Le secret admirable du Très Saint Rosaire (2)- St Louis-Marie Grignion de Montfort

Relire l’introduction ici

ROSE ROUGE (St Louis-Marie appelle roses rouges les pécheurs)

[3] C’est à vous, pauvres pécheurs et pécheresses, qu’un plus grand pécheur que vous offre cette rose rougie du sang de Jésus-Christ pour vous fleurir et vous sauver. Les impies et pécheurs impénitents crient tous les jours : Coronemus nos rosis[1]  : Couronnons-nous de roses. Chantons aussi : Couronnons-nous des roses du saint Rosaire.

Ah ! que leurs roses sont bien différentes des nôtres ; leurs roses sont leurs plaisirs charnels, leurs vains honneurs et leurs richesses périssables qui seront bientôt flétries et pourries ; mais les nôtres, qui sont nos Pater et nos Ave bien dits, joints avec nos bonnes œuvres de pénitence, ne se flétriront, ni ne passeront jamais et leur éclat sera aussi brillant en cent mille ans d’ici qu’à présent.

Leurs roses prétendues n’ont que l’apparence de roses, elles ne sont, dans le fond, que des épines piquantes pendant la vie par les remords de la conscience, perçantes à la mort par le repentir et brûlantes à toute éternité par la rage et le désespoir.

Si nos roses ont des épines, ce sont des épines de Jésus-Christ qui convertit nos épines en roses. Si nos roses piquent, elles ne piquent que pour un temps, elles ne piquent que pour nous guérir du péché et nous sauver.

[4] Couronnons-nous à l’envi de telles roses du paradis, récitant tous les jours un Rosaire, c’est-à-dire trois chapelets de cinq dizaines chacun ou trois petits chapeaux de fleurs ou couronnes :

1° pour honorer les trois couronnes de Jésus et de Marie, la couronne de grâce de Jésus dans son incarnation, sa couronne d’épines dans sa passion et sa couronne de gloire dans le ciel, et la triple couronne que Marie a reçue dans le ciel de la très sainte Trinité;

2° pour recevoir de Jésus et de Marie trois couronnes, la première de mérite pendant la vie, la seconde de paix à la mort et la troisième de gloire dans le paradis.

Si vous êtes fidèles à le dire, malgré la grandeur de vos péchés, dévotement jusqu’à la mort, croyez-moi : Percipietis coronam immarcescibilem  » Vous recevrez une  couronne de gloire qui ne se flétrira jamais. Quand vous seriez sur le bord de l’abîme, quand vous auriez déjà un pied dans l’enfer, quand vous auriez vendu votre âme au diable comme un magicien, quand vous seriez un hérétique endurci et obstiné comme un démon, vous vous convertirez tôt ou tard et vous vous sauverez, pourvu que, je le répète et remarquez les paroles et les termes de mon conseil, vous disiez tous les jours le saint Rosaire dévotement jusqu’à la mort pour connaître la vérité et obtenir la contrition et le pardon de vos péchés. Vous verrez en cet ouvrage plusieurs histoires de grands pécheurs convertis par la vertu du saint Rosaire. Lisez-les pour les méditer.

 

[1] Sg 2, 8




Le secret admirable du Très Saint Rosaire. Saint Louis-Marie Grignion de Montfort

Des écrits de Saint Louis-Marie Grignion de Montfort, on connaît généralement « Le secret de Marie », et le « traité de la vraie dévotion ». Mais il fut un écrivain prolifique, et de nombreux autres textes méritent d’être connus. Le Rosaire a joué un rôle considérable dans sa sanctification personnelle et dans son apostolat missionnaire. Le petit opuscule qu’il a intitulé « le secret admirable du Très Saint Rosaire » en est le reflet. Dans ce petit traité, il ne cherche pas forcément à rédiger un ouvrage systématique ; c’est plutôt un petit recueil de citations de grands auteurs (il avait une connaissance phénoménale des saints, des pères de l’Eglise), à l’usage de tous : prédicateurs (roses blanches), pécheurs (roses rouges), mystiques (rosier mystique), enfants (boutons de roses). Ouvrage missionnaire donc, dans un langage très accessible, pour nous exhorter à vivre cette prière du Rosaire, source de tant de bienfaits. Nous vous proposons dans les prochaines semaines de lire peu à peu ce petit traité. en voici la structure :

LE SECRET ADMIRABLE DU TRES SAINT ROSAIRE

Présentation : Rose blanche, rose rouge, rosier mystique, bouton de roses

Première Dizaine. L’excellence du Saint Rosaire dans son origine et son nom.

