« Je t’attends, Seigneur, dans le calme et le silence… »

De toi, mon cœur a dit : « Cherche sa face ! »

C’est ta face, Seigneur, que je cherche…

Psaume 25,8

      En ce temps ultime et radieux de Noël, Celui de l’Avent a préparé peu à peu nos cœurs à une joie mystérieuse qui a grandi dans l’attente ! Et il nous est bon ici de reprendre et méditer une remarquable « prière de Sainte Faustine » qui va ajuster la nôtre. Laissons-là d’abord résonner à l’intérieur en la repassant plusieurs fois en nos cœurs… et elle deviendra, à n’en pas douter, notre lumière sur la route ; car si la joie de Noël doit nous rassembler autour de l’Enfant-Dieu, elle doit aussi nous relancer vers « le Ciel, l’unique but de nos travaux[1] » :

« Je ne sais, ô Seigneur, à quelle heure Tu viendras… Je veille donc sans cesse et je tends l’oreille, Moi Ta bien-aimée que Tu as élue. Car je sais que Tu aimes venir inaperçu. Cependant, Seigneur, le cœur pur Te pressant de loin…

Je T’attends, Seigneur, dans le calme et le silence, avec au cœur une grande nostalgie et un désir inassouvi. Et je sens que mon amour pour Toi se change en brasier… Et comme une flamme s’élèvera dans le ciel à la fin de mes jours !

Viens donc enfin, mon très doux Seigneur, et emporte mon cœur assoiffé là-bas, chez Toi, dans les hautes contrées des Cieux où règne éternellement Ta Vie !

La vie sur terre n’est qu’une agonie, car mon cœur sent qu’il est créé pour les hauteurs et rien ne l’intéresse des plaines de cette vie. Car ma Patrie c’est le Ciel, et je crois en cela invinciblement ! » (Petit Journal, 1589).

Quelle lumière, quelle sagesse, quel élan et quel « cri » dans cette admirable prière ! Elle nous dit en raccourci ce qui doit soulever notre cœur, si souvent lourd, de pauvre pécheur :  n’est-il pas appelé par la miséricorde du Christ à entrer dans la vraie Vie ? Alors, comprenons que sur terre, il faut « veiller » sans cesse comme nous y invite ici Sainte Faustine et, par-dessus tout, l’Evangile :

« Veillez donc et priez en tout temps, afin d’avoir la force d’échapper à tout ce qui doit arriver, et de vous tenir debout devant le Fils de l’homme ! » (Lc 21,36).

D’ailleurs, le merveilleux chant du « Salve Regina » le confirme : nous vivons sur cette terre « gémissant et pleurant dans cette vallée des larmes… » et nous soupirons vers Marie, « Reine et Mère de miséricorde : notre vie, notre douceur et notre espérance ! » C’est Elle qui, « après cet exil, nous montrera Jésus, le fruit béni de ses entrailles ! » Alors, avec Faustine, il nous est si bon de redire :

« Je t’attends, Seigneur, dans le calme et le silence, avec au cœur une grande nostalgie et un désir inassouvi. Et je sens que mon amour pour Toi se change en brasier… Et comme une flamme s’élèvera dans le ciel à la fin de mes jours ! »

C’est si vrai que l’essentiel de notre vie sur terre est « d’attendre le Seigneur, dans le calme et le silence » avec, au cœur, ce désir lancinant de la « nostalgie du Ciel » pour lequel nous sommes tous nés… et il faut ici rafraîchir notre mémoire pour qu’elle se souvienne du mystère de l’issue finale de chacune de nos vies… qui sera, en vérité, éternel !

Ah, si l’on faisait aujourd’hui un sondage sur ce qu’il advient au moment de la mort ? On aurait d’étonnantes surprises sur le sens de la vie ! Le matérialisme athée nous a enfermé dans une terrible inculture en nous figeant dans le temps par le mythe de l’éternelle jeunesse ! Et c’est pourquoi l’Ennemi de nos âmes tentera jusqu’au bout de nous voler « le trésor de la foi » que l’Eglise appelle : « la grâce d’une bonne mort » !

Alors, n’oublions jamais que notre âme est éternelle et qu’à la fin, elle sera « pesée » et « jugée » face à l’Amour ! Et c’est pourquoi dans chacun de nos actes sur terre se joue notre éternité… il est donc « urgent » maintenant d’écouter la foi de l’Eglise sur les trois destinations éternelles « possibles » au moment du grand passage :

Le Ciel, lieu de la béatitude éternelle avec les Anges et les Saints auprès de Jésus, Notre Sauveur et Seigneur, et de Marie notre Mère, dans la joie et la gloire de la Très Sainte Trinité !

Le Purgatoire, lieu de miséricorde et de de purification où les âmes attendent dans la souffrance et l’espérance d’être délivrées de leurs péchés avant d’entrer au Ciel…

L’Enfer, lieu de la damnation, de l’horreur sans fin et de l’éternelle haine avec la foule horrible des démons et des damnés !

