La prière urgente de La Vierge à Fatima !  » O mon Jésus  » (2)

La prière urgente de la Vierge à Fatima

2 – Le cri d’amour de Marie vers l’Unique Sauveur…

 « O mon Jésus ! »

Notre Dame de Fatima, 13 mai 1017

 

     Quand la Vierge donne aux enfants de Fatima cette prière à ajouter à la fin de chaque dizaine de chapelet, sa première parole « O mon Jésus » révèle, de fait, le « Cri profond » jailli de son Cœur Immaculé : le Cri unique de la Mère du Verbe Sauveur ! Ne l’a-t-elle pas porté en son sein durant neuf mois dans un mystère inouï de silence et d’intimité ?  Ne l’a-t-elle pas suivi jusqu’au pied de la Croix avec un amour et une douleur que Dieu seul connaît ? Tel est le secret sans fond de Celle qui est la Mère de Dieu, la Mère de l’Eglise et donc, ma Mère de chaque instant… Le théologien Urs von Balthazar en a témoigné magnifiquement dans un livre trop peu connu :

« Il a souffert pour nous ! » Ces mots prennent tout leur sens lorsque nous imaginons ce que Marie a pu ressentir dans son esprit et dans son Cœur lors de la Passion… Silencieuse et voilée, sa Mère marche à ses côtés dans une extrême faiblesse, tout en étant animée d’une force suprême. Son Cœur est un suaire, plus vrai que le linge de Véronique. Jésus-Christ, Dieu, doit être pour nous ce qu’Il est pour Marie. C’est donc à travers Elle que nous devons chercher à pénétrer le mystère de la Rédemption…

       Trop souvent, nous oublions. Les choses dont nous avons entendu parler s’étiolent dans notre mémoire… Mais « la mémoire de Marie » est aussi précise aujourd’hui qu’au premier jour. Faisons-là apparaître chaque jour à nos yeux… La foi est un don de toute la personne. Marie ayant toujours été disponible, sa mémoire était la page immaculée sur laquelle l’Esprit-Saint allait graver le Verbe de Dieu le Père[1]… »

     Alors, oui, le « O mon Jésus » qui ouvre la prière donnée par Notre Dame de Fatima laisse deviner son incommensurable amour maternel… et nous invite à la suivre à travers les mystères joyeux, lumineux, douloureux et glorieux de son Rosaire ! Ce cri intime au Christ a été le sien tout au long de sa vie et doit devenir de plus en plus le nôtre : le « O » marque une admiration sans limite et le « mon » signifie que le Fils de Dieu s’est fait « mien » pour toujours… dans la folie d’amour de la Croix, Il s’offre à chaque instant à ma liberté! N’est-t-Il pas en vérité « mon Seigneur et mon Dieu ! » (Jn 20,28). Car depuis les premiers chrétiens, « le nom de Jésus » a jailli de millions de cœurs et traverse les siècles !…

     Tout a commencé à l’Annonciation où le Père, à travers l’Ange Gabriel, découvre à la Vierge le Nom du Sauveur : « Tu lui donneras le nom de Jésus[2]… et son règne n’aura pas de fin ! » (Lc 1,31-32). Et désormais, après sa vie, sa mort et sa Résurrection, l’Eglise primitive est toute centrée sur l’annonce de son Nom qui « dit » sa victoire et sa Présence. Sa promesse finale traverse les siècles jusqu’à nous aujourd’hui : « Et moi, je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde ! » (Mt 28,20).  C’est le temps de l’Eglise qui commence avec la première annonce de Saint Pierre dans le Temple de Jérusalem : « Il n’y a pas sous le ciel d’autre nom donné aux hommes, par lequel nous devions être sauvés ! » (Ac 4,12). Et Saint Paul poursuivra magnifiquement dans l’Epitre aux Philippiens : « Dieu lui a donné le Nom qui est au-dessus de tout nom, pour que tout, au nom de Jésus, s’agenouille, au plus haut des cieux, sur la terre et dans les enfers ! » (Ph 2,9-10). Ainsi, que le « cri final » de  Saint Jean dans l’Apocalypse soit sans cesse le nôtre : « Amen, Viens Seigneur Jésus ! » (Ap 22,20).

     Et l’invocation du « Nom de Jésus » continuera à traverser l’histoire de l’Eglise : Des Pères du désert qui répétaient sans cesse cette invocation fondée sur l’Evangile : « Jésus, Fils de Dieu, Sauveur ! Aie pitié de moi pécheur ! » (Lc 18,38). Cette prière continuelle sera d’ailleurs reprise par la Tradition monastique orientale qui rayonnera aussi sur l’ensemble des croyants… Et du côté de la chrétienté d’Occident, une invocation tout aussi évangélique traversera les cœurs : « Jésus, doux et humble de Cœur, rend mon cœur semblable au tien ! » (Mt 11,28).

Enfin, plus près de nous, Jésus miséricordieux lui-même insistera auprès de Sainte Faustine pour que se répande une prière centrée sur la confiance… et elle est aujourd’hui mondialement connue et priée ! On peut donc déduire qu’elle nous est donnée pour demeurer « debout » dans la foi et l’espérance à travers les épreuves apocalyptiques des derniers temps ! D’ailleurs, le Seigneur a fait une prophétie qui donne la mesure sur notre histoire récente qui est au bord d’une terrible guerre mondiale : « L’humanité ne trouvera pas la paix tant qu’elle ne se tournera pas avec confiance vers ma miséricorde[3] ! » Et il ajoutera plus tard cette parole prophétique qui résonnera puissamment dans le cœur de Sainte Faustine : « Tu prépareras le monde à mon ultime venue[4] ! »

     Alors sachons vivre notre conversion évangélique en état d’urgence tout en gardant cette paix qui ne vient que de l’humilité traversée par une ultime confiance[5] :

     « Jésus, j’ai confiance en Toi [6] ! »                                                   

 

                                                                                                                           +Marie-Mickaël

 

[1] Hans Urs von Balthazar, Marie pour aujourd’hui, Nouvelle cité 1988, p.48-49.

