Le Refuge ultime : l’Arche du Cœur de Marie …

« Le Seigneur est un Refuge pour le pauvre

aux jours de détresse… »

Psaume 9,10

 

Les derniers temps sont à notre porte et, à l’image de Noé, l’Esprit nous appelle à « entrer » plus que jamais dans l’Arche bénie du Cœur de son Epouse :

« La terre se pervertit au regard de Dieu et elle se remplit de violence car toute chair a une conduite perverse !…  Dieu dit à Noé : « Entre dans l’Arche, toi et toute ta famille… » Genèse 6,11-12 et 7,1

Et dans l’Arche actuelle du Cœur de Marie, nous serons fidèles chaque jour à la méditation de la Parole de Dieu et à la puissance priante du saint Rosaire ! Demeurant dans le bonheur et la vigilance de « l’état de grâce », nous veillerons à ce que notre vie sacramentelle soit régulière et fervente ! Et ainsi, nous serons d’abord ces signes silencieux d’espérance et de paix dans un monde saturé d’informations, de violence et de vide… La folle « dispersion » provoquée par la puissance médiatique est notre premier ennemi et la parole du Seigneur doit nous réveiller :

« Veillez et priez en tout temps, afin d’avoir la force d’échapper à tout ce qui doit arriver, et de vous tenir debout devant le Fils de l’homme ! » Luc 21,34-36

Dans cette civilisation au bord du gouffre, le « Grand Combat » entre la Femme et le Dragon est entré dans sa phase finale. Il est donc primordial de chercher d’abord « protection » auprès de la Mère de l’Eglise et de l’humanité pour que ne faiblisse pas notre espérance ! Et, en ces temps redoutables où l’Ennemi nous menace du feu de l’Enfer, Marie s’offre à nous comme « l’Arche nouvelle », l’autre nom du « doux Refuge » offert à notre fragilité…

Laissons-nous donc emporter par les paroles de lumineuse tendresse de la Vierge à travers un de ses grands témoins :

« Mon Cœur Immaculé ; c’est votre Refuge le plus sûr et le moyen de salut que Dieu donne en ce moment à l’Eglise et à l’humanité… Quiconque n’entre pas dans ce Refuge sera emporté par la Grande Tempête qui a commencé à faire rage… C’est le « Refuge » que votre Mère céleste vous a préparé. Ici, vous serez à l’abri de tout danger et, au moment de la Tempête, vous trouverez la paix[1]… »

 

                                                                                                                                                       + Marie-Mickaël

 

[1] Livre Bleu, Notre Dame au Père Don Gobbi, Fondateur du MSM, le Mouvement sacerdotal Marial international.




Le Christ trouvera-t-il la foi sur la terre ?

« Veillez et priez en tout temps

afin d’avoir la force d’échapper à tout ce qui doit arriver,

et de vous tenir debout devant le Fils de l’homme ! »

Lc 21,36

 

Dans un Evangile de la Parousie[1], Jésus pose une question qui devrait remuer nos cœurs et contredire cette tranquillité trompeuse issue du monde… Sommes-nous dans l’illusion d’une paix fragile de surface ou vivons-nous de cette paix profonde issue de la foi ? La question centrale du Seigneur Jésus est plus que jamais d’actualité :

« Le Fils de l’homme, quand Il viendra,

trouvera-t-Il la foi sur la terre ? »

Lc 18,8

Cette interrogation du Seigneur devient de plus en plus lancinante en ce début du III° millénaire. Ne voyons-nous pas trop souvent une Eglise qui a peur ou pactise, témoigne du bout des lèvres ou même se tait devant les sordides délires de notre temps ? Où sont les voix libératrices des Saint Augustin et des Saint Jean Chrysostome ? En réalité, une Eglise qui néglige ou oublie l’urgence missionnaire qu’implique la Parousie n’est plus rayonnante de l’Evangile !… Elle a perdu « le feu missionnaire » en se noyant dans les priorités du monde. L’urgence climatique et la lutte contre les inégalités sont devenues plus urgentes que l’Adoration eucharistique où Dieu peut tout ! Et le silence actuel de l’Eglise sur l’Annonce du Christ « Lumière du monde » est tragique ! Il a et aura de terribles conséquences…

A son retour, Jésus trouvera-t-il la foi sur la terre ? Comment ne pas penser qu’à l’intérieur de cette question, Il ne se réfère implicitement à l’Adorable Eucharistie : l’œuvre de Dieu n’est-elle pas de croire en Celui qu’Il a envoyé ? (Jn 6,29). Or, voici que le Christ mène cette foi encore plus loin : « Qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi et moi en lui ! » (Jn 6,56).

Il est grand le mystère de la foi ! L’Eucharistie est le trésor suprême qui fait l’Eglise[2]. Et si elle perdait la foi en l’Eucharistie, l’Eglise perdrait tout en renonçant à son identité profonde…

C’est sans doute pourquoi, à la fin de son Pontificat, Saint Jean-Paul II a tant insisté sur « l’ars celebrandi » que tous doivent exercer à la Sainte Messe :

« A travers les rites et les prières, il faut se laisser rejoindre et envahir intimement par le mystère… pour que la liturgie puisse marquer toujours davantage la vie des personnes et des communautés, en devenant source de sainteté, de communion et d’élan missionnaire[3] ! »

Comme elle est vraie et vitale l’intuition de Jean-Paul II de « se laisser rejoindre et envahir » par l’ineffable Présence du Christ dans son Eucharistie. Là, comme nulle part ailleurs, l’homme se découvre « aimé de Dieu » : En effet, « toutes les religions sont les voies où l’homme cherche Dieu. Elles sont multiples. La Révélation chrétienne est unique car c’est Dieu qui trouve l’homme[4]. »

C’est en approchant de la Sainte Eucharistie que nous apprenons à aimer en nous laissant aimer. N’est-ce-pas ici le sommet de la foi chrétienne ? L’approche réaliste et saisissante de Sainte Thérèse d’Avila vient nous aider à le saisir en ouvrant véritablement les yeux de la foi… car si nous n’avons pas encore « la joie de le contempler avec les yeux du corps, tant Il se cache, Il se dévoile du moins aux yeux de l’âme et se manifeste à elle… c’est la foi qui me dit qu’Il est là et c’est une vérité certaine : tant que les accidents du pain ne sont pas consumés par la chaleur du corps, le Bon Jésus est en nous… Sous les accidents du pain, Il est d’un accès facile… Alors, approchons-nous de Lui !