Il est aujourd’hui urgent de nous arrêter quelque peu sur le mystère de ces trois issues finales « possibles » de la vie de l’homme à travers les lumières de la foi fondées sur l’Evangile. Car aujourd’hui, il y a jusque dans l’Eglise « un terrible silence » sur ces vérités de la foi. Il est donc pressant de comprendre combien chaque choix et chaque instant de nos vies préparent notre éternité dans l’autre monde… et combien selon le commandement du Seigneur, nous devons « aimer » comme Lui (Jn 15,12-17). En effet, le vrai réel n’est pas celui que l’on croit dans notre civilisation enfermée dans le matérialisme triomphant : cette vie de chaque jour qui passe disparaîtra et en prépare une autre qui sera éternelle… n’oublions jamais « qu’au soir de cette vie, nous serons jugés sur l’amour[2] ! »

Certes, par l’Amour en personne qui est mort pour nous sur la Croix, car « le Fils n’est pas venu pour juger, mais pour sauver (Jn 3,17) et donner la vie qui est en Lui (Jn 5,26). » Mais, face à un tel Amour, le Catéchisme nous invite au réalisme en affirmant : « c’est par le refus de la grâce en cette vie que chacun se juge déjà lui-même (Jn 3,18), reçoit selon ses œuvres (1 Co 3,12-15) et peut même se damner pour l’éternité en refusant l’Esprit d’amour[3]. » (Mt 12,32)

Chaque instant de cette vie est donc redoutablement « sérieux et précieux » car il prépare notre éternité. Et comme l’a dit petite Thérèse : « Un instant, c’est un trésor ! » Alors, en cette civilisation des divertissements à outrance et des jouissances sans fin, sachons découvrir la « perle précieuse » de l’Evangile (Mt 13,45-46) pour changer dorénavant la finalité de nos vies ! Et laissons résonner en nos cœurs le « cri final » de Faustine :

« Ma Patrie, c’est le Ciel, et je crois en cela invinciblement ! »

+M Mickaël

 

[1] Sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus, Lettre 90.

[2] Saint Jean de la Croix, Avis 57.

[3] Catéchisme de l’Eglise Catholique, 679.




De l’Étoile des Mages à la Vierge Marie, guide de notre foi

Les Mages

Les Mages étaient des hommes en recherche de Dieu, aidés dans leur quête par  la connaissance des Écritures, des sciences qu’ils ont développée, mais surtout par un signe attendu, promis par Dieu : l’Étoile.
Un guide puissant, brillant de mille feux, visible pour ces trois hommes malgré leur éloignement géographique et parlant à chacun un langage que seul leur savoir pouvait leur faire comprendre que le temps était venu.
Ils suivirent cette Étoile avec une foi profonde puisée dans l’attente d’une promesse. Ils se préparèrent donc à ce voyage, à ce cheminement aussi bien spirituel que physique vers l’Enfant Dieu. Ils abandonnèrent toutes leurs occupations, leurs charges, leurs affaires, leurs maisons, leurs contrées. Ils s’en remirent à Dieu avec une incommensurable confiance un total abandon. Ils vainquirent le doute lorsque Dieu les mit à l’épreuve en faisant disparaître l’Étoile un moment. Dieu les conforta en les faisant se rencontrer, leur permettant ainsi de partager sur les Écritures et de pouvoir se confronter aux prêtres d’Hérode.

Comment aujourd’hui ne pas trouver certaines similitudes et voir en ces mages des exemples de chaque instant ? Nous avons eu la révélation, nous avons aussi les Écritures et les Évangiles. Nous sommes également en recherche constante de Dieu.

Marie notre Étoile

Le Christ nous a donné la Vierge Marie comme guide, son nom signifie « Étoile de la mer » ( leçon des matines du 12 septembre fête du Saint Nom de Marie). Saint Augustin nous en dira un peu plus, lors d’un sermon en la fête de l’Épiphanie, sur le fait que Marie est bien une Étoile qui nous est révélée et donnée :

« cette étoile virginale se trouvait enfermée dans les étroites limites d’une étable, avec le Soleil de justice qu’elle avait mis au monde; aussi, et afin de la faire connaître, un astre d’un éclat nouveau apparaît-il en Orient; par l’éclat inouï de sa lumière, il prévient les Gentils de l’apparition de l’étoile sortie de Jacob, et, marchant en avant des Mages pour leur indiquer leur chemin, il les amène jusqu’à Bethléem. C’est ainsi que le ciel fait connaître le ciel, qu’une étoile indique une étoile, que la lumière rend témoignage de la lumière, qu’un astre découvre un astre. »

Une expression chérie et reprise par l’Église pour louer et glorifier Marie dans sa liturgie. Vers le XXème siècle une prière reprise du VIème siècle sera écrite sous la forme d’une hymne magnifique: l’ « Ave Maris Stella ».

Saint Louis-Marie Grignon de Montfort dira d’ailleurs que « pour aller à Jésus allons par Marie ». Elle est bien notre étoile.

En chemin vers Dieu comme les Mages avec Marie

Prenons donc notre bâton de pèlerin afin d’imiter au mieux ces Mages. Allons à la recherche de Dieu.Le chemin est long, la foi, la confiance et l’abandon total en Dieu est difficile et plus particulièrement dans la société actuelle. Regardons, prions Marie, tout au long de ce chemin elle est notre étoile, celle qui défait les nœuds, même les plus durs. Étoile, douce lumière qui nous vient de la profondeur des cieux, elle guide notre marche vers Dieu. Nous traversons une époque agitée, où la mer semble déchaînée. Notre confiance et notre foi risque de vaciller et de faire chavirer la barque de notre âme.

Mais elle est là, Marie, notre Étoile, le phare dans la nuit de nos vies. Pas seulement la mère, qui protège, qui évite tous les périls et dispense de l’effort ceux qui la prient. C’est une mère qui précède ses enfants et les encourage par l’exemple de ses vertus, foi, humilité, charité pour ne parler que des vertus théologales si bien mises en pratique par les Mages. Elle est avec nous dans cette montée qui paraît bien souvent ardue et constitue notre vie chrétienne.
Les rois ont su attendre,renoncer,s’abandonner, partir. Avertis comme nous, ils ont cheminé. Ils ont mis de côté leurs vies sociales et ont privilégié leurs âmes et leur sanctification, peut-être même sans le savoir. Du jour au lendemain ils ont vu le signe que Dieu leur a envoyé.

