Sur le point de devenir catholique, Charlie Kirk méditait sur la Vierge Marie comme solution au « féminisme toxique »

Charlie Kirk, militant conservateur assassiné, aurait été sur le point de se convertir au catholicisme au moment de sa mort. Il considérait notamment la Vierge Marie comme une solution au « féminisme toxique » aux États-Unis.

Dans une chronique publiée le 18 septembre dans Angelus, le journal de l’archidiocèse de Los Angeles (États-Unis), Robert Brennan, écrivain de Los Angeles et frère de l’évêque Joseph Brennan de Fresno, en Californie, a écrit que Kirk avait parlé à son frère évêque lors d’un petit-déjeuner de prière, lui racontant « qu’il avait une femme et des enfants catholiques et qu’il assistait à la messe avec eux ».

Kirk avait reconnu les « spéculations » sur son désir de devenir catholique et avait déclaré à Mgr Brennan : « Je suis à deux doigts de me convertir ». Le journaliste précise que son frère lui a donné la permission de partager cette histoire. Il présente aussi une récente vidéo réalisée par Kirk, jusqu’ici chrétien évangélique, dans laquelle, tout en reconnaissant certains « désaccords majeurs » avec le catholicisme, il explique également que les protestants « sous-estiment » la Vierge Marie. « Nous ne parlons pas assez de Marie. Nous ne la vénérons pas assez », déclarait Kirk, affirmant que Marie est « la solution au féminisme toxique » aux États-Unis.

Robert Brennan commente : « Comme il est approprié que l’une des dernières vidéos de Charlie Kirk ait porté sur la Médiatrice par excellence de tous les temps et de tous les lieux ! À sa manière, il tendait la main vers elle, et maintenant, j’en suis convaincu, elle lui rend la pareille. »

20 septembre 2025. The Catholic Herald




La foi catholique d’Ernest Hemingway et son amour pour la Vierge Marie (II)

L’amour indéfectible d’Ernest Hemingway pour la mère de Jésus transparaît clairement dans son roman de 1954, Le Vieil Homme et la Mer. Le protagoniste, Santiago, avait promis de faire un pèlerinage à Notre-Dame de la Charité du Cobre à Santiago de Cuba, s’il attrapait le poisson qu’il poursuivait. « Je ne suis pas religieux », disait-il. « Mais je dirai dix Notre Père et dix Je vous salue Marie pour que j’attrape ce poisson, et je promets de faire un pèlerinage à la Vierge du Cobre si je l’attrape. C’est une promesse. » Santiago se mit alors à réciter un Ave Maria après l’autre. Hemingway fit de même et, lorsqu’il remporta la plus grande récompense qui soit, le prix Nobel, il offrit son médaillon en or à Notre-Dame de la Charité d’El Cobre. Il ne fait aucun doute que la Vierge le guidait vers des ports sûrs, malgré lui.

Attiré par tout ce qui touchait au Moyen Âge, c’est-à-dire tout ce qui était ancien et catholique, Hemingway visitait régulièrement les célèbres cathédrales européennes, faisant preuve de piété et de révérence. Il assistait à la messe mais ne communiait pas en raison de sa situation matrimoniale et se confessait à un prêtre jésuite nommé Don Andrès, un ami proche, jusqu’à sa mort en 1955.

Hemingway était un homme complexe avec une foi simple. Les visites discrètes dans les cathédrales et les célébrations privées des jours de fête faisaient autant partie de sa vie que la chasse au gros gibier, la pêche en haute mer, la boxe et la corrida, qui, selon lui, lui procuraient une « grâce actuelle » comme il le répétait avec enthousiasme dans des conversations des années 1920.

Plus tard, alors qu’Hemingway sombrait dans une grave maladie mentale, en particulier après son accident d’avion en Afrique en janvier 1954, où il s’était servi de sa tête comme d’un bélier pour s’échapper de l’appareil en feu, il n’était plus le même homme. Son grand ami l’acteur Gary Cooper, converti au catholicisme, alors qu’il était lui-même mourant en mai 1961, chercha à apporter un peu de réconfort spirituel à Hemingway qu’il savait tourmenté.

