Les Saints du Carmel : Sainte Thérèse d’Avila – 2 – La porte du château et le drame du péché mortel…

Quand il s’agit du vrai sens de la prière du cœur, Sainte Thérèse commence par un constat et un discernement qu’il est « urgent » de faire en nos propres vies :

« Les âmes qui ne font pas oraison… sont comme un corps paralysé… Elles sont tellement infirmes et tellement habituées à ne s’occuper que des choses extérieures, qu’on ne saurait les en tirer et qu’elles semblent dans l’impuissance de rentrer en elles-mêmes… Malgré la noblesse de leur nature et le pouvoir qu’elles avaient de converser avec Dieu lui-même, elles ne sont point sorties de cet état[1]… »

Le deuxième constat qui empêche de faire oraison et d’entrer dans le Château de l’âme est encore plus terrible : c’est cette fausse liberté qui rend esclave des péchés les plus graves… La Madre nous alerte clairement sur ce qui se passe :

« Lorsque l’âme tombe dans le péché mortel !… il n’y a pas de ténèbres plus profondes que celles où elle est plongée ; il n’y a rien de si obscur et de si noir qui puisse lui être comparé… Ce Soleil qui lui donnait tant de splendeur et de beauté, et qui se trouve encore au centre d’elle-même n’y est comme s’il n’y était pas ; il est éclipsé pour elle… Rien ne lui profite alors. De là vient que toutes les bonnes œuvres qu’elle fait en état de péché mortel ne sauraient lui mériter la gloire du Ciel. Ces œuvres ne procèdent plus de Dieu… l’âme s’est séparée de Lui… car le but de quiconque commet un péché mortel n’est pas de contenter Dieu, mais de plaire au démon[2]… »

Et Térésa conclut sa remarquable analyse en insistant combien « le Soleil divin » continue à rayonner… mais il est recouvert par l’horrible « linge très noir » du péché mortel ! Quelle urgente invitation pour nous tous à aller « confesser nos péchés » à un prêtre qui, seul, peut nous donner le pardon de Dieu par le sacrement de la réconciliation :

« Vous devez bien remarquer ici que la source, en ce Soleil resplendissant qui se trouve au centre de l’âme, ne perd ni son éclat, ni sa beauté ! Il est toujours au-dedans de l’âme, et rien ne peut lui ravir sa magnificence… Mais l’âme, après le péché, est par rapport à ce Soleil divin comme le cristal que l’on expose au soleil matériel, après l’avoir recouvert d’un linge très noir ; il est évident que le soleil a beau éclairer, sa lumière ne produit rien sur ce cristal… » Alors, monte du cœur de Sainte Thérèse ce terrible cri qui vient « résonner » si fort dans nos sociétés de ténèbres où tout est permis :

« Ô âmes rachetées par le sang de Jésus-Christ, comprenez donc l’état où vous êtes tombées et ayez pitié de vous-mêmes !… Sachez que si vous mourez dans cet état, vous ne pourrez jamais jouir de la lumière de ce Soleil divin !… Que Dieu dans sa miséricorde daigne nous préserver d’un tel mal ! Il n’y a rien ici-bas qui mérite le nom de mal, si ce n’est le péché, puisqu’il engendre des maux dont la durée sera sans fin… »

Alors, aujourd’hui, choisissons éperdument de vivre dans la lumière du Christ ! Nous n’avons qu’une seule vie pour lui ouvrir la porte de nos cœurs…

                                                                                                                          +Marie-Mickaël

 

[1] Sainte Thérèse de Jésus, Château de l’âme ou le livre des demeures,  Premières demeures, Chapitre I, Œuvres complètes, traduction Père Grégoire de Saint Joseph,  Seuil 1948, p.  818.

[2] Château de l’âme, Premières demeures – Cha. 2, p. 821-822




Saint Carlo Acutis : Le rosaire est l’échelle la plus courte pour monter au paradis

Le rosaire est l’échelle la plus courte pour monter au paradis. Après la sainte Eucharistie, le saint rosaire est l’arme la plus puissante pour combattre le diable.

Saint Carlo Acutis




Bienheureux Isidore Bakanja, martyr du scapulaire

Le bienheureux Isidore Bakanja naît au Congo belge, en 1885. Sa rencontre avec des Chrétiens dans la mission des Pères trappistes le conduit à demander le baptême, qu’il reçoit le 6 mai 1906, en même temps que le scapulaire du Mont-Carmel. Il devient un catéchiste laïc très apprécié pour la profondeur de son enseignement. Engagé comme domestique dans la S.A.B. (Société Anonyme Belge), une entreprise coloniale qui exploite le caoutchouc et l’ivoire, dont les dirigeants, athées, détestent les Africains convertis au Catholicisme, Bakanja en particulier est repéré pour son travail missionnaire auprès des autres ouvriers… et son port visible du scapulaire. En 1909, il répond à son chef Van Cauter qui lui ordonne de le retirer : « Maître, tu exiges que j’enlève l’habit de la Sainte Vierge. Je ne le ferai pas. En tant que Chrétien, j’ai le droit de porter mon scapulaire. ». Il reçoit 25 coups de fouet. La scène se répète plusieurs fois, jusqu’à ce que le Belge lui arrache son scapulaire, puis lui fasse donner plus de 200 coups de fouet, avant de le jeter en prison menotté. Providentiellement recueilli, il meurt de l’infection de ses plaies 6 mois plus tard, le 15 août 1909, portant son scapulaire, après avoir confié au prêtre de la mission : « Père, je ne suis pas fâché. Le Blanc m’a frappé, c’est son affaire. Il doit savoir ce qu’il fait. Bien sûr qu’au Ciel, je prierai pour lui. » En 1980, Jean-Paul II l’évoque en ces termes : « Après avoir donné tout son temps libre à l’évangélisation de ses frères, comme catéchiste, il n’hésita pas à offrir sa vie à son Dieu, fort du courage qu’il puisait dans sa foi et dans la récitation fidèle du rosaire. » Il le béatifie en 1994.

France Catholique