[2] De l’hébreu Yéchûa : « Yahweh sauve ! »

[3] Sainte Faustine, Petit Journal, 300.

[4] Petit Journal, 429.

[5] Souvenons-nous ici des deux dernières méditations où Sainte Thérèse de Lisieux nous a tant éclairés et exhortés par son cri unique : « C’est la confiance et rien que la confiance qui doit nous conduire à l’amour ! » 

[6] Petit Journal, 1298.




Prière de Matteo d’Agnone à la Vierge

« Ô douce Mère, ô Reine, ô Notre-Dame, si vous nous voyez pécher, redressez-nous ;

si nous sommes dans la grâce, soutenez-nous ;

si nous nous égarons sur le chemin de Dieu, encouragez-nous ;

si nous avançons, réconfortez-nous. »

Père Matteo D’Agnone

Pour en savoir plus sur Matteo D’Agnone, cliquer ici.




Le Serviteur de Dieu, le Père Matteo d’Agnone

Le Serviteur de Dieu, le Père Matteo da Agnone, est né en 1563 à Agnone , en Molise . Son désir de servir Dieu l’a mené à rejoindre les Frères Capucins , embrassant une vie de pauvreté , d’humilité et de prière , et prenant le nom de Frère Matteo da Agnone . Il était prêtre , prédicateur , formateur , supérieur local et provincial , et surtout un grand théologien et exorciste . Sa seule présence suffisait à chasser les démons, qui craignaient son humilité plus que tout.
Sa renommée pour sa sainteté s’est accrue de son vivant et s’est consolidée après sa mort en 1616 à Serracapriola , dans la province de Foggia. Il a été déclaré Serviteur de Dieu en 1996 et sa cause de canonisation est en cours . Nombreux sont ceux qui l’invoquent comme un puissant intercesseur et défenseur contre le diable , et les guérisons et les grâces de toutes sortes qui lui sont attribuées sont innombrables .

Un enfant spécial

Prospero Lolli est né à Agnone, au Molise, en 1563, au sein d’une famille aisée et profondément chrétienne. Cadet d’une fratrie de plusieurs sœurs, il fut entouré d’affection et d’attention dès son plus jeune âge. Dès son jeune âge, il manifesta une douceur particulière, un sérieux inhabituel pour son âge et une mystérieuse attirance pour Dieu.
Vers l’âge de six ans, tandis que les autres enfants jouent insouciants, Prospero préfère imiter le prêtre. Avec l’aide de ses sœurs, il prépare un petit autel, revêt une chemise blanche et répète avec une précision impressionnante les gestes et les paroles qu’il entend à l’église. Pour lui, ce n’est pas juste un jeu. Il éprouve déjà un sentiment du sacré qui laisse bouche bée ceux qui l’observent. Cet enfant, levant les mains vers le ciel comme pour consacrer le pain, semble touché par quelque chose de plus grand.
Il était très bon pour les études, surtout le latin. Certains ont commencé à penser que Dieu avait posé un regard particulier sur lui. Ainsi commença le parcours de Prospero Lolli, le futur Père Matteo da Agnone, destiné à ébranler les enfers par la force de son humilité et à toucher les cœurs par la puissance de sa foi.

Un accident dramatique

Prospero Lolli a dix-huit ans. Un jour, il quitte la maison pour rejoindre un ami. Aucun des deux n’imagine qu’un événement irréparable est sur le point de se produire.
Le garçon porte une arme à feu, volée secrètement à son père. Par un mystérieux concours de circonstances, Prospero la ramasse. Simple curiosité, geste instinctif, il la manipule avec légèreté, ignorant peut-être qu’elle est chargée. Un instant plus tard, un coup de feu retentit, et le drame survient : son ami est mortellement blessé.
Prospero, désespéré, s’enfuit dans les bois sans se retourner. La ville est sous le choc. Une enquête est ouverte et, bien que l’intention n’ait pas été délibérée, la justice prononce une condamnation par contumace. Étant mineur selon la loi de l’époque, il est condamné à une amende et banni d’Agnone.
Mais pour Prospero, la vraie condamnation est intérieure. Ce sentiment de culpabilité ne le quittera jamais. De cette profonde blessure naîtra un désir de rédemption. Des années plus tard, ce jeune homme deviendra le père Matteo da Agnone, un frère capucin et un combattant spirituel contre le mal.
Ses parents ont financé ses études à l’Université de Naples, où il s’est inscrit aux facultés de droit et de médecine.

Fils de saint François

Pendant ses études à l’université de Naples, Prospero Lolli était profondément attiré par la spiritualité jésuite et s’apprêtait à entrer dans la Compagnie de Jésus. Mais lors d’une conversation avec un camarade, il s’est rendu compte que son mode de vie, fait de pauvreté, d’austérité et de pénitence, correspondait davantage à l’idéal franciscain. Il choisit donc l’Ordre des Capucins, une décision courageuse, bien loin des ambitions académiques que sa famille nourrissait pour lui. Alors qu’il se préparait à prononcer ses vœux religieux sous le nom de Frère Matteo, le décès soudain de ses parents l’a forcé à retourner à Agnone. Ce fut une épreuve douloureuse, mais après avoir subvenu aux besoins de sa famille, il retourna au couvent, maintenant confiant dans la voie qu’il avait choisie.
Reconnu pour son intelligence et son humilité, il fut immédiatement considéré comme l’un des meilleurs jeunes hommes de son ordre et se vit confier d’importantes missions d’enseignement. En 1592, il a été ordonné prêtre et est devenu le père Matteo da Agnone.
Tout au long de sa vie religieuse, il a occupé des fonctions de plus en plus importantes. Il a été supérieur des monastères de Vasto, Serracapriola et Agnone, ainsi que maître des novices. Grâce à sa solide formation et à sa conduite irréprochable, il a été nommé professeur de théologie pour former les jeunes capucins au sacerdoce.
Il a ensuite été élu supérieur provincial, un poste qu’il a accepté à contrecœur, préférant servir plutôt que commander. Une fois son mandat terminé, il a été nommé visiteur de la province religieuse de Bari, signe de la grande estime et de la confiance que lui portaient ses supérieurs.