Saurons nous entendre à notre tour l’appel de Dieu, le besoin de notre âme à le retrouver en nous, saisir la grâce qui nous est donnée?

Marie elle même par sa beauté rayonnante brillera à chacune de ses apparitions. Elle emploiera souvent sa lumière pour être trouvée et reconnue. Elle ira jusqu’à faire tomber une étoile pour marquer un lieu où elle souhaitait être priée, comme à Montebourg où elle est invoquée sous le vocable de Notre Dame de l’Étoile et deviendra la vierge des Frères des Écoles Chrétienne. A la rue du Bac la Vierge Marie dira qu’elle est triste que certains des rayons qu’elle nous envoie ne soient pas lumineux (ceux-ci représentant les grâces que nous ne pensons pas à lui demander).
Elle est celle qui illumine ,notre vie d’espérance, elle est notre étoile vers Dieu et chemin vers notre éternité bienheureuse.
Saint Jean-Baptiste de la Salle constatera : « Il ne suffit pas de naviguer sûrement, il faut arriver au port. Cette Étoile de la mer, la Très Sainte Vierge, vous y conduira sans difficulté parce qu’elle le connaît très bien »

Demandons donc à Marie qui défait les nœuds  de nous inonder de ses rayons de vertus et d’éclairer nos nuits pour notre cheminement vers Dieu et le ciel, chemin des saints.

L. du Jonchay




Du sein de Marie… est sortie la Lumière du monde !

« Tu serais mort pour l’éternité, s’il n’était né dans le temps…

Tu serais victime d’une misère sans fin, s’il ne t’avait fait miséricorde ! »

Saint Augustin

 

Voici qu’en Marie, le Très-Haut s’est fait tout petit, le Soleil est sorti d’une étoile, la Lumière éternelle s’est révélée sous les traits de l’enfance… car « le Verbe s’est fait chair et il a demeuré parmi nous, et nous avons vu sa gloire, gloire qu’il tient de son Père comme Fils unique, plein de grâce et de vérité ! » (Jn 1,14).

En cette Vierge, il est devenu ce qu’il n’était pas sans cesser d’être ce qu’Il est : le Verbe divin, le Fils unique « tourné vers le Père » (Jn 1,1). En épousant notre condition humaine en tout, sauf le péché, notre Dieu entre avec nous dans une bouleversante proximité en épousant le cycle de nos croissances (Lc 2,52) ; mais son mystère reste fou et inconcevable ! Comment pouvait-on imaginer, ne serait-ce qu’effleurer, la venue « possible » de Dieu en personne ? Saint Pierre Chrysologue s’émeut devant le plus grand des mystères de l’histoire humaine :

« L’Incarnation n’est pas normale, c’est miraculeux ; ce n’est pas conforme à la raison, mais à la puissance divine ; cela vient du Créateur, non de la nature ; ce n’est pas commun, c’est unique et divin[1] ! »

Cela saute aux yeux dès sa naissance : sans la foi et les signes du ciel (Lc 2,8-18), les bergers et les mages n’auraient pu reconnaître dans ce petit enfant « le signe » déconcertant (Lc 2,12) qui s’offrait à leur regard… Tel est le paradoxe inouï du dessein divin où « Dieu est si grand qu’il peut se faire si petit. Dieu est si puissant qu’il peut se faire faible et venir à notre rencontre comme un enfant sans défenses, afin que nous puissions l’aimer[2]… »

Pour s’émerveiller tant soit peu devant le mystère de l’Incarnation, il faut donc « pressentir » l’abîme ontologique qu’il y a entre l’homme et Dieu. Car l’Infini s’est inscrit dans notre finitude et désormais je peux le voir, le toucher, l’écouter… dans le prologue de sa première Epitre, Saint Jean nous y plonge avec une telle plénitude de bonheur :

« Ce qui était dès le commencement, ce que nous avons entendu,

ce que nous avons vu de nos yeux, ce que nous avons contemplé,

ce que nos mains ont touché du Verbe de vie…

Car la Vie s’est manifestée :

nous l’avons vue, nous en rendons témoignage ! »

(1 Jn 1,1-2)

Ce témoignage johannique est à la fois unique et si plein d’humanité car il nous affirme que l’impossible s’est rendu accessible : imaginez-vous ! On a touché Dieu en cet homme qui est « le Verbe de vie ! » Alors, la conséquence donne tout son sens à l’Eglise :

« Nous vous annonçons cette Vie éternelle,

qui était auprès du Père et qui nous est apparue ! »

(1 Jn 1,2)

 

Il a donc surgi du sein de Marie pour être au milieu de nous si merveilleusement proche et présent, mais également si mystérieux et si caché : le Verbe du Père s’est rendu accessible en son humanité, mais demeure en même temps insaisissable en sa divinité ! Les Evangiles ne cessent de le signaler et nous invitent à ne pas l’oublier à la suite des Apôtres :

Pour s’approcher en vérité du Christ, il faut éprouver « la joie radieuse » d’André et de Jean après la première rencontre qui a fait basculer leur vie : « Nous avons trouvé le Messie ! » (Jn 1,41) ; mais il faut ressentir aussi « l’effroi » de Pierre devant la première pêche miraculeuse où affleure le divin : « Eloigne-toi de moi, Seigneur, car je suis un homme pécheur ! » (Lc 5,8).

