Thérèse de l’Enfant Jésus et la Vierge Marie

« On la montre inabordable, il faudrait la montrer imitable »

 

Le mois d’octobre est appelé dans l’Église le mois du Rosaire. Une fête mariale nous rappelle cela le 7 octobre : Notre Dame du Rosaire. Une autre fête nous oriente vers Marie, celle de sainte Thérèse de l’Enfant Jésus, le 1er octobre. Voici un texte de sa main qui peut nous parler :

« Elle vivait de foi comme nous. Que j’aurais bien voulu être prêtre pour prêcher sur la Sainte Vierge ! Une seule fois m’aurait suffi pour dire tout ce que je pense à ce sujet.
J’aurais d’abord fait comprendre à quel point on connaît peu sa vie. Il ne faudrait pas dire des choses invraisemblables ou qu’on ne sait pas ; par exemple que, toute petite, à trois ans, la Sainte Vierge est allée au Temple s’offrir à Dieu avec des sentiments brûlants d’amour et tout à fait extraordinaires ; tandis qu’elle y est peut-être allée tout simplement pour obéir à ses parents…

Pour qu’un sermon sur la Sainte Vierge me plaise et me fasse du bien, il faut que je voie sa vie réelle, pas sa vie supposée ; et je suis sûre que sa vie réelle devait être toute simple. On la montre inabordable, il faudrait la montrer imitable, faire ressortir ses vertus, dire qu’elle vivait de foi comme nous, en donner des preuves par l’Évangile où nous lisons : “Ils ne comprirent pas ce qu’il leur disait” (Lc 2,50). Et cette autre, non moins mystérieuse : “Ses parents étaient dans l’admiration de ce qu’on disait de lui” (Lc 2,33). Cette admiration suppose un certain étonnement, ne trouvez-vous pas ?

On sait bien que la Sainte Vierge est la Reine du Ciel et de la terre, mais elle est plus mère que reine, et il ne faut pas dire à cause de ses prérogatives qu’elle éclipse la gloire de tous les saints, comme le soleil à son lever fait disparaître les étoiles. Mon Dieu ! que cela est étrange ! Une mère qui fait disparaître la gloire de ses enfants ! Moi je pense tout le contraire, je crois qu’elle augmentera de beaucoup la splendeur des élus. C’est bien de parler de ses prérogatives, mais il ne faut pas dire que cela… Qui sait si quelque âme n’irait pas même jusqu’à sentir alors un certain éloignement pour une créature tellement supérieure et ne se dirait pas : “Si c’est cela, autant aller briller comme on pourra dans un petit coin”.

Ce que la Sainte Vierge a de plus que nous, c’est qu’elle ne pouvait pas pécher, qu’elle était exempte de la tache originelle, mais d’autre part, elle a eu bien moins de chance que nous, puisqu’elle n’a pas eu de Sainte Vierge à aimer, et c’est une telle douceur de plus pour nous. »

 




Saint Michel Archange : notre Ange Protecteur pour les derniers temps !

« Un combat s’engagea dans le Ciel :

Mickaël et ses Anges combattirent le Dragon…

Et le Dragon riposta, appuyé par ses Anges,

mais ils eurent le dessous et furent chassés du Ciel ! »

Apocalypse 12,7-8

Saint Michel Archange est par excellence l’Ange du combat pour la lumière, car comme le signale mystérieusement ce passage de l’Apocalypse, il s’est levé le premier contre la révolte de Satan, l’Ange déchu, et ses Anges qu’il a chassé du Ciel ! Il a d’ailleurs posé la question « majeure » qui traverse le temps et révèle son nom : Mîkhâ’êl : « Qui est comme Dieu[1] ? » Cette question de l’Archange à Satan nous renvoie au cœur de la tentation fondamentale de l’homme contemporain : prendre la place de Dieu et s’ériger comme norme suprême à sa place… Souvenons-nous ici de la tentation originelle qui est celle de notre civilisation décadente :

« L’esprit du mensonge essaie de faire croire aux hommes de notre époque qu’ils sont « comme des dieux » (Gn 3,5), en dehors du bien et du mal ; que le péché n’existe pas ; tandis que la réalité du péché et du mal assaille, comme jamais auparavant, donnant la preuve de son existence par des menaces d’une dimension jamais connue jusqu’ici[2] ! »

