Saint Jean – le Théologien 2

« Fortifie nos cœurs dans la profondeur du silence marial…

Toi qui fût le premier des Apôtres à croire à la Résurrection… (Jn 20,8)

Affermis nos cœurs dans la foi en Jésus Ressuscité et Vivant ! (Jn 20,29 / 21,7)

 

     Jean a été l’Apôtre qui s’est vite rapproché de la Vierge Marie dans une communion par « silence de regard »très tôt, Il a croisé, admiré et contemplé « le regard de la Mère » dans la profondeur de son silence d’amour… Il a comme été emporté par Elle à la suite du Christ à travers l’humble puissance cachée de son Cœur Immaculé : et il est ainsi le seul Apôtre présent au pied de la Croix ! Son cœur était déjà enfoui en celui de la Mère de Dieu…

Voilà pourquoi Jésus le lui confirme du haut de la Croix : « Voici ta Mère ! » (Jn 19,28) Et qu’il confirme à Marie, sa Mère, que Jean est « son premier enfant » dans le mystère du temps de l’Eglise qui commence : « Femme, voici ton Fils ! » (Jn 19,26). En employant le terme décisif de « Femme », comme déjà à Cana, (Jn 2,4), sa Parole créatrice de Fils de Dieu « ouvre » le Cœur de Marie à une tendresse maternelle universelle qui s’exercera dans le temps sur tous et chacun à la fois : la « Femme » de l’Apocalypse (Ap 12,1)  qui est la Mère de Dieu devient Ma Mère !

      Le Pape Saint Jean-Paul II l’a magnifiquement contemplé et annoncé  lors d’une homélie à Fatima :

« Depuis le temps où Jésus, en mourant sur la Croix, a dit à Jean : « Voici ta Mère !… » Depuis le temps où le disciple la prit « chez lui », le mystère de la maternité spirituelle de Marie a eu son accomplissement dans l’histoire avec une ampleur sans limites… car lorsque Jésus dit sur la Croix : « Femme, voici ton Fils ! » Il ouvrit d’une manière nouvelle le Cœur de sa Mère… Marie est Mère de tous les hommes et son empressement pour la vie de l’homme est de portée universelle[1]… »

    Ainsi donc, quand du haut de la Croix, le Christ fait de sa Mère « notre Mère », cela la lie à jamais au mystère de l’Eglise à travers le temps… l’Eglise des fidèles mais aussi l’Eglise hors les murs : Marie reçoit de son Fils la mission de veiller maternellement sur tous les hommes et chaque homme en particulier pour les protéger et les conduire vers son Fils Sauveur. Elle est le visage maternel de l’Esprit-Saint qui offre en douceur la puissance du salut ! Qui comprendra la silencieuse et inépuisable tendresse du Cœur de la Mère ?

Ecoutons à nouveau Saint Jean-Paul II : « Dans le Christ, au pied de la Croix, elle a accepté Jean, et elle a accepté tout homme et tout l’homme ! Marie les embrasse avec une sollicitude particulière dans l’Esprit-Saint. C’est Lui, en effet, comme nous le professons dans le Credo qui « donne la vie » ! C’est Lui qui donne la plénitude de la vie ouverte vers l’éternité. La maternité de Marie est donc une participation à la puissance de l’Esprit [2]… »

    Alors, très tôt attentif et silencieusement attiré par la présence de la Mère de Jésus ; Saint Jean l’a suivie dans  la plénitude de sa foi… et c’est pourquoi il est le premier, après Marie, à croire à la Résurrection du Christ : on se souvient de sa course rapide où il devance Saint Pierre vers le tombeau de Jésus ( Jn 20,3-9) mais entre après lui. Et devant les signes du suaire, « roulé à part à sa place » et des linges, « posés à plat »… Saint Jean devine que les Anges sont passés par là et que Jésus est vivant ! Et c’est pourquoi « il vit et il crut » (Jn 20,8). Car « il a expérimenté que tout était signe dans la vie et la mort de Jésus… et cela l’a persuadé qu’il était nécessaire d’aller au-delà des apparences afin de percer son mystère[3] ! » Tel est le regard contemplatif de Jean dans sa foi…