C’est ici que la théologie apophatique est précieuse dans la démarche et la réflexion sur la foi car comme le signale Olivier Clément : « En Jésus, le mystère est à la fois dévoilé et voilé[3] ». Les Pères de l’Orient chrétien en sont les principaux témoins comme Saint Baile, Saint Grégoire de Naziance, Saint Grégoire de Nysse ou Maxime le Confesseur qui écrit :

« L’Incarnation est un mystère plus inconcevable encore que tout autre. En s’incarnant, Dieu ne se fait comprendre qu’en apparaissant lus incompréhensible. Il reste caché dans cette manifestation même… Même exprimé, c’est toujours l’inconnu[4] ! »

Ce mystère du « Touchable » et de « l’Insaisissable » est si flagrant dans la relation de Jésus avec ses Apôtres : c’est quand ils croient « comprendre » le Maître que surgit tout à coup sa parole mystérieuse qui les ravit autant qu’elle les déconcerte (Jn 16,29-33). Eux, les intimes qui vivaient avec Lui, se heurtent déjà à ce clair-obscur de l’Evangile car « nous cheminons dans la foi, non dans la claire vision ! » (2 Co 5,7). N’oublions donc jamais que dans la manifestation de Jésus-Christ, il y a assez de lumière pour croire et assez d’ombre pour douter. Jésus est le contraire d’un gourou… Il est la Lumière qui s’est revêtue de notre fragilité, et c’est pourquoi il s’offre à nous dans un infini amour en demeurant « doux et humble de cœur… » (Mt 11,29).

Ainsi, Celui « qui maintient l’univers par sa parole puissante » (He 1,3) se fait mon Sauveur, petit et dépendant, caché à l’ombre de l’humanité. Comment pouvait-il être davantage avec moi ? La miséricorde du Père l’a fait basculer du côté de l’homme…

Et par amour pour nous, la Vérité se laissera couronner d’épines. Or, la folle conséquence, la voici : « Il devient tellement l’un de nous que nous devenons éternels[5] ! »

+M Mickaël

 

[1] Saint Pierre Chrysologue, Homélie sur le mystère de l’Incarnation, 148 ; Patrologie Latine, 52, 596.

[2] Pape Benoît XVI, Rome, 24 décembre 2005.

[3] Olivier Clément, Sources – Les mystiques chrétiens des orignines, Stock, 1982, p.37.

[4] Maxime le Confesseur, Ambigua, Patrologie grecque 91, 1048-1049.

[5] Liturgie de la Messe, préface de Noël.




Il vous faut aller à elle pour qu’elle soit votre avocate…

Récit de Maria Valtorta au sujet de la visite des Mages. Lorsque ceux-ci repartent vers leur pays, Marie prend la petite main de l’Enfant Jésus et la guide pour bénir les mages.

« C’est Marie qui prend la main de Jésus, qui ne sait pas encore bénir, et la guide pour faire ce geste saint.

C’est toujours Marie qui prend la main de Jésus et la guide. aujourd’hui encore. Aujourd’hui, Jésus sait bénir. Mais il arrive que sa main transpercée retombe, lasse et découragée, parce qu’il sait qu’il est inutile de bénir. Vous détruisez ma bénédiction. elle retombe encore sous l’effet de l’indignation, parce que vous me maudissez. C’est alors Marie qui contient cette indignation en déposant un baiser sur ma main. O le baiser de ma Mère, qui saurait y résister ? Puis, de ses doigts délicats, mais avec un amour si impérieux, elle saisit mon poignet et me force à bénir.

Je ne puis repousser ma Mère. Mais il vous faut aller à elle pour qu’elle soit votre avocate. Elle est ma Reine avant d’être la vôtre, et son amour pour vous a des indulgences que même le mien ne connaît pas. Sans paroles, mais avec les perles de ses larmes et l’évocation de ma croix dont elle me fait tracer le signe en l’air, elle plaide votre cause et m’exhorte : « Tu es le Sauveur. Sauve ! »

Maria Valtorta, L’Evangile tel qu’il m’a été révélé, tome 1, chapitre 34.




« Laisse-moi poser mes mains sur ton sein ! »

Le texte ci-après est une méditation de la Vierge Marie, dictée à Maria Valtorta, après la vision qu’elle a eu de la naissance de Jean-Baptiste. Elisabeth, dans les douleurs de l’enfantement, demandait à Marie qui l’assistait de la laisser poser les mains sur son ventre, où celle-ci porte Jésus qui rayonne déjà la grâce à travers sa Mère.

 » Que de douleurs pour être mère ! » dit Elisabeth. Elle est grande en effet, mais ce n’est rien en comparaison de la mienne. « Laisse-moi poser mes mains sur ton sein. » Ah si vous me demandiez toujours cela quand vous souffrez !

Je suis celle qui porte éternellement Jésus. Il est en moi, tel l’hostie dans l’ostensoir. Celui qui vient à moi, c’est Lui qu’il trouve. Celui qui s’appuie sur moi, c’est en Lui qu’il se confie. Celui qui s’adresse à moi, c’est à Lui qu’il parle. Je suis son vêtement. Il est mon âme. Bien plus aujourd’hui que pendant les neuf mois où il se développait en mon sein, mon Fils est uni à sa Mère. Alors toute douleur se calme, l’espérance refleurit et toutes sortes de grâces descendent sur ceux qui viennent à moi poser leur tête sur mon sein.

Je prie pour vous. Souvenez-vous en. Le bonheur d’être au Ciel et d’y vivre dans le rayonnement de Dieu ne me fait pas oublier pour autant mes enfants qui souffrent sur la terre. et je prie. Le Ciel tout entier prie, car le Ciel aime. Le Ciel, c’est la charité vivante. Or la charité a pitié de vous. Mais même s’il n’y avait que moi, ma prière suffirait déjà aux besoins de ceux qui mettent leur espoir en Dieu. je ne cesse, en effet, de prier pour vous tous que vous soyez saints ou mauvais, pour accorder aux saints la joie et aux mauvais un repentir salutaire.

