierge à Fatima

2 – Le cri d’amour de Marie vers l’Unique Sauveur…

 « O mon Jésus ! »

Notre Dame de Fatima, 13 mai 1017

 

     Quand la Vierge donne aux enfants de Fatima cette prière à ajouter à la fin de chaque dizaine de chapelet, sa première parole « O mon Jésus » révèle, de fait, le « Cri profond » jailli de son Cœur Immaculé : le Cri unique de la Mère du Verbe Sauveur ! Ne l’a-t-elle pas porté en son sein durant neuf mois dans un mystère inouï de silence et d’intimité ?  Ne l’a-t-elle pas suivi jusqu’au pied de la Croix avec un amour et une douleur que Dieu seul connaît ? Tel est le secret sans fond de Celle qui est la Mère de Dieu, la Mère de l’Eglise et donc, ma Mère de chaque instant… Le théologien Urs von Balthazar en a témoigné magnifiquement dans un livre trop peu connu :

« Il a souffert pour nous ! » Ces mots prennent tout leur sens lorsque nous imaginons ce que Marie a pu ressentir dans son esprit et dans son Cœur lors de la Passion… Silencieuse et voilée, sa Mère marche à ses côtés dans une extrême faiblesse, tout en étant animée d’une force suprême. Son Cœur est un suaire, plus vrai que le linge de Véronique. Jésus-Christ, Dieu, doit être pour nous ce qu’Il est pour Marie. C’est donc à travers Elle que nous devons chercher à pénétrer le mystère de la Rédemption…

       Trop souvent, nous oublions. Les choses dont nous avons entendu parler s’étiolent dans notre mémoire… Mais « la mémoire de Marie » est aussi précise aujourd’hui qu’au premier jour. Faisons-là apparaître chaque jour à nos yeux… La foi est un don de toute la personne. Marie ayant toujours été disponible, sa mémoire était la page immaculée sur laquelle l’Esprit-Saint allait graver le Verbe de Dieu le Père[1]… »

     Alors, oui, le « O mon Jésus » qui ouvre la prière donnée par Notre Dame de Fatima laisse deviner son incommensurable amour maternel… et nous invite à la suivre à travers les mystères joyeux, lumineux, douloureux et glorieux de son Rosaire ! Ce cri intime au Christ a été le sien tout au long de sa vie et doit devenir de plus en plus le nôtre : le « O » marque une admiration sans limite et le « mon » signifie que le Fils de Dieu s’est fait « mien » pour toujours… dans la folie d’amour de la Croix, Il s’offre à chaque instant à ma liberté! N’est-t-Il pas en vérité « mon Seigneur et mon Dieu ! » (Jn 20,28). Car depuis les premiers chrétiens, « le nom de Jésus » a jailli de millions de cœurs et traverse les siècles !…

     Tout a commencé à l’Annonciation où le Père, à travers l’Ange Gabriel, découvre à la Vierge le Nom du Sauveur : « Tu lui donneras le nom de Jésus[2]… et son règne n’aura pas de fin ! » (Lc 1,31-32). Et désormais, après sa vie, sa mort et sa Résurrection, l’Eglise primitive est toute centrée sur l’annonce de son Nom qui « dit » sa victoire et sa Présence. Sa promesse finale traverse les siècles jusqu’à nous aujourd’hui : « Et moi, je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde ! » (Mt 28,20).  C’est le temps de l’Eglise qui commence avec la première annonce de Saint Pierre dans le Temple de Jérusalem : « Il n’y a pas sous le ciel d’autre nom donné aux hommes, par lequel nous devions être sauvés ! » (Ac 4,12). Et Saint Paul poursuivra magnifiquement dans l’Epitre aux Philippiens : « Dieu lui a donné le Nom qui est au-dessus de tout nom, pour que tout, au nom de Jésus, s’agenouille, au plus haut des cieux, sur la terre et dans les enfers ! » (Ph 2,9-10). Ainsi, que le « cri final » de  Saint Jean dans l’Apocalypse soit sans cesse le nôtre : « Amen, Viens Seigneur Jésus ! » (Ap 22,20).

     Et l’invocation du « Nom de Jésus » continuera à traverser l’histoire de l’Eglise : Des Pères du désert qui répétaient sans cesse cette invocation fondée sur l’Evangile : « Jésus, Fils de Dieu, Sauveur ! Aie pitié de moi pécheur ! » (Lc 18,38). Cette prière continuelle sera d’ailleurs reprise par la Tradition monastique orientale qui rayonnera aussi sur l’ensemble des croyants… Et du côté de la chrétienté d’Occident, une invocation tout aussi évangélique traversera les cœurs : « Jésus, doux et humble de Cœur, rend mon cœur semblable au tien ! » (Mt 11,28).

Enfin, plus près de nous, Jésus miséricordieux lui-même insistera auprès de Sainte Faustine pour que se répande une prière centrée sur la confiance… et elle est aujourd’hui mondialement connue et priée ! On peut donc déduire qu’elle nous est donnée pour demeurer « debout » dans la foi et l’espérance à travers les épreuves apocalyptiques des derniers temps ! D’ailleurs, le Seigneur a fait une prophétie qui donne la mesure sur notre histoire récente qui est au bord d’une terrible guerre mondiale : « L’humanité ne trouvera pas la paix tant qu’elle ne se tournera pas avec confiance vers ma miséricorde[3] ! » Et il ajoutera plus tard cette parole prophétique qui résonnera puissamment dans le cœur de Sainte Faustine : « Tu prépareras le monde à mon ultime venue[4] ! »

     Alors sachons vivre notre conversion évangélique en état d’urgence tout en gardant cette paix qui ne vient que de l’humilité traversée par une ultime confiance[5] :

     « Jésus, j’ai confiance en Toi [6] ! »                                                   

 

                                                                                                                           +Marie-Mickaël

 

[1] Hans Urs von Balthazar, Marie pour aujourd’hui, Nouvelle cité 1988, p.48-49.

[2] De l’hébreu Yéchûa : « Yahweh sauve ! »

[3] Sainte Faustine, Petit Journal, 300.

[4] Petit Journal, 429.

[5] Souvenons-nous ici des deux dernières méditations où Sainte Thérèse de Lisieux nous a tant éclairés et exhortés par son cri unique : « C’est la confiance et rien que la confiance qui doit nous conduire à l’amour ! » 

[6] Petit Journal, 1298.