Quand il était en ce monde, le simple contact à ses vêtements guérissait les malades (Mc 5,25-34) ; Pourquoi douter, si nous avons la foi, qu’Il ne fasse encore des miracles, quand Il nous est si intimement uni[5] ? »

+Marie-Mickaël

 

[1] Parousie, du grec parousia, signifie ordinairement « Présence » (être là) ou « venue ». Cela désigne l’Avènement du Seigneur, de son « Jour ». Attendue avec amour, la Parousie provoque un éveil, une conduite nouvelle, une conversion permanente…

[2] On connaît la célèbre formulation du Père de Lubac dans son livre phare, « Méditation sur l’Eglise » : « L’Eglise fait l’Eucharistie et l’Eucharistie fait l’Eglise ! »

[3] Malade et sans voix, le Saint-Père a envoyé ce message de la polyclinique Gemelli le 3 mars 2005.

[4] Paul Evdokimov, Les âges de la vie spirituelle.

[5] Sainte Thérèse de Jésus, Le chemin de la perfection, chapitre 36.




Le Cœur de Marie est une Mer de cristal…

« Et je vis comme une mer de cristal mêlée de feu… »

Ap 15,2

 

« La demeure de Dieu avec les hommes » (Ap 21,3)

est déjà sur terre…

Car le Cœur de la Mère est immense… »

Saint Jean-Paul II, Fatima

 

L’Apocalypse est le livre final des Saintes Ecritures et « c’est un livre unique qui ne ressemble à aucun autre dans la Bible… sa seule place à la fin confère à l’Apocalypse ce caractère d’accomplissement, de parole ultime, qui fait pendant à celle du commencement dans la Genèse[1]. »

En abordant ce livre prophétique qui ne ressemble à aucun autre, il ne faut jamais oublier que le sens du terme « Apocalypse » signifie « Révélation » : cela veut dire qu’à travers le récit mystérieux se cache un évènementiel historique qui concerne « la fin des temps ». Et selon l’exégèse traditionnelle, le chapitre 12 est le texte « cœur » de l’Apocalypse. On y découvre d’abord cette « Femme » unique où se profile à la fois l’Eglise, pérégrinante dans la foi ; et Marie, l’Eglise achevée…

J’ai toujours pensé qu’une autre résonance biblique de cette Femme « traversée » par la Lumière du Christ était cette « mer de cristal » signalée deux fois dans l’Apocalypse (Ap 4,6 et 15,2). Ne laisse-t-elle pas entrevoir la beauté pauvre et indicible du Cœur Immaculé de Marie ? « Une mer transparente, semblable à du cristal » précise Jean dans sa vision sur l’île de Patmos. Et Saint Padre Pio semble aller en ce sens dans un conseil marial qu’il nous donne :

« Reste toujours plus serré contre cette douce Mère céleste, car elle est la mer qu’il faut traverser pour parvenir aux rivages des splendeurs de l’aurore éternelle[2] ! »

Et le 13 mai 1917, lors de la première Apparition de la Vierge à Fatima, sœur Lucie témoigne en termes précis : « Nous vîmes, sur un petit chêne vert, une Dame, toute vêtue de blanc, plus brillante que le soleil, irradiant une lumière plus claire et plus intense qu’un verre de cristal rempli d’eau cristalline, traversé par les rayons du soleil le plus ardent[3] ! »

Marie est la transparence ultime de Dieu car Elle est rendue belle dés sa naissance par Celui qui est son Sauveur et son Enfant. Au-delà des saints et avant eux, la robe de l’Immaculée a été plongée dans le Sang de l’Agneau ! (Ap 7,14). Elle est la plus belle louange silencieuse du salut. Et dans son indicible foi au Christ miséricordieux (Lc 1,50), Marie resplendit d’une beauté unique issue de sa maternité : Immaculée en vue de devenir Mère de Dieu ! Et c’est pourquoi Elle proclame « être » cet espace de pauvreté transfigurée par la grâce, et donc indicible transparence de cristal traversée par la beauté de Dieu :

« Il a porté son regard sur son humble servante !

Oui, désormais, toutes les générations

me proclameront bienheureuse,

car le Tout-Puissant a fait pour moi de grandes choses ! »

Lc 1,48-49

Cette « mer de cristal » exprime ici une immensité qui la traverse et la dépasse (Ap 15,2) : Elle est « Celle qui porte Celui qui porte tout » comme le proclame magnifiquement la liturgie orientale. Alors, si pauvres et si tentés que nous soyons dans cette civilisation où triomphe momentanément l’Enfer, approchons-nous vite de cette « Mer de cristal » et nous serons enveloppés par la tendresse victorieuse de la Mère…

 

+Marie-Mickaël

 

 

[1] Serge Boulgakov, L’Apocalypse de Jean, Parole et silence 2014, p.25.

[2] Une pensée de Padre Pio chaque jour, San Giovanni Rotondo, 2000, p.86.

[3] Carmel de Coïmbra, Un chemin sous le regard de Marie – biographie de Sr Lucie de Fatima, Parvis 2016, p.58.




Marie prototype de l’Église (Cardinal Journet, † 1975)

« Quand on dit que Marie est le prototype de l’Église, on veut dire que Marie est, dans l’Église, plus Mère que l’Église, plus Épouse que l’Église, et, par exemption du péché originel, plus Vierge que l’Église.

On veut dire que Marie est Mère, qu’elle est Épouse, qu’elle est Vierge, avant l’Église et pour l’Église ; que c’est en elle surtout et par elle que l’Église est Mère, est Épouse, est Vierge.

C’est par un élan mystérieux qui vient de Marie, c’est par une excellence mystérieuse qui se diffuse à partir de Marie, que l’Église peut être, à son tour, si vraiment Mère, si vraiment Épouse, si vraiment Vierge.

Dans l’ordre des grandeurs de sainteté, qui sont les grandeurs suprêmes, Marie est, autour du Christ, comme la première onde de l’Église, génératrice de toutes les autres, jusqu’à la fin du temps.

Quand nous disons que l’Église est mariale, nous voulons signaler que Marie est intériorisée dans l’Église, à qui elle communique son esprit… »

Cardinal Journet : L’Eglise du Verbe Incarné, Essai de Théologie spéculative.

