Les Saints du Carmel : Sainte Thérèse d’Avila – 3 – La porte du château de l’âme : l’oraison ou prière du cœur…

Avant d’ouvrir « la porte de l’oraison » pour entrer dans cet admirable château de l’âme, il faut à nouveau écouter la Madre sur ce « mystère caché » mais si présent que nous portons tous en nous :

« L’âme est comme un château qui est composé tout entier d’un seul diamant ou cristal très pur… l’âme du juste n’est pas autre chose qu’un paradis, où Notre Seigneur trouve ses délices… Pour moi, je ne vois rien à quoi l’éminente beauté d’une âme et sa vaste capacité puissent être comparées !… Considérons donc que ce château a, comme je l’ai dit, beaucoup d’appartements… tandis qu’au centre, au milieu de tous les autres, se trouve le principal, celui où se passent des choses très secrètes entre Dieu et l’âme[1]… »

Et dès l’entrée dans le château, Sainte Thérèse d’Avila insiste sur une recommandation qu’elle estime décisive pour une vraie prière du cœur :

« La porte qui donne entrée dans ce château, c’est l’oraison et la considération. Je ne dis pas qu’il s’agit plutôt de l’oraison mentale que de la prière vocale. Dés lors que la prière est véritable, elle doit être accompagnée de la considération. Car la prière où l’on ne considère ni à qui on parle, ni ce qu’on dit, ni la nature de celui qui prie, ou celle de celui à qui on s’adresse, je ne saurais l’appeler oraison, alors même que l’on remuerait beaucoup les lèvres[2]… »

Donc, pas d’oraison sans une qualité de présence à Dieu car l’oraison est un dialogue entre Dieu présent au fond de l’âme et l’âme qui le cherche… On connaît la célèbre parole de Saint Augustin : « Tu ne me chercherais pas si tu ne m’avais déjà trouvé[3] ! »

Il est pour Térèsa un autre fondement incontournable qui habite la vraie oraison : l’humilité qui nous garde dans la vérité ! Et elle affirme :

« Vous ne devriez jamais, malgré votre élévation, perdre de vue ce que vous êtes… cette connaissance de nous-mêmes est tellement importante, que je voudrais voir en vous la moindre négligence sur ce point, quelque élevée que vous fussiez dans la contemplation des choses célestes. Tant que nous vivrons sur la terre, il n’y a rien de plus nécessaire pour nous que l’humilité !… »

Et elle donne une précision lumineuse pour que cette humilité soit fondée par le haut : « Nous n’arriverons jamais à nous connaître nous-mêmes, si nous ne cherchons à connaître Dieu. La vue de sa grandeur nous montrera notre bassesse ; celle de sa pureté, nos souillures, et son humilité nous découvrira combien nous sommes loin d’être humble[4] ! »

Ainsi fondée et vigilante sur l’attention, l’humilité du cœur, la patience, le détachement du créé et la bienveillance fraternelle… l’aventure de l’oraison peut commencer. Car Teresa nous avertit que, coûte que coûte, il ne faut pas se contenter d’habiter les premières demeures mais désirer l’union totale jusqu’aux septièmes demeures : pas moins que le mariage spirituel ! Devenir saint dans la splendeur de Dieu est notre appel incontournable, le seul vrai bonheur de notre vie. Souvenons-nous du « Solo Dios basta », qui est le cri de la Madre :

« Que rien ne te trouble,

Que rien ne t’épouvante,

Tout passe.

Dieu ne change pas.

La patience obtient tout :

Celui qui possède Dieu ne manque de rien :

Dieu seul suffit ! »

Ainsi, fondée sur la persévérance inlassable, l’aventure de l’oraison du cœur peut commencer :

« Portez les regards au centre du château. C’est là qu’est la demeure, le palais où habite le Roi… et quand il s’agit des choses de l’âme, il faut toujours les voir dans leur plénitude, dans leur largeur et dans leur amplitude, sans crainte d’exagérer, car la capacité de l’âme dépasse de beaucoup tout ce que nous pouvons imaginer… et toutes les parties du château reçoivent la lumière du Soleil qui s’y trouve[5]… »

Dans les deuxièmes demeures, la Madre va insister sur l’enjeu éternel qu’implique ce « regard de foi » qui fonde l’oraison :