Deuxième Dizaine. L’excellence du Saint Rosaire dans les prières dont il est composé

Troisième Dizaine. L’Excellence du Saint Rosaire dans la méditation de la vie et de a Passion de Notre Seigneur Jésus-Christ

Quatrième Dizaine. L’excellence du Saint Rosaire dans les merveilles que Dieu a opérées en sa faveur

Cinquième Dizaine. La manière sainte de réciter le Rosaire

MÉTHODES POUR RÉCITER LE ROSAIRE

Présentation

Première méthode

Deuxième méthode plus abrégée

Troisième méthode

Quatrième méthode

Cinquième méthode

 

LE SECRET ADMIRABLE DU TRÈS SAINT ROSAIRE

POUR SE CONVERTIR ET SE SAUVER

PRESENTATION

ROSE BLANCHE

[1][1] Ministres du Très-Haut, prédicateurs de la vérité, trompettes de l’Évangile, permettez-moi de vous présenter la rose blanche de ce petit livre pour mettre en votre coeur et en votre bouche les vérités qui y sont exposées simplement, sans politesse.

En votre coeur, pour entreprendre vous-mêmes la sainte pratique du Rosaire et en goûter les fruits.

En votre bouche, pour précher aux autres l’excellence de cette sainte pratique et les convertir par ce moyen. Prenez garde, s’il vous plait, de regarder comme le vulgaire, et même comme plusieurs savants orgueilleux, cette pratique comme petite et de peu de conséquence ; elle est vraiment grande, sublime et divine. C’est le ciel qui nous l’a donnée, il l’a donnée pour convertir les pécheurs les plus endurcis et les hérétiques les plus obstinés. Dieu y a attaché la grâce dans cette vie et la gloire dans l’autre. Les saints l’ont pratiquée et les souverains Pontifes l’ont autorisée.

Oh ! qu’un prêtre et un directeur des âmes est heureux, à qui le Saint-Esprit a révélé ce secret inconnu de la plus grande partie des hommes ou qui ne le connaissent que superficiellement ! S’il en reçoit la connaissance pratique, il le récitera tous les jours et le fera réciter aux autres. Dieu et sa sainte Mère verseront abondamment la grâce en son âme pour être un instrument de sa gloire ; et il fera plus de fruit par sa parole, quoique simple, en un mois, que les autres prédicateurs en plusieurs années.

[2] Ne nous contentons donc pas, mes chers confrères, de le conseiller aux autres ; il faut que nous le pratiquions nous-mêmes. Nous pourrons être convaincus dans l’esprit de l’excellence du saint Rosaire, mais comme nous ne le pratiquerons point, on se mettra fort peu en peine de ce que nous conseillerons, car personne ne donne ce qu’il n’a pas : Coepit Jesus facere et docere[2]. Imitons Jésus-Christ, qui a commencé par faire ce qu’il a enseigné. Imitons l’Apôtre, qui ne connaissait et ne prêchait que Jésus-Christ crucifié.

C’est ce que nous ferons en prêchant le saint Rosaire qui, comme vous verrez ci-après, n’est pas seulement une composition de Pater et d’Ave, mais un divin abrégé des mystères de la vie, de la passion, de la mort et la gloire de Jésus et Marie.

Si je croyais que l’expérience que Dieu m’a donnée de l’efficace de la prédication du saint Rosaire pour convertir les âmes pût vous déterminer à prêcher le saint Rosaire malgré la mode contraire des prédicateurs, je vous dirais les conversions merveilleuses que j’ai vues arriver en prêchant le saint Rosaire ; mais je me contente de vous rapporter[3] en cet abrégé quelques histoires anciennes et bien approuvées. J’ai seulement, en votre faveur, inséré plusieurs passages latins tirés de bons auteurs qui prouvent ce que j’explique au peuple en français.

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Notes

[1] Dans le  manuscrit, les numéros 1 à 8 se trouvent vers la fin du volume, pages 202-213; Montfort a sans doute composé son introduction, après l’exposé de détails. Il a semblé utile de reporter ces pages à leur vraie place, en introduction.

[2] Ac 1, 1.

[3] Montfort avait écrit d’abord : « Mais je me contente de vous rapporter… une histoire plus ancienne rapportée par de bons auteurs et arrivée en 1497 dans la ville de Noyon… »

 

 




Méditation sur l’esprit de la liturgie – Benoit XVI

Dans la confusion et le trouble qui règne dans l’Eglise suite à la publication par le Vatican de Fiducia Supplicans, je suis retombée sur ses textes de Benoît XVI qui me semblent si éclairant pour nous situer de manière juste dans la foi : c’est à dire selon Dieu qui est vérité, et non selon nos émotions ou nos désirs passagers et souvent brouillés par le péché. Relire ces textes illumine et apporte la paix de la vérité, selon la grâce théologique lumineuse et simple si particulière de Benoit XVI.