Venez, venez, vous les enfants de ma douleur. je vous attends au pied de la croix pour vous faire grâce. »

Maria Valtorta, l’Evangile tel qu’il m’a été révélé, tome 1, chapitre 23.




La Vierge Marie répond aux interrogations angoissées de notre culture post-moderne

Chez beaucoup de nos contemporains, la tentation est forte de taxer de suranné le culte légitime que l’on porte à Marie, de le considérer comme obsolète. La piété mariale véhiculerait selon certains une fois simpliste, plutôt émotionnelle, marquée par la superstition ou par une sensibilité doloriste et saint sulpicienne, une foi dénuée de raison, qui se réfugierait dans le sentimentalisme religieux.

La dévotion envers la Mère de Dieu n’est pas une piété dépassée. Le Rosaire, en particulier, comme l’écrit le pape Jean Paul II, « dans sa simplicité et dans sa profondeur, (…) reste, même dans le troisième millénaire commençant, une prière d’une grande signification, destinée à porter des fruits de sainteté ».

En fréquentant la Vierge Marie, nous découvrons une vision de l’homme et de l’histoire du salut qui présente une réponse pertinente aux interrogations angoissées de notre culture post-moderne.

Mgr. Dominique Rey,

Le Mystère du Rosaire, Editions de l’Emmanuel, Paris, 2008, page 5




Celui que tout le monde cherche est caché dans le sein de Marie !

« Je suis la servante du Seigneur ; qu’il me soit fait selon ta parole ! »

Et l’Ange la quitta… (Lc 1,38)

 

« A la fin, mon Cœur Immaculé triomphera ! »

La Vierge à Fatima

 

En ce temps unique de l’Avent, nous voici arrivé à cet instant à la fois caché et décisif où bascule l’histoire de l’humanité ! Car rien ne sera plus comme avant depuis qu’une toute jeune femme de Nazareth a dit ce « Fiat » qui ouvre la porte à la venue de Dieu… car « aussitôt, l’Esprit Saint survenant en Elle… Celui que le monde ne peut contenir, descendit en la Vierge avec tout l’éclat de sa Majesté[1] ! » Ainsi, commence le « vrai » nouvel âge de l’humanité :

« Au sixième âge du monde, le Christ, Fils de Dieu, naît de la Vierge Marie. Après avoir envoyé, dés longtemps, quantité de prophètes, voici qu’Il est là, enfin, Celui qui parlait à travers eux (Is 52,6-7). Et désormais, « Voici que le Royaume de Dieu est au milieu de nous », car le Roi marche devant nous… créé noblement d’une Vierge Mère, né plus noblement encore de Dieu son Père. Quand le Christ, Fils de Dieu, naît de la Vierge Marie, c’est un Prince, digne de régner, qui est donné au genre humain[2] ! »

Et l’attitude de Marie est toute d’humilité dans sa réponse à l’Ange Gabriel car elle accueille et s’efface à la fois :  Elle offre à ce moment précis de l’histoire l’espace de sa disponibilité virginale qui va ouvrir la porte à la Venue du Verbe éternel dans l’humanité… et comme l’a affirmé Saint Augustin avec ce génie théologique qui le caractérise :

« Il est devenu ce qu’Il n’était pas sans cesser d’être ce qu’Il était ! Il est venu à nous comme homme, sans s’éloigner de son Père ; qu’en demeurant ce qu’il était, il s’est montré ce que nous sommes ; et qu’en incarnant sa puissance dans le cœur d’un enfant, il ne l’a pas moins appliquée au gouvernement du monde. Lui qui a créé l’univers en demeurant dans le sein de son Père, a donné à une Vierge d’enfanter, pour venir à nous. N’y-t-il pas un reflet de sa Toute-Puissance dans cette Vierge qui devient Mère et qui reste Vierge après l’avoir mis au monde ?… Une femme nous avait inoculé la mort ; une Femme a pour nous enfanté la Vie !… Tressaillez de joie, car le Christ s’est fait homme en naissant d’une Femme[3] ! »

Telle est l’œuvre unique de l’Esprit quand il « vient » opérer l’Ineffable Mystère en la Vierge Immaculée… et en cette fin des temps, Jésus nous envoie sa Mère pour nous préparer à sa Venue : Elle fut cachée et effacée lors de la Venue du Sauveur à travers Elle… mais aujourd’hui Mère de de l’Eglise et de tous les hommes, Elle est maintenant à l’œuvre à travers son influence spirituelle et ses Apparitions pour nous préparer au Retour de son Fils ! Nous sommes dans cet espace-temps qui prépare le triomphe de son Cœur Immaculé annoncé à Fatima !

A l’heure du cadran de l’Eglise, le regard prophétique de la foi nous laisse deviner que nous sommes dans les ultimes « délires infernaux » de Babylone la grande, « la Prostituée fameuse » : « C’est avec elle qu’ont forniqué les rois de la terre, et les habitants de la terre se sont saoulés du vin de sa prostitution ! » (Ap 17,2). Mais au vu des événements actuels, on peut s’attendre à ce que son effondrement soit proche comme l’annonce les chapitres 17 et 18 du livre de l’Apocalypse : il est donc plus que temps d’écouter l’Esprit-Saint qui agit à travers la Femme « pour voler au désert jusqu’au Refuge où, loin du Serpent, elle doit être nourrie… » (Ap 12,14).

Ainsi, on ne le dira jamais assez : il est temps pour l’Eglise d’aller au désert pour garder et protéger la « perle précieuse » de la foi. Elle mène à cette ultime espérance où s’ouvre la porte de la Vérité qui est, en Dieu, l’autre nom de l’Amour… le Christ en a témoigné devant Pilate :

« Je ne suis né, je ne suis venu dans le monde

que pour rendre témoignage à la vérité !