Un nom que le diable craint

Au couvent de Castel Bolognese, alors qu’il se prépare à la prêtrise, frère Matteo se retrouve mêlé à un exorcisme. Une femme, possédée depuis des années, est amenée à l’église pour implorer son aide. Les frères prient longtemps, mais les démons restent inflexibles. Frère Matteo étudie dans sa cellule. Soudainement, par la bouche de la femme, le diable s’écrie que seul frère Matteo d’Agnone peut le chasser, car son humilité le tourmente plus que tout.
Appelé par ses frères, le petit frère refuse d’abord de les suivre, mais obéit ensuite aux ordres de son supérieur. Il s’agenouille en silence devant le Saint-Sacrement et ne prononce pas un mot.
Le démon se met à se débattre, puis s’écrie qu’il ne peut supporter sa présence et abandonne la femme.
Depuis, des incidents semblables se sont répétés. Sa simple présence provoque un exorcisme, son nom est un supplice pour les enfers. Dans certains cas, la simple mention de son nom par un exorciste lors d’un rituel, même à son insu, suffit à déchaîner la fureur du diable.
Aujourd’hui encore, 400 ans après sa mort, son image, sa tombe et son nom suscitent les mêmes réactions.

Signes, prodiges et prophéties

Le père Matteo vivait dans une pauvreté extrême, mais ceux qui lui faisaient confiance ne manquaient jamais du nécessaire. Ses prières, sa foi et ses vertus chrétiennes lui valaient des grâces extraordinaires de Dieu.
Pendant la construction du couvent des Agnones, le vin se faisait rare à cause d’une maladie qui ravageait les vignes. Le père Matteo a pris deux fioles et est allé de porte en porte mendier. Lorsqu’il a cogné à la porte de M. Vincenzo Cellillo, sa femme lui a dit que le grand baril était vide et qu’il ne restait qu’un peu de vin dans le petit, réservé à son mari, mais qu’elle le lui offrirait volontiers. Le père Matteo est descendu à la cave, a fait le signe de croix sur le baril vide… et le vin a commencé à couler en abondance. Il y en a eu pour environ un mois, et il en a fallu non seulement pour la famille Cellillo, mais aussi pour tous les frères des couvents des Agnones.
Un événement semblable s’est produit chez Mme Livia Sottile, mère de trois frères capucins. Le vin du baril béni par le Père Matteo – même de loin – ne s’épuisa jamais. Chaque jour, elle en donnait aux malades et aux frères du couvent, et pourtant, il dura plus d’un an . Quand elle a demandé au frère de bénir aussi le jardin desséché, le lendemain, les plantes étaient luxuriantes et fraîches. Et quand elle lui demanda de bénir le contenant d’huile, il déborda .
Le père Matteo était aussi souvent un instrument de guérison. Parmi les nombreux témoignages, mentionnons celui de Lorenzo De Santis, mourant d’un grave abcès à la gorge qui l’empêchait de s’alimenter. Le père Matteo fit sur lui le signe de la croix et dit : « Ayez foi, Dieu vous guérira bientôt. L’abcès a éclaté tout de suite et l’homme a été immédiatement guéri.
Un jour, en regardant Agnone de loin, il a pleuré et a prophétisé un châtiment divin. Finalement, il s’est écrié : « Ma patrie… vous ne posséderez pas mes ossements. Quelques années plus tard, lorsqu’une révolte éclata et que l’intervention de l’armée sema la dévastation et la ruine, le peuple se souvint de ses paroles.
Et la prophétie s’est pleinement accomplie : ses ossements ne sont jamais retournés à Agnone. Ils reposent aujourd’hui à Serracapriola, où le père Matteo a terminé son pèlerinage terrestre.
Aujourd’hui, son intercession est aussi efficace qu’elle l’était alors.

Spiritualité christocentrique et mariale

La spiritualité du père Matteo est profondément christocentrique et mariale. Au cœur de sa vie se trouve le Christ crucifié, qu’il adore quotidiennement dans l’Eucharistie. Devant le tabernacle, il se sent en présence des anges. Il médite et pleure la Passion, contemple la douleur de la croix et invite chacun à vivre l’Évangile avec constance, se rappelant que trahir le Christ, c’est le crucifier une deuxième fois. En plus de son amour pour le Seigneur, il cultive une dévotion intense à la Vierge Marie, sa mère bien-aimée.
Il célébrait la messe avec une ferveur sublime, communiait quotidiennement, se confessait fréquemment et offrait joyeusement ses souffrances en réparation de ses péchés et pour le salut des âmes. Il menait une vie modeste, aimait le silence et priait sans relâche. Sa cellule, simple et dépouillée, était pour lui un havre de paix, de lumière et d’inspiration.
Durant son temps libre, il se consacrait à l’écriture, composant des textes spirituels profonds, tels que le Fasciculus Myrrae, dans lequel il médite sur la Passion du Christ, la valeur de la pénitence et la nécessité d’une confession sincère.
C’est un excellent théologien et prédicateur, mais la force de ses paroles réside dans leur parfaite cohérence avec la vie. C’est pourquoi ses sermons suscitent des conversions et touchent les cœurs les plus endurcis.
Plusieurs le consultent. Il possède les dons de discernement, de prophétie et de miracles, ainsi qu’une autorité particulière sur les esprits mauvais qui tremblent en sa présence. Il assiste sans relâche les malades et les mourants, en qui il reconnaît le visage du Christ.
Avant tout, il excelle en humilité. Il se considère comme le dernier, le plus indigne, le pire des pécheurs. Cette vertu profonde l’accompagne dans chacun de ses actes, chacun de ses choix. Et c’est précisément par cette humilité que Dieu l’élève, faisant de lui un puissant instrument de grâce et de lumière pour les âmes.