« La position du prêtre tourné vers le peuple a fait de l’assemblée priante une communauté refermée sur elle-même. celle-ci n’est plus ouverture vers le monde à venir ni vers le ciel. La prière en commun vers l’est ne signifiait pas que la célébration se faisait en direction du mur ni que le prêtre tournait le dos au peuple. De même que dans la synagogue tous regardaient vers Jérusalem, de même tous regardaient vers le Seigneur, conscients d’avancer en procession vers lui. Ils ne s’enfermaient pas dans un cercle, ne se regardaient pas l’un l’autre, mais, peuple de Dieu en marche vers l’Orient, ils se tournaient ensemble vers le Christ qui vient à notre rencontre. » Benoit XVI, L’esprit de la liturgie, p. 68

« Lorsque la liturgie est notre œuvre à nous, elle ne nous offre plus ce qu’elle devrait précisément nous donner : la rencontre avec le mystère, qui n’est pas notre œuvre, mais notre origine et la source de notre vie. Je suis convaincu que la crise de l’Église que nous vivons aujourd’hui repose largement sur la désintégration de la liturgie qui est parfois même conçue de telle manière que son propos n’est plus du tout de signifier que Dieu existe, qu’il s’adresse à nous et nous écoute. Mais si la liturgie ne laisse plus apparaître une communauté de foi, l’unité universelle de l’Eglise et de son histoire, le mystère du Christ vivant, la communauté ne fait que se célébrer elle. Et cela n’en vaut pas la peine. » Benoit XVI, Ma vie, p. 134-135.

« Une liberté sans frein n’est pas conciliable avec l’essence de la foi et de la liturgie. La grandeur de la liturgie, faut-il le répéter, justement au fait qu’elle échappe à l’arbitraire. La liturgie n’est pas un show, un spectacle qui ait besoin de metteurs en scène géniaux ni de talent. La liturgie ne vit pas de surprises « sympathiques », de « trouvailles captivantes », mais de répétitions solennelles. Elle ne doit pas exprimer l’actualité et ce qu’elle a d’éphémère, mais le mystère du sacré. » Benoit XVI, L’esprit de la liturgie, p. 134 ; Entretien sur la foi, p. 150

Marie-Jacinta




Le silence de Saint Joseph… devant le mystère de la Mère de Dieu…

En cette fin du temps béni de l’Avent, le silence de Saint Joseph vient inspirer notre cœur. Aujourd’hui, Noël est devenu la fête bruyante de la consommation et nous avons tant besoin de nous « taire » pour découvrir que Dieu est là, caché au fond de nous… Or, le silence de Saint Joseph « dit » ici sa profonde humilité : devant le « mystère » que porte Marie en son sein… il entre dans le secret d’une épreuve où l’ombre de la Croix déjà le recouvre : Comme par avance, n’est-t-il pas tout près l’Agneau immolé, « scandale pour les Juifs et folie pour les païens » ? (1 Co 1,23). Comment est-ce envisageable que sa fiancée le porte déjà si petit en son sein ? Ecrasé par un tel mystère, son humilité le pousse à s’éloigner… et en même temps le texte de Saint Matthieu nous laisse deviner toute une tendresse bienveillante pour Marie :

« Joseph, son époux, qui était un homme juste et ne voulait pas la dénoncer publiquement, décida de la renvoyer en secret… » (Mt 1,19).

Il faut bien saisir ici qu’être juste selon l’Ecriture, « c’est correspondre à ce que Dieu a mis en nous de possibilités pour réaliser la destinée à laquelle Il nous appelle… Il faut que Joseph ait été bien juste pour ne pas accuser ou du moins soupçonner, comme il aurait été naturel, la délicate pureté de la Vierge Marie dont il était le témoin : justement parce qu’il est juste, Joseph s’est abstenu de juger[1]. » Le commentaire de Saint Jérôme va dans ce sens :

« Comment Joseph est-il déclaré « juste », si l’on suppose qu’il cache la faute de son épouse ? Loin de là : c’est un témoignage en faveur de Marie : Joseph, connaissant sa chasteté, et bouleversé par ce qui arrive, cache, par son silence, l’événement dont il ignore le mystère[2] »