Quiconque est de la vérité écoute ma voix… »

(Jn 18,37)

Et pour garder fidèlement ce témoignage de la Lumière, le Seigneur nous a donné L’Esprit et Celle qui est comme « l’incarnation de l’Esprit-Saint[4] » : Marie, Mère de Dieu et notre Mère… il est donc temps de lutter chaque jour, Rosaire à la main et Jésus Eucharistie dans le cœur, en se retirant dans le silence et la solitude du désert pour se « blottir » sur le Cœur Immaculé de Marie, « notre Refuge ultime » …

D’autres temps viendront où ceux et celles partis au désert deviendront les apôtres rayonnants de ce « feu » que Jésus est « venu apporter sur la terre » (Lc 12,49). Mais dans les derniers temps actuels, l’Eglise, réduite et persécutée, partira au désert dans « le silence des refuges » … Alors, sera dévoilé qu’il n’existe en vérité qu’un seul « Refuge » accessible toujours et partout : le mystère de tendresse du Cœur Immaculé de la Vierge offert à tous !

Oui, en ce temps béni de l’Avent, soyons convaincus que l’urgence absolue est d’entrer chaque jour plus profondément dans ce « Refuge ultime » ! Et cela, par la fidélité quotidienne au saint Rosaire et cet « état de grâce » lié à la vie sacramentelle… Dans le Cœur Immaculé de Marie, notre Refuge et Arche sacrée des derniers temps, nous foi sera nourrie et elle triomphera (1 Jn 5,5) dans la douceur de l’humilité et la puissance de l’espérance qui, seules, libèrent l’Océan de l’Amour…

+M Mickaël

 

[1] Hugues de Saint Victor, Explanatio in Canticum Beatae Mariae, Patrologie Latine 175,415.

[2] Rupert de Deutz, De Trinitate, L. XLII,1, Patrologie Latine 167,1535.

[3] Saint Augustin, Sermon 184, Pour le jour de Noël.

[4] Saint Maximilien-Marie Kolbe, Conférence, 25 février 1941.




4 puissantes raisons pour lesquelles Satan tremble devant la Vierge Marie

Pourquoi le diable craint-il une humble femme plus que toute autre chose ?
Dans un épisode du podcast « The Catholic Gentleman », John Heinen, Sam Guzman et Devin Schadt discutent de quatre raisons puissantes pour lesquelles Satan tremble devant la Sainte Vierge Marie :

1. L’humilité de Marie humilie Satan

L’humilité de Marie est à l’opposé de l’orgueil de Satan. Sa soumission totale à la volonté de Dieu rend son arrogance impuissante. « Dieu a donné à Marie un tel pouvoir sur les mauvais esprits, explique Heinen, qu’ils admettent craindre une de ses supplications pour une âme plus que les prières de tous les saints ».

Lorsque nous accueillons l’humilité de Marie, nous partageons sa victoire sur Satan.

2. Marie est la reine des anges

Marie a autorité sur tous les êtres angéliques, y compris ceux qui sont déchus. « Ceux qui ont choisi de suivre Dieu savaient que lorsque Notre Dame arriverait et s’élèverait au-dessus d’eux, ils seraient à son service », explique M. Heinen.

Satan, qui s’enorgueillit de son ancien statut angélique , est tourmenté par la place exaltée de Marie au Ciel.

3. L’impact de Marie sur le salut

Marie rappelle à Satan que sa rébellion ne pourra jamais vaincre la mission divine qu’elle a remplie. « Elle est l’avant-goût de la création déifiée, de la création restaurée dans l’union avec Dieu », explique M. Guzman.

De son Immaculée Conception à son rôle de Mère de Dieu, Marie est au cœur du plan de Dieu pour vaincre Satan.

4. Marie exalte les humbles

Le chant de louange de Marie, « Le Magnificat », déclare que Dieu « a renversé les puissants de leurs trônes et élevé les humbles ».

Ce contraste saisissant exaspère Satan, qui est obsédé par le pouvoir et la glorification de soi. « Au cœur de Marie dans le Magnificat, nous voyons pourquoi elle est si différente de Satan », explique M. Schadt. « Sa gloire et sa manifestation sont dirigées vers Dieu et non vers elle-même. »

 

George Ryan

6 septembre 2024

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L’Avent : l’aurore d’une invincible joie !

« Réjouissez-vous sans cesse dans le Seigneur…

Réjouissez-vous !… Le Seigneur est proche ! »

Philippiens 4,4-5

« L’Apôtre peut dire « Gaudete » parce que le Seigneur est proche…

Si le Bien-Aimé, l’Amour, le plus grand Don de ma vie, m’est proche…

La joie demeure au fond de mon cœur,

Une joie plus grande que toutes les souffrances ! »

Benoît XVI

Cette joie de l’Avent a commencé au jour de l’Annonciation du Sauveur quand, dans le plus grand secret, la première parole que l’Archange Gabriel adresse à Marie ouvre le monde à l’Océan de la joie :

« Réjouis-toi, Marie, pleine de grâce, le Seigneur est avec toi ! » (Lc 1,28)

La Joie est entrée dans le monde parce que le « Oui » de la foi et de l’humilité de Marie font, à cet instant, qu’Elle devient la « porte du Ciel » par où est entré le Verbe de Dieu fait chair en son sein Immaculé (Jn 1,14). Et il y a désormais un avant et un après dans l’histoire de l’humanité… car rien ne sera plus comme avant à cause de cette proximité inouïe de Dieu qui se fait si proche et si petit ! Le cher Pape Benoît XVI, si grand et si humble théologien, l’a magnifiquement contemplé :

