Saint Jean – le Théologien 2

« Fortifie nos cœurs dans la profondeur du silence marial…

Toi qui fût le premier des Apôtres à croire à la Résurrection… (Jn 20,8)

Affermis nos cœurs dans la foi en Jésus Ressuscité et Vivant ! (Jn 20,29 / 21,7)

 

     Jean a été l’Apôtre qui s’est vite rapproché de la Vierge Marie dans une communion par « silence de regard »très tôt, Il a croisé, admiré et contemplé « le regard de la Mère » dans la profondeur de son silence d’amour… Il a comme été emporté par Elle à la suite du Christ à travers l’humble puissance cachée de son Cœur Immaculé : et il est ainsi le seul Apôtre présent au pied de la Croix ! Son cœur était déjà enfoui en celui de la Mère de Dieu…

Voilà pourquoi Jésus le lui confirme du haut de la Croix : « Voici ta Mère ! » (Jn 19,28) Et qu’il confirme à Marie, sa Mère, que Jean est « son premier enfant » dans le mystère du temps de l’Eglise qui commence : « Femme, voici ton Fils ! » (Jn 19,26). En employant le terme décisif de « Femme », comme déjà à Cana, (Jn 2,4), sa Parole créatrice de Fils de Dieu « ouvre » le Cœur de Marie à une tendresse maternelle universelle qui s’exercera dans le temps sur tous et chacun à la fois : la « Femme » de l’Apocalypse (Ap 12,1)  qui est la Mère de Dieu devient Ma Mère !

      Le Pape Saint Jean-Paul II l’a magnifiquement contemplé et annoncé  lors d’une homélie à Fatima :

« Depuis le temps où Jésus, en mourant sur la Croix, a dit à Jean : « Voici ta Mère !… » Depuis le temps où le disciple la prit « chez lui », le mystère de la maternité spirituelle de Marie a eu son accomplissement dans l’histoire avec une ampleur sans limites… car lorsque Jésus dit sur la Croix : « Femme, voici ton Fils ! » Il ouvrit d’une manière nouvelle le Cœur de sa Mère… Marie est Mère de tous les hommes et son empressement pour la vie de l’homme est de portée universelle[1]… »

    Ainsi donc, quand du haut de la Croix, le Christ fait de sa Mère « notre Mère », cela la lie à jamais au mystère de l’Eglise à travers le temps… l’Eglise des fidèles mais aussi l’Eglise hors les murs : Marie reçoit de son Fils la mission de veiller maternellement sur tous les hommes et chaque homme en particulier pour les protéger et les conduire vers son Fils Sauveur. Elle est le visage maternel de l’Esprit-Saint qui offre en douceur la puissance du salut ! Qui comprendra la silencieuse et inépuisable tendresse du Cœur de la Mère ?

Ecoutons à nouveau Saint Jean-Paul II : « Dans le Christ, au pied de la Croix, elle a accepté Jean, et elle a accepté tout homme et tout l’homme ! Marie les embrasse avec une sollicitude particulière dans l’Esprit-Saint. C’est Lui, en effet, comme nous le professons dans le Credo qui « donne la vie » ! C’est Lui qui donne la plénitude de la vie ouverte vers l’éternité. La maternité de Marie est donc une participation à la puissance de l’Esprit [2]… »

    Alors, très tôt attentif et silencieusement attiré par la présence de la Mère de Jésus ; Saint Jean l’a suivie dans  la plénitude de sa foi… et c’est pourquoi il est le premier, après Marie, à croire à la Résurrection du Christ : on se souvient de sa course rapide où il devance Saint Pierre vers le tombeau de Jésus ( Jn 20,3-9) mais entre après lui. Et devant les signes du suaire, « roulé à part à sa place » et des linges, « posés à plat »… Saint Jean devine que les Anges sont passés par là et que Jésus est vivant ! Et c’est pourquoi « il vit et il crut » (Jn 20,8). Car « il a expérimenté que tout était signe dans la vie et la mort de Jésus… et cela l’a persuadé qu’il était nécessaire d’aller au-delà des apparences afin de percer son mystère[3] ! » Tel est le regard contemplatif de Jean dans sa foi…