Comme l’écrit A. E. Hotchner : « Lorsque la douleur eut passé, Cooper tendit la main vers la table de chevet et prit un crucifix, qu’il posa sur l’oreiller à côté de sa tête. “S’il te plaît, transmets un message à Ernest. C’est important et tu ne dois pas oublier, car je ne lui parlerai plus jamais. Dis-lui … que c’était [i.e sa conversion au Catholicisme] la meilleure chose que j’ai jamais faite” ». Gary Cooper est mort le 13 mai 1961, jour de la fête de Notre-Dame de Fatima.

Hemingway a mis fin à ses jours cinquante jours plus tard, le 2 juillet 1961. Personne n’était là pour le sauver ce jour-là dans sa maison. Ou peut-être que quelqu’un était là…

Adapté de l’article « Hemingway’s Catholic Heart » (Le cœur catholique d’Hemingway) de Mary Claire Kendall, paru dans le numéro de janvier-février 2019 du Saint Austin Review.

Note: Mary Claire Kendall a récemment publié un livre complet sur le même sujet, dont cet article était un prémice, intitulé Hemingway’s Faith (Rowman & Littlefield Publishers, 17 décembre 2024)




Joyeux Noël !

La Communion des Refuges du Coeur Immaculé de Marie vous souhaite un très joyeux Noël !

 




L’Avent silencieux du cœur… avec Sainte Elisabeth de la Trinité !

« Voici le saint temps de l’Avent… c’est tout spécialement celui des âmes intérieures,

de celles qui vivent sans cesse cachées en Dieu avec Jésus-Christ ! »

Elisabeth de la Trinité, Lettre 250

 

Elisabeth de la Trinité et sa soeur Marguerite

 

      Nous voici arrivé dans la plénitude de l’Avent, à quelques jours de l’indicible jour de Noël : joie si douce où la plus belle des femmes nous offre le Sauveur, sous le regard unique de Joseph le silencieux… et durant ces derniers jours, l’Eglise plonge dans une plénitude de silence contemplatif ! Quelles que soient nos activités, orientons notre attente vers l’Enfant Dieu caché dans le sein de Marie… car, comme le remarque Sainte Faustine : « Le cœur pur, Seigneur, te pressent de loin ! » Certes, nous sommes tous des pécheurs au cœur lourd et si dispersé ; mais si nous nous tournons vers la « pleine de grâce », nous deviendrons si « attentifs » au Mystère de Dieu que nous découvrirons l’indicible sourire de son Visage d’Enfant…

Supplions le Ciel de ne jamais nous « habituer » au plus grand évènement caché de l’histoire des hommes ! Au début de sa première Epitre qui renvoie au Prologue de son Evangile, Saint Jean en témoigne dans une contemplation unique où s’ouvre le Ciel sur la terre :

« Ce qui était dès le commencement, ce que nous avons entendu, ce que nous avons vu de nos yeux, ce que nous avons contemplé, ce que nos mains ont touché du Verbe de Vie ; car la Vie s’est manifestée : nous l’avons vue, nous en rendons témoignage et nous vous annonçons cette Vie éternelle qui était tournée vers le Père et qui nous est apparue ! » (1 Jn 1,1-2).

 

A la suite des Apôtres et à travers son immense cohorte de ses Saints connus ou cachés, l’Eglise est intarissable sur le sujet : elle est à jamais traversée par « la Tendresse » de ce Dieu qui nous aimé jusqu’à se laisser voir, toucher et entendre en notre humanité ! Et c’est pourquoi elle ne cesse de proclamer sa joie et sa contemplation de l’Eternel qui s’est fait pour nous si petit… Telle est désormais le mystère qui ravit le Ciel et la terre ! Et pour y pénétrer, écoutons une Sainte Elisabeth de la Trinité qui nous invite à entrer « en l’âme et l’amour de la Vierge » :

« Voici le saint temps de l’Avent, il me semble que c’est tout spécialement celui des âmes intérieures, de celles qui vivent sans cesse et à travers tout « cachées en Dieu avec Jésus-Christ » (Col 3,3) au centre d’elles-mêmes… et dans l’attente du grand Mystère, j’aime approfondir ce beau psaume 18 : « Il a placé son pavillon dans le soleil et cet astre, semblable à un jeune époux qui sort de sa couche, s’est élancé comme un géant pour parcourir sa carrière ; il est sorti de l’extrémité du ciel, sa révolution s’est faite jusqu’à l’autre extrémité ; et nul ne se dérobe à sa chaleur…