On est ici devant le plus grand secret de l’Evangile : quand vient le Verbe de Dieu, le silence est la plus grande des louanges et Saint Joseph en témoigne par la splendeur de son effacement. Face à ce Dieu qui se fait si petit, Il tourne autour du mystère comme Moïse devant le buisson ardent… (Ex 3,3). Ne pressent-il pas que l’Indicible est caché dans l’ordinaire ? Enfoui dans le sein de « la » Femme, Dieu l’a précédé et s’offre à lui, à travers Celle qui lui était promise…

Alors, « pourquoi Joseph voulut-il renvoyer Marie ? Prends cette interprétation, qui n’est pas la mienne, mais celle des Pères : Joseph voulut la renvoyer pour la même raison qui faisait dire à Pierre : « Eloigne-toi de moi, Seigneur, car je suis un pécheur ! » (Lc 5,8) et au Centurion : « Seigneur, je ne suis pas digne que tu entres sous mon toit ! » (Mt 8,8). Pierre trembla devant la puissance divine, et le Centurion trembla en présence de la Majesté. Joseph fut saisi de crainte – comme il était humainement normal – devant la profondeur du mystère ; c’est pourquoi il voulait renvoyer Marie secrètement[3]… »

Mais l’Ange viendra le rassurer par un songe durant la nuit : « Joseph, fils de David, ne crains pas de prendre chez toi Marie, ta femme : car ce qui a été engendré en elle vient de l’Esprit-Saint ! » (Mt 1,20). Et à travers et au-delà de Joseph, cette parole vient résonner dans l’histoire de l’humanité et dans la vie de chacun et chacune en particulier : « Ne crains pas de prendre chez toi, Marie… » Elle est « ta » Mère… et que tous ceux qui résistent « encore » à cette douce réalité se laissent vaincre par la Parole du Christ en Croix en personne : « Voici ta Mère ! » (Jn 19,27). Aujourd’hui, comme Joseph et Jean, accueillerons-t-ils Marie chez eux ?

Nous aussi, devant les épreuves de la vie qui, souvent, nous éloignent de l’Enfant-Dieu et de sa Mère, prenons conscience qu’au cœur de notre foi, les bras de Marie sont sans cesse « tendus » pour nous porter… Dans le Salve Regina, nous chantons : « Spes nostra, Salve ! » (Notre Espérance Salut !). Cette espérance, Dieu nous l‘a donnée. Dans la famille, l’espérance, c’est la mère. Il en est de même dans le monde spirituel : personne ne peut dire qu’il a perdu l’espérance puisqu’il n’a pas perdu l’Immaculée !

Elle seule va nous apprendre comment aimer le Seigneur Jésus, bien mieux que tous les livres et tous les maîtres. Elle nous apprend à l’aimer comme Elle l’aime[4]… »

                                                                                                    +M-Mickaël

[1] Bible chrétienne, tome II, Commentaires p.100.

[2] Commentaire sur Saint Matthieu, Patrologie Latine 26,24.

[3] Saint Bernard de Clairvaux, Homélie 2 sur le Missus est, Patrologie Latine 183,68.

[4] Saint Maximilien-Marie Kolbe, Conérences 3 septembre 1937 et 25 janvier 1941.




Séraphim de Sarov fut délivré de prison par la Vierge Marie le 25 novembre 1825

Jésus dit un jour à Saint Séraphin de Sarov (1754-1833) : « Acquiers la paix intérieure et des âmes, par milliers, trouveront auprès de toi le Salut ». Ermite durant une dizaine d’années, Séraphin revécut la vie de Jésus passant la plupart de ses nuits en prière, debout sur un rocher. Une longue et difficile ascension spirituelle où se mêlaient les apparitions de la Vierge Marie et les persécutions démoniaques.

Assommé par des bandits saouls, il fut soigné dans son couvent et guéri, mais il se déplaça depuis plié en deux. Un abbé, jaloux de sa renommée, l’emprisonna dans sa cellule, mais il fut délivré par la Vierge Marie le 25 novembre 1825. Les gens accouraient de toutes parts pour écouter ses conseils.

Revenu au monastère, infirme, Séraphin demanda la réclusion dans une petite cellule, un univers dont le seul point lumineux sera l’icône de la Mère de Dieu éclairée par un cierge. On dit qu’une moniale vit un jour la Mère de Dieu entrer dans sa cellule et converser avec lui. Dès lors, il ouvrit enfin la porte de sa cellule pour « déverser sur d’autres » la lumière qui éclaire son esprit. Sa vie, « mystérieuse et cachée en Dieu jusque-là », rejaillit dès lors dans un grand cri d’Amour pour l’humanité. Prêtres, moines, moniales, empereurs, tous vinrent se prosterner devant le saint starets, cet « ange terrestre » qui appelait chacun de ses visiteurs, « ma joie ». Tous vinrent trouver auprès de lui la guérison du corps et l’illumination intérieure.