Tomes II, Paris, Desclée de Brouwer, 1951, p. 427-428 et 432




Saint Jean Apôtre : « Près de Notre Dame des Larmes… »

« Près de la Croix de Jésus se tenait sa Mère… »

Jean 19,25

 

Dans cette prière du lundi à Saint Jean Apôtre, nous disons aussi :

« Toi qui contemplas, près de Notre Dame des larmes,

Le mystère insondable de son Cœur ouvert sur la Croix… »

Cette prière nous projette au centre   du plus grand des mystères : notre salut en Jésus-Christ crucifié et ressuscité ! Et nous savons que le fruit unique de son Cœur transpercé est le jaillissement de l’Esprit !… (Jn 19,34) mais nous savons aussi qu’au tout début de l’histoire du salut, l’Esprit Saint est « venu sur Marie avec puissance » (Lc 1,35) pour opérer le mystère de l’Incarnation… car son œuvre divine est toujours liée à son Epouse ! En ce sens, un des plus beaux textes de Montfort est à méditer en ce sens. C’est comme le « voici ta Mère » du Saint-Esprit :

« Heureuse et mille fois heureuse est l’âme ici-bas, à qui les Saint-Esprit révèle le secret de Marie pour le connaître… Cette âme ne trouvera que Dieu seul, sans créature, dans cette aimable créature ; mais Dieu en même temps infiniment Saint, infiniment condescendant et proportionné à sa faiblesse… car il n’y a point de lieu où la créature puisse le trouver plus proche d’elle et plus proportionné à sa faiblesse qu’en Marie, puisque c’est pour cet effet qu’il y est descendu. Partout ailleurs, il est le pain des forts et des anges ; mais en Marie, il est le pain des enfants[1]… »

Ainsi, depuis qu’Elle a dit « oui » à l’Annonciation et qu’Elle l’a porté en son sein, Marie sera pour toujours « tout contre Jésus » … Ce n’est pas seulement la place de la Mère, c’est le mystère de toute sa vie que d’être sans cesse posée, follement abandonnée, entre les bras de son Fils et son Dieu étendu sur la Croix ! Son Cœur Immaculé et douloureux est toujours « tout près » de l’Amour sauveur pendant que, trop souvent, nous sommes « ailleurs » ! Elle est là en notre nom à ce moment bouleversant et solennel où Le Seigneur nous dit à travers Jean : « Voici ta Mère ! » (Jn 19,27). Il devient son premier enfant, et nous devenons « tous » cet enfant unique « né dans les douleurs et le travail de l’enfantement » (Ap 12,2). Il est temps d’ouvrir les yeux de la foi sur Notre Dame des larmes…

Elle était là, debout et unie comme personne à l’Amour crucifié, debout et offerte à jamais « pour nous » puisque son Fils tant aimé « voyant sa Mère et, se tenant près d’Elle, le disciple qu’il aimait, dit à sa Mère : « Femme, voici ton fils ! » (Jn 19,26). Et à cet instant, Saint Jean-Paul II contemple : « Il ouvrit d’une manière toute nouvelle le Cœur de sa Mère… Marie devint la mère de Jean. La Mère de Dieu est devenue la Mère de l’homme… et à travers Jean, tout homme devint son fils à Elle… » Désormais, « Marie est Mère de tous les hommes et son empressement pour la vie de l’homme est de portée universelle[2]… »

Ainsi donc, quand du haut de la Croix, le Christ fait de sa Mère « notre Mère », cela la lie au mystère de l’Eglise à travers le temps : Elle reçoit la mission de « veiller » à la fois sur toute l’humanité et sur chaque homme pour les protéger et les conduire vers son Fils, Unique Sauveur. Elle est le visage maternel de l’Esprit Saint qui déploie en douceur, patience et puissance l’œuvre du salut ; car la maternité universelle de Marie est une participation à la puissance du Paraclet[3].

Qui comprendra l’inépuisable tendresse du Cœur de Marie ? Elle nous aime comme Elle a aimé Jésus au pied de la Croix… car « ici a lieu la naissance du nouveau peuple de Dieu, de l’Eglise, dont Marie est à la fois l’image et la Mère[4] ».

Et c’est pourquoi à Fatima, son « Cœur Immaculé » est entouré d’une couronne d’épines… Il est le « signe » qui la lie à nous à chaque instant dans le mystère du salut. Et c’est donc aussi la « certitude » qu’Elle enveloppe de sa douceur chacune de nos douleurs où l’Esprit nous fait naître à l’Amour…

 

+Marie-Mickaël

 

[1] Saint Louis Marie de Montfort, Traité de la vraie dévotion à la Sainte Vierge, n°20.

[2] Saint Jean-Paul II, Homélie à Fatima, 13 Mai 1982.

[3] Ce terme johannique est apparenté à « paraklèsis » : consolateur. Mais il se rapproche également de « parakaleö » qui signifie : « appeler près de soi ». Ainsi, « la Paraclet désigne trois aspects de l’activité de l’Esprit Saint : Présence de Jésus (Jn 14,15-18), Défense de Jésus (Jn 15,26 /16,7), Mémoire vivante de l’Eglise qui lui permet d’actualiser ce qu’a dit Jésus (Jn 14,26) ». Dictionnaire du Nouveau Testament, Seuil 1975, p.407.

[4] Ignace de la Potterie, Marie dans le mystère de l’Alliance, Desclée 1988, p.280.




Le mois de Marie – Le mois le plus beau !

A la Vierge chérie, disons un chant nouveau !

Ornons le sanctuaire de nos plus belles fleurs,

Offrons à notre Mère, et nos chants et nos cœurs !

Le début de ce chant traditionnel à Marie pour le mois de mai est si beau de simplicité et de tendresse pour notre Mère si proche qui veille tant sur nous… C’est l’enfance spirituelle de l’Evangile qui s’y manifeste en toute liberté de cœur ! (Mc 10,13-16). On l’a trop souvent oublié dans l’Eglise actuelle et la petite Thérèse, désormais Docteur de l’Eglise, vient nous l’enseigner avec ce réalisme évangélique et marial qui la caractérise :

« Tu nous aimes, Marie, comme Jésus nous aime (Jn 13,34)

Et tu consens pour nous à t’éloigner de Lui.

Aimer c’est tout donner et se donner soi-même,

Tu voulus le prouver en restant notre appui…

Le Sauveur connaissait ton immense tendresse

Il savait les secrets de ton Cœur maternel,

Refuge des pécheurs, c’est à toi qu’il nous laisse (Jn 19,27)

Quand Il quitte la Croix pour nous attendre au Ciel[1] ! »

Ce bouleversant mystère du salut nous révèle cette voie mariale silencieuse à l’école de Jean, le disciple bien-aimé de Jésus … N’est-il pas devenu le premier enfant de Marie au pied de la Croix ? Il est grand ce « mystère » de la foi :

« La maison de Saint Jean devient ton seul asile,

Le fils de Zébédée doit remplacer Jésus… (Jn 19,27)

C’est le dernier détail que donne l’Evangile,

De la Reine des Cieux il ne me parle plus…

Mais son profond silence, ô ma Mère chérie

Ne révèle-t-il pas que le Verbe Eternel (Jn 1,1)

Veut Lui-même chanter les secrets de ta vie

Pour charmer tes enfants, tous les Elus du Ciel[2] ? »

La simplicité évangélique est souvent source d’une telle profondeur théologique…  « Le fils de Zébédée doit remplacer Jésus », car Jésus lui a dit cette Parole ultime : « Voici ta Mère ! » (Jn 19,27). Et la Mère de Dieu devient au pied de la Croix « sa » Mère ! Thérèse le chante avec bonheur : « Refuge des pécheurs, c’est à toi qu’Il nous laisse… quand Il quitte la Croix pour nous attendre au Ciel :

« Bientôt je l’entendrai cette douce harmonie,

Bientôt dans le beau Ciel, je vais aller te voir

Toi qui vins me sourire au matin de ma vie

Viens me sourire encor… Mère… voici le soir !