Enfin, nous demandons à Saint Jean de le suivre sur les chemins de sa foi profonde : « Affermis nos cœurs dans la foi en Jésus ressuscité et vivant ! » Cela signifie que notre foi doit devenir de plus en plus ferme, forte et lumineuse… et elle ne se laissera pas engloutir par les épreuves imprévues de la vie ! Et elle traversera chaque nuit comme « un lieu de naissance » qui rapproche du Ciel… car Jésus l’a proclamé : « Heureux ceux qui croient sans avoir vu ! » (Jn 20,29). Et sous un certain angle, nous sommes donc plus heureux que les Apôtres.

D’autre part, les Pères de l’Eglise remarquent souvent que les Apôtres n’ont pas été « à l’abri du doute ». Saint Cyrille d’Alexandrie en témoigne clairement sur l’Evangile de Jean qui rapporte la forte incrédulité de Saint Thomas :

« On nous rapporte que Thomas fut le seul à dire : « Si je n’avance pas mes mains, si je ne vois pas la marque des clous, si je ne mets pas la main dans son côté, non, je ne croirai pas ! » (Jn 20,25). Mais le péché de l’infidélité était en quelque sorte commun à tous, et nous ne constatons pas que l’esprit des autres disciples ait été à l’abri du doute, bien qu’ils aient tous dit : « Nous avons vu le Seigneur ! » (Jn 20,25). Saint Luc écrit à leur sujet : « Dans leur joie, ils n’osaient pas encore y croire, et restaient saisis d’étonnement ! » (Lc 24,41)… Vous voyez comment la pensée incrédule n’a pas son siège chez Thomas seulement, mais que le cœur des autres disciples souffrait de la même maladie…

       Celui qui n’a pas vu, mais qui accueille et tient pour vrai ce que l’initiateur aux mystères lui a dit à l’oreille, honore d’une foi remarquable ce que son Maître lui a proclamé. Par conséquent, on appelle bienheureux tous ceux qui ont cru grâce à la parole des Apôtres, eux qui ont été les témoins oculaires des grands actions du Christ [4]… »

      La foi qui fait confiance « sans avoir vu » est le merveilleux héritage des chrétiens dans le temps de l’Eglise… et c’est un trésor sans fond qui faisait dire à Sainte Elisabeth de la Trinité :

« Que je sois toute disponible, toute éveillée dans la foi, afin que le Maître puisse m’emporter partout où Il voudra [5]… »

 

                                                                                         +Marie-Mickaël

 

[1] Saint Jean-Paul II, Homélie à Fatima, 13 mai 1982.

[2] Saint Jean-Paul II, Homélie à Fatima, 13 mai 1982.

[3] Jean-Michel Castaing, Site internet Aleteia, 12 avril 2020.

[4] Saint Cyrille d’Alexandrie, Commentaire sur l’Evangile de Jean.

[5] Sainte Elisabeth de la Trinité, Lettre 165.




Marie, « Terreur des démons » (Saint Séraphim de Sarov)

 » Malgré le fait que Satan ait séduit Eve, entraînant Adam à sa suite, Dieu non seulement nous a donné un Rédempteur qui par sa mort a vaincu la mort, mais dans la personne de la Femme, la Mère de Dieu, Marie toujours Vierge, qui a écrasé en elle-même et en tout le genre humain la tête du serpent, Il nous a fourni une avocate infatigable auprès de son Fils et notre Dieu, une plaideuse invincible pour les pécheurs les plus endurcis. C’est à cause de cela qu’elle est appelée « la Terreur des démons », car il est impossible pour le démon de faire périr un homme tant que ce dernier ne cesse lui-même de recourir à l’aide de la Theotokos. »

Saint Séraphim de Sarov.

De l’Église russe orthodoxe (1759-1833), fête le 2 janvier.