Séraphin fonda plusieurs monastères et composa une règle de prières quotidiennes. « Le but de la vie chrétienne est l’acquisition du Saint-Esprit de Dieu. Et cette grâce est accordée à tous ceux qui pratiquent la prière du cœur et qui entreprennent, au nom du Christ, des actions d’Amour ». « La puissance de la prière est prodigieuse, car, plus forte que tout ce qui existe, c’est elle qui fait descendre l’Esprit-Saint » (St. Séraphin de Sarov).

Source : l’encyclopédie mariale




Visite guidée de la Sainte Vierge au paradis…

Le jour de l’Assomption de N.-D. 1698, notre Reine entre à la chambre de Benoîte sur les 7-8 heures du soir ; elle disait ses Litanies et eut une joie extraordinaire de voir sa bonne Mère portée par des Anges en forme de petits enfants d’un an, que Benoîte appelle des « angeons ».

La divine Marie lui dit : « Ma fille suivez-moi, et vous réjouissez : je vais vous faire voir des choses que vous n’avez jamais vues ».

Aussitôt, deux Anges prennent Benoîte de chaque côté, et la portent après la Sainte Vierge. Quand elle fut beaucoup élevée en l’air, elle entendit quantité d’Anges, qui chantaient les Mystères d’ici, Passion de Jésus, disant : « Jésus méprisé ! Jésus passé par le larron ! Jésus crucifié ! », et ainsi du reste, ne se souvenant pas de tout ce qu’ils disaient. Les odeurs suaves et embaumantes de la Sainte Vierge et des Anges l’enveloppaient.

Pour montrer sa grande simplicité montant toujours, elle pensait « Où vas-tu ? Où es-tu ? Tu es si grosse et pesante ! Si ces 2 petits angeons n’avaient pas la force de te porter… en quel précipice tomberais-tu ? ».

La Sainte Vierge la rassura. « Ma fille, vous ne tomberez pas ! ». Par le grand éclat de la divine Marie, elle voyait plus clair qu’en plein midi.

Quand la Sainte Vierge fut aux portes du Paradis, un homme habillé de rouge lui ouvre la porte, et la salua avec un profond respect.

Étant entrée dans le Ciel, ses deux Anges la quittèrent, et ceux de Benoîte aussi. Elle suit à pied sa bonne Mère sans savoir où elle était, où elle allait, ce qu’elle faisait, éblouie de tant d’éclat, de splendeur et de gloire, qu’elle voyait de part et d’autre, de quelque côté qu’elle se tourne.

Quand elle eut un peu avancé dans le Paradis, elle vit les Bienheureux plus resplendissants que le soleil, chacun dans son siège, d’une beauté et d’un éclat qu’elle n’a su exprimer, tous découverts, d’une chevelure blonde, tous jeunes (lui semblait-il), et tous d’un même âge, qui tantôt s’asseyaient, tantôt se tenaient debout. Ils chantaient des cantiques à la louange de Dieu et souriaient tous en la voyant passer.

Elle vit M. Peytieu, M. Hermitte, sa mère, qui la saluent souriants vers elle ; elle vit beaucoup de personnes connues, parents, amis et autres. Comme elle voulait s’approcher de ces deux Messieurs, la Vierge lui dit : « Suivez-moi, ma fille ! ».

La suivant, elle vit de grandes tribunes toutes parsemées de pierreries, dont l’éclat l’éblouissait : elles étaient élevées les unes sur les autres, de degré en degré.

La Sainte Vierge lui dit. « Ma fille, le plus haut degré de ces trois, ce sont les Martyrs habillés de rouge, après les Vierges non-martyrs en blanc au plus haut degré les « chancelantes » (autres élus lumineux) habillés de diverses couleurs. Les Bienheureux qu’elle voit aussi loin que sa vue peut s’étendre chantaient les louanges de Dieu, les mains jointes.
Benoîte ne les connaissant pas disait en son cœur. « Que feras-tu ici, étant si éloignée de ceux de ta connaissance ! Au moins si tu étais proche de tes deux confesseurs et des autres que tu connais, tu serais plus contente, je ne les saurais trouver à présent ! ». La Mère de Dieu, pour la rassurer, lui dit de ne s’appréhender de rien, qu’Elle la redéposerait où Elle l’avait prise.