Enfin, nous demandons à Saint Jean de le suivre sur les chemins de sa foi profonde : « Affermis nos cœurs dans la foi en Jésus ressuscité et vivant ! » Cela signifie que notre foi doit devenir de plus en plus ferme, forte et lumineuse… et elle ne se laissera pas engloutir par les épreuves imprévues de la vie ! Et elle traversera chaque nuit comme « un lieu de naissance » qui rapproche du Ciel… car Jésus l’a proclamé : « Heureux ceux qui croient sans avoir vu ! » (Jn 20,29). Et sous un certain angle, nous sommes donc plus heureux que les Apôtres.

D’autre part, les Pères de l’Eglise remarquent souvent que les Apôtres n’ont pas été « à l’abri du doute ». Saint Cyrille d’Alexandrie en témoigne clairement sur l’Evangile de Jean qui rapporte la forte incrédulité de Saint Thomas :

« On nous rapporte que Thomas fut le seul à dire : « Si je n’avance pas mes mains, si je ne vois pas la marque des clous, si je ne mets pas la main dans son côté, non, je ne croirai pas ! » (Jn 20,25). Mais le péché de l’infidélité était en quelque sorte commun à tous, et nous ne constatons pas que l’esprit des autres disciples ait été à l’abri du doute, bien qu’ils aient tous dit : « Nous avons vu le Seigneur ! » (Jn 20,25). Saint Luc écrit à leur sujet : « Dans leur joie, ils n’osaient pas encore y croire, et restaient saisis d’étonnement ! » (Lc 24,41)… Vous voyez comment la pensée incrédule n’a pas son siège chez Thomas seulement, mais que le cœur des autres disciples souffrait de la même maladie…

       Celui qui n’a pas vu, mais qui accueille et tient pour vrai ce que l’initiateur aux mystères lui a dit à l’oreille, honore d’une foi remarquable ce que son Maître lui a proclamé. Par conséquent, on appelle bienheureux tous ceux qui ont cru grâce à la parole des Apôtres, eux qui ont été les témoins oculaires des grands actions du Christ [4]… »

      La foi qui fait confiance « sans avoir vu » est le merveilleux héritage des chrétiens dans le temps de l’Eglise… et c’est un trésor sans fond qui faisait dire à Sainte Elisabeth de la Trinité :

« Que je sois toute disponible, toute éveillée dans la foi, afin que le Maître puisse m’emporter partout où Il voudra [5]… »

 

                                                                                         +Marie-Mickaël

 

[1] Saint Jean-Paul II, Homélie à Fatima, 13 mai 1982.

[2] Saint Jean-Paul II, Homélie à Fatima, 13 mai 1982.

[3] Jean-Michel Castaing, Site internet Aleteia, 12 avril 2020.

[4] Saint Cyrille d’Alexandrie, Commentaire sur l’Evangile de Jean.

[5] Sainte Elisabeth de la Trinité, Lettre 165.




Marie, « Terreur des démons » (Saint Séraphim de Sarov)

 » Malgré le fait que Satan ait séduit Eve, entraînant Adam à sa suite, Dieu non seulement nous a donné un Rédempteur qui par sa mort a vaincu la mort, mais dans la personne de la Femme, la Mère de Dieu, Marie toujours Vierge, qui a écrasé en elle-même et en tout le genre humain la tête du serpent, Il nous a fourni une avocate infatigable auprès de son Fils et notre Dieu, une plaideuse invincible pour les pécheurs les plus endurcis. C’est à cause de cela qu’elle est appelée « la Terreur des démons », car il est impossible pour le démon de faire périr un homme tant que ce dernier ne cesse lui-même de recourir à l’aide de la Theotokos. »

Saint Séraphim de Sarov.