« La joie chrétienne jaillit donc de cette certitude : Dieu est proche, il est avec moi, il est avec nous, dans la joie et dans la douleur, dans la santé et la maladie, comme un Ami et un Epoux fidèle. Et cette joie demeure aussi dans l’épreuve, dans la souffrance même, et elle ne reste pas à la surface, mais au plus profond de la personne qui se confie à Dieu et met en lui sa confiance. Et cette proximité n’est pas une question d’espace et de temps, mais une question d’amour : l’amour rapproche[1] ! »

Il est ce Dieu unique venu dans l’humilité d’un petit enfant et il a souffert la folie de la Croix pour que personne ne doute qu’il est aimé de Lui… Il n’y a pas d’autre Sauveur que Lui ! Le Catéchisme de l’Eglise Catholique l’exprime en termes inoubliables :

« L’Eglise a toujours reconnu que, dans le corps de Jésus, « Dieu qui est par nature invisible est devenu visible à nos yeux[2] !… » En effet, Jésus nous a tous et chacun connus et aimés durant sa vie, son agonie et sa passion et il s’est livré pour chacun de nous : « Le Fils de Dieu m’a aimé et s’est livré pour moi ! » (Ga 2,20). Il nous a tous aimés d’un cœur humain. Pour cette raison, le Cœur sacré de Jésus, transpercé par nos péchés et pour notre salut (Jn 19,34), « est considéré comme le signe et le symbole éminents… de cet amour que le divin Rédempteur porte sans cesse au Père éternel et à tous les hommes sans exception[3] ! »

On touche là au cœur de la Révélation : Jésus-Christ est l’Unique Seigneur et Rédempteur de l’humanité comme il l’a affirmé à ses Apôtres : « Je suis le Chemin, la Vérité et la Vie ! Nul ne va au Père que par moi !… Qui m’a vu a vu le Père ! » (Jn 14,6 et 9). La foi de l’Eglise est éloquente et absolue sur cette vérité unique du salut :

« Il nous tous connus et aimés dans l’offrande de sa vie… Aucun homme, fût-il le plus saint, n’était en mesure de prendre sur lui les péchés de tous les hommes et de s’offrir en sacrifice pour tous. L’existence dans le Christ de la Personne divine du Fils, qui dépasse et, en même temps, embrasse toutes les personnes humaines, et qui Le constitue Tête de toute l’humanité, rend possible son sacrifice rédempteur pour tous[4]… »

« La Croix est l’unique sacrifice du Christ « seul médiateur entre Dieu et les hommes » (1 Tm 2,5). Mais, parce que, dans sa Personne divine incarnée, « Il s’est en quelque sorte uni Lui-même à tout homme[5] », Il « offre à tous les hommes, d’une façon que Dieu seul connaît, la possibilité d’être associés au mystère pascal[6] ». Il appelle ses disciples à prendre leur Croix et à le suivre… Il veut en effet associer à son sacrifice rédempteur ceux-là même qui en sont les premiers bénéficiaires. Cela s’accomplit suprêmement en la personne de sa Mère, associée plus intimement que tout autre au mystère de sa souffrance rédemptrice[7]… »

« En dehors de la Croix, il n’y a pas d’autre échelle par où monter au Ciel[8] ! »

Que de lumière dans ces textes de la Mère Eglise qui nous entraîne dans sa contemplation sublime de la Vérité qui n’est pas un raisonnement, une idée nouvelle ou un slogan, mais la beauté du Visage de Quelqu’un : « Mon Seigneur et mon Dieu ! » (Jn 20,28).

En ce temps béni de l’Avent, nous avons à replonger urgemment dans les fondamentaux de notre foi catholique en arrêtant notre regard sur la splendeur des mystères du Christ et de son Eglise. Si Saint Jean-Paul II et Benoît XVI ont tant fait pour préserver le « trésor de la foi », c’était pour nous préparer aux épreuves présentes où « l’Ennemi de la Lumière » étend son pouvoir de fausseté jusqu’au sommet de l’Eglise ! Il ne s’agit plus de nier la foi mais de la faire évoluer en la vidant de son sens…

L’affirmation récente du Pape François à Singapour du 13 septembre 2024 en témoigne quand il affirme devant des jeunes de différentes religions : « Toutes les religions sont un chemin vers Dieu ! » On est ici devant une trahison de l’Evangile et une remise en question de la foi de l’Eglise au nom du pluralisme religieux derrière lequel se cache la préparation d’une « religion mondiale »… pourtant, ce relativisme qui éteint peu à peu le feu d’amour de la Vérité ne donnera que l’illusion d’une fausse paix, mais il n’engendrera ni passion, ni joie et donc ni saints, ni martyrs !… Que le temps de l’Avent renouvelle nos cœurs dans la joie de cette attente de l’Unique Sauveur caché dans le sein de Marie…

+M Mickaël

 

[1] Benoît XVI, 3° Dimanche de l’Avent, Missel quotidien pour la forme extraordinaire du rite romain, p.21.

[2] Préface de Noël.

[3] Catéchisme de l’Eglise Catholique, 477-478.

[4] Catéchisme de l’Eglise catholique, 616.

[5] Concile Vatican II, Gaudium et spes, 22,2.

[6] Concile Vatican II, Gaudium et spes, 22,5.

[7] Catéchisme de l’Eglise catholique, 618.

[8] Sainte Rose de Lima, vita.




L’Immaculée est une Mer de cristal !