Étant beaucoup avancée dans le Paradis, elle vit un Trône rond tout parsemé de pierreries, élevé par-dessus tous les autres, d’un brillant et d’une splendeur inestimable, dont l’éclat lui ôtait la vue. À l’entour du trône se trouvaient une infinité d’Anges, tous rayonnants de gloire.

La Sainte Vierge passant devant celui qui était au Trône, lui fit une profonde révérence et l’adora, sans que Benoîte sente qui c’était. Quand la Mère de Dieu passait, tous les bienheureux se levaient de leur siège et la saluaient.

Au milieu du Paradis, elle vit un grand arbre, fort épais et étendu. Les feuilles et les branches étaient d’or, lui semblait-il, et avec une quantité de belles pommes. Elle avait grande envie d’en prendre une, mais par respect elle n’osa pas le faire.

Elle dit à la Mère de Dieu. « Voilà un bel arbre I ». « C’est l’Arbre de Vie », lui répondit la bonne Mère.

N’ayant vu que quelques prêtres dans le Paradis, parmi cette foule innombrable, elle dit : « Je n’y vois guère de prêtres ! ». La Bonne Mère lui dit qu’elle n’a pas voulu les lui montrer parce qu’elle en aurait trop de déplaisir.

Ici le brouillon (du texte) rajoute que Benoîte poursuivit cette visite avec la Vierge toute la nuit, et « qu’elle était toute lasse des pieds et des yeux, quoique transportée de joie devant de si grandes et inconcevables merveilles, d’une si surprenante variété ».

Et le texte continue : Le jour s’approchant, Marie lui dit de s’en aller promptement ; et aussitôt deux Anges prennent la Mère de Dieu, et deux Benoîte.

Ils la laissent au pied de la descente du Lays du côté de Gap. La Mère de Dieu lui dit de s’en aller et de n’avoir point peur. Il n’était pas tout à fait jour, mais elle y voyait comme en plein midi, à cause de la clarté de la Vierge.

Pour exprimer combien Benoîte fut « ravie » de cette vision, M. Gaillard ajoute que pendant quinze jours elle était si comblée de contentement qu’elle négligeait de boire et de manger. « Son âme et toutes ses puissances étaient tellement remplies de joue qu’elle ne savait bonnement ce qu’elle faisait, ni exprimer ce qu’elle avait vu », si bien qu’elle n’en parlât pas.

Mais les femmes qui lavaient et repassaient avec elle les linges de la chapelle furent frappées du ton vibrant dont elle leur parlait du bonheur des Saints, des joies du Paradis, et en avertirent son confesseur et un autre serviteur de l’église, qui avaient eux aussi remarque son aspect révélant une joie intérieure peu banale.

Alors ils la pressèrent de décrire ce qu’elle avait éprouvé, et lui tirèrent peu à peu les détails de ce récit. Magnan et Aubin alertèrent Gaillard, qui ordonna à Benoîte au nom de l’obéissance de tout lui raconter. (…)

Source : La voix de Dieu magazine




Présentation de la Vierge Marie au Temple

« Le temple très pur du Sauveur, la très précieuse chambre nuptiale, la Vierge, trésor sacré de la gloire divine est aujourd’hui conduite dans la maison du Seigneur et y apporte avec elle la grâce de l’Esprit divin ; les anges la chantent : elle est le tabernacle céleste » comme le proclame aujourd’hui la liturgie orientale.

La fête de la Présentation de Marie au Temple, qui repose sur une antique tradition, est historiquement liée à la dédicace d’une basilique en l’honneur de Sainte Marie, un édifice voulu par Mgr Élie, évêque de Jérusalem, et achevé aux frais de l’empereur Justinien (527-565) – à côté de la zone du temple de Jérusalem, là où la Vierge a pu passer son enfance consacrée au service divin. Cette église fut dédiée le 21 novembre 543, et fut dite Nouvelle Église, pour la distinguer de l’ancienne, dédiée à la nativité de Marie.