Ces paroles du si cher Pape Saint Jean-Paul II datent de 1984 et l’on peut constater la portée de son regard prophétique quand il annonce « des menaces d’une dimension jamais connue jusqu’ici ! » 40 ans plus tard, en 2024, nous y sommes… et c’est pourquoi le Pape polonais voulut rétablir dans l’Eglise en 1984 la prière à Saint Michel Archange composée par le Pape Léon XIII cent ans avant en 1884. Ce dernier, à la suite d’une révélation sur les plans de Satan pour détruire l’Eglise, décida de rédiger une prière à l’Archange qui serait récitée à la fin de chaque Messe :

« Saint Michel Archange, défendez-nous dans le combat !

Soyez notre secours contre la malice et les embûches du Démon.

Que Dieu exerce sur lui son empire, nous vous le demandons en suppliant !

Et vous, Prince de la Milice Céleste,

repoussez en enfer par la force divine, Satan et les autres esprits mauvais

qui rôdent dans le monde en vue de perdre les âmes ! Amen ! »

 

Malheureusement, le Concile Vatican II supprima cette prière. Mais en 1984, le Pape Jean-Paul II la rétablit mais sans être écouté…

Alors, reprenons le flambeau car il est de « toute urgence » de réciter avec force et ferveur cette prière à Saint Michel Archange après chaque Messe[3]. En effet, il faut bien saisir que dans l’apocalyptique guerre actuelle, visible et surtout invisible, la Vierge des derniers temps et la Reine des Anges nous confie à la garde de Saint Michel Archange : Chef et Prince des Armées célestes, il a chassé du Ciel Satan et ses Anges rebelles ! (Ap 12,7-12). Défenseur et Protecteur de la Sainte Eglise catholique, confions-nous chaque jour à sa puissante protection… spécialement le matin, avant l’activité de la journée :

« Saint Michel Archange, de ta lumière illumine-moi !

Saint Michel Archange, de tes ailes protège-moi !

Saint Michel Archange, de ton épée défends-moi !

Et fais de moi, un enfant de lumière et de paix ! »

 

Et le soir, avant le repos de la nuit :

« O Saint Michel Archange,

Je me réfugie avec confiance à l’ombre de tes ailes :

Protège-moi, défends-moi et veille sur moi

à chaque instant de la nuit…

Et à l’heure de la mort, viens à mon secours !

O toi qui est si bon… »

Seul Jésus-Christ Notre Seigneur peut sauver nos âmes de l’Enfer[4] où veut nous faire tomber Satan et ses démons ! En ce sens, nous nous confierons chaque jour à la garde puissante de Saint Michel Archange : il est « le Porte-étendard du salut, notre défenseur dans le combat, vainqueur de Satan et terreur des démons, sa prière conduit aux Cieux[5] ! »

Enfin, nous demanderons à Saint Michel Archange « Ange de la paix » de nous guider vers la lumière de la Jérusalem céleste, en nous accordant par-dessus tout : « le don de la persévérance dans la foi et dans les bonnes œuvres » en étant « délivrés par sa bienveillante protection, de tous nos ennemis… pour être conduits à la gloire éternelle du Ciel[6] ! »

+M Mickaël

 

[1] Selon l’hébreu, Mîkhâ’êl : Mi, Cha « qui est semblable » et El « Clarté, Lumière, Lumineux, Dieu », Elohim signifiant : « Qui est comme Dieu ? », « Quis ut Deus ? » en latin.

[2] Saint Jean-Paul II, Rome, 21 août 1984.

[3] Elle est d’ailleurs prévue dans « Prières après la Messe » du nouveau Missel de la forme extraordinaire sorti en 2022, p.1069.

[4] Souvenons-nous ici de la troisième Apparition de la Vierge à Fatima le 13 juillet 1917 où Elle montre aux trois enfants l’horreur de l’Enfer… Elle demandera alors d’ajouter, après chaque dizaine de chapelet, cette prière urgente : « O mon Jésus, pardonnez-nous nos péchés, préservez-nous du feu de l’Enfer, et conduisez au Ciel toutes les âmes, surtout celles qui en ont le plus besoin… »

[5] Extrait des litanies de Saint Michel Archange.

