Les Pères de l’Eglise : Saint Bernard de Clairvaux – 2 – « Lève les yeux vers l’Etoile : regarde Marie ! »

Méditons l’un des textes les plus inspirés de l’histoire de l’Eglise sur la Vierge Marie : il a jailli du cœur de Saint Bernard comme une litanie sacrée, un chant d’amour filial étincelant, un regard unique issu de l’Esprit qui a traversé les siècles…  et, plus que jamais  dans les combats de la fin, il demeure pour nous d’une telle actualité !

N’exprime-t-il pas une beauté et une force qui transcende le temps ! C’est le cantique du mystère éternel de Marie  comme l’a chanté un intime de la Vierge :

« Nous ne pensons pas assez au mystère éternel de Marie, à savoir sa vie actuelle, là-haut, dans le Ciel, au sein de la Trinité ! Notre attention va souvent aux mystères de sa vie passée… mais le grand mystère actuel de son union à Dieu, de son action dans l’Eglise, on y pense moins. Et cependant, c’est le plus essentiel… Pensez souvent que, du haut du Ciel, le regard de Marie, à tout instant, se pose sur vous. Pensez que son Cœur vous aime et que sa main vous conduit[1] ! »

C’est exactement ce qu’exprime avec une rare intensité « le chant unique » et reconnaissable entre tous jailli du cœur de Saint Bernard :

« Regarde l’étoile, invoque Marie !

Elle est belle et admirable cette étoile, Marie, qui s’élève au-dessus du vaste océan…

Ô toi qui flottes sur les eaux agitées de la vaste mer et qui va à la dérive…

Fixe les yeux sur Elle, et tu ne seras point englouti par les flots !

 

Quand les fureurs de la tentation se déchaînent contre toi,

Quand tu es assailli par les tribulations et poussé vers l’écueil :

 

Regarde Marie, invoque Marie !

 

Quand tu gémis dans la tourmente de l’orgueil, de l’ambition,

De la médisance et de l’envie :

 

Lève les yeux vers l’Etoile, crie vers Marie !

 

En la suivant, on ne dévie pas. En la priant, on ne désespère pas !

En pensant à elle, on  ne se trompe pas. Si elle te tient par la main, tu ne tomberas pas…

Si elle te protège, tu ne craindras pas. Si elle est avec toi, tu es sûr d’arriver au port !

 

Marie est cette noble étoile dont les rayons illuminent le monde entier,

Dont la splendeur brille dans les cieux et pénètre les enfers.

Elle illumine le monde et échauffe les âmes.

 

Elle enflamme les vertus et consume les vices.

Elle brille par ses mérites et éclaire par ses exemples…

 

Si, accablé par l’énormité de tes crimes, confus des plaies hideuses de ton cœur,

Epouvanté par la crainte des jugements de Dieu,

Tu commences à t’enfoncer dans le gouffre de la tristesse,

Dans l’abîme du désespoir :

 

Crie vers Marie, regarde Marie !

 

Que ce doux Nom ne quitte pas tes lèvres, qu’il ne quitte pas ton cœur !

En suivant Marie, on ne s’égare point…

Si Elle te tient par la main, tune tomberas point…

Si Elle te conduit, tune connaîtras point la fatigue,

Et si Elle t’est favorable, tu es sûr d’arriver au port[2]… »

 

                                                                                                           +Marie-Mickaël

 

[1] Père Marie-Etienne Vayssière, Le Rosaire, Traditions monastiques, 2018, p. 95-96.

[2] Saint Bernard (109O-1153), Homélie super Missus est – In laudibus Virginis Matris, II, 17.