Je ne crains plus l’éclat de ta gloire suprême,

Avec toi j’ai souffert et je veux maintenant

Chanter sur tes genoux, Marie, pourquoi je t’aime

Et redire à jamais que je suis ton enfant[3] !… »

Si l’on relit et médite en entier ce merveilleux poème de Thérèse, on y découvrira aussi une « réponse » paisible et profondément évangélique à toutes les objections protestantes… et comment ne pas penser ici aux paroles mariales de la petite Sainte Bernadette de Lourdes qui a vécu presque à la même époque :

« Méditer souvent sur les souffrances que Marie, notre bonne Mère, endura au pied de la Croix où son cher Fils était cloué. Qu’elle dût être « profonde » la douleur dans ce Cœur si sensible de la Mère de Jésus !… Tout autre femme que Marie se serait affaissée en présence d’une si cruelle douleur… Elle se tient debout au pied de la Croix !… Ô Marie, c’est au fort de la douleur et de l’épreuve que vous êtes devenue ma Mère[4] !… »

Quel chemin et quelle sagesse évangélique pour celle, si humble, qui disait à Lourdes : « Je ne savais que mon chapelet ! » Ainsi, en ce début du mois de Marie, intensifions avec une ferveur « renouvelée » notre prière méditée du Chapelet ou, mieux, du Rosaire car « Le Rosaire te pénètre de l’infinie douceur et humilité de Marie… La prière du Rosaire t’ouvre les portes du Ciel dès maintenant[5] ! »

 

+Marie-Mickaël

 

[1] Thérèse de Lisieux, Œuvres complètes, Pourquoi je t’aime, Ô Marie ! Cerf-DDB 1992, n°22, p.755.

[2] Thérèse de Lisieux, op, cit., n°24, p.756.

[3] Thérèse de Lisieux, op. cit., n°25, p.756.

[4] Sainte Bernadette de Lourdes, Carnet notes intimes 1874.

[5] Messages de Jésus à Maryam, Le Rosaire – L’arme pour sauver la France et le monde, Parvis 2018, p.38.




L’Ange gardien : Il me conduit vers le Ciel !

« Notre bon ange nous prend par la main,
dès notre entrée dans la vie…
pour ne plus nous quitter tant que dure notre course mortelle ! »
Sainte Gemma Galgani

L’Ange gardien est toujours près de moi car il est « le signe invisible » de la tendresse de Dieu ! Il n’en est pas moins « réel » au cœur de notre foi et il est donc urgent de le découvrir. Pour cela, confions-nous chaque jour à son inspiration divine et à sa protection efficace… « car dans les combats que nous menons pour rester forts contre les puissances mauvaises, les Anges nous assistent… En effet, si des Anges gardiens ne lui avaient été donnés, notre faiblesse ne pourrait résister aux attaques nombreuses… Elle avait besoin pour cela de l’aide d’une nature supérieure. Nous savons qu’il en est ainsi par les paroles avec lesquelles le Seigneur fortifia Moïse tremblant et craintif : « Mon Ange marchera devant toi ! [1] !» (Ex 23,20-23).
Saint Bernard en avait aussi une « vive conscience » et il nous invite à « découvrir » ce mystère de présence offert à chaque instant par le Très-Haut :

« Votre bon Ange est toujours près de vous ; non seulement il est avec vous, mais il est là pour vous car il cherche à vous protéger et à vous être utile…
Avec un Ange près de vous, que pourriez-vous craindre ? Votre Ange ne peut se laisser vaincre ni tromper, il est fidèle, il est prudent, il est puissant : pourquoi donc avoir peur ?
Si quelqu’un avait le bonheur de voir tomber le voile qui couvre ses yeux, il verrait avec quelle attention, avec quelle sollicitude les Anges se tiennent au milieu de ceux qui prient, au-dedans de ceux qui méditent, sur le lit de ceux qui se reposent[2]… »

Cette présence constante de l’Ange gardien dans ma vie est à vivre dans le « mystère de la foi ». Il ne faut jamais oublier cette parole ultime de Jésus à l’Apôtre Thomas qui avait exigé de « voir et toucher » les plaies sur son Corps ressuscité (Jn 20,24-27) : « Parce que tu me vois, tu crois. Heureux ceux qui croient sans avoir vu ! » (Jn 20,29). Cette béatitude de la foi est notre force et notre joie dans la relation la plus intime possible avec notre Ange gardien.
On ne le dira jamais assez : si la première mission de notre Ange gardien est de « veiller sur nous » durant notre traversée terrestre avec ses tentations, ses épreuves et ses dangers… son ultime mission est de nous protéger du Mal sur la fin de notre vie. Demandons-lui souvent la grâce de « la persévérance finale » pour désirer plus que tout « la place mystérieuse » que Jésus nous a préparé au Ciel… (Jn 14,1-6).
Il nous faut donc développer cette « belle habitude » de proximité avec notre Ange gardien que Saint Padre Pio recommandait magnifiquement à Raffaelina, une de ses filles spirituelles :

« O Raffaelina, comme il est consolant de savoir que nous sommes toujours sous la garde d’un ange céleste qui ne nous abandonne même pas (chose admirable !…) dans l’action par laquelle nous déplaisons à Dieu… Prenez la belle habitude de toujours penser à lui… car, à côté de nous, il y a un esprit céleste qui, du berceau à la tombe, ne nous quitte pas un instant, qui nous guide, qui nous protège comme un ami, comme un frère, qui doit aussi nous consoler toujours, spécialement dans les heures les plus tristes…
O Raffaelina, que ce bon ange prie pour vous : il offre à Dieu toutes les bonnes œuvres que vous faites… Dans les heures où il vous semble être seule et abandonnée… n’oubliez pas cet invisible Compagnon, toujours présent pour vous écouter, toujours prêt à vous consoler. O délicieuse intimité ! O heureuse compagnie [3]… »