[6] Extrait du « Chapelet de Saint Michel Archange ou Couronne Angélique. »




St Louis-Marie Grignion de Montfort, Le secret admirable du Très Saint Rosaire – Merveilles obtenues par le Rosaire, 36e rose

[36e ROSE]

[109] L’an 1578, une femme d’Anvers s’était donnée au démon par une cédule [signée] de son sang. Quelque temps après, elle en eut un sensible regret et un grand désir de réparer le mal qu’elle avait fait. Elle chercha un confesseur prudent et charitable, pour savoir par quel moyen elle pourrait être affranchie de la puissance du diable.

Elle trouva un prêtre sage et dévot, qui lui conseilla d’aller trouver le père Henri, directeur de la confrérie du saint Rosaire, du couvent de Saint-Dominique, pour s’y faire enrôler et se confesser. Elle le demanda et, au lieu du Père, elle trouve le diable, sous la figure d’un religieux, qui la reprit sévèrement et lui dit qu’elle n’avait plus de grâces à espérer de Dieu, ni de moyen de révoquer ce qu’elle avait signé, ce qui l’affligea fort. Mais elle ne perdit pas toute espérance en la miséricorde de Dieu, elle retourna encore chercher le Père et elle trouva encore le diable, qui la rebuta comme auparavant. Elle retourna pour la troisième fois et elle trouva par la permission divine le père Henri qu’elle cherchait, qui la reçut charitablement, l’exhorta à se confier en la bonté de Dieu à faire une bonne confession ; il la reçut dans la confrérie et lui ordonna de réciter souvent le Rosaire. Un jour, pendant la Messe que le Père célébrait pour elle, la sainte Vierge força le diable de lui rendre la cédule qu’elle avait signée ; et ainsi elle fut délivrée par l’autorité de Marie et la dévotion du saint Rosaire.

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St Louis-Marie Grignion de Montfort, Le secret admirable du Très Saint Rosaire – Merveilles obtenues par le Rosaire, 35e rose

35e ROSE. (B. Alain. 4e p. c. 40).

[108] Le bienheureux Alain rapporte qu’un cardinal, nommé Pierre, du titre de Sainte-Marie delà le Tibre, instruit par saint Dominique, son ami intime, de la dévotion au saint Rosaire, s’y affectionna tellement qu’il en devint le panégyriste et le persuadait à tous. Le cardinal fut envoyé légat dans la Terre Sainte vers les chrétiens qui étaient croisés contre les Sarrasins. Il persuada si bien l’efficace du Rosaire à l’armée chrétienne que tous l’ayant embrassé pour implorer le secours du ciel dans un combat, où ils n’étaient que trois mille, ils triomphèrent de cent mille.

Les démons, comme nous avons vu, craignent infiniment le Rosaire. Saint Bernard dit que la Salutation angélique leur donne la chasse et fait frémir tout l’enfer. Le bienheureux Alain assure qu’il a vu plusieurs personnes, qui s’étaient livrées au diable corps et âme, en renonçant au baptême et à Jésus-Christ, et puis, après avoir pris la dévotion du saint Rosaire, ont été délivrées de sa tyrannie.

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23 septembre, fête de St Padre Pio : la grâce spéciale qu’il reçut de Notre-Dame de Fatima

A Fatima, La Vierge Marie a demandé sans relâche aux petits bergers de prier le chapelet tous les jours et d’offrir leur prière pour la paix dans le monde. Une pratique si chère à Padre Pio qu’on l’appelait « Le Rosaire vivant« , tant ses prières étaient nombreuses : à l’autel, au confessionnal, dans sa cellule, le jour, la nuit… En parlant de Notre-Dame, il disait toujours : « Toutes les grâces passent à travers ses mains ».