De l’Église russe orthodoxe (1759-1833), fête le 2 janvier.

 




Marie Corédemptrice : la Note vaticane qui efface trois siècles de Magistère

Tribune Chrétienne, 8 décembre 2025, par Quentin Finelli
Une association mariale internationale, regroupant cardinaux, évêques, théologiens et laïcs, publie un vaste document pour répondre à la Note du Dicastère pour la Doctrine de la Foi sur les titres de Marie. Selon eux, la nouvelle position vaticane sur la Corédemption et la Médiation, si elle n’est pas clarifiée, risque d’effacer trois siècles d’enseignement papal et d’affaiblir la confiance des fidèles

Depuis la publication de Mater Populi Fidelis, un malaise a gagné de nombreux fidèles. Comment un titre marial utilisé par des papes, des saints et des mystiques pourrait-il soudainement devenir inconvenant ou inapproprié ? Face à ce climat de confusion, l’Association mariale internationale a décidé de répondre, invoquant le droit et parfois le devoir des fidèles de manifester leur pensée pour le bien de l’Église. Le média italien Bussola a présenté aujourd’hui le document de sa Commission théologique, qui analyse ce que la Note du Dicastère pour la Doctrine de la Foi a provoqué d’inquiétude et de perplexité.

La loi de l’Église rappelle en effet que chaque fidèle peut et parfois doit faire connaître son avis aux pasteurs, dans le respect de la foi et de la dignité de chacun. C’est à partir de ce principe que la Commission théologique de l’International Marian Association, composée d’une quarantaine de membres, a publié un texte destiné à éclairer et corriger certains points de Mater Populi Fidelis. Leur propos n’est ni polémique ni émotionnel, mais s’appuie sur une démarche de continuité et de fidélité à l’enseignement constant du Magistère.

Au cœur du débat se trouve la manière dont la Note du DDF qualifie le titre de Corédemptrice. Dans les versions italienne, anglaise et allemande, il est dit « toujours inapproprié ». Dans les versions française, espagnole et portugaise, « toujours inopportun ». Cette divergence n’est pas anecdotique.

Dire qu’un titre est inopportun, c’est le juger pastoralement risqué. Dire qu’il est inapproprié, c’est le considérer impropre ou doctrinalement erroné. Si ce titre est « toujours » inapproprié, alors ceux qui l’ont utilisé – Léon XIII, Pie XI, Jean-Paul II, mais aussi Padre Pio, Maximilien Kolbe ou sœur Lucie de Fatima – auraient agi de manière imprudente. Cette simple conséquence interroge. Comment expliquer qu’un langage pontifical répété pendant des siècles devienne soudainement fautif ?

Le texte de l’Association rappelle donc que Pie XI expliquait publiquement pourquoi Marie pouvait être invoquée comme Corédemptrice, car elle a donné le Sauveur et s’est associée à son sacrifice jusque sous la Croix. Jean-Paul II, lui aussi, a indiqué que Marie a accepté et assisté au sacrifice de son Fils et que son rôle ne s’est pas arrêté au Calvaire. Le problème soulevé est simple: la Note vaticane ne nie pas que Marie ait un rôle unique, mais elle ne dit jamais que ce rôle est redempteur. Elle omet également de citer Lumen Gentium 58, pourtant l’un des passages les plus nets sur l’union de Marie au sacrifice de son Fils, où elle consent amoureusement à l’immolation de la victime qu’elle avait engendrée. Cette absence est remarquable, car ignorer un texte conciliaire aussi central modifie la perception doctrinale.L’analyse se poursuit sur le titre de Médiatrice de toutes les grâces. La Note préfère réduire la médiation maternelle de Marie à une simple intercession. Or, douze papes, depuis le XVIIIe siècle jusqu’à François, ont parlé de Marie comme Médiatrice ou Dispensatrice de toutes les grâces. Plusieurs enseignements de haut niveau l’énoncent explicitement.