Penses-tu ce que ce devait être en l’âme de la Vierge, lorsqu’après l’Incarnation elle possédait en Elle le Verbe Incarné… en quel silence, quel recueillement, quelle adoration elle devait s’ensevelir au fond de son âme pour étreindre ce Dieu dont elle était Mère… »

 

Et, dans cette lettre à sa sœur, Elisabeth conclut par une invitation où se déploie point par point toute l’orientation de l’Avent : « Ma petite Guite, Il est en nous. Oh ! Tenons-nous tout près de Lui, en ce silence, avec cet amour de la Vierge ; c’est comme cela que nous passerons l’Avent [1] »  Alors, en ces derniers jours avant la naissance du Messie, méditons ses conseils spirituels si simples et si précieux :

Première affirmation qui lui est la plus chère car elle orientera en profondeur toute sa vie de foi : « Il est en nous !… » Cette réalité de l’inhabitation du Christ en nos cœurs par l’état de grâce est le mystère qui a traversé toute sa vie. Et dans le monde actuel sursaturé d’images, de bruits et d’informations, il est urgent de protéger le « ciel de notre âme » en vivant les sacrements et en priant silencieusement  Celui qui est caché au fond de notre cœur.

Elisabeth carmélite avait ces paroles uniques pour sa sœur Guite tant aimée, mère de famille et grande contemplative : « Je viens causer avec toi, sous le regard de Celui que nous aimons. J’ai pris une grande feuille car, lorsque je suis avec ma Guite, il vient tant de choses sous ma plume… tu sais, j’aime tant quand tu me permets d’entrer en ton Ciel, en celui que l’Esprit Saint crée en toi… Toi qui es mère et qui sait quelles profondeurs le bon Dieu a mises en ton cœur pour tes enfants, tu peux saisir la grandeur de ce mystère…

Oh ! ma Guite, ce Ciel, cette maison de notre Père, il est au centre de notre âme ! Comme tu le verras dans Saint Jean de la Croix, lorsque nous sommes en notre centre le plus profond, nous sommes en Dieu[2]! N’est-ce pas que c’est simple et consolant ? A travers tout, parmi tes sollicitudes maternelles, tandis que tu es toute aux petits anges, tu peux te retirer en cette solitude pour te livrer à l’Esprit Saint afin qu’Il te transforme en Dieu, qu’Il imprime en ton âme l’Image de la beauté divine, afin que le Père en se penchant sur toi ne voie plus que son Christ…

Oh, petite sœur, au Ciel je me réjouirai en voyant paraître mon Christ si beau en ton âme !… en attendant, « croyons à l’amour » avec Saint Jean (1 Jn 4,16)… et attendons dans la foi[3] ! »

Ici, comme dans tant de lettres, quelle démocratisation de la contemplation : sous la plume d’Elisabeth, elle n’est plus réservée au monde des monastères, mais offerte à toute vocation laïque en plein monde…

Deuxième affirmation : « Oh ! Tenons-nous près de Lui, en ce silence… » C’est ici l’attitude simple et contemplative qui a traversé peu à peu toute la vie d’Elisabeth : pour elle, le silence est le signe majeur de l’amour et elle vient nous poser une question majeure :

« N’avez-vous pas cette passion de l’écouter ? Parfois, c’est si fort ce besoin de se taire[4]… »

« Je vous donne rendez-vous en l’Infini de Dieu, en sa Charité : voulez-vous que ce soit le désert où, avec notre divin Epoux, nous allons vivre en une profonde solitude, puisque c’est dans cette solitude qu’Il parle au cœur[5]… »

     Troisième affirmation : « Avec cet amour de la Vierge… » Elisabeth nous invite ici à entrer dans le silence d’amour de la Mère de Dieu car pour elle, « l’attitude de la Vierge durant les mois qui s’écoulèrent entre l’Annonciation et la Nativité est le modèle des âmes intérieures, des êtres que Dieu a choisis pour vivre au-dedans, au fond de l’abîme sans fond. Dans quelle paix, dans quel recueillement Marie se rendait et se prêtait à toutes choses ! Comme celles qui étaient les plus banales étaient divinisées par Elle[6] ! »