Le saint frère capucin a-t-il eu des visions de la Vierge ? Tant de phrases confiées à son plus proche entourage ou d’épisodes troublants, semblent le confirmer. Il est dit que dès ses 5 ans il eut des visions de Jésus, d’anges et de saints. Mais lui-même en a toujours fait silence, quand la question lui était franchement posée. Parmi ces épisodes, il y en a un, que peu de gens connaissent, qui relève pourtant du miracle et semble confirmer que son rapport privilégié avec la Vierge était bien réel.

Visite de la statue de Notre-Dame de Fatima

Nous sommes en 1959, la conférence épiscopale italienne vient d’annoncer une année de prière, pendant laquelle la statue de Notre-Dame de Fatima serait sortie de son sanctuaire au Portugal pour faire le tour des villes italiennes. À la plus grande joie de Padre Pio. Mais juste avant sa venue dans le pays, le 25 avril, Padre Pio tombe malade. Il est victime d’une grave pleurésie, au point de ne plus pouvoir célébrer la messe à l’église mais dans sa chambre, à l’aide d’un micro. Et il est toujours alité lorsque la statue arrive à San Giovanni Rotondo, en hélicoptère, le 5 août.

Pourquoi Padre Pio aimait tant le mois de mai

Pour préparer les fidèles à la venue de Marie, Padre Pio ne cessait de les exhorter depuis plusieurs jours à se préparer spirituellement, leur parlant depuis sa cellule avec un micro. Jusqu’à organiser de cette façon toute la journée de prière devant la statue. Il aurait dû lui-même la guider mais il ne le pouvait plus. Le 6 août, la statue doit repartir. Elle fait auparavant le tour de l’hôpital d’où elle devra ensuite s’envoler en hélicoptère pour une autre ville.

À l’hôpital, avant de circuler au milieu des malades, elle est portée à la sacristie, où Padre Pio s’est fait porter sur une chaise. Il s’incline et pose un délicat baiser sur la statue. Puis il dépose dans ses mains le chapelet qu’il a reçu en don d’un de ses groupes de prière, et se fait ramener dans sa cellule, où le rejoindront les deux pilotes de l’hélicoptère pour recevoir sa bénédiction, avant de repartir avec la statue pour une autre destination.

Le moment du départ est arrivé. Padre Pio s’est fait installer sur le balcon de l’église. Les frères racontent qu’au moment où l’hélicoptère a pris son envol, Padre Pio s’est mis à pleurer et à dire à la Vierge :

« Mère, j’ai été malade durant ta visite en Italie, et maintenant tu t’en vas sans me guérir ? »

L’hélicoptère s’éloigne peu à peu de San Giovanni Rotondo. Quand tout à coup, le second pilote demande de revenir en arrière et de tourner trois fois au-dessus du couvent pour saluer Padre Pio. Le capucin sent un alors grand frisson dans son corps et dit à ses confrères : « Je suis guéri ! ». Il n’avait effectivement plus rien, il était guéri. Et tout le monde le sut. Jamais Padre Pio, affirment les témoins, ne s’étaient senti aussi sain et fort comme après le départ de Notre-Dame de Fatima (J. Gallagher, Segni di speranza, Paoline, 1999).

Marie, la raison de toute espérance

Au-dessus de la porte de la chambre de Padre Pio se trouvaient ces mots : « Marie est la raison de toute mon espérance ». Marie, présente dans la statue pèlerine de Fatima, l’avait-elle guéri pour le remercier de toute cette dévotion qu’il lui portait ? Le Père Derobert, « fils spirituel » du frère capucin, se pose la question.

Il se souvient avec émotion du visage extatique de Padre Pio, de son regard merveilleux posé sur une statuette qu’un pèlerin lui présentait pour qu’il la bénisse… et quand il enseignait à tour de bras : « Récitez le Rosaire et récitez-le tout le temps et autant que vous le pouvez ». Padre Pio est mort, serrant dans ses mains son chapelet, qu’il portait partout comme « une arme » puissante. Cette arme qui le ferait « gagner et obtenir toute chose ! », avait promis la Vierge à celui qui portait sur ses membres les stigmates de son Fils en Croix.