Le fait que la Note les passe sous silence crée un déséquilibre. Il ne s’agit pas ici d’une spéculation marginale, mais d’un enseignement ordinaire, réitéré, parfois sous forme liturgique, puisque Benoît XV a approuvé une fête de Marie Médiatrice de toutes les grâces.

Une difficulté provient d’une confusion entre source et instrument. Seul Dieu donne la grâce, mais cela n’exclut pas que Dieu se serve de médiations secondaires.

Les sacrements sont déjà ainsi compris. Saint Thomas d’Aquin l’enseigne. Si Dieu peut communiquer la grâce par le baptême ou l’eucharistie, il peut le faire aussi à travers la maternité spirituelle de Marie. La Note du DDF craint que Marie devienne un intermédiaire parallèle qui ferait écran entre Dieu et les âmes. L’Association répond que la causalité instrumentale ne concurrence pas la causalité première. Elle la présuppose. Le Christ reste l’unique Médiateur. Mais Dieu a choisi d’associer Marie à son œuvre. Le refus de reconnaître cette causalité secondaire appauvrit le mystère de la grâce et réduit la maternité spirituelle de Marie à un simple encouragement moral.Cette réduction est précisément ce que le document met en évidence. Marie ne se limite pas à prier pour nous. Selon Paul VI, dans Signum Magnum, elle coopère à la naissance et au développement de la vie divine dans les âmes. Cette vérité, dit-il, doit être tenue par la foi par tous les chrétiens. Cela dépasse largement la seule intercession.

Il s’agit d’une véritable maternité spirituelle qui englobe la conception, la naissance et la croissance des âmes dans la vie de Dieu. La Note, en n’évoquant que la disposition ou l’intercession, passe à côté de cette dimension doctrinale.

Enfin, la Commission évoque les conséquences pastorales. Ce sont elles qui inquiètent le plus. Les pratiques les plus aimées du peuple chrétien – Rosaire, Scapulaire, consécration à la Vierge – reposent sur la réalité de la médiation et de la corédemption. La Legio Mariae, présente dans le monde entier, en fait explicitement usage. Si des titres longtemps enseignés par les papes sont désormais présentés comme inappropriés, comment demander aux fidèles de continuer à faire confiance au Magistère ? La question n’est pas rhétorique. Elle touche à la crédibilité de l’autorité doctrinale. Un changement si brusque risque de créer de la confusion et de la défiance.Ainsi, le document de l’Association mariale internationale ne conteste pas l’autorité de l’Église. Il demande une clarification. Il rappelle des enseignements constants. Il souligne des omissions significatives. Il défend une herméneutique de continuité, celle que Benoît XVI a souvent recommandée. L’intention n’est pas d’opposer la piété populaire au discernement théologique, mais de préserver la cohérence.

En définitive, la question posée est simple et grave: peut-on qualifier d’inapproprié ce que l’Église a enseigné, prié et célébré pendant des siècles, ou faut-il au contraire en approfondir la compréhension ?

Ce document répond par la seconde option. Il appelle non à la polémique, mais à la fidélité. Il s’appuie sur les papes, sur le Concile, sur l’histoire. Il montre que la doctrine mariale n’a pas besoin d’être réécrite, mais rendue visible dans toute sa richesse. La confiance des fidèles dépend de cette continuité, car ce qui touche à Marie touche aussi à l’image que l’Église donne d’elle-même. Une tradition ouverte au discernement, mais fidèle à son langage, reste une source de lumière. C’est cette lumière que le texte cherche à raviver.




Message de Marie à Medjugorje le 25 décembre 2025

«Chers enfants,
Aujourd’hui encore, alors que Dieu me permet de vous apporter dans mes bras le petit Jésus, Roi de la Paix, pour qu’il vous comble de l’ardeur de l’amour et de paix, afin que chaque cœur soit semblable à son Cœur en ce temps de grâce, soyez des défenseurs résolus et courageux de l’amour de votre Dieu, afin qu’il vous donne sa paix en ce temps de grâce.
Merci d’avoir répondu à mon appel. »



La Communion des refuges vous souhaite une sainte année 2026 !