Ce texte admirable en dit long sur cette relation à développer avec notre Ange gardien. Et après ce que nous avons essayé de méditer pour mieux découvrir ce compagnon si présent au cœur de notre vie… Comment ne pas voir que notre petit Ange gardien est un don continuel de l’infinie Miséricorde de Dieu ? En effet, devant ma faiblesse et mon péché, devant mon inconstance et mes trahisons, devant mes lâchetés et mes échecs : il ne s’éloigne pas, il est toujours là à me vouloir du bien et à m’offrir son aide pour retrouver les rivages de la grâce ! Envoyé par l’amour du Père, du Fils et du Saint-Esprit, l’Ange gardien est un don et un signe admirable de cette tendresse de Dieu qui fait « tout » pour me protéger et me sauver de la haine de Satan : il est en quelque sorte ce sourire de Dieu qui veille sur moi en me ramenant toujours dans les bras de la Reine des Anges !
En conclusion, je vous invite urgemment à faire aujourd’hui et régulièrement votre « consécration à votre Ange gardien » avec cette très belle prière qui suit :

Consécration à l’Ange gardien

Saint Ange gardien,
Toi que Dieu m’a donné pour être mon Protecteur
et mon Guide dés le début de mon existence…
En présence de Dieu, mon Seigneur et mon Maître,
de Marie, ma céleste Mère,
de Saint Michel Archange, mon Protecteur,
de tous les Anges et de tous les Saints…

Moi, (se nommer… ), pauvre pécheur,
je me consacre à Toi aujourd’hui…
Je te supplie de me prendre par la main
et de ne plus me lâcher !
Par cette main devenue la tienne :
Je promets fidélité et obéissance constantes
à Dieu et à la Sainte Eglise…

Je promets de toujours vénérer Marie
comme ma Souveraine, ma Reine et ma Mère
et d’imiter sa vie !…

Je promets de toujours te vénérer,
Toi, mon saint Protecteur,
et de propager, selon mes moyens, la dévotion aux Saints Anges…
afin d’obtenir les secours de ta Protection
spécialement promis en ces temps-ci…

Obtiens-moi, Saint Ange de Dieu,
qu’une Foi à toute épreuve me garde de tout faux pas…
et que l’Amour parfait me consume !…

Par ta main puissante, écarte de moi les assauts de l’Enfer !
Je te demande par l’humilité de Marie,
de me libérer de tous les dangers
afin que , sous ta Protection,
je parvienne aux portes de la Cité céleste !
Amen !

                                                                                                                                                                                                                                           +M-Mickaël

 

[1] Saint Hilaire, Tract. Psalm. 134 ; P.L. IX, 761.

[2] Ange de l’Eglise, Editions bénédictines, 1999.

[3] Lettre du 20 avril 1915, adressée à Raffaelina Cerase.




L’Ange Gardien : mon Ami toujours avec moi !

« Gardez-vous de mépriser un seul de ces petits…

 Car leurs Anges dans les cieux voient sans cesse

la face de mon Père qui est dans les Cieux ! »

Matthieu 18,10

 

 

Notre ange gardien ?… Une réalité de foi absolument unique et bouleversante ! Imaginez-vous un peu : Je le reçois de Dieu à ma naissance et il veille sur moi 24h sur 24… jusqu’au moment « décisif » où je quitterai pour toujours cette terre ! Cela veut dire que durant toute ma vie, il va me protéger de tant de dangers et m’aider chaque instant à me tourner vers mon Créateur et Sauveur !  Durant toute mon existence : il est mon « gardien de la Présence divine ! »

Que je me lève ou que je me couche, que je me repose ou que je travaille, que je marche ou que je sois assis, que je sois seul ou avec des amis, que je sois dans la joie ou dans les larmes, que je sois en paix ou en danger… Il est là, il me regarde, il veille sur moi et m’inspire ce qui est le plus vrai, ce qui est le plus beau ! Et cela : dans la lumière du Très-Haut qu’il voit et adore éternellement tout en veillant sur moi ! N’ayons pas peur des mots : c’est un véritable miracle de la tendresse de Dieu qui m’est offert 24h sur 24 !… Et le monde ne m’en parlera jamais !  Et l’Eglise actuelle l’oublie ou l’annonce si peu… Alors qu’en ces derniers temps où culminent les épreuves, nous avons tant besoin de la Force d’en Haut ! Découvrons donc cet immense cadeau que Dieu nous fait à travers notre Ange gardien… N’est-ce-pas un signe permanent de sa tendresse ?

La présence en nos vies des Anges et de notre ange gardien est d’abord une vérité de la foi catholique. Le Catéchisme l’enseigne clairement :

« Toute la vie de l’Eglise bénéficie de l’aide mystérieuse et puissante des Anges[1]… et dans sa liturgie, l’Eglise se joint aux anges pour adorer le Dieu trois fois saint… elle fête plus particulièrement la mémoire de certains Anges : Saint Michel, Saint Gabriel, Saint Raphaël[2] et les anges gardiens[3] ».

Le catéchisme[4] précise enfin magnifiquement sur l’Ange gardien :

« Du début de l’existence (Mt 18,10) au trépas (Lc 16,22), la vie humaine est entourée de leur garde (Ps 91,10-13) et de leur intercession (Jb 33,23-24) : « Chaque fidèle a à ses côtés un ange comme protecteur et pasteur pour le conduire à la vie[5] ! »

Aujourd’hui, alors que l’Eglise est trop souvent « muette » sur la présence des anges… on trouve sur le net et dans nombres de livres toute une approche ésotérique de « soi-disant anges » qui porteraient chance et bonheur en nos vies ! De fait, c’est une énorme entreprise de récupération : on vous classifie par le signe astrologique ou la date de naissance comme pour certifier que vous êtes l’élu d’une entité mystérieuse… alors qu’en réalité, ces faux pasteurs vous font plutôt « flirter » avec les anges rebelles !

La vérité, c’est que notre « ange gardien » est un cadeau immense envoyé par Dieu, lui-même, et qu’il est un signe de son infinie tendresse au quotidien. Saint Jean de la Croix nous le confirme avec force :

« Les Anges sont nos pasteurs ; non seulement ils portent à Dieu nos messages, mais ils nous apportent aussi ceux de Dieu. Ils nourrissent nos âmes de leurs douces inspirations et des communications divines ; en bons pasteurs ils nous protègent et nous défendent contre les loups, c’est-à-dire contre les démons[6] ! »

Je conclurai cette première partie en proposant une courte prière quotidienne à notre Ange gardien :

« Ange de Dieu, Toi mon gardien…

Veille sur moi, aujourd’hui :

Le jour, la nuit, le soir et le matin…

A tout instant, sois mon soutien !

Protège-moi des embûches de l’Ennemi,

et guide-moi vers la joie de la Patrie céleste… »

 

+M-Mickaël

 

[1] Catéchisme de l’Eglise catholique 334.

[2] Le 29 septembre.

[3] Le 2 octobre.

[4] Catéchisme de l’Eglise catholique 336.

[5] Saint Basile, Eun. 3,1.

[6] Saint Jean de la Croix, Avis 220.