« La porte pour entrer dans ce château, c’est l’oraison ! N’allons pas croire que nous entrerons au Ciel si nous ne rentrons en nous-mêmes, pour nous connaître, pour considérer notre misère… envers Dieu et implorer souvent sa miséricorde ; ce serait une folie ! Le Seigneur lui-même nous dit : « Personne ne montera à mon Père si ce n’est par moi ! (Jn 14,6)… et Il a ajouté : « Qui me voit, voit aussi mon Père ! » (Jn 14,9). Or l’âme qui ne jette jamais sur Lui les regards… Comment peut-elle le connaître[6] ? »

La vie d’oraison se fonde donc sur le mystère d’un regard… Ne sommes-nous pas là au cœur même des Evangiles où le regard du Christ vient illuminer celui des pauvres pécheurs que nous sommes tous !… Souvenons-nous de l’Evangile du jeune homme riche : « Jésus fixa sur lui son regard et l’aima… » (Mc 10,21). Et le Docteur de l’Eglise qu’est Thérèse d’Avila fait de ce regard du disciple le fondement de la vie d’oraison. Laissons son intuition majeure résonner à jamais en nos cœurs :

« Je ne vous demande qu’une chose : le regarder… car Lui ne vous perd jamais de vue !… et  Il n’attend de vous qu’un regard[7] ! »

                                                                                                       +Marie-Mickaël

 

[1] [1] Sainte Thérèse de Jésus, Château de l’âme ou le livre des demeures,  Premières demeures, Chapitre I, Œuvres complètes, traduction Père Grégoire de Saint Joseph,  Seuil 1948, p. 814-816.

[2] Château de l’âme, Premières demeures, p. 819.

[3] Saint Augustin, Confessions, Livre X,

[4] Château de l’âme, Premières demeures, p. 826-827.

[5] Château de l’âme, Premières demeures, p. 825-826.

[6] Château de l’âme, Deuxièmes demeures, p.844.

[7] Chemin de la perfection, Chap. 28, p. 712.




Saint Pie X : Donnez-moi une armée qui récite le chapelet et je ferais la conquête du monde

Donnez-moi une armée qui récite le chapelet et je ferais la conquête du monde.
C’est de toutes les prières la plus belle, la plus riche en grâces, celle qui plaît le plus à la Très Sainte Vierge.

Saint Pie X




Un survivant du séisme au Venezuela : « La médaille miraculeuse m’a sauvé »

À Playa Grande, un quartier de la ville de La Guaira, au Venezuela, Kamar Galíndez se trouvait au dernier étage du Chipi’s Beach Hotel, s’apprêtant à commencer sa séance quotidienne de sport à la salle de gym, sans se douter que sa vie était sur le point de basculer à jamais.

C’était le mercredi 24 juin 2026, jour de la fête de saint Jean-Baptiste et jour férié national commémorant l’anniversaire de la bataille décisive de Carabobo. À 18h05, l’atmosphère paisible créée par la vue imprenable sur l’océan depuis le sommet de l’hôtel a été brisée par la violence tonitruante de deux tremblements de terre consécutifs qui ont pris tout le monde par surprise, semant l’angoisse et la confusion.

S’adressant à ACI Prensa, le service hispanophone partenaire d’EWTN News, M. Galíndez, avocat âgé de 53 ans, a raconté comment les lourds appareils de musculation se sont mis à se déplacer d’un côté à l’autre, un peu comme un palet de hockey sur table. « Le sol s’est fendu, et j’ai immédiatement vu la moitié du bâtiment basculer vers l’avant tandis que la partie où je me trouvais s’effondrait à la verticale ; j’ai senti que mes pieds ne reposaient plus sur rien, et l’instant d’après, j’étais coincé sous les décombres », a-t-il raconté.

M. Galíndez a raconté que la seule chose qu’il avait réussi à faire était de se mettre à l’abri contre un mur voisin. Alors qu’il sentait le bâtiment s’effondrer, ce qui lui est venu à l’esprit, c’est l’image du Seigneur Jésus telle qu’il est apparu pour la première fois à sainte Faustine Kowalska le 22 février 1931. « Je me souviens avoir pensé au Christ miséricordieux et avoir prié : “Seigneur, aie pitié” », a-t-il déclaré, au bord des larmes. « L’instant d’après, j’ai senti le bâtiment s’effondrer, car avec ces secousses violentes, je n’arrêtais pas de dire : “Ça va s’effondrer”, et bien sûr, c’est ce qui s’est passé. »

M. Galíndez n’a jamais perdu connaissance. Il dit  avoir ressenti chaque secousse, mais que « face au choc et à la peur, les sensations physiques passent au second plan ». Une fois la confusion provoquée par l’effondrement retombée, il s’est rendu compte qu’il était en vie, bien que son corps fût complètement enseveli sous les décombres et coincé par une énorme poutre qui lui écrasait la poitrine.