Ainsi, Elisabeth conclut en nous invitant à la suivre : « C’est comme cela que nous passerons l’Avent ! » Nous voici donc éclairés pour réveiller et orienter notre cœur en cette fin du temps béni de l’Avent. En ce monde au bord du gouffre, il est si urgent de nous préparer à la joie unique de Noël où, à travers les bras de Marie, l’Enfant-Dieu s’offre à nous avec une tendresse qui n’est pas de ce monde…

                                                                                                 +Marie-Mickaël

 

[1] Sainte Elisabeth de la Trinité, Œuvres complètes, Cerf 1991, Lettre 250 et Lettre 183.

[2] Référence Saint Jean de la Croix dans Vive flamme d’amour 465, strophe 1, verset 3. On peut donc déduire qu’Elisabeth a prêté son livre à Guite.

[3] Elisabeth de la Trinité, Lettre 239.

[4] Elisabeth de la Trinité, Lettre 158

[5] Elisabeth de la Trinité, Lettre 156.

[6] Elisabeth de la Trinité, Le Ciel dans la foi, 40.




Porte de Dieu toujours virginale ! Voici les mains qui tiennent Dieu, et ces genoux sont un trône plus élevé que les Chérubins…

« La gloire de toute femme, c’est l’homme, qui lui est donné du dehors : mais la gloire de la Mère de Dieu est intérieure, elle est le fruit de son sein. Ô femme tout aimable, trois fois heureuse ! Tu es bénie entre les femmes, et béni est le fruit de ton sein.

Dans ce sein l’être illimité est venu demeurer ; de son lait, Dieu, l’enfant Jésus, s’est nourri. Porte de Dieu toujours virginale ! Voici les mains qui tiennent Dieu, et ces genoux sont un trône plus élevé que les Chérubins : par eux les mains affaiblies et les genoux chancelant (Is 35,3) furent affermis. Ses pieds sont guidés par la loi de Dieu comme par une lampe brillante, ils courent à sa suite sans se retourner, jusqu’à ce qu’ils aient attiré vers l’amante le Bien-Aimé. Par tout son être elle est la chambre nuptiale de l’Esprit, la cité du Dieu vivant, que réjouissent les canaux du fleuve (Ps 46,5), c’est-à-dire les flots des charismes de l’Esprit : toute belle, tout entière proche de Dieu. Car, dominant les Chérubins, plus haute que les Séraphins, proche de Dieu, c’est à elle que cette parole s’applique !

Merveille qui dépasse toutes les merveilles : une femme est placée plus haut que les Séraphins, parce que Dieu est apparu abaissé un peu au-dessous des anges (Ps 8,6) ! Que Salomon le très sage se taise, et qu’il ne dise plus : Rien de nouveau sous le soleil (Qo 1,9). Vierge pleine de la grâce divine, temple saint de Dieu, que le Salomon selon l’esprit, le Prince de la paix, a construit et habite, l’or et les pierres inanimées ne t’embellissent pas, mais, mieux que l’or, l’Esprit fait ta splendeur. Pour pierreries, tu as la perle toute précieuse, le Christ, la braise de la divinité.

Supplie-le de toucher nos lèvres, afin que, purifiés, nous le chantions avec le Père et l’Esprit, en nous écriant : Saint, Saint, Saint le Seigneur Sabaoth, la nature unique de la divinité en trois Personnes. »

Saint Jean Damascène, Homélie sur la Nativité, SC 80, § 9-10.

Moine, prêtre (hiéromoine), théologien, apologiste et hymnographe chrétien d’origine arabe, écrivant en langue grecque. Il est né à Damas vers 675-676 et mort selon la tradition au monastère de Mar Saba, près de Jérusalem, le 4 décembre 749. Il est l’un des Pères de l’Église et l’Église catholique le compte au nombre de ses docteurs. Surtout connu pour sa défense des icônes, il est également un défenseur important de la périchorèse, concept qu’il utilise pour décrire à la fois l’interpénétration des natures divine et humaine du Christ et la relation entre les hypostases de la Trinité. 