 




Marie Corédemptrice : la Note vaticane qui efface trois siècles de Magistère

Tribune Chrétienne, 8 décembre 2025, par Quentin Finelli
Une association mariale internationale, regroupant cardinaux, évêques, théologiens et laïcs, publie un vaste document pour répondre à la Note du Dicastère pour la Doctrine de la Foi sur les titres de Marie. Selon eux, la nouvelle position vaticane sur la Corédemption et la Médiation, si elle n’est pas clarifiée, risque d’effacer trois siècles d’enseignement papal et d’affaiblir la confiance des fidèles

Depuis la publication de Mater Populi Fidelis, un malaise a gagné de nombreux fidèles. Comment un titre marial utilisé par des papes, des saints et des mystiques pourrait-il soudainement devenir inconvenant ou inapproprié ? Face à ce climat de confusion, l’Association mariale internationale a décidé de répondre, invoquant le droit et parfois le devoir des fidèles de manifester leur pensée pour le bien de l’Église. Le média italien Bussola a présenté aujourd’hui le document de sa Commission théologique, qui analyse ce que la Note du Dicastère pour la Doctrine de la Foi a provoqué d’inquiétude et de perplexité.

La loi de l’Église rappelle en effet que chaque fidèle peut et parfois doit faire connaître son avis aux pasteurs, dans le respect de la foi et de la dignité de chacun. C’est à partir de ce principe que la Commission théologique de l’International Marian Association, composée d’une quarantaine de membres, a publié un texte destiné à éclairer et corriger certains points de Mater Populi Fidelis. Leur propos n’est ni polémique ni émotionnel, mais s’appuie sur une démarche de continuité et de fidélité à l’enseignement constant du Magistère.

Au cœur du débat se trouve la manière dont la Note du DDF qualifie le titre de Corédemptrice. Dans les versions italienne, anglaise et allemande, il est dit « toujours inapproprié ». Dans les versions française, espagnole et portugaise, « toujours inopportun ». Cette divergence n’est pas anecdotique.

Dire qu’un titre est inopportun, c’est le juger pastoralement risqué. Dire qu’il est inapproprié, c’est le considérer impropre ou doctrinalement erroné. Si ce titre est « toujours » inapproprié, alors ceux qui l’ont utilisé – Léon XIII, Pie XI, Jean-Paul II, mais aussi Padre Pio, Maximilien Kolbe ou sœur Lucie de Fatima – auraient agi de manière imprudente. Cette simple conséquence interroge. Comment expliquer qu’un langage pontifical répété pendant des siècles devienne soudainement fautif ?

Le texte de l’Association rappelle donc que Pie XI expliquait publiquement pourquoi Marie pouvait être invoquée comme Corédemptrice, car elle a donné le Sauveur et s’est associée à son sacrifice jusque sous la Croix. Jean-Paul II, lui aussi, a indiqué que Marie a accepté et assisté au sacrifice de son Fils et que son rôle ne s’est pas arrêté au Calvaire. Le problème soulevé est simple: la Note vaticane ne nie pas que Marie ait un rôle unique, mais elle ne dit jamais que ce rôle est redempteur. Elle omet également de citer Lumen Gentium 58, pourtant l’un des passages les plus nets sur l’union de Marie au sacrifice de son Fils, où elle consent amoureusement à l’immolation de la victime qu’elle avait engendrée. Cette absence est remarquable, car ignorer un texte conciliaire aussi central modifie la perception doctrinale.L’analyse se poursuit sur le titre de Médiatrice de toutes les grâces. La Note préfère réduire la médiation maternelle de Marie à une simple intercession. Or, douze papes, depuis le XVIIIe siècle jusqu’à François, ont parlé de Marie comme Médiatrice ou Dispensatrice de toutes les grâces. Plusieurs enseignements de haut niveau l’énoncent explicitement.

Le fait que la Note les passe sous silence crée un déséquilibre. Il ne s’agit pas ici d’une spéculation marginale, mais d’un enseignement ordinaire, réitéré, parfois sous forme liturgique, puisque Benoît XV a approuvé une fête de Marie Médiatrice de toutes les grâces.

Une difficulté provient d’une confusion entre source et instrument. Seul Dieu donne la grâce, mais cela n’exclut pas que Dieu se serve de médiations secondaires.