La Communion des Refuges du Coeur Immaculé de Marie vous souhaite une Sainte année 2026 !

Puisse le Cœur Immaculé de Marie, doux Refuge des âmes, vous abriter dans vos joies et vos épreuves, vous conduire plus près de Jésus et vous remplir d’espérance, par la prière et la confiance en la Miséricorde.

Que la paix du Christ et la tendresse du Coeur de Marie vous accompagnent tout au long de cette nouvelle année !




Saint Jean, le Théologien – 1

O Saint Jean, le Théologien…

Toi qui as sondé les indicibles mystères du « Verbe fait chair »… (Jn 1,14)

Toi qui as tant écouté le Cœur attentif de la Vierge

où s’est enfoui l’Evangile du Sauveur… (Lc 2,19 / Lc 2,51 / Jn 2,1-5)

 

L’Eglise va bientôt fêter Saint Jean Apôtre le 27 décembre. C’est l’occasion de continuer à « méditer » une de nos prières quotidiennes à l’Apôtre bien-aimé, celle de chaque mardi. Elle commence par l’affirmation qui le caractérise : « O Saint Jean, le Théologien ! »

A travers la Tradition, on a vite remarqué que son annonce de l’Evangile du Christ n’était pas seulement narrative ou pédagogique, mais aussi profondément théologique. C’est l’Evangile spirituel par excellence ! Il nous a fait entrer dans les mystères du Dieu fait homme d’une manière inédite dés son prologue :

« Au commencement était le Verbe et le Verbe était tourné vers Dieu, et le Verbe était Dieu.

       Il était au commencement tourné vers Dieu.

       Tout fut par Lui et sans Lui rien ne fut.

       De tout être Il était la vie et la vie était la lumière des hommes…

       Et le Verbe s’est fait chair et Il a demeuré parmi nous,

       et nous avons vu sa gloire,

       gloire qu’Il tient de son Père comme Fils unique,

       plein de grâce et de vérité. » (Jn 1,1-4 / 1,14)

Pour nous faire saisir le mystère inouï qui a traversé la vie de Jean, Origène, dès le 3° siècle a écrit dans un commentaire : « Il faut oser dire que, de toutes les Ecritures, les Evangiles sont les prémices et que, parmi les Evangiles, les prémices sont celui de Jean… dont nul ne peut saisir le sens s’il n’a reposé sur la poitrine de Jésus et n’a reçu de Jésus Marie pour Mère[1] ! »

     Saint Thomas d’Aquin écrira aussi admirablement sur celui qui est l’aigle parmi les évangélistes : « Le symbole de Jean est l’aigle. Voici pourquoi : les trois autres évangélistes se sont occupés de ce que le Christ a accompli dans la chair… Jean, lui, volant comme un aigle au-dessus des nuages de la faiblesse humaine, contemple la lumière de l’immuable Vérité avec les yeux du cœur, du regard le plus pénétrant… Attentif à la divinité même de notre Seigneur Jésus-Christ par laquelle il est égal au Père… Le privilège de Jean fut d’être parmi tous les disciples du Seigneur, celui qui fut le plus aimé du Christ : Jean fut en effet « le disciple que Jésus aimait » (Jn 21,20) comme lui-même l’a dit sans se nommer. Le Christ a donc révélé ses secrets de façon toute spéciale à ce disciple très spécialement aimé[2]… »

« Toi qui as sondé les indicibles mystères du « Verbe fait chair… » (Jn 1,14)

C’est la seconde affirmation sur l’Apôtre bien-aimé : après l’avoir quelque peu contemplé dans son altitude d’Aigle comme « Théologien » incomparable, nous sommes invités ici à entrer dans sa vision de Dieu fait homme : « Et le Verbe s’est fait chair et Il a demeuré parmi nous… » Jean nous ouvre ici la porte de l’insondable mystère où le Verbe qui  était éternellement « tourné vers Dieu » s’est, par un incompréhensible amour, « tourné vers les hommes » !