Silhouettes dans les pupilles, constellations… Ce que la science dit de Notre-Dame de Guadalupe

L’image imprimée sur la tilma, le « manteau » de l’Indien Juan Diego, le 12 décembre 1531, au Mexique, est un miracle surprenant. Les découvertes scientifiques ne font que renforcer la force évangélisatrice du message délivré par la Mère de Dieu.




L’Église vient de Marie

« Le mystère de la Vierge est le premier contrecoup du mystère de l’Incarnation. Il en va du mystère de la Vierge comme lorsque l’on jette une pierre dans l’eau : il se produit une première onde qui sera la cause de toutes les autres. Ce premier cercle concentrique, c’est la Vierge Marie par rapport à l’Incarnation. Et les ondes vont continuer jusqu’à la fin des temps, et ce sera l’Église. »

Cardinal Charles Journet (1) – Entretiens sur Marie – ed Parole et Silence 2001

(1) Charles Journet, (1891-1975) est un théologien catholique suisse d’expression francophone. Créé cardinal par le pape Paul VI en 1965, il a joué un rôle déterminant au concile de Vatican II, notamment dans la rédaction de la constitution Gaudium et Spes.




La foi catholique d’Ernest Hemingway et son amour pour la Vierge Marie (I)

Né à la fin de l’époque victorienne, Ernest Hemingway ne connaissait au départ que le monde protestant où il a grandi, non loin de Chicago. Plus tard, alors qu’il sert dans le corps ambulancier de la Croix-Rouge américaine en Italie pendant l’été 1918, l’écrivain en herbe découvre la richesse du catholicisme avec tous ses sens. Il s’imprègne de l’amour de Marie et de la réalité rédemptrice de son fils Jésus et les grandes cathédrales européennes qu’il visitait soulignant cette réalité. Il n’avait que dix-sept ans. Cette expérience le transforma.

Hemingway servait au front à Fossalta, en Italie, le long du Piave, près du cœur de l’action, là où il voulait être. Touché par un obus de mortier dans une tranchée, Hemingway perdit connaissance. Alors qu’il attendait d’être transporté à la gare pour être évacué vers l’hôpital, ne sachant pas s’il allait survivre, il était « vraiment effrayé », écrivit-il des années plus tard à son beau-père Thomas Welsh, et pria « avec une foi presque tribale » pour l’intercession de « Notre Dame et de divers saints ».

Hemingway était arrivé en Europe peu après la dernière apparition de Notre Dame de Fatima aux trois petits bergers — Lucie, François et Jacinthe — au Portugal, le 13 octobre 1917. Ces apparitions étaient, pour Hemingway, le plus grand attrait du catholicisme. Il les considérait comme une preuve irréfutable que l’Église était la seule vraie foi. Son ami George Herter écrivait, le 23 février 1978 : « Hemingway était un fervent catholique. Sa religion lui venait principalement des apparitions de la Vierge Marie. Il m’a dit à plusieurs reprises que s’il n’y avait pas la Bible, s’il n’y avait pas de lois ecclésiastiques créées par l’homme, les apparitions prouvaient sans aucun doute que l’Église catholique était la véritable Église. »

Adapté de l’article «  Hemingway’s Catholic Heart  » (Le cœur catholique d’Hemingway) de Mary Claire Kendall, paru dans le numéro de janvier-février 2019 du Saint Austin Review.

Note : Mary Claire Kendall a récemment publié un livre complet sur le même sujet, dont cet article était un prémice, intitulé Hemingway’s Faith (Rowman & Littlefield Publishers, 17 décembre 2024)




La Vierge de la Révélation à Trois Fontaine

La Vierge de la Révélation à Trois Fontaine

Méditation mariale pour l’Avent au retour d’un pèlerinage à Rome

« Je suis celle qui est dans Trinité Sainte ! Je suis la Vierge de la Révélation… »
La Vierge à Tre Fontane, 12 avril 1947

     Telles furent les premières paroles de la Mère de Dieu à Bruno Cornacchiola, dans la grotte de Tre Fontane au sud de Rome. Chauffeur de bus et issu des quartiers populaires, tout le chemin de sa vie en fait un révolté : en 1936, il se marie à Iolanda, mais partira peu après faire la guerre d’Espagne avec les communistes. La prière de son épouse, très croyante, sera décisive pour l’avenir…