Source : article de Isabelle Cousturié ✝ – publié le 13/10/17mis à jour le 11/05/23 dans Aleteia




St Louis-Marie Grignion de Montfort, Le secret admirable du Très Saint Rosaire – Merveilles obtenues par le Rosaire, 34e rose

34e ROSE (B. Alain, 2e p., c. 17.)

[105] Qui pourrait raconter les victoires que Simon, comte de Montfort, a remportées sur les Albigeois sous la protection de Notre-Dame du Rosaire ? Elles sont si fameuses que le monde n’en a jamais vu de pareilles. Il défit une fois dix mille hérétiques avec cinq cents hommes ; une autre fois, avec trente, il demeura vainqueur de trois mille ; ensuite avec huit cents cavaliers et mille hommes d’infanterie, il tailla en pièces l’armée du roi d’Aragon, composée de cent mille hommes, sans perdre qu’un seul cavalier et huit soldats des siens.

[106] De quels dangers la sainte Vierge a-t-elle délivré Alain de l’Anvallay, chevalier breton, qui combattait pour la foi contre les Albigeois ! Un jour, étant environné de ses ennemis de tous côtés, la sainte Vierge lança contre eux cent cinquante pierres et le délivra de leurs mains.

Un autre jour, son vaisseau ayant fait naufrage et étant près d’abîmer, cette bonne Mère lui fit paraître cent cinquante petites collines par sur lesquelles il aborda en Bretagne. Et en mémoire des miracles que la sainte Vierge avait faits en sa faveur à cause d’un Rosaire qu’il récitait tous les jours, il prépara un couvent à Dinan pour loger les religieux du nouvel Ordre de saint Dominique et, s’étant fait religieux, il mourut saintement à Orléans.

[107] Othère, de même soldat breton de Vaucouleurs, a souvent mis en fuite des compagnies entières d’hérétiques et de voleurs, portant son rosaire au bras et à la garde de son épée. Ses ennemis, après avoir été vaincus, lui ont avoué qu’ils avaient vu son épée toute éclatante et une autre fois un bouclier à son bras, dans lequel Jésus-Christ, la sainte Vierge et les saints étaient dépeints, le rendaient invisible et lui donnaient la force de bien charger.

Une fois, avec dix compagnies, il défit vingt mille hérétiques sans perdre un seul des siens, ce qui toucha tellement le général de l’armée hérétique, qu’il vint trouver Othère, abjura son hérésie et déclara qu’il l’avait vu couvert d’armes de feu dans le combat.

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St Louis-Marie Grignion de Montfort Le secret admirable du Très Saint Rosaire (34) – Merveilles obtenues par le Rosaire, suite – St Louis-Marie Grignion de Montfort

33e ROSE

[101] Saint Dominique prêchant près de Carcassonne le saint Rosaire on lui amena un hérétique albigeois possédé par le démon. Le saint l’exorcisa en présence d’une grande multitude de peuple ; on tient qu’il y avait plus de douze mille hommes à l’entendre. Les démons, qui possédaient ce pauvre misérable, étant obligés de répondre malgré eux aux interrogations que le saint leur faisait, dirent :

1. Qu’ils étaient quinze mille, dans le corps de ce misérable, parce qu’il avait attaqué les quinze mystères du Rosaire ;

2. Que, par le Rosaire qu’il prêchait, il mettait la terreur et l’épouvante dans tout l’enfer, et qu’il était l’homme du monde qu’ils haïssaient davantage à cause des âmes qu’il leur enlevait par la dévotion du Rosaire ;

3. Ils leur révélèrent plusieurs autres particularités.

Saint Dominique, ayant jeté son rosaire au cou du possédé, leur demanda qui, de tous les saints du ciel, ils craignaient davantage et devait être plus aimé et honoré des hommes.

A cette interrogation, ils firent des cris si épouvantables que la plupart des auditeurs, saisis d’effroi, tombèrent par terre. Ensuite, ces malins esprits, pour ne pas répondre, pleurèrent et se lamentèrent d’une manière si pitoyable, si touchante, que plusieurs des assistants en pleurèrent eux-mêmes, par une pitié naturelle. Ils disaient par la bouche du possédé d’un ton de voix lamentable : « Dominique, Dominique, aie pitié de nous, nous te promettons que nous ne te nuirons jamais.