« Et je vis comme une mer de cristal mêlée de feu !… »

Apocalypse 15,2

« Laissons-nous conduire par l’Immaculée…

en nous serrant sur son Cœur, Elle nous porte jusqu’à Dieu ! »

Saint Maximilien-Marie Kolbe, Lettre du 27 octobre 1932

 

Dans le livre de l’Apocalypse qui nous révèle mystérieusement les temps de la Fin avec le grand combat de « la Femme et du Dragon » (Ap 12,1-17), l’écroulement de la Babylone, « changée en repaire de démons » (Ap 18, 1-24) et l’Avènement de « la Cité sainte, Jérusalem nouvelle, qui descendait du Ciel de chez Dieu ! » (Ap 21,1-15), comment situer cette Mer de cristal que l’Apocalypse décrit par deux fois :

« J’eus ensuite une vision… Voici, une porte était ouverte dans le Ciel… un trône était dressé dans le Ciel, et, siégeant sur le trône, Quelqu’un… Et devant le trône, comme une mer de verre, transparente comme du cristal ! » (Ap 4,1-6).

« Puis je vis dans le ciel encore un signe, grand et merveilleux : sept Anges, portant sept fléaux, les derniers puisqu’ils doivent consommer la colère de Dieu… Et je vis comme une mer de cristal mêlée de feu ! Et debout sur la mer de cristal, ceux qui ont triomphé de la Bête, de son image et du chiffre de son nom, se tenaient avec les harpes de Dieu : ils chantaient le cantique de Moïse, le serviteur de Dieu, et le cantique de l’Agneau ! » (Ap 15,1-3).

J’ai un jour découvert que ces deux textes de l’Apocalypse laissaient entrevoir la beauté de la Vierge Marie traversée par la splendeur divine de l’Esprit-Saint… Elle est transparence unique de la troisième Personne de la Très Saint Trinité !  Le Père Kolbe l’a magnifiquement précisé dans l’intuition centrale de sa mariologie :

« On peut affirmer que l’Immaculée est en un certain sens, « l’incarnation de l’Esprit-Saint ». En Elle, c’est l’Esprit-Saint que nous aimons, et par Elle, le Fils… La Vierge Marie existe pour que soit mieux connu l’Esprit-Saint[1] ! »

Et l’autre grande Sainte de la chère Pologne, Faustine, le confirme dans son petit journal :

« Par Elle, comme par un pur cristal, ta miséricorde est passée jusqu’à nous !

Par Elle, l’homme est devenu agréable à Dieu,

Par Elle s’écoulent sur nous les torrents de toutes grâces[2] ! »

Alors, oui, à travers ces deux textes de l’Apocalypse sur la « mer de cristal », on peut découvrir, symboliquement, la révélation de la beauté transparente de Marie… où se pressant, comme nulle part ailleurs, l’œuvre unique de l’Esprit… car « Elle est tellement unie à Lui qu’on l’appelle son Epouse. C’est par Elle qu’agit le Saint-Esprit… plus nous approchons d’Elle, plus notre vie spirituelle sera resplendissante car l’Immaculée peut nous élever en un instant à la perfection, alors que, habituellement, nous mettons des années pour y parvenir[3]… »

Ces lumières mariales de Saint Maximilien Kolbe nous ouvrent des perspectives étonnantes sur l’infinie miséricorde du Cœur de Dieu à travers sa Mère … mais on se tromperait en y voyant trop vite un chemin de facilité ! Car la voie de l’Evangile à l’école de la Vierge Marie implique toujours une attitude de conversion au quotidien, si pauvre soit-elle… une Thérèse de Lisieux l’a vécu à travers la fidélité aux petites choses : une attitude de ténacité évangélique    qui dit jusqu’au bout un amour :

« En chantant je mourrai, sur le champ de bataille… les armes à la main[4] !… »

Nous avons donc à lutter dans la foi jusqu’au dernier instant de notre vie pour que triomphe en notre cœur l’espérance… Cependant, le « secret marial » particulièrement révélé à Saint Louis-Marie de Montfort est une ultime découverte sur le chemin de la sainteté :

« Heureuse et mille fois heureuse est l’âme ici-bas, à qui le Saint-Esprit révèle le secret de Marie pour le connaître ; et à qui il ouvre ce jardin clos pour y entrer, cette fontaine scellée pour y puiser et boire à longs traits les eaux vives de la grâce ! Cette âme ne trouvera que Dieu seul, sans créature, dans cette aimable créature ; mais Dieu en même temps infiniment Saint et relevé, infiniment condescendant et proportionné à sa faiblesse…

Il n’y a point de lieu où la créature puisse le trouver plus proche d’elle et plus proportionné à sa faiblesse qu’en Marie, puisque c’est pour cet effet qu’Il y est descendu. Partout ailleurs, il est le Pain des forts et des Anges ; mais en Marie, il est le Pain des enfants[5] ! »

Cette « béatitude mariale » à la fois si secrète et si offerte, Saint Maximilien-Marie Kolbe l’a aussi découverte avec bonheur ! En méditant sur le mystère de l’Assomption de la Vierge, Il en tire toutes les conséquences que nous devons urgemment méditer pour vivre ces derniers temps :

« Assomption de la Bienheureuse Vierge Marie : laisse-toi conduire… car Dieu nous a donné cette « blanche échelle », et veut, par cette « échelle », nous faire parvenir jusqu’à Lui ; mais c’est plutôt pour qu’en nous serrant sur son Cœur, elle nous porte jusqu’à Dieu[6] ! »

C’est ici qu’il faut saisir la nuance déterminante du « c’est plutôt » … car l’effort constant de se serrer sur le Cœur de la Mère entraînera de sa part une œuvre « unique » qui nous emportera vers la mystérieuse splendeur de Dieu !

+M Mickaël

 

[1] Conférences du 5 février 1941 et du 25 septembre 1937.

[2] Petit journal, 1746.

[3] Conférence, 20 juin 1937. / Lettre, 8 août 1935 / Conférence, 22 janvier 1939.

[4] Poésie 48, Mes Armes, 5, 10.

[5] Le secret de Marie, 20.

[6] Lettre, 27 octobre 1932.