Il ne parvenait pas à respirer correctement. Sa tête n’était pas ensevelie et, à travers cette immense montagne de tôle tordue, de briques et de terre, il pouvait apercevoir le ciel, encore éclairé par les derniers rayons du soleil couchant. Tout autour de lui, on entendait les cris désespérés d’autres personnes piégées sous les décombres.

Kamar Galíndez s’est essuyé le visage et a tenté de bouger pour se libérer. C’est alors qu’il s’est rendu compte que son bras gauche était cassé : « Beaucoup de désespoir, beaucoup de peur », se souvient-il avoir ressenti ; pourtant, au milieu de cette souffrance, il n’a pas hésité à se confier à la protection de Dieu. « Ensuite, j’ai prié pour rester calme. Ce que j’ai fait, c’est prier beaucoup : “OK, Dieu le Père, aide-moi à sortir d’ici. Garde-moi calme” ».

Il a fait signe pour demander de l’aide du mieux qu’il pouvait. Il a déclaré ne pas avoir la moindre idée du temps qu’il a passé sous les décombres, mais il sait que cela « lui a semblé une éternité ». Finalement, un homme qui avait escaladé la montagne de débris l’a aidé à se libérer.

Kamar Galíndez a descendu seul les décombres du bâtiment effondré. En prenant conscience de l’ampleur de la tragédie, qui a coûté la vie à des milliers de personnes en une fraction de seconde, il est convaincu que le fait d’en être sorti pratiquement indemne est un miracle, qu’il attribue à Notre-Dame de la Médaille Miraculeuse, à laquelle il a toujours été dévoué.

« Je portais une petite chaîne avec un crucifix et une minuscule médaille de la Vierge Miraculeuse. Parmi les objets que j’ai perdus, la chaîne s’est cassée, même si, bien sûr, je ne m’en étais pas rendu compte sur le moment », se souvient-il.

En arrivant chez lui , il a découvert que sa maison était  complètement détruite. Deux jeunes gens lui ont prodigué les premiers soins. Pendant qu’ils s’occupaient de lui, il a constaté  l’un de ces petits miracles qui revêtent une signification profonde pour quelqu’un animé d’une foi sincère. Il a demandé aux jeunes de l’aider à ranger sa montre dans l’une des poches de son short, car il avait dû l’enlever pour immobiliser son bras fracturé. Et c’est alors que l’inexplicable s’est produit :

« Je portais un short avec une petite poche à fermeture éclair, et quand j’ai regardé — ne me demandez pas d’où, ne me demandez pas comment — un morceau de la chaîne et la Médaille miraculeuse s’étaient coincés à l’intérieur. » « Bien sûr, j’ai dit au garçon : “S’il te plaît, range aussi cette petite médaille pour moi, car c’est elle qui m’a sauvé” », a-t-il raconté. « Je n’ai pas le moindre doute là-dessus. »

Beaucoup de gens n’ont pas réussi à sortir des décombres de l’hôtel. Pour Kamar Galíndez, le fait d’avoir survécu est l’œuvre de la miséricorde de Dieu, qui a écouté ses supplications à chaque instant et a exaucé sa demande pour une raison qu’il ignore encore.

« Dans la plus grande adversité, on commence à voir les choses en termes de ce qui est le plus élémentaire, car ce qui est le plus élémentaire devient impossible. Quand l’essentiel devient impossible et que l’on parvient malgré tout à y parvenir, on se dit : “Seul Dieu peut faire cela” », dit-il.

« Il y a un Dieu qui veille sur vous à ce moment-là, attentif à ce que vous lui demandez et à ce dont vous avez besoin. Que ce soit en vous libérant un bras ou en vous rappelant sa présence en laissant une petite médaille pendue à votre short », a-t-il expliqué.

Andrés Henríquez, le 9 juillet 2026

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