Saint Jean, l’apôtre bien-aimé du Seigneur (3) : « Toi qui reposas si souvent sur sa poitrine ! »

Dans son Evangile, Saint Jean nous révèle son attitude d’intimité unique avec le Maître : elle est dévoilée au moment troublant où le Seigneur annonce de manière mystérieuse la trahison de Judas… Là, Jean se définit à travers une tendre proximité avec Jésus :

« Les disciples se regardaient les uns les autres, ne sachant de qui il parlait. Un de ses disciples, celui que Jésus aimait, se trouvait à table tout contre Jésus. Simon Pierre lui fait signe et lui dit : « Demande quel est celui dont il parle. » Se penchant alors vers la poitrine de Jésus, le disciple lui dit : « Seigneur, qui est-ce ? » Jésus répond : « C’est celui à qui je donnerai la bouchée que je vais tremper ! … » il la prend et la donne à Judas… Après la bouchée, Satan entra en lui… et aussitôt la bouchée prise, il sortit ; il faisait nuit… » (Jn 13,22-30).

On découvre d’abord dans cet Evangile que Saint Pierre reconnaissait cette proximité unique que Jean avait avec le Maître. A travers Pierre, Roc précieux de la foi choisi par Jésus (Mt 16,18), nous est révélée ensuite en Jean, si proche du Cœur de Jésus, la dimension contemplative future de l’Eglise dont la Vierge est la plénitude : sa silencieuse proximité avec Elle, déjà, durant le ministère du Seigneur, le conduira à être le seul Apôtre présent au pied de la Croix. Et c’est pourquoi si Jean est présent au début de la mission apostolique près de Pierre (Ac 4,13-22), il disparaît ensuite après les premières persécutions pour protéger et conduire la Vierge Marie à Ephèse, à l’écart…

Certes, il continuera à évangéliser… mais de manière plus contemplative, comme il le laisse entendre au début de l’Apocalypse avant de témoigner de sa vision bouleversante du Christ glorieux :

« Moi, Jean, votre frère et votre compagnon dans l’épreuve, la royauté et la constance, en Jésus. Je me trouvais dans l’île de Patmos, à cause de la Parole de Dieu et du témoignage de Jésus. Je tombais en extase, le jour du Seigneur, et j’entendis derrière moi une voix clamer, comme une trompette : « Ce que tu vois, écris-le dans un livre pour l’envoyer aux sept Eglises… Je me retournais pour regarder la voix qui me parlait… et je vis comme un Fils d’homme revêtu d’une longue robe serrée à la taille par une ceinture en or… ses yeux comme une flamme ardente… et son visage, c’est comme le soleil qui brille dans tout son éclat ! A sa vue, je tombai comme mort à ses pieds… » (Ap 1,9-17).

Cet évènement constituera pour lui une étape décisive : il demeurera l’Apôtre témoin du Seigneur, mais sous une forme plus cachée, contemplative et prophétique dont témoigne son Apocalypse. Car prés de Marie, il entre alors dans le rayonnement silencieux[1] de « la Femme » enveloppée du « Soleil » (Ap 12,1). Et l’on peut affirmer que Jean n’aurait jamais écrit son « Evangile spirituel » s’il n’avait été auparavant « imprégné » par le silence contemplatif de la Vierge. Il a reçu d’Elle, au-delà des paroles, une pénétration unique du mystère de l’Incarnation : en effet, derrière la beauté contemplative de son Evangile et de ses Epîtres, se cache le regard silencieux du Cœur de Marie (Lc 2,19) … et cette profondeur mariale initiée par l’Esprit est passée dans le regard de Jean. Comme l’écrit splendidement un Père de l’Eglise :

« Il faut donc oser dire que, de toutes les Ecritures, les Evangiles sont les prémices et que, parmi les Evangiles, les prémices sont celui de Jean, dont nul ne peut saisir le sens s’il ne s’est reposé sur la poitrine du Seigneur et n’a reçu de Jésus, Marie pour Mère[2]… »

Alors, comment interpréter ce paradoxe johannique où l’Apôtre ne se nomme pas mais se définit comme « Celui que Jésus aimait » en reposant souvent sur son Cœur… (Jn 19,26-27 / Jn 20,2-10 / 21,7.20-23).

Cette expression unique nous touche en même temps qu’elle peut nous interroger ? Pourquoi l’Apôtre se définit-il si intime du Seigneur, au point de paraitre « unique » dans le Collège apostolique ? Il faut d’abord constater que dans les relations humaines, il y a déjà des nuances évidentes en nos vies entre les amis intimes et les connaissances au sens large. On remarquera aussi que si Jean ne se « nomme » pas dans sa proximité avec Jésus, c’est qu’il se veut un simple disciple… Ne sommes-nous pas là devant « un choix d’humilité » qui le fait s’effacer devant l’amour infini du Seigneur ?

Enfin, n’y-a-t-il pas aussi de sa part un enseignement secret pour nous dire que la vie « commence » vraiment quand on regarde « Celui que l’on a transpercé » (Jn19,37). On découvre alors, comme il l’a écrit, que « devant Lui, nous apaiserons notre cœur si notre cœur venait à nous condamner, car Dieu est plus grand que notre cœur et il connaît tout ! » (1 Jn 3,20).

En conclusion, cela signifie que si « Dieu est Lumière » (1 Jn 1,5) et qu’il opère une vérité libératrice en nos vies, c’est pour nous plonger plus profondément en ce « Dieu qui est Amour ! » Car « ce n’est pas nous qui avons aimé Dieu, mais c’est lui qui nous a aimés et qui as envoyé son Fils » (1 Jn 4,10).

Ce mystère a habité très tôt dans le cœur du disciple bien-aimé et à travers les personnages de son Evangile, il veut nous ouvrir la voie vers l’Amour incompréhensible que Jésus nous porte… Souvenons-nous de son dialogue bouleversant avec la Samaritaine (Jn 4,7-47) ou la femme adultère (Jn 8,2-11)  car en vérité, il nous aime tous, chacun et chacune, d’une manière « unique » que l’on commence à découvrir en cette vie et se dévoilera en la vie éternelle !