Dans le cours du VIIIe siècle, la fête s’est répandue dans toutes les Églises orientales, en rencontrant la faveur du peuple de Dieu : elle fera partie des douze grandes fêtes de l’année, aujourd’hui encore célébrée en Orient avec une veille/vigile ? préparatoire et quelques jours d’après fête, jusqu’au 25 novembre. (1)

La littérature rabbinique confirme le fait que de nombreuses jeunes filles demeuraient dans le Temple et qu’elles s’adonnaient à la confection du voile du Temple. Le Talmud de Jérusalem apporte des précisions intéressantes à ce sujet :

« Le rideau du Temple avait l’épaisseur d’une palme. Il était tressé avec soixante-douze points lisses composés chacun de vingt-quatre fils. La longueur était de quarante coudées et la largeur de vingt. Quatre-vingt-deux jeunes filles le tissaient. On en confectionnait deux par an. Et il fallait le concours de trois cents prêtres pour le porter au bain. » (Mishna Sheqalim 8,5).

Il rapporte aussi que lorsque le Temple fut incendié en 70 après Jésus-Christ, « les vierges qui tissaient le voile se jetèrent dans les flammes » plutôt que de tomber aux mains des ennemis (Pesiqta Rabbati 26,6), et qu’elles logeaient dans un immeuble de trois étages, dans l’enceinte du Temple. (2)

Sources :
(1) Kondakion et Ikos du 21 novembre; 4e stichère de la 6e ode du 2e canon des matines
(2) D’après le Talmud de Jérusalem

 

Sainte Élisabeth, religieuse bénédictine du monastère de Schoenau (Allemagne) reçu de la Vierge la révélation suivante, que rapporte saint Bonaventure :

« Lorsque mon père et ma mère m’eurent laissée au Temple, je formais dans mon cœur la résolution de prendre Dieu pour père, et je me demandais souvent ce que je pouvais faire pour lui être agréable. En outre, je fis vœu de garder la virginité, de ne rien posséder sur la terre, et je remis toute ma volonté entre les mains de Dieu. »

Elle ajouta : « De tous les préceptes divins, celui que j’avais sans cesse devant les yeux était celui de l’amour : Tu aimeras le Seigneur ton Dieu. J’allais au milieu de la nuit devant l’autel du Temple demander la grâce d’accomplir les préceptes de la Loi. Puis soupirant après la naissance de la Mère du Rédempteur, je suppliais Dieu de me conserver mes yeux pour la voir, ma langue pour la louer, mes mains et mes pieds pour la servir, mes genoux pour adorer dans son sein le fils unique de Dieu. »

Et comme Élisabeth lui disait alors : « Mais ma Souveraine, n’étiez-vous pas pleine de grâce et de vertu ? », la sainte Vierge lui répondit : « Sache que je me tenais pour la créature la plus vile et la plus indigne de la divine grâce, aussi je ne cessais pas de demander les vertus et la grâce ».

Extrait de Saint Alphonse de Liguori, docteur de l’Eglise

« Les gloires de Marie » – Editions Saint Paul 1997 – p. 254

 

Source  Association Marie de Nazareth, Une minute avec Marie 21 et 23 novembre 2023




5 octobre : fête de Sainte Faustine

« Parle au monde de ma miséricorde, que l’humanité entière apprenne à connaître mon insondable miséricorde. C’est un signe pour les derniers temps, après viendra le jour de la Justice. Tant qu’il en est temps, que les hommes aient recours à la source de ma miséricorde, qu’ils profitent du sang et de l’eau qui ont jailli pour eux. O âmes humaines, où chercherez-vous refuge au jour de la colère de Dieu ? Fuyez maintenant vers les sources de la Miséricorde divine[1] ! »

Avec Sainte Faustine, nous nous laisserons saisir par l’urgence de la Miséricorde, dernière planche de salut[2] offerte à l’humanité en ces derniers temps. Au cœur d’un siècle déchiré par tant de haines, Jésus lui a confié : « L’humanité n’aura de paix que lorsqu’elle s’adressera avec confiance à la Divine Miséricorde ». Ce message rejoint en profondeur celui de Marie à Fatima, et nous pousse à redoubler sans cesse de prière et d’espérance.

A la suite de Marie Mère de Miséricorde[3], et à l’école de Ste Faustine, nous percevrons toujours mieux la profondeur de la Miséricorde Divine, nous en ferons l’expérience vivante, pour en témoigner à nos frères. Nous apprendrons à dire inlassablement : « Jésus, j’ai confiance en toi ! » pour nous réfugier en sa Miséricorde.

Extrait du Livre de vie de la Communion des Refuges du Coeur Immaculé de Marie

[1] Jésus à Sainte Faustine, Petit Journal n° 848.

[2] Sainte Faustine, Petit Journal 965 et 998.

[3] « Marie est celle qui connaît le plus à fond le mystère de la Miséricorde divine. Elle en sait le prix, et sait combien il est grand. En ce sens, nous l’appelons aussi Mère de Miséricorde. » Saint Jean-Paul II, encyclique Dives in Misericordia.