« Toi qui as tant de pitié des pécheurs et misérables, aie pitié de nous, misérables. Hélas, nous souffrons tant, pourquoi prends-tu plaisir à augmenter nos peines ? Contente-toi des peines que nous endurons. Miséricorde ! miséricorde ! miséricorde ! »

[102] Le saint, sans être touché des paroles tendres de ces esprits malheureux, leur répondit qu’il ne cesserait de les tourmenter jusqu’à ce qu’ils eussent répondu à la question. Les démons lui dirent qu’ils y répondraient, mais en secret et à l’oreille, et non pas devant tout le monde. Le saint incite et leur commande de parler et répondre tout haut. Les diables ne voulurent plus dire mot, quelque commandement qu’il leur fit.

Il se mit à genoux et fit cette prière à la sainte Vierge: « 0 excellentissima Virgo Maria, per virtutem psalterii et rosarii tui, compelle hos humani generis hostes questioni meae satisfacere. – O très sainte Vierge Marie, par la vertu du saint Rosaire, ordonnez à ces ennemis du genre humain de répondre à ma question. »

Cette prière étant faite, voilà qu’une flamme ardente sortit des oreilles, des narines et de la bouche du possédé, qui fit trembler tout le monde, mais cependant qui ne fit mal à personne. Alors les diables s’écrièrent : « Dominique, nous te prions, par la passion de Jésus-Christ et par les mérites de sa sainte Mère et de tous les saints, que tu nous permettes de sortir de ce corps sans rien dire ; car les anges, quand tu voudras, te le révèleront. Ne sommes-nous pas des menteurs ? Pourquoi veux-tu nous croire? Ne nous tourmente pas davantage, aie pitié de nous.

«Malheureux que vous êtes, indignes d’être exaucés », dit saint Dominique, qui, se mettant encore à genoux, fit sa prière à la sainte Vierge : « 0 Mater sapientiae dignissima et de cujus salutatione quomodo illa fieri debeat jam edoctus est populus ; pro salute populi circumstantis rogo. Coge hosce tuos adversarios, ut plenam et sinceram veritatem palam hic profiteantur. » O très digne Mère de la Sagesse, je prie pour ce peuple ici présent qui déjà est instruit de la manière de bien dire la Salutation angélique. Forcez vos ennemis à confesser en public la vérité pleine et sincère de ce point. Il n’eut pas plus tôt fini sa prière, qu’il vit la sainte Vierge auprès de lui, entourée d’une grande multitude d’anges, qui, avec une verge d’or qu’elle tenait à la main, frappait le démoniaque en lui disant : « Réponds à mon serviteur Dominique, selon sa demande. » Il faut remarquer que le peuple n’entendait ni ne voyait point la sainte Vierge; il n’y avait que saint Dominique.

[103] Alors les démons commencèrent à s’écrier en disant : [suit ici le long texte en latin, traduit ci-après]

[104] C’est-à-dire en français : « O notre ennemie, ô notre ruine, ô notre confusion, pourquoi êtes-vous venue exprès du ciel pour nous tourmenter si fort ? Faut-il que, malgré nous, ô avocate des pécheurs qui les retirez des enfers, ô chemin très assuré du paradis, nous soyons obligés de dire toute la vérité ? Faut-il que nous confessions devant tout le monde ce qui sera la cause de notre confusion et de notre ruine ? Malheur à nous, malheur à nos princes de ténèbres. Écoutez donc, chrétiens. Cette Mère de Jésus-Christ est toute puissante pour empêcher que ses serviteurs ne tombent en enfer ; c’est elle qui, comme un soleil, dissipe les ténèbres de nos machines et finesses ; c’est elle qui évente nos mines, qui rompt nos pièges et rend toutes nos tentations inutiles et sans effet. Nous sommes contraints d’avouer qu’aucun de ceux qui persévèrent dans son service n’est damné avec nous. Un seul de ses soupirs, qu’elle offre à la Sainte-Trinité, surpasse toutes les prières, les vœux et les désirs de tous les saints. Nous la craignons plus que tous les bienheureux ensemble et nous ne pouvons rien contre ses fidèles serviteurs.