A travers Sainte Faustine, ne nous dira-t-il pas à en tant que Christ miséricordieux :

« Je veux répandre mes grâces inconcevables sur les âmes qui ont confiance en ma miséricorde (687) … Qu’elles s’approchent de cet océan de miséricorde avec une très grande confiance : les pécheurs obtiendront justification et les justes seront affermis dans le bien (1520) … Les grâces de ma miséricorde se puisent à l’aide d’un unique moyen, et c’est la confiance. Plus la confiance est grande, plus l’âme reçoit ! » (1578)

Ainsi, la « confiance » est le secret ultime pour être sauvé et brûlé par le feu de l’infinie Miséricorde ! Elle seule peut nous plonger dans l’océan de la Miséricorde… La petite Thérèse en a fait le cœur battant de sa voie d’enfance spirituelle :

« Ce qui plaît au Bon Dieu dans ma petite âme, c’est de me voir aimer ma petitesse et ma pauvreté, c’est l’espérance aveugle que j’ai en sa miséricorde… Voilà mon seul trésor !… Restons bien loin de tout ce qui brille, aimons notre petitesse, aimons à ne rien sentir, alors nous serons pauvres d’esprit et Jésus viendra nous chercher, si loin que nous soyons il nous transformera en flammes d’amour… Oh ! que je voudrais pouvoir vous faire comprendre ce que je sens !… C’est la confiance et rien que la confiance qui doit nous conduire à l’Amour[3]… »

 

+ Marie-Mickaël

 

[1] « La sainteté est plus décisive que le ministère épiscopal, même si celui-ci est indispensable. Il est plus important d’être saint que d’être laïc, consacré, diacre, prêtre, évêque ou pape… Malgré l’importance du ministère de Pierre, Marie est plus décisive que lui pour l’avenir de l’Eglise ! » Monseigneur Léonard, Le cœur de la foi chrétienne, Edition de l’Emmanuel, 2003, p.70.

[2] Origène, Sur l’Evangile de Jean.

[3] Sainte Thérèse de Lisieux, Œuvres complètes, Lettre 197, Cerf-DDB 1992, p.552-553.




Le choix a été fait…

Article de Mark Mallett du 9 avril 2024

Il n’y a pas d’autre moyen de le décrire qu’une lourdeur oppressante. J’étais assis là, penché sur mon banc, m’efforçant d’écouter les lectures de la messe du dimanche de la Divine Miséricorde. C’était comme si les mots frappaient mes oreilles et rebondissaient.

J’ai finalement supplié le Seigneur : « Quelle est cette lourdeur , Jésus ? Et je l’ai senti dire en mon intérieur :

Le cœur de ce peuple s’est endurci. Mes paroles ne percent plus leur âme. C’est un peuple au cou raide comme à Mériba et à Massah  (cf. Ps 95, 8).  Cette génération a maintenant fait son choix et vous êtes sur le point de vivre les fruits de ces choix… 

Ma femme et moi étions assis sur le balcon – ce n’est pas un endroit où nous allons habituellement, mais aujourd’hui, c’était comme si le Seigneur voulait que je voie quelque chose. Je me suis penché en avant et j’ai baissé les yeux. La cathédrale était à moitié vide en cette fête de la Miséricorde – plus vide que je ne l’avais jamais vue. C’était un point d’exclamation dans ses paroles selon lesquelles, même maintenant – même avec le monde au bord d’un conflit nucléaire, d’un effondrement économique, d’une famine mondiale et d’une autre « pandémie » – les âmes ne recherchaient pas sa miséricorde et « l’océan de grâces ». [1] qu’Il offrait ce jour-là. [2]

Je me suis souvenu encore de ses paroles déchirantes à Sainte Faustine :

Je ne veux pas punir l’humanité souffrante, mais Je désire la guérir, en la pressant contre Mon Cœur Miséricordieux. J’utilise la punition lorsqu’ils Me forcent eux-mêmes à le faire ; Ma main hésite à saisir l’épée de la justice. Avant le Jour de la Justice, j’envoie le Jour de la Miséricorde… Je prolonge le temps de la miséricorde pour le bien des [pécheurs]. Mais malheur à eux s’ils ne reconnaissent pas ce moment de Ma visitation…—Jésus à Sainte Faustine,  La Divine Miséricorde dans mon âme , Journal, n. 126I, 1588

Bien que la miséricorde de Dieu ne finisse jamais, il me semble qu’Il dit que « le temps de la miséricorde » touche maintenant à sa fin. Quand? Depuis combien de temps savons-nous que nous sommes en sursis ?

La phase d’alerte

En effet, le Seigneur DIEU ne fait rien sans révéler Son plan à ses serviteurs les prophètes. (Amos 3:7)

Lorsque Dieu désire avertir l’humanité, il appelle des prophètes ou des veilleurs, souvent à travers une rencontre profonde qui retient leur attention.

Dans leurs rencontres « individuelles » avec Dieu, les prophètes puisent lumière et force pour leur mission. Leur prière n’est pas la fuite de ce monde infidèle, mais plutôt l’attention à la Parole de Dieu. Parfois leur prière est une dispute ou une plainte, mais c’est toujours une intercession qui attend et prépare l’intervention du Dieu Sauveur, Seigneur de l’histoire. — Catéchisme de l’Église catholique,  n. 2584

Le prophète ressent une urgence lorsque Dieu lui donne une parole à transmettre. La parole remue dans son âme, brûle dans son cœur et devient même un fardeau jusqu’à ce qu’elle soit prononcée. [3] Sans cette grâce, la plupart des prophètes seraient simplement enclins à douter, à tergiverser ou même à enterrer le mot « pour une autre fois ».

L’urgence ressentie par le prophète n’indique cependant pas l’ imminence de la prophétie ; c’est simplement le propulseur pour faire passer la parole au Corps du Christ et même au reste du monde. Le moment exact où cette parole s’accomplira, ou si elle sera atténuée, reportée ou annulée, et combien d’années, voire de siècles, il s’écoulera après que le prophète l’aura prononcée pour la première fois, n’est connu que de Dieu – à moins qu’Il ne le révèle (par exemple Gen 7). :4, Jonas 3:4). De plus, il faut laisser le temps à la parole de parvenir aux gens .

Cet apostolat d’écriture a commencé il y a environ 18 ans. Il a fallu de nombreuses années pour que ce message parvienne à travers le monde, et même alors, jusqu’à un simple reste.

La phase d’exécution

La phase d’accomplissement arrive souvent « comme un voleur dans la nuit ». [4] Il n’y a que peu ou pas d’avertissement, car le temps de l’avertissement est passé — le verdict est tombé. Dieu, qui est amour et miséricorde même, attend toujours que soit la justice l’exige d’agir, soit qu’il y ait une telle dureté de cœur, seul le châtiment reste comme instrument de miséricorde.

Car le Seigneur corrige celui qu’il aime et châtie tout fils qu’il reçoit. (Hébreux 12:6)

Souvent, la première étape de ce châtiment consiste pour l’individu, la région ou la nation à récolter simplement ce qui a été semé.