      Ainsi, mon Créateur et mon Sauveur est venu jusqu’à moi dans un visage d’homme… c’est le plus grand mystère de toute l’histoire humaine : voilà pourquoi elle est classée entre « avant et après Jésus-Christ ! » Car Il est venu bouleverser notre monde en envoyant l’Esprit d’amour qui conduit l’Eglise à travers les remous du monde pécheur et l’adversité du démon. Et Saint Jean nous a clairement prévenus sur l’ennemi de Dieu qui met tant de confusion dans le monde actuel. Retenons sa mise en garde pour fortifier la vigilance de notre foi :

« A ceci nous savons qu’Il demeure en nous : à l’Esprit qu’Il nous a donné…

       Bien-aimés, ne vous fiez pas à tout esprit, mais éprouvez les esprits

       pour voir s’ils viennent de Dieu,

       car beaucoup de faux prophètes sont venus dans le monde !

       A ceci reconnaissez l’Esprit de Dieu :

       tout esprit qui confesse Jésus-Christ venu dans la chair est de Dieu ;

       et tout esprit qui ne confesse pas Jésus n’est pas de Dieu ;

       c’est là l’esprit de l’Antichrist !

       Vous avez entendu qu’il allait venir…

       Et dés maintenant, il est déjà dans le monde…

       Mais Celui qui est en vous est plus grand que celui qui est dans le monde ! »

                                                       (1 Jn 3,34 / 4,1-4)

    Pour rester fidèle à la vraie foi au mystère du Christ à la suite de Saint Jean, Origène affirmait plus haut qu’il faut s’approcher et reposer sur « la poitrine de Jésus »… Là, on entend  battre le Cœur de l’infinie tendresse de Dieu ! Telle est La découverte toujours nouvelle de l’Amour de Jésus dont le mystère insondable retentit dans la vie des Saints : ne sont-ils pas beaux d’une Lumière qui n’est pas de ce monde, mais resplendit au cœur de ce monde ? Ne sont-ils pas l’avenir de l’humanité ?

C’est pourquoi un Saint Bernard nous invite à découvrir ce Dieu qui, toujours, s’offre à nous et fait naître les Saints et Saintes de tous les temps :

« Le nom de Jésus n’est pas seulement une lumière, c’est aussi un aliment. Jésus est miel à la bouche, mélodie à l’oreille, Jubilation au cœur ! Mais il est aussi un remède. Quelqu’un de nous est-il triste ? Que le nom de Jésus vienne en son cœur et de là bondisse à ses lèvres… et voici qu’à l’aurore de ce nom, tout nuage s’enfuit, la sérénité revient[3] ! »

    La seconde affirmation d’Origène : « Et n’a reçu de Jésus, Marie pour Mère… » Nous ouvre au mystère de celle, immense, qui s’est dite « Servante du Seigneur » (Lc 1,38). Car, dans la contemplation de sa foi, Origène a bien saisi que le mystère de Marie, Mère de Dieu et Mère des hommes est un des grands dons du Cœur de Dieu ouvert sur la Croix…  le « Voici ta Mère ! » résonnera dans l’histoire du monde à travers le mystère de l’Eglise… et comme l’affirme le Concile Vatican II : la Vierge Marie est « Celle qui occupe dans la Sainte Eglise la place la plus élevée au dessous du Christ[4] et nous est toute proche[5]… »

                                                                                                          +Marie-Mickaël

 

 

[1] Origène, Commentaire sur Saint Jean, Livre I,23.

[2] Saint Thomas d’Aquin (1225-1274), Commentaire sur l’Evangile de Jean, Prologue de Saint Thomas, Tome I,11.