Plusieurs chrétiens mêmes qui l’invoquent à la mort, et qui devraient selon nos lois ordinaires être damnés, sont sauvés par son intercession. Ah! si cette Mariette (c’est ainsi que leur rage la faisait appeler) ne s’était opposée à nos desseins et à nos efforts, nous aurions depuis longtemps renversé et détruit l’Église et fait tomber tous ses ordres dans l’erreur et l’infidélité. Nous protestons de plus, par la violence qu’on nous fait, qu’aucun de ceux qui persévèrent à dire le Rosaire n’est damné ; car elle obtient à ses dévots serviteurs une vraie contrition de leurs péchés par laquelle ils en obtiennent le pardon et l’indulgence. »

Alors saint Dominique fit réciter le Rosaire à tout le peuple, fort lentement et dévotement, et, à chaque Ave Maria que le saint et le peuple récitaient (chose étonnante), il sortait du corps de ce malheureux une grande multitude de démons, en forme de charbons ardents. Les démons étant tous sortis et l’hérétique fut tout à fait délivré, la sainte Vierge donna, quoique invisiblement, sa bénédiction à tout le peuple, qui en ressentit une joie très sensible. Ce miracle fut cause qu’un grand nombre- d’hérétiques se convertirent et se mirent de la confrérie du saint Rosaire.




St Louis-Marie Grignion de Montfort Le secret admirable du Très Saint Rosaire (33) – Merveilles obtenues par le Rosaire – St Louis-Marie Grignion de Montfort

32e ROSE (B. Alain, c. 53.)

[100] Saint Dominique avait un cousin nommé dom Perez ou Pedro, qui menait une vie fort dissolue. Ayant entendu que le saint prêchait les merveilles du Rosai1’e et que plusieurs se convertissaient et changeaient de vie par ce moyen, il dit : « j’avais perdu l’espérance de mon salut, mais je commence à prendre courage, il faut que j’entende cet homme de Dieu. » Il vint donc un jour au sermon de saint Dominique. Quant le saint le vit, il redoubla sa ferveur à tonner contre les vices, et il pria Dieu dans son cœur d’ouvrir les yeux de son cousin pour connaître l’état misérable de son âme.

Dom Perez fut d’abord un peu effrayé ; mais il ne résolut pas de se convertir ; il retourna une autre fois au sermon et le saint, voyant que ce cœur endurci ne se convertirait pas sans quelque coup extraordinaire, il cria tout haut : « Seigneur Jésus, faites voir à toute cette audience l’état où est celui qui vient d’entrer en votre maison. »

Alors tout le peuple vit dom Perez environné d’une troupe de diables en forme de bêtes horribles qui le tenaient lié avec des chaînes de fer. Chacun s’enfuit tout effrayé, qui de-çà, qui de-là, et lui fut encore plus épouvanté de se voir l’objet de l’horreur de tout le monde. Saint Dominique les fit tous arrêter et dit à ce seigneur : « Connaissez, malheureux, l’état déplorable où vous êtes ; jetez-vous aux pieds de la sainte Vierge. » Il lui envoya un rosaire. « Prenez ce rosaire, récitez-le avec dévotion et repentance de vos péchés et faites résolution de changer de vie. »

Il se mit à genoux, récita le Rosaire ; il se sentit inspiré de se confesser, ce qu’il fit avec une grande contrition. Le saint lui ordonna de dire tous les jours le saint Rosaire ; il promit de le faire ; il écrivit lui-même son nom dans la confrérie. Son visage, qui auparavant avait effrayé tout le monde, parut, sortant de l’église, brillant comme celui d’un ange. Il persévéra dans la dévotion du Rosaire, mena une vie fort réglée et mourut heureusement.

 

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Saint Maximilien Kolbe : « Nous voudrions être possédés par l’Immaculée »

« Il faut d’abord se soumettre à l’Immaculée Conception pour qu’elle agisse en nous et par nous dans les autres. Approchons-nous d’elle, imitons ses vertus, pour mériter de la contempler pendant toute l’Eternité.