… ne disons pas que c’est Dieu qui nous punit ainsi ; au contraire, ce sont les hommes eux-mêmes qui préparent leur propre châtiment. Dans sa bonté, Dieu nous avertit et nous appelle au droit chemin, tout en respectant la liberté qu’il nous a donnée ; donc les gens sont responsables. –Sr. Lucia, une des visionnaires de Fatima, dans une lettre au Saint-Père, 12 mai 1982

Je n’ai aucun doute sur le fait que les « sceaux » de l’Apocalypse ne sont pas seulement créés par l’homme mais sont délibérés. C’est pourquoi Notre Sainte Mère a mis en garde à Fatima contre les conséquences de laisser les erreurs de la franc-maçonnerie (c’est-à-dire les « erreurs de la Russie ») se propager à travers le monde. Cette « bête » qui surgit de la mer utilise des mots doux et des slogans comme « reconstruire en mieux » et « Grande Réinitialisation » pour cacher ses intentions de créer de l’ordre à partir du chaos ( ordo ab chaos ). Il s’agit, en un sens, du « châtiment de Dieu » – dans la mesure où le « fils prodigue » a été autorisé à récolter ce qu’il avait semé par sa rébellion.

Dieu… est sur le point de punir le monde pour ses crimes, au moyen de la guerre, de la famine et des persécutions contre l’Église et contre le Saint-Père. Pour éviter cela, je viendrai demander la consécration de la Russie à mon Cœur Immaculé et la communion réparatrice les premiers samedis. Si mes demandes sont entendues, la Russie se convertira et il y aura la paix ; sinon, elle répandra ses erreurs à travers le monde, provoquant des guerres et des persécutions contre l’Église. Les bons seront martyrisés ; le Saint-Père aura beaucoup à souffrir ; diverses nations seront anéanties.  — Message de Fatima,  vatican.va

Je ne connais pas le programme du Seigneur pour ce Triomphe. Mais le « mot du présent » aujourd’hui est très clair : l’humanité a collectivement rejeté le Christ, son Église et l’Évangile. Ce qui reste avant  le Jour de la Justice  me semble être un dernier acte de miséricorde – un avertissement mondial qui ramènera immédiatement à la maison de nombreux fils et filles prodigues… et triera les mauvaises herbes du blé.
Avant de venir en tant que juste Juge, je viens d’abord en tant que Roi de Miséricorde. Avant que le jour de justice n’arrive, un signe semblable sera donné aux hommes dans les cieux : Toute lumière dans les cieux s’éteindra et il y aura de grandes ténèbres sur toute la terre. Alors le signe de la croix sera visible dans le ciel, et des ouvertures où furent cloués les mains et les pieds du Sauveur sortiront de grandes lumières qui éclaireront la terre pendant un certain temps. Cela aura lieu peu avant le dernier jour. — Jésus à Sainte Faustine, Journal de la Divine Miséricorde, Journal, n. 83

Hâtez-vous d’être en état de grâce

Nous avons atteint un point où nous devons être prêts à rencontrer le Seigneur à tout moment. Des dizaines de fois dans les messages adressés à la voyante américaine Jennifer, Jésus appelle les gens à être prêts à se tenir devant Lui « en un clin d’œil ».

Mon peuple, le temps d’avertissement qui a été prédit va bientôt se révéler. Je vous ai patiemment supplié, Mon peuple, mais vous êtes trop nombreux à continuer à vous consacrer aux voies du monde… C’est un moment où Mes fidèles sont appelés à une prière profonde. Car en un clin d’œil, vous pourriez vous tenir devant Moi… Ne soyez pas comme l’homme insensé qui attend que la terre commence à trembler et à trembler, car alors vous pourriez périr… — Jésus aurait dit à Jennifer ; Paroles de Jésus , 14 juin 2004

Des avions à réaction dotés de l’arme nucléaire sont déployés au-dessus de la Terre tandis que les dirigeants menacent de s’anéantir les uns les autres. Les « experts » préviennent qu’une pandémie « 100 fois pire que le Covid » circule déjà aux États-Unis. Le virologue de renommée mondiale, le Dr Geert Vanden Bossche, a averti que nous entrons dans une « crise hyper-aiguë » parmi les populations hautement vaccinées et que nous assisterons bientôt à « un tsunami massif et massif » de maladies et de décès parmi elles. [5] Et des centaines de millions de personnes sont confrontées à la famine en raison de l’hyperinflation et d’une crise alimentaire mondiale croissante. À un moment donné, nous allons traverser cette tempête… et elle apparaît tôt ou tard.
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Interrogé sur le troisième secret de Fatima, le pape Jean-Paul II a déclaré à un groupe de pèlerins :
S’il existe un message dans lequel il est dit que les océans vont inonder des pans entiers de la terre ; que, d’un moment à l’autre, des millions de personnes vont périr… ça ne sert plus à rien de vouloir vraiment publier ce [troisième] message secret [de Fatima]… Il faut être prêt à subir de grandes épreuves dans le pas trop -futur lointain; des épreuves qui exigeront que nous soyons prêts à renoncer même à notre vie et à un don total de nous-mêmes au Christ et pour le Christ. Par vos prières et les miennes, il est possible d’atténuer cette tribulation, mais il n’est plus possible de l’éviter, car c’est seulement ainsi que l’Église pourra être renouvelée efficacement. Combien de fois en effet le renouveau de l’Église s’est-il opéré dans le sang ? Cette fois encore, il n’en sera pas autrement. Il faut être fort, il faut se préparer, il faut se confier au Christ et à sa Mère, et il faut être attentif, très attentif, à la prière du Rosaire. —PAPE JEAN-PAUL II, entretien avec des catholiques à Fulda, Allemagne, novembre 1980 ; « Inondation et incendie » du P. Régis Scanlon, ewtn.com
Je suppose que ce que je dis, c’est qu’il ne reste que peu de temps, voire aucun temps, pour atténuer ne serait-ce que cette tribulation. Collectivement, le choix a été fait d’éjecter Dieu de la place publique. Cela devrait être évident pour tous. Pourtant, « nous connaissons partiellement et nous prophétisons partiellement… nous voyons indistinctement, comme dans un miroir » (1 Co 13, 9, 12).
Et tout n’est pas perdu. Ces douleurs de l’accouchement ne sont pas la fin mais le début d’une nouvelle naissance à venir, une nouvelle ère de paix .
À la fin, mon Cœur Immaculé triomphera. Le Saint-Père me consacrera la Russie, elle se convertira et une période de paix sera accordée au monde. —Message de Fatima,  vatican.va
Oui, un miracle a été promis à Fatima, le plus grand miracle de l’histoire du monde, juste après la Résurrection. Et ce miracle sera une ère de paix qui n’a jamais vraiment été accordée au monde auparavant. —Cardina l Mario Luigi Ciappi, 9 octobre 1994 (théologien papal de Jean-Paul II, Pie XII, Jean XXIII, Paul VI et Jean-Paul Ier) ; Catéchisme familial de l’apostolat