Le Colonel de la Madone

Parallèlement à son amour pour le Christ, le père Matteo cultivait une dévotion profonde et inébranlable envers la Vierge Marie. C’était un amour filial, nourri par l’étude, la contemplation et la prière. Chaque jour, il lui confiait sa vie, ses labeurs et ses souffrances. Il la considérait comme sa mère et sa Reine, le chemin privilégié vers le Christ Roi et le modèle parfait de vertu à imiter.
Dans la lignée de la tradition franciscaine, il médite sur le rôle de la Vierge Marie dans le plan du salut et défend la glorieuse Assomption, quatre siècles avant qu’elle ne soit proclamée dogme. Pour lui, il est évident que le corps de la Mère de Dieu ne pouvait pas demeurer sur terre, car sa place est auprès de son Fils, dans la gloire. Il l’affirme par des dissertations théologiques d’une grande profondeur.
Même le diable, lors d’un exorcisme où l’on invoqua l’intercession du père Matteo, le surnomma avec mépris « le colonel de la Vierge ». Un surnom né de la moquerie, mais devenu au contraire un titre de gloire.
Tout ce qu’on demande à Dieu par son intercession, le père Matteo le demande et l’obtient de la Vierge Marie, comme le diable a dû le confesser à plusieurs reprises lors d’exorcismes.

La mort bénie

Tout au long de sa vie, le père Matteo a enduré bien des souffrances physiques. Il souffrait de violentes douleurs d’estomac dues à des jeûnes prolongés, d’une maladie du foie, de problèmes de genoux causés par de longues heures de prière, et d’une forme douloureuse de goutte qui l’empêchait de marcher correctement. Il a offert son martyre silencieux au Seigneur avec un esprit joyeux et reconnaissant.
Après sa dernière affectation à Bari, il a été transféré à Sant’Elia à Pianisi, mais le climat rigoureux a empiré son état. Les médecins recommandent son transfert. Les frères ont choisi Serracapriola. Incapable de marcher, il a été transporté en charrette. Le voyage lui a causé d’atroces souffrances. Arrivé au couvent de nuit, il fut accueilli avec une immense joie, mais il chanta lui-même le psaume « De profundis », sachant sa fin proche.
Atteint d’une forte fièvre, il demeura lucide et serein. Il s’est confessé, a prié avec ses frères et a reçu l’Eucharistie. Réconforté par les sacrements, il s’est éteint paisiblement le 31 octobre 1616, la veille de la Toussaint. Les habitants de Serracapriola ont fait construire un cercueil afin d’éviter toute confusion avec les restes d’autres frères dans l’ossuaire. Ce geste a permis la conservation de sa dépouille.
Six mois plus tard, le corps a été retrouvé intact. Un moine toucha sa barbe et fut libéré de fortes tentations. Trois ans plus tard, un autre frère ouvrit le cercueil, libérant un doux parfum persistant : le parfum du paradis.

Signes et guérisons sur la tombe du Père Matteo

Le tombeau du Serviteur de Dieu, le Père Matteo da Agnone, se trouve dans l’église des Capucins de Serracapriola, dans la province de Foggia. Malheureusement, depuis 2022, ce lieu est dépourvu de frères et du Saint-Sacrement, suite à une décision de l’Ordre des Capucins. Le tombeau du Père Matteo demeure néanmoins un lieu de recueillement exceptionnel.
Ceux qui sont possédés par le démon réagissent violemment au simple contact de la pierre tombale, comme lors d’un exorcisme. Des photos de nombreux malades restent accrochées à la pierre tombale en signe d’intercession. Ceux qui souffrent de maux physiques ou spirituels éprouvent parfois des symptômes tels que des nausées, des tremblements, des vomissements, des bouffées de chaleur soudaines ou des picotements. Ces signes peuvent varier d’une personne à l’autre et ne sont pas systématiques, mais ils sont souvent interprétés comme des manifestations de la puissante intercession du Serviteur de Dieu.
Les témoignages sont nombreux, mais malheureusement, tous ne les partagent pas. 

L’image officielle

L’image officielle du père Matteo, commandée par le père Cipriano de Meo en 1984 pour l’ouverture du procès de canonisation diocésain et réalisée par le peintre local Gianfranco Forte. De nombreux témoignages de grâces associées à cette image du Serviteur de Dieu nous sont parvenus du monde entier. Même le diable, lors des exorcismes, prétend la craindre.

Pour plus d’informations, consultez l’ouvrage de Patrizia Cattaneo : Un exorciste chez vous




Message de Marie à Medjugorje le 25 janvier 2026

«Chers enfants,
Aujourd’hui, je vous appelle à être prière et bénédiction pour tous ceux qui n’ont pas connu l’amour de Dieu. Petits enfants, soyez différents des autres, des personnes positives de prière et d’amour envers Dieu, afin d’être, par votre vie, un signe de l’amour de Dieu pour les autres.
Je vous bénis de ma bénédiction maternelle et j’intercède pour chacun de vous auprès de mon Fils Jésus.
Merci d’avoir répondu à mon appel. »



La prière urgente de La Vierge à Fatima ! Un signe ultime de « la fin des temps » (1)

La prière urgente de La Vierge à Fatima !