Mais nous voudrions être possédés par Elle afin qu’elle-même pense, parle et agisse par notre entremise. Nous voudrions appartenir tellement à l’Immaculée qu’il ne reste rien en nous qui ne soit pas elle, afin que nous soyons comme anéantis en Elle, que nous soyons « transsubstantié » en Elle, qu’il ne reste plus qu’Elle. Que nous soyons à Elle, comme Elle est à Dieu. »

30-01-1938, Conf. et 12-04-1933, lettre au P. Antoine Vivoda.




St Louis-Marie Grignion de Montfort Le secret admirable du Très Saint Rosaire (32) – Merveilles obtenues par le Rosaire – St Louis-Marie Grignion de Montfort

QUATRIÈME DIZAINE

L’excellence du saint Rosaire dans les merveilles que Dieu a opérées en sa faveur.

 

31e ROSE

[98] Saint Dominique étant allé visiter sainte Blanche, reine de France, qui, depuis 12 ans qu’elle était mariée, n’avait point eu d’enfants, et donc elle était fort affligée, lui conseilla de dire son Rosaire tous les jours, pour obtenir cette grâce du ciel, ce qu’elle fit, et elle accoucha, l’an 1213, de son aîné qui fut appelé Philippe. Mais la mort l’ayant ravi en son berceau, la dévote reine eut plus que jamais recours à la sainte Vierge et elle fit distribuer quantité de Rosaires à toute la cour et dans plusieurs villes du Royaume, afin que Dieu la comblât d’une entière bénédiction. Ce qui arriva ainsi, car l’an 1215 saint Louis vint au monde, la gloire de la France et le modèle des rois chrétiens.

[99] Alphonse huitième, roi d’Aragon et de Castille, fut, à cause de ses péchés, châtié de Dieu en plusieurs manières et il fut contraint de se retirer dans une ville de l’un de ses alliés. Saint Dominique, se rencontrant en cette même ville le jour de Noël, y prêcha à son ordinaire le Rosaire et les grâces que l’on obtient de Dieu par cette dévotion et dit, entre autres choses, que ceux qui le réciteraient dévotement obtiendraient la victoire de leurs ennemis et recouvreraient tout ce qu’ils avaient perdu.

Le roi remarque bien ces paroles, envoie quérir saint Dominique et lui demande si ce qu’il avait prêché du saint Rosaire était véritable. Le saint répondit qu’il n’en fallait point douter et lui promit que s’il voulait pratiquer cette dévotion et s’enrôler en la confrérie, il en verrait les effets. Le roi se résolut de réciter tous les jours le Rosaire, et il continue pendant un an, et le même jour de Noël, ayant récité son Rosaire, la Sainte Vierge lui apparut et lui dit : « Alphonse, il y a un an que tu me sers dévotement par mon Rosaire, je viens tu récompenser.  Sache que j’ai obtenu de mon Fils le pardon de tous tes péchés ; voilà un rosaire que je te donne ; porte-le sur toi, et jamais aucun de tes ennemis ne te pourra nuire. »

Elle disparut et laissa le roi fort consolé ; il s’en retourna, tenant ce rosaire à la main et, abordant la reine, il lui raconta tout joyeux la faveur qu’il venait de recevoir de la sainte Vierge; il lui toucha les yeux de ce rosaire, elle recouvra la vue qu’elle avait perdue.

Quelque temps après, le roi, ayant ramassé quelques troupes, avec l’aide de ses alliés, attaqua hardiment ses ennemis, les obligea de rendre ses terres, de réparer ses dommages, les chassa entièrement et devint si heureux en guerre que de tous côtés il lui venait des soldats pour combattre sous ses enseignes, parce que les victoires semblaient suivre partout ses batailles. Il ne s’en faut pas étonner, car il ne livrait jamais de combats qu’après avoir récité son Rosaire à genoux ; il faisait recevoir dans la confrérie du saint Rosaire toute sa cour et il obligeait ses officiers et domestiques d’y être dévots. La reine s’y engagea aussi, et tous deux persévèrent au service de la sainte Vierge et vécurent en grande piété.

Illustration : La reine Blanche de Castille et son fils Saint Louis

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