Les sacrements sont déjà ainsi compris. Saint Thomas d’Aquin l’enseigne. Si Dieu peut communiquer la grâce par le baptême ou l’eucharistie, il peut le faire aussi à travers la maternité spirituelle de Marie. La Note du DDF craint que Marie devienne un intermédiaire parallèle qui ferait écran entre Dieu et les âmes. L’Association répond que la causalité instrumentale ne concurrence pas la causalité première. Elle la présuppose. Le Christ reste l’unique Médiateur. Mais Dieu a choisi d’associer Marie à son œuvre. Le refus de reconnaître cette causalité secondaire appauvrit le mystère de la grâce et réduit la maternité spirituelle de Marie à un simple encouragement moral.Cette réduction est précisément ce que le document met en évidence. Marie ne se limite pas à prier pour nous. Selon Paul VI, dans Signum Magnum, elle coopère à la naissance et au développement de la vie divine dans les âmes. Cette vérité, dit-il, doit être tenue par la foi par tous les chrétiens. Cela dépasse largement la seule intercession.

Il s’agit d’une véritable maternité spirituelle qui englobe la conception, la naissance et la croissance des âmes dans la vie de Dieu. La Note, en n’évoquant que la disposition ou l’intercession, passe à côté de cette dimension doctrinale.

Enfin, la Commission évoque les conséquences pastorales. Ce sont elles qui inquiètent le plus. Les pratiques les plus aimées du peuple chrétien – Rosaire, Scapulaire, consécration à la Vierge – reposent sur la réalité de la médiation et de la corédemption. La Legio Mariae, présente dans le monde entier, en fait explicitement usage. Si des titres longtemps enseignés par les papes sont désormais présentés comme inappropriés, comment demander aux fidèles de continuer à faire confiance au Magistère ? La question n’est pas rhétorique. Elle touche à la crédibilité de l’autorité doctrinale. Un changement si brusque risque de créer de la confusion et de la défiance.Ainsi, le document de l’Association mariale internationale ne conteste pas l’autorité de l’Église. Il demande une clarification. Il rappelle des enseignements constants. Il souligne des omissions significatives. Il défend une herméneutique de continuité, celle que Benoît XVI a souvent recommandée. L’intention n’est pas d’opposer la piété populaire au discernement théologique, mais de préserver la cohérence.

En définitive, la question posée est simple et grave: peut-on qualifier d’inapproprié ce que l’Église a enseigné, prié et célébré pendant des siècles, ou faut-il au contraire en approfondir la compréhension ?

Ce document répond par la seconde option. Il appelle non à la polémique, mais à la fidélité. Il s’appuie sur les papes, sur le Concile, sur l’histoire. Il montre que la doctrine mariale n’a pas besoin d’être réécrite, mais rendue visible dans toute sa richesse. La confiance des fidèles dépend de cette continuité, car ce qui touche à Marie touche aussi à l’image que l’Église donne d’elle-même. Une tradition ouverte au discernement, mais fidèle à son langage, reste une source de lumière. C’est cette lumière que le texte cherche à raviver.




Message de Marie à Medjugorje le 25 décembre 2025

«Chers enfants,
Aujourd’hui encore, alors que Dieu me permet de vous apporter dans mes bras le petit Jésus, Roi de la Paix, pour qu’il vous comble de l’ardeur de l’amour et de paix, afin que chaque cœur soit semblable à son Cœur en ce temps de grâce, soyez des défenseurs résolus et courageux de l’amour de votre Dieu, afin qu’il vous donne sa paix en ce temps de grâce.
Merci d’avoir répondu à mon appel. »



La Communion des refuges vous souhaite une sainte année 2026 !

La Communion des Refuges du Coeur Immaculé de Marie vous souhaite une Sainte année 2026 !

Puisse le Cœur Immaculé de Marie, doux Refuge des âmes, vous abriter dans vos joies et vos épreuves, vous conduire plus près de Jésus et vous remplir d’espérance, par la prière et la confiance en la Miséricorde.

Que la paix du Christ et la tendresse du Coeur de Marie vous accompagnent tout au long de cette nouvelle année !