1 – Un signe ultime de « la fin des temps »

 

« O mon Jésus, pardonnez-nous nos péchés, préservez-nous du feu de l’enfer !

Et conduisez au Ciel toutes les âmes,

spécialement celles qui ont le plus besoin de votre miséricorde ! »

Notre Dame de Fatima, 13 juillet 1917

 

    C’est lors de la troisième Apparition à Fatima que la Vierge demandera aux enfants d’ajouter cette prière unique au Seigneur Jésus après chaque dizaine de chapelet. Dans le mystère du salut offert à chaque instant à l’humanité pécheresse, c’est le signe d’une extrême urgence dans le grand combat qui se déploie entre la Femme et le Dragon (Ap 12,1-3) : la tradition ecclésiale a d’ailleurs vu dans  cette « Femme » le mystère de l’Eglise, mais aussi et surtout de Marie, Mère de l’Eglise !

     Le Pape Saint Paul VI l’a magnifiquement contemplé dans son exhortation apostolique mariale « Signum Magnum ». A travers cette exhortation mariale officielle, on devine la douce intimité de cœur que Paul VI a vécu avec la Vierge… et reçu d’Elle un don de force et d’espérance pour faire face à un après Concile plus qu’éprouvant ! Ecoutons le chant de son cœur qui demeure si actuel :

« Le signe grandiose que Saint Jean vit dans le ciel : « une Femme enveloppée de soleil » (Ap 12,1), la liturgie l’interprète, non sans fondement, comme se rapportant à la très Sainte Vierge Marie, Mère de tous les hommes par la grâce du Christ Rédempteur… La maternité spirituelle de Marie transcende l’espace et le temps et appartient à l’histoire universelle de l’Eglise, car elle a toujours été présente en elle par son assistance maternelle…

       Puisse le Cœur Immaculé de Marie resplendir devant le regard de tous les chrétiens… réconforté par cette certitude que l’insigne Reine du Ciel et notre très douce Mère ne cessera jamais d’assister tous et chacun de ses enfants[1]… »

      Ainsi, jaillie des profondeurs du Cœur Immaculé et douloureux de Notre Dame à Fatima, cette prière est un condensé des vérités de la foi et un « cri ultime » vers la Miséricorde de Dieu ! Elle nous est donnée pour vivre les temps eschatologiques que le Christ a si souvent annoncés dans les Evangiles de la fin :

« Veillez et priez en tout temps, afin d’avoir la force d’échapper à tout ce qui doit arriver, et de paraître avec assurance devant le Fils de l’homme ! » (Lc 21,36).

     Cela signifie précisément qu’il faut se réveiller de nos divers sommeils, celui qu’implique le matérialisme ambiant qui finit par « tuer l’âme » en l’éloignant dangereusement de Dieu…  ou celui d’une pratique religieuse confortable tout aussi « redoutable » qui ne vit plus l’urgence de la conversion évangélique ! Il faut revenir à l’admirable pédagogie de la Vierge à Fatima : durant les deux premières Apparitions, Elle fait faire aux enfants l’expérience unique du bonheur du Ciel au cœur de la Sainte Trinité… et ce n’est qu’à la troisième Apparition qu’Elle leur révèle dans une vision l’horreur de l’Enfer sous la domination de Satan !

On demeure d’ailleurs stupéfaits du silence sur les fins dernières dans l’Eglise actuelle : à quelques exceptions près, elle demeure « muette » sur les signes évidents de la « Parousie »  qui invitent à la conversion évangélique ! Trop souvent, la prédication préfère une approche plus lisse et sociale… et les « messages » de la Sainte Vierge semblent venir déranger une pastorale uniforme !

Pourtant, nous n’avons qu’une seule vie pour nous convertir à l’amour du Christ et du prochain en vue de la vie éternelle : «Au soir de cette vie, nous serons jugés sur l’amour[2] ! » Certes, par l’Amour en personne dont la Miséricorde est infinie, mais tout aussi infiniment Juste ! Et c’est pourquoi demandons avec insistance d’être « libérés » de ce regard trompeur où l’âme est enfermée dans une terrible illusion : celle des Vierges folles de l’Evangile ! Alors que les Vierges sages s’endorment aussi  à cause de leur fragilité, elles sont néanmoins prêtes au réveil (Mt 25,5-8) car vigilantes dans l’huile de la prière et de l’amour… l’huile sacrée du cœur fidèle !

Les Vierges folles, elles, sont toujours « ailleurs » ! Elles se situent « loin », dans une mortelle distance,  et n’ont plus cette relation d’amour constante avec l’Epoux. Leur soi-disant foi n’est qu’une dimension accessoire de leur vie… et leur demande urgente « d’ouvrir la porte » semble plus une pure opportunité, qu’un vrai cri d’amour ! De fait, la relation n’existe pas ou n’existe plus depuis longtemps et la mise en lumière du Seigneur en témoigne tragiquement : « En vérité je vous le dis, je ne vous connais pas ! » (Mt 25,12). Cela me fait penser à cette parole de Jésus miséricordieux à Sainte Faustine :

« O malheureux qui ne profitaient pas maintenant de ce miracle de la Miséricorde… en vain, vous appellerez, il sera déjà trop tard [3]… »

Cela nous renvoie à un autre Evangile qui précise encore combien s’enfermer dans cette « illusion redoutable » ferme la porte du Ciel… car, en réalité, le cœur demeure « si loin » de la douce Présence de Dieu : « Dés que le maître de maison se sera levé et aura fermé la porte, et que, restés dehors, vous vous serez mis à frapper à la porte en disant : « Seigneur, ouvre-nous ! » Il vous répondra : « Je ne sais d’où vous êtes ! » Alors vous commencerez à dire : « Nous avons mangé et bu en ta présence, et tu as enseigné sur nos places ! » Mais il vous répondra : « Je ne sais d’où vous êtes. Loin de moi, vous tous, artisans d’iniquité ! » Là seront les pleurs et les grincements de dents… »                      (Lc 13,25-28).