Il adhère ensuite à l’Eglise Baptiste, puis à l’Eglise Adventiste et devient alors un ennemi acharné de l’Eglise catholique, et donc de la Vierge et du Pape ! En 1939, alors que commence la terrible seconde guerre mondiale, il fréquente des groupes d’extrême gauche. Des idées folles l’habitent et il rêve d’entrer dans l’histoire en posant un geste affreux et inoubliable : assassiner le Pape Pie XII ! Habituellement violent et intolérant, il est comme un précurseur de celui qui a failli tuer Saint Jean-Paul II sur la place Saint Pierre… mais la main de la Vierge était là ! Et Elle va intervenir aussi dans la vie de cet homme au cœur si endurci…

La Belle Dame qui serre la Bible sur son Cœur…

Le 12 avril 1947, par un après-midi de printemps et pendant que ses trois enfants jouent au ballon, Bruno prépare une exhortation pour dénoncer le dogme de l’Immaculée Conception. En bon protestant, il cherche des références dans la Bible prêtée par des Adventistes. Mais la Sainte Vierge l’attend au virage : à 34 ans, sa vie va basculer à travers un événement surnaturel imprévisible… les enfants perdent leur ballon et s’éloignent pour le chercher. Occupé à sa conférence, le père se met finalement à les chercher.

Il est 15h30 et la « Belle Dame » apparaît dans la grotte à ses trois enfants qui deviennent immobiles et prient les mains jointes… leur regard émerveillé est fixé vers l’obscurité de la grotte. Le Père arrive et il est soudain effrayé ; il pense à un sortilège du diable… jusqu’à ce que lui aussi, comme les enfants, sente un intense parfum de fleurs… et puis, soudain, il voit la silhouette d’une jeune femme dans la splendeur d’une lumière dorée :

« Je vis inopinément deux mains toutes blanches en mouvement vers moi et les sentis m’effleurer le visage… J’eus la sensation qu’elles m’arrachaient quelque chose des yeux. J’éprouvais en cet instant une douleur certaine et je restais dans l’obscurité la plus profonde… Mais, peu à peu, le noir s’atténua et laissa filtrer une légère lumière qui grandit et s’intensifia au point d’illuminer toute la grotte… A ce moment là, je fus saisi d’une joie extraordinaire[1] ! » 

A la suite de ses enfants, Bruno voit lui aussi la beauté de la « Belle Dame »… et il la décrira ainsi :

« Elle a le teint basané, des cheveux noirs tirés en arrière, et une longue robe blanche serrée à la taille par une ceinture d’étoffe rose ; elle porte un grand manteau vert qui la recouvre de la tête aux pieds… et cette « Belle Dame », debout et pieds nus sur une grosse pierre, a la main gauche posée sur un livre, qu’elle tient avec amour dans sa main droite. »

l’Apparition pose alors un geste qui s’avère être une réponse décisive face à toute les révoltes de Bruno : « la Belle Dame » lui tend la Bible qu’elle serre sur son Cœur… puis Elle lui dit :

« Je suis Celle qui est dans la Divine Trinité. Je suis la Vierge de la Révélation ! Tu me persécutes : arrêtes maintenant ! Entre dans le troupeau élu, cour céleste sur la terre. La promesse de Dieu est, et reste immuable : les neufs vendredis du Sacré-Cœur, que tu as observés pour faire plaisir à ton épouse, avant de suivre le chemin de l’erreur, t’ont sauvé ! »

La prière du Rosaire peut faire des miracles !

Ainsi, tout a un sens dans une vie, et par l’influence secrète de la prière… Dieu peut faire des merveilles ! Et c’est pourquoi la Vierge demande ensuite que les fidèles récitent le Rosaire pour la conversion des pécheurs et l’unité des croyants. Puis, elle ajoute cette prophétie pleine d’espérance : « Sur cette terre de péché, j’opèrerai des miracles éclatants pour la conversion des incroyants[2] ! » Alors, quelle invitation pour nous à croire à la puissance de la prière à travers le Rosaire de Notre Dame. Un jour, dans la pleine lumière du Ciel, nous serons plus que surpris en découvrant que chaque prière d’intercession a été décisive pour des proches ou des inconnus… Retenons et méditons ici sur la prière de Iolanda, épouse de Bruno le révolté, qui a fini par ouvrir le Ciel !