[3] Saint Bernard, Homélie sur le Cantique des Cantiques, 15,6 – Patrologie Latine 183-847.

[4] Et l’on pourrait préciser : « aux côtés du Christ ! »

[5] Concile Vatican II, Lumen gentium, 54.




Parmi les Evangiles, les prémices sont celui de Jean

« Aucun des évangélistes n’a montré la divinité de Jésus d’une manière aussi absolue que Jean, qui lui fait dire : C’est moi la lumière du monde (Jn 8, 12), C’est moi le chemin, la vérité et la vie (Jn 14, 6), C’est moi la résurrection (Jn 11, 25), C’est moi la porte (Jn 10, 9), C’est moi le bon berger (Jn 10, 11), et dans l’Apocalypse, C’est moi l’alpha et l’oméga, le commencement et la fin, le premier et le dernier (Ap 22, 13).
Il faut donc oser dire que, de toutes les Ecritures, les Evangiles sont les prémices et que, parmi les Evangiles, les prémices sont celui de Jean, dont nul ne peut saisir le sens s’il ne s’est renversé sur la poitrine de Jésus (Jn 13, 25) et n’a reçu de Jésus Marie pour mère. Et, pour être un autre Jean, il faut devenir tel que, tout comme Jean, on s’entende désigner par Jésus comme étant Jésus lui-même. Car, selon ceux qui ont d’elle une opinion saine, Marie n’a pas d’autre fils que Jésus ; quand donc Jésus dit à sa mère : Voici ton fils (Jn 19, 26) et non « Voici cet homme est aussi ton fils », c’est comme s’il lui disait : « Voici Jésus que tu as enfanté ». En effet, quiconque est arrivé à la perfection ne vit plus mais le Christ vit en lui (Ga 2, 20) et puisque le Christ vit en lui, il est dit de lui à Marie : Voici ton fils, le Christ. »

Origène, Commentaire sur St Jean, I, 22-23 (Sources Chrétiennes, n° 120, Cerf, pp. 71-73).

Père de l’exégèse biblique. Né à Alexandrie vers 185 et mort à Tyr vers 253[1], c’est un théologien de la période patristique. Il est reconnu comme l’un des Pères de l’Église mais, contrairement à eux, il n’a pas été canonisé par l’Église catholique ni par l’Église orthodoxe, en raison de certaines de ses thèses qui furent rejetées par l’orthodoxie chrétienne.




Sur le point de devenir catholique, Charlie Kirk méditait sur la Vierge Marie comme solution au « féminisme toxique »

Charlie Kirk, militant conservateur assassiné, aurait été sur le point de se convertir au catholicisme au moment de sa mort. Il considérait notamment la Vierge Marie comme une solution au « féminisme toxique » aux États-Unis.

Dans une chronique publiée le 18 septembre dans Angelus, le journal de l’archidiocèse de Los Angeles (États-Unis), Robert Brennan, écrivain de Los Angeles et frère de l’évêque Joseph Brennan de Fresno, en Californie, a écrit que Kirk avait parlé à son frère évêque lors d’un petit-déjeuner de prière, lui racontant « qu’il avait une femme et des enfants catholiques et qu’il assistait à la messe avec eux ».

Kirk avait reconnu les « spéculations » sur son désir de devenir catholique et avait déclaré à Mgr Brennan : « Je suis à deux doigts de me convertir ». Le journaliste précise que son frère lui a donné la permission de partager cette histoire. Il présente aussi une récente vidéo réalisée par Kirk, jusqu’ici chrétien évangélique, dans laquelle, tout en reconnaissant certains « désaccords majeurs » avec le catholicisme, il explique également que les protestants « sous-estiment » la Vierge Marie. « Nous ne parlons pas assez de Marie. Nous ne la vénérons pas assez », déclarait Kirk, affirmant que Marie est « la solution au féminisme toxique » aux États-Unis.