C’est pourquoi  le Seigneur nous prévient de vérifier et préparer notre cœur dans la vigilance inlassable de la prière : « Veillez donc, car vous ne savez ni le moment, ni l’heure ! » (Mt 25,12-13).

Alors, ne soyons pas étonnés ou scandalisés quand Notre Dame vient nous « réveiller » de manière évangélique à La Salette, Lourdes, Fatima ou Akita : Apparitions reconnues par l’Eglise. Car la Vierge de tendresse vient nous prévenir et nous préparer sur le terrible combat actuel et à venir…

   Pour conclure, écoutons le beau témoignage d’un Évêque français sur ces temps de la fin… C’est si rare qu’on s’en réjouit d’autant plus ! Alors, accueillons ce message de vérité et d’espérance :

« A Fatima, la Vierge Marie apparaît clairement comme la Femme de l’Apocalypse : « Un signe grandiose apparut au Ciel : une Femme ! Le soleil l’enveloppe, la lune est sous ses pieds et douze étoiles couronnent sa tête » (Ap 12,1). Le miracle du soleil, vu par une foule de témoins, accompagnant sa dernière Apparition, le 13 octobre 1917, en est l’éclatante confirmation. C’est le combat eschatologique entre la Femme et le Dragon qui aboutira à la victoire du Christ en Marie (Ap 12,1-17). A Fatima, Marie annonce ce bel épilogue : « A la fin, mon Cœur Immaculé triomphera !…»

     On peut déduire de l’insistance de la Vierge Marie à visiter la terre pour nous avertir ; et du déchaînement inédit des puissances du mal, en particulier à l’œuvre contre la vie humaine commençante et contre la famille, que nous sommes bien parvenus dans ces temps qui sont les derniers… Marie ne vient pas pour nous effrayer mais pour nous inviter à un sursaut de foi, d’espérance et de charité… Elle insiste sur la nécessité de nous convertir et sur l’importance fondamentale de la prière qui peut atténuer, voire écarter, les châtiments… Il s’agit donc d’un merveilleux message d’Espérance[4] ! »

+Marie-Mickaël

 

[1] Pape Saint Paul VI, Exhortation apostolique SIgnum Magnum, sur la vénération et l’imitation de Marie, 13 mai 1967.

[2] Saint Jean de la Croix.

[3] Petit Journal, 1448.

[4] Mgr Marc Aillet, Evêque de Bayonne, Préface du livre de Damian Sanchez, « Je viens vous préparer ! » Editions du Parvis, 2022, p.8-9-10.




Prière Mariale de St François de Sales

« Ayez mémoire et souvenance, très douce Vierge, que vous êtes ma Mère et que je suis votre fils ; que vous êtes puissante et que je suis un pauvre homme vil et faible. Je vous supplie, très douce Mère, que vous me gouverniez et me défendiez dans toutes mes voies et actions. Ne dites pas, gracieuse Vierge, que vous ne pouvez ; car votre bien-aimé Fils vous a donné tout pouvoir, tant au ciel comme en la terre. Ne dites pas que vous ne devez ; car vous êtes la commune Mère de tous les pauvres humains et particulièrement la mienne. Si vous ne pouviez, je vous excuserais disant : il est vrai qu’elle est ma mère et qu’elle me chérit comme son fils, mais la pauvrette manque d’avoir et de pouvoir. Si vous n’étiez ma Mère, avec raison je patienterais disant : elle est bien assez riche pour m’assister ; mais hélas, n’étant pas ma mère, elle ne m’aime pas. Puis donc, très douce Vierge, que vous êtes ma Mère et que vous êtes puissante, comment vous excuserais-je si vous ne me soulagez et ne me prêtez votre secours et assistance ? Vous voyez, ma Mère, que vous êtes contrainte d’acquiescer à toutes mes demandes. Pour l’honneur et la gloire de votre Fils, acceptez-moi comme votre enfant, sans avoir égard à mes misères et péchés. Délivrez mon âme et mon corps de tout mal et me donnez toutes vos vertus, surtout l’humilité. Enfin, faites-moi présent de tous les dons, biens et grâces, qui plaisent à la Sainte Trinité, Père, Fils et Saint-Esprit. Ainsi soit-il. »

Saint François de Sales (1567-1622)

Missionnaire puis évêque de Genève résidant à Annecy, fondateur de la Visitation avec Jeanne-Françoise de Chantal, il se fit tout à tous par la parole et par l’écrit, traitant de théologie avec les protestants, mettant la vie spirituelle à la portée des laïcs, attentifs aux petits comme aux grands.

 




S’il y a un moment où il faut prier le rosaire de tout son cœur, c’est bien maintenant !

On demanda un jour à Mgr Fulton Sheen (1) de décrire le pouvoir du rosaire. « Décrire le pouvoir du rosaire ? Il n’y a tout simplement pas de mots pour décrire le pouvoir du rosaire ! » Il poursuivit en déclarant : « Le problème avec le monde d’aujourd’hui, c’est qu’on ne prie pas assez le rosaire ! »

En 2004, un groupe de centres de grossesse pro-vie en Autriche s’est engagé à prier le rosaire pendant plusieurs années, à la fois devant les centres d’avortement et devant le Saint-Sacrement. Trois centres d’avortement ont fermé en Autriche, dont l’un a été racheté par les militants pro-vie pour en faire un centre de guérison post-avortement. Lorsqu’on lui a demandé comment ces centres d’avortement avaient pu fermer, le directeur des centres pro-vie a répondu : « Grâce au pouvoir du rosaire ».