Ce 12 avril 1947 est une « naissance » pour Bruno Cornacchiola où la Vierge de la Révélation s’entretient avec lui et ses enfants pendant plus d’une heure… et Elle  bouleverse toute sa vie et son approche de la foi : en effet, rencontrer la Mère de Dieu provoque une « conversion » de fond en comble à l’Evangile du Sauveur et au mystère de l’Eglise ! Marie ne mène qu’à Jésus ! Et c’est pourquoi Elle promet de grands miracles pour la conversion des incroyants sur la terre de Tre Fontane… Ce qui se réalisera un peu plus tard.

A Bruno, Elle prédit de dures épreuves et des persécutions, mais Elle l’invite à la fermeté dans la foi. Elle parle lentement afin que chaque parole soit comme « gravée » en son cœur. Elle lui dit en particulier qu’à travers la récitation du chapelet « chaque Ave Maria récité avec foi est comme une flèche d’or qui touche le Cœur de Jésus ! » Elle l’invite ensuite à confier son secret et sa mission à un prêtre. Elle lui confie enfin « un message secret » pour le Pape Pie XII qui fut envoyé au Saint Office le 6 mai 1947.

La journée du 12 avril 1947 touche à sa fin et Bruno, tout autant bouleversé que ses enfants, pose le premier acte de reconnaissance : il nettoie avec eux la grotte et grave sur la pierre, avec la clef de sa maison, la date de l’Apparition ! Puis il décide d’aller prier à l’Eglise des moines trappiste qui est proche et sa fille Isola lui suggère l’Ave Maria… Arrivé chez lui, il essaie de cacher l’événement, mais sa femme Iolanda se doute de quelque chose en sentant un parfum insolite. Elle tente de demander des explications à son époux et elle constate qu’il est devenu calme et courtois. Alors, avant de se coucher, Bruno se met à genoux et les larmes aux yeux il demande pardon à sa femme et lui fait le récit de l’Apparition… Il lui partage en particulier que « La Vierge de la Révélation est d’une telle beauté, inconnue du monde, mais on peut aussi lire sur son visage et son regard une expression de tristesse et de compassion extrême… »

 Le retour et la mission dans l’Eglise catholique…

     C’est le début d’une nouvelle vie pour Bruno et sa famille… et il sera guidé par la Vierge pour vivre sa vraie foi et rencontrer les personnes importantes pour son cheminement et sa mission en Eglise. Il faut mentionner ici ce qu’il avait gravé sur la roche de la grotte après l’Apparition : « Dans cette grotte m’est apparue la Mère divine. Elle m’invite amoureusement à rentrer dans l’Eglise catholique, apostolique et romaine… »

    Plus tard, le 9 novembre 1949, lors d’une audience accordée aux traminots de Rome, Bruno rencontra le Pape Pie XII. Après la récitation du chapelet dans sa chapelle privée, Bruno s’avance vers le Pape et lui dit : « Très Saint-Père, voici la Bible protestante avec laquelle j’ai « tué » beaucoup d’âmes ! » Puis, les larmes aux yeux, il dit : « Voici le poignard, avec l’inscription « mort au Pape », par lequel je projetais de vous tuer ! Je viens vous demander pardon… »

Et le Pape lui répondit : « En me tuant, tu n’aurais fait que donner un nouveau martyr à l’Eglise, et au Christ une victoire de l’amour ; mon fils, le meilleur pardon est le repentir… »

Bien plus tard, en 1978, Bruno rencontrera le Pape Jean-Paul II qui lui dira  en particulier : « Tu as vu la Mère de Dieu, tu dois donc devenir un saint ! »

La première mission fondamentale de Bruno sera la construction d’une « Maison-Sanctuaire », sur le lieu de l’Apparition, en l’honneur de la « Vierge de la Révélation ». Le 23 février 1982, la Vierge lui apparaît et lui prophétise :

    « Viendront prier ici les assoiffés, les égarés… Ils y trouveront l’amour, la compréhension, la consolation : le vrai sens de la vie ! Ici, dans cette grotte où je suis apparue plusieurs fois, ce sera le sanctuaire de l’expiation, comme si c’était le Purgatoire sur terre… Il y aura une porte au non significatif de « Porte de la Paix », et tous devront entrer par cette Porte ! »