Robert Brennan commente : « Comme il est approprié que l’une des dernières vidéos de Charlie Kirk ait porté sur la Médiatrice par excellence de tous les temps et de tous les lieux ! À sa manière, il tendait la main vers elle, et maintenant, j’en suis convaincu, elle lui rend la pareille. »

20 septembre 2025. The Catholic Herald




La foi catholique d’Ernest Hemingway et son amour pour la Vierge Marie (II)

L’amour indéfectible d’Ernest Hemingway pour la mère de Jésus transparaît clairement dans son roman de 1954, Le Vieil Homme et la Mer. Le protagoniste, Santiago, avait promis de faire un pèlerinage à Notre-Dame de la Charité du Cobre à Santiago de Cuba, s’il attrapait le poisson qu’il poursuivait. « Je ne suis pas religieux », disait-il. « Mais je dirai dix Notre Père et dix Je vous salue Marie pour que j’attrape ce poisson, et je promets de faire un pèlerinage à la Vierge du Cobre si je l’attrape. C’est une promesse. » Santiago se mit alors à réciter un Ave Maria après l’autre. Hemingway fit de même et, lorsqu’il remporta la plus grande récompense qui soit, le prix Nobel, il offrit son médaillon en or à Notre-Dame de la Charité d’El Cobre. Il ne fait aucun doute que la Vierge le guidait vers des ports sûrs, malgré lui.

Attiré par tout ce qui touchait au Moyen Âge, c’est-à-dire tout ce qui était ancien et catholique, Hemingway visitait régulièrement les célèbres cathédrales européennes, faisant preuve de piété et de révérence. Il assistait à la messe mais ne communiait pas en raison de sa situation matrimoniale et se confessait à un prêtre jésuite nommé Don Andrès, un ami proche, jusqu’à sa mort en 1955.

Hemingway était un homme complexe avec une foi simple. Les visites discrètes dans les cathédrales et les célébrations privées des jours de fête faisaient autant partie de sa vie que la chasse au gros gibier, la pêche en haute mer, la boxe et la corrida, qui, selon lui, lui procuraient une « grâce actuelle » comme il le répétait avec enthousiasme dans des conversations des années 1920.

Plus tard, alors qu’Hemingway sombrait dans une grave maladie mentale, en particulier après son accident d’avion en Afrique en janvier 1954, où il s’était servi de sa tête comme d’un bélier pour s’échapper de l’appareil en feu, il n’était plus le même homme. Son grand ami l’acteur Gary Cooper, converti au catholicisme, alors qu’il était lui-même mourant en mai 1961, chercha à apporter un peu de réconfort spirituel à Hemingway qu’il savait tourmenté.

Comme l’écrit A. E. Hotchner : « Lorsque la douleur eut passé, Cooper tendit la main vers la table de chevet et prit un crucifix, qu’il posa sur l’oreiller à côté de sa tête. “S’il te plaît, transmets un message à Ernest. C’est important et tu ne dois pas oublier, car je ne lui parlerai plus jamais. Dis-lui … que c’était [i.e sa conversion au Catholicisme] la meilleure chose que j’ai jamais faite” ». Gary Cooper est mort le 13 mai 1961, jour de la fête de Notre-Dame de Fatima.

Hemingway a mis fin à ses jours cinquante jours plus tard, le 2 juillet 1961. Personne n’était là pour le sauver ce jour-là dans sa maison. Ou peut-être que quelqu’un était là…

Adapté de l’article « Hemingway’s Catholic Heart » (Le cœur catholique d’Hemingway) de Mary Claire Kendall, paru dans le numéro de janvier-février 2019 du Saint Austin Review.

Note: Mary Claire Kendall a récemment publié un livre complet sur le même sujet, dont cet article était un prémice, intitulé Hemingway’s Faith (Rowman & Littlefield Publishers, 17 décembre 2024)




Joyeux Noël !

La Communion des Refuges du Coeur Immaculé de Marie vous souhaite un très joyeux Noël !