Il existe de nombreuses choses qui sont puissantes et nécessaires pour nous, Catholiques, en particulier la Sainte Messe, source et sommet de notre foi. Mais le rosaire est une simple méditation quotidienne sur la vie de Notre Seigneur, en compagnie de Notre Dame, et celle-ci nous a demandé à plusieurs reprises, ainsi que de nombreux Papes, de le réciter. S’il y a un moment où il faut se mettre à prier le rosaire de tout son cœur, c’est bien maintenant, alors que les menaces de l’avortement jusqu’au terme de la grossesse et l’euthanasie sont sur le point de devenir loi.

Clare McCullough, 28 octobre 2025 (adapté d’un article plus long) IndependentCatholicNews

(1) Fulton John Sheen (1895-1979) est un prélat catholique américain, évêque auxiliaire de New York en 1951 puis évêque résidentiel de Rochester en 1966, avant d’être promu archevêque in partibus en 1969.




María Corina Machado, fidèle dévote de la Vierge Marie, prix Nobel de la paix

D’Ángel Alberto Morillo sur Vida Nueva :María Corina Machado, fidèle dévote de la Vierge Marie, prix Nobel de la paix

Un chapelet sur la poitrine, cette dirigeante de l’opposition a confié à la Mère de Dieu l’espoir que tous ses enfants en exil puissent « rentrer chez eux ».

María Corina Machado, leader de l'opposition

María Corina Machado Parisca, femme politique, ingénieure industrielle, professeure et principale dirigeante de l’opposition au Venezuela, a reçu le prix Nobel de la paix.

Son rôle d’architecte de la lutte démocratique au Venezuela, face à un régime chaviste qui persécute quiconque pense différemment, est bien connu, car Machado est également une dévote fervente de la Vierge Marie.

Durant la campagne présidentielle de 2024, au milieu des sabotages, y compris sa disqualification en tant que candidate, elle est toujours apparue déterminée, portant des chapelets, faisant campagne pour son remplaçant, Edmundo González.

Pour elle, « ce n’était pas seulement une lutte politique » à proprement parler, mais « une lutte spirituelle ». Elle a visité une ville où les habitants accrochaient des chapelets au cou.

Après le 28 juillet, jour où Nicolás Maduro s’est déclaré vainqueur des élections sans montrer les décomptes de voix validant sa victoire, une féroce persécution a éclaté.

Depuis lors, Machado est resté cachée, bien protégée, toujours convaincue que tout « passerait ». Ainsi, dans les moments les plus difficiles, on l’a vu prier le rosaire.

Une foi inébranlable

En fait, sa dévotion est telle que lors de la solennité de la Nativité de la Vierge – ce 8 septembre – il a publié un message sur X pour l’anniversaire de la Mère de Dieu, qu’au « Venezuela nous commémorons également avec le Jour de la Vierge de la Vallée, notre Vallita, et le jour de l’apparition à Guanare de notre sainte patronne, la Vierge de Coromoto ».

Elle a profité de l’occasion pour prier pour le pays, « pour la Liberté et pour chacun de nous, ses enfants ». Machado est mère de trois enfants : Ana Corina, Ricardo et Henrique. Comme des millions de femmes, elle rêve du retour de ses enfants à la maison.

Elle adresse son message marial à tous les Vénézuéliens, leur rappelant que « la Vierge Marie veut nous rappeler qu’elle est présente avec nous chaque jour ! Une mère est TOUJOURS avec ses enfants ; elle nous accompagne dans les moments de solitude, elle nous donne de la force quand nous tombons. »

 

« Notre combat est un combat pour le bien, la vérité et la justice, un combat pour la liberté et la paix. Durant toutes ces années, chaque jour, nous avons résisté et progressé contre le mal parce que nous marchons main dans la main avec Dieu, parce que nous sommes unis par une foi inébranlable et parce que nous sommes protégés par la Vierge », a-t-il écrit.




L’Amour sait attendre – 2

« Ma folie à moi, c’est d’espérer…

Un jour, j’en ai l’espoir, tu viendras me chercher ! »

Sainte Thérèse de Lisieux, manuscrit B

 

       Dans la dernière méditation, Thérèse proclamait cette grande vérité de la foi qui doit resplendir au plus profond d’une vie : savoir que « par delà les nuages, le soleil brille toujours ! » Si elle avait vécue à notre époque, je devine qu’elle aurait été ravie de prendre l’avion un jour de pluie pour se retrouver en « plein soleil » en altitude…

Thérèse est pour notre temps le grand « prophète de l’espérance » et il faut revenir sur cette bouleversante parabole du soleil et du petit oiseau : là est le cœur de sa voie d’enfance spirituelle. Car la foi seule a le pouvoir de transformer la fragilité en confiance ! Et elle devient un chant d’amour au cœur de la nuit… c’est pourquoi il faut écouter longtemps le chant d’amour de Thérèse pour que cette sagesse des « petits » de l’Evangile (Lc 10,21) ouvre peu à peu nos cœurs :

« Jésus, je suis trop petite pour faire de grandes choses, et ma folie à moi, c’est d’espérer !… Aussi longtemps que tu le voudras, ô mon Bien-Aimé, ton petit oiseau restera sans forces et sans ailes, toujours il demeurera les yeux fixés sur toi, il veut être fasciné par ton regard divin, il veut devenir la proie de ton Amour… Un jour, j’en ai l’espoir, tu viendras ma chercher [1]… »