Bx Bartolo Longo, apôtre du Rosaire

Illustration

Sanctuaire Notre-Dame-du-Rosaire de Pompéi. iStock/Getty Images Plus/GISTEL Cezary Wojtkowski

« Le bienheureux Bartolo Longo eut un charisme spécial, celui de véritable apôtre du Rosaire… il s’est senti appelé à construire à Pompéi un sanctuaire dédié à la Vierge du Saint Rosaire près des ruines de l’antique cité tout juste pénétrée par l’annonce évangélique avant d’être ensevelie en 79 par l’éruption du Vésuve et de renaître de ses cendres des siècles plus tard, comme témoignage des lumières et des ombres de la civilisation classique. Par son œuvre entière, en particulier par les ‘Quinze Samedis’, Bartolo Longo développa l’âme christologique et contemplative du Rosaire; il trouva pour cela un encouragement particulier et un soutien chez Léon XIII, le ‘Pape du Rosaire’ » (Jean-Paul II – lettre apostolique du 16 octobre 2002 – sur les pas des témoins)

Né en Apulie, en 1841, Barthélemy Longo étudia le droit civil à Naples. Là, il assista à des séances de spiritisme et perdit la foi. Grâce au frère Radente, il recouvra la grâce divine et embrassa la règle du tiers-ordre dominicain en 1871, sous le nom de frère Rosaire, qui fut pour lui un présage.

Il consacra en effet toute sa vie à la dévotion mariale, construisant un sanctuaire à Notre Dame du Rosaire fondant une congrégation de sœurs dominicaines sous le même vocable. Il édita des livres à la louange de la Vierge et de l’Ordre ; il publia des ouvrages dans le but d’accroître la foi et la justice sociale. Il épousa une veuve, Marie-Anne Farnararo, son émule en œuvres charitables.

Le 5 octobre 1926, il reposa dans la paix du Seigneur et en 1980 il fut inscrit au nombre des bienheureux par Jean Paul II.

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29 septembre : fête de St Michel Archange, et de tous les saint archanges

En cette extrême fin des temps où culmine le combat ultime entre la Femme et le Dragon (Ap 12,1-6), notre « doux et puissant Refuge » est le Cœur Immaculé de notre Mère…

Dans l’apocalyptique guerre actuelle, visible et invisible, la Vierge des derniers temps et Reine des Anges nous confie à la garde de Saint Michel Archange : Chef et Prince des armées célestes, Il a chassé du Ciel Satan et ses Anges rebelles (Ap 12,7-11). Défenseur et Protecteur de la Sainte Eglise catholique, nous nous confierons chaque jour à sa puissante protection, ainsi qu’à celle de nos anges gardiens, face au Dragon, cet Ennemi « descendu chez nous, frémissant de colère et sachant que ses jours sont comptés ! » (Ap 12,12).

Seul Jésus-Christ peut sauver nos âmes de l’Enfer[1] où veut nous faire tomber Satan. En ce sens, nous nous confierons chaque jour à la garde puissante de Saint Michel Archange : Prince de la Milice céleste, il est « notre Défenseur dans le combat, vainqueur de Satan et terreur des démons[2] ! » Appuyés sur sa puissante et rayonnante présence, nous lui demanderons :

« Saint Michel Archange, défendez-nous dans le combat et soyez notre Protecteur contre la méchanceté et les embûches du Démon[3] ! »

Enfin, nous demanderons à Saint Michel Archange « Ange de la paix » de nous guider vers la lumière de la Jérusalem céleste en nous accordant par-dessus tout : « le don de la persévérance dans la foi et dans les bonnes œuvres » en étant « délivrés par sa bienveillante protection, de tous nos ennemis… pour être conduits à la gloire éternelle de Ciel[4] ! »

 

Extrait du Livre de Vie de la Communion des Refuges du Coeur Immaculé de Marie

 

[1] Souvenons-nous ici de la troisième Apparition de la Vierge à Fatima le 13 juillet 1917 où Elle montre aux enfants l’horreur de l’Enfer et demandera d’ajouter à la fin de chaque dizaine de chapelet : « O mon Jésus, pardonnez-nous nos péchés, préservez-nous du feu de l’Enfer, et conduisez au Ciel toutes les âmes, surtout celles qui en ont le plus besoin… »

[2] Litanies de Saint Michel Archange.

[3] Extrait du « Petit exorcisme » du Pape Léon XIII.

[4] Extrait du « Chapelet de Saint Michel Archange ou Couronne Angélique ».