Pie XII autorisera le culte public de « la Vierge de la Révélation » en 1956 et la construction d’un sanctuaire. Le 12 avril 1980, vers 18h, pour le 33° anniversaire de l’Apparition : des « signes dans le soleil » sont vus par des milliers de personnes, dont Mgr Osvaldo Balducci… et en 1997, le Pape Jean-Paul II décrète le nom du sanctuaire : « Notre Dame du Troisième Millénaire aux Trois Fontaines ! » Sa fête est le 12 avril, et le sanctuaire est gardé par les Frères mineurs conventuels.

Enfin, en juin 2017, le diocèse de Rome a ouvert la Cause en béatification et Canonisation du serviteur de Dieu Bruno Cornacchiola. Comme quoi, « rien n’est impossible à Dieu » quand il envoie sa Mère en mission !

En conclusion, Bruno apparaît à la fois comme un « égaré violent » du monde moderne et également un « témoin converti » de l’erreur protestante qui rejette en particulier le mystère de la Mère de Dieu… et quand elle lui apparaît avec ses mains qui serrent la Bible sur son Cœur : quelle interpellation pour le monde protestant ! Elle lui dit, à travers Bruno : je suis Celle qui a enfanté la Parole, le Fils unique de Dieu… et sans mon « fiat » : nulle venue du Sauveur n’aurait été possible … car non seulement je suis la Mère de Dieu, mais aussi la Mère de l’Eglise qui va chercher avec force et tendresse les pécheurs pour les ramener à Jésus, mon Fils et l’Unique Sauveur ! Et, comme à Lourdes, la Vierge apparaît dans une grotte obscure pour porter la lumière du Christ…

                                                                                                  +Marie-Mickaël

[1] « Conversion fulgurante : Bruno Cornacchiola, l’homme qui voulait assassiner le Pape » – Isabelle Cousturié dans Aleteia, 8 août 2017.

[2] F.Breynaert et l’équipe du site internet « Marie de Nazareth » 2025.




Elle est Vierge et elle est Mère, que n’est-elle pas dès lors ?

« La Vierge a enfanté son Fils en conservant sa virginité, elle a allaité Celui qui nourrit les nations, dans son sein immaculé elle a porté Celui qui porte l’univers dans sa main.

Elle est Vierge et elle est Mère, que n’est-elle pas dès lors ?

Sainte de corps, toute belle d’âme, pure d’esprit, droite d’intelligence, parfaite de sentiments, chaste et fidèle, pure de cœur et remplie de toute vertu.

Qu’en Marie se réjouissent les cœurs vierges, puisque d’elle est né Celui qui a libéré le genre humain livré à un esclavage terrible.

Qu’en Marie se réjouisse le vieil Adam, blessé par le serpent ; Marie donne à Adam une descendance qui lui permet d’écraser le serpent maudit et qui le guérit de sa blessure mortelle (Gn 3, 15).

Que les prêtres se réjouissent en la Vierge bénie ; elle a mis au monde le Grand Prêtre qui s’est fait Lui-même victime, mettant fin aux sacrifices de l’ancienne alliance.

Qu’en Marie se réjouissent tous les prophètes, puisqu’en elle se sont accomplies leurs visions, se sont réalisées leurs prophéties, se sont confirmés leurs oracles.

Qu’en Marie se réjouissent tous les patriarches, car elle a reçu la bénédiction qui leur a été promise, elle qui, en son Fils, les a rendus parfaits.

Marie est le nouvel arbre de vie, qui donne aux hommes au lieu du fruit amer cueilli par Ève, un Fruit très doux dont se nourrit le monde entier.

Amen. »

Saint Ephrem le Syriaque (306-373)

Né vers 306 à Nisibe (Turquie) et mort en 373 à Édesse (Turquie), Ephrem était un diacre de langue syriaque et un théologien du IVe siècle dans la région de l’Assyrie. Plusieurs dénominations chrétiennes, dont les Églises orthodoxes et catholique, le vénèrent en tant que saint, Père de l’Eglise et il est reconnu depuis 1920 en tant que Docteur de l’Église par l’Église catholique. Il est l’auteur de plusieurs hymnes et poèmes.