       « Ma folie à moi, c’est d’espérer ! » C’est comme ici le Credo silencieux de Thérèse !  En réalité, ce cri traverse toute sa vie de carmélite. Car attendre dans la nuit sans rien voir venir la situe au cœur de cette vie théologale où la nuit de la foi fait lever une folle espérance… seule elle attire le feu de l’Amour : « Dans le Cœur de l’Eglise, ma Mère, je serai l’Amour… ainsi, je serai tout… ainsi, mon rêve sera réalisé[2] ! »

Comment oublier ici « l’histoire de la pécheresse convertie qui est morte d’amour » : elle a tant bouleversé et confirmé Thérèse sur la voie de l’infinie Miséricorde :

« Non, personne ne pourrait m’effrayer ; car je sais à quoi m’en tenir sur son amour et sa miséricorde. Je sais que toute cette multitude d’offenses s’abîmerait en un clin d’œil, comme une goutte d’eau dans un brasier ardent !

        Il est rapporté dans la Vie des Pères du désert, que l’un d’eux convertit une pécheresse publique dont les désordres scandalisaient une contrée entière. Cette pécheresse, touchée de la grâce, suivait le saint dans le désert pour accomplir une rigoureuse pénitence, quand, la première nuit du voyage, avant même d’être rendue au lieu de sa retraite, ses liens mortels furent brisés par l’impétuosité de son repentir plein d’amour : et le solitaire vit, au même instant, son âme portée par les Anges dans le sein de Dieu…

       Voilà un exemple bien frappant de ce que je voudrais dire, mais ces choses ne peuvent s’exprimer [3]… »

      Ce témoignage fulgurant a de quoi nous surprendre et nous interroger sur les étroitesses cachées de nos cœurs dans notre quotidien trop souvent linéaire…  pour accéder au mystère de l’infinie miséricorde, notre pauvreté doit être traversée par une audacieuse et folle confiance ! Cela peut nous paraître contradictoire ; mais dans cette attente épuisante s’opère une création nouvelle et cachée où le cœur apprend à aimer en vérité comme l’enseigne Thérèse :

 « Pour aimer Jésus… il faut consentir à rester pauvre et sans force, et voilà le difficile… C’est la confiance et rien que la confiance qui doit nous conduire à l’Amour [4] ! »

     Thérèse insiste tant sur ce « rien ». Elle sait combien, avec les meilleures intentions, notre confiance est encore trop souvent un mélange où notre moi garde secrètement le contrôle. L’esprit d’enfance n’a pas encore pénétré en profondeur car « pour attendrir Dieu il faut être vraiment pauvre. Et qu’y a-t-il de plus pauvre que d’essayer de porter sa croix sans y parvenir ? Les riches veulent bien porter leur croix à condition d’y arriver. Sinon, ils refusent parce que cela ne sert à rien. Les pauvres ne sont pas ceux qui attendent passivement comme les quiétistes. Ce sont ceux qui essaient de réussir… Au fond, c’est très « calé », mais à l’envers, un jeu de qui perd gagne. Il faut faire des efforts, épuiser ses forces, se donner totalement, faire tout ce qu’on peut, mais pour tout rater ! Non qu’on veuille rater, on essaie de réussir, mais on comprend et on accepte de mieux en mieux que nos forces soient dépensées en pure perte. Cette « pure perte » est ce qu’il y a de plus précieux aux yeux de Dieu, parce que c’est « le chant de notre amour [5] ! »

C’est sans doute ce que voulait exprimer Saint Jean Chrysostome quand il affirmait : « Dieu ne nous demande pas de réussir, mais de travailler… » Et Thérèse va jusqu’à affirmer : « T’aimer Jésus, quelle perte féconde [6] ! »

     Seule l’attente pauvre et persévérante de notre foi fera monter en nos cœurs ce gémissement de l’espérance… et laissons Thérèse nous partager son cœur intime quand elle nous confie :

     « Peut-être vas-tu croire que je fais toujours ce que je dis, oh non, je ne suis pas toujours fidèle, mais je ne me décourage jamais, je m’abandonne dans les bras de Jésus [7] ! »

 

                                                                                                              +Marie-Mickaël

 

[1] Sainte Thérèse de Lisieux, Œuvres complètes – Manuscrit B, p.231.

[2] Sainte Thérèse de Lisieux, Œuvres complètes – Manuscrit B, p.226.

[3] Sainte Thérèse de Lisieux, Œuvres complètes, p.1293.

[4] Sainte Thérèse de Lisieux, Œuvres complètes –  Lettre 197, p.553.

[5] Marie Dominique Molinié, Qui comprendra la Cœur de Dieu ? Saint Paul 1994, p.80.

[6] Sainte Thérèse de Lisieux, Œuvres complètes – Poésie 17,

[7] Sainte Thérèse de Lisieux, Œuvres complètes – Lettre 143, p.467.




La Bienheureuse Vierge Marie a détruit dans sa personne toutes les hérésies… (P. Lagrange)

« La Bienheureuse Vierge Marie a détruit dans sa personne toutes les hérésies : elle est Mère de Dieu, donc, le Fils de Dieu, Jésus Christ, n’est qu’une seule personne, et il a deux natures puisqu’il est aussi vraiment son Fils, né de sa substance.

Daignez donc, ô Mère de la Sagesse, instruire vos enfants : votre conversation n’a pas d’amertume, votre discipline est douce, vos leçons forment l’esprit et le cœur. »

Père Marie-Joseph Lagrange, Journal spirituel

(1800-1938. Dominicain, fondateur de l’Ecole biblique de Jérusalem. Sa cause de béatification est en cours)