Saint Bonaventure : « Quelle Mère aimante nous avons ! »

« Une femme peut-elle oublier son nourrisson et être sans pitié pour le fruit de ses entrailles ? (Is 49.15). Ceci peut nous faire comprendre que le peuple chrétien tout entier est issu des entrailles de la glorieuse Vierge. Quelle Mère aimante nous avons ! Modelons-nous sur notre Mère et suivons-la dans son amour. »

Saint Bonaventure (1221-1274) « Les sept dons du Saint-Esprit », conférence VI, 15-21) (trad. Orval).




Les saints du Carmel : Sainte Elisabeth de la Trinité

O mon Dieu, Trinité que j’adore !

Dans l’histoire de l’Eglise, cette prière d’Elisabeth de la Trinité est unique ! Et c’est pourquoi nous allons la méditer sur plusieurs semaines pour l’approcher, l’approfondir et la contempler. Toujours mieux découvrir qui est Dieu est l’unique sens de nos vies… Et, en ce sens, Elisabeth nous pose la seule question qui doit traverser nos cœurs :

« Comprendrons-nous jamais combien nous sommes aimés[1] ? »

Et elle ne tarde pas à répondre et à témoigner en regardant éperdument le Christ :

« Il t’aime aujourd’hui comme Il t’aimait hier, comme Il t’aimera demain !… Celui qui nous aime d’un amour que nous ne pourrons jamais comprendre[2] ! » Car Elisabeth l’affirme : « L’âme du Christ me livre tous les secrets du Père[3] ! »

Et la jeune Carmélite peut conclure : « Le Ciel, il est en nous, et l’Esprit Saint Lui-même veut le renouveler en l’ardeur de ses feux[4] ! »

Et ainsi, Elisabeth nous découvre ici le secret central de la vie chrétienne et, à partir de cette grande Révélation, elle entrevoit sa mission future :

« Il me semble que j’ai trouvé mon Ciel sur la terre puisque le Ciel, c’est Dieu, et Dieu, c’est mon âme. Le jour où j’ai compris cela, tout s’est illuminé en moi et je voudrais dire ce secret tout bas à ceux que j’aime[5]… »

Dans l‘Evangile, le Seigneur a demandé à tous ses disciples la vigilance de la prière continuelle : « Veillez et priez en tout temps ! » (Lc 21,36). Vers la fin de sa vie, Elisabeth a découvert qu’elle aurait au Ciel une grande mission pour notre époque prisonnière du matérialisme et de l’éphémère: être Prophète de la Présence de Dieu pour nous attirer à cette intimité avec Lui dans le Ciel de notre âme :

« Il me semble qu’au Ciel, ma mission sera d’attirer les âmes en les aidant à sortir d’elles pour adhérer à Dieu dans un mouvement tout simple et tout amoureux, et de les garder en ce grand silence du dedans qui permet à Dieu de s’imprimer en elles, de les transformer en Lui-même…

Il me semble que maintenant, je vois toutes choses à la lumière du bon Dieu, et si je recommençais ma vie, oh, comme je voudrais ne plus perdre un instant !… Mon Maître me presse, Il ne me parle plus que de l’éternité d’amour. C’est si grave, si sérieux ; je voudrais vivre chaque minute pleine[6]… »

                                                                                      +Marie-Mickaël

 

La Prière à la Trinité       

« O mon Dieu, Trinité que j’adore ! »

 

Méditons cette semaine la prière en entier d’Elisabeth de la Trinité que nous commenterons ensuite en quatre parties distinctes pour l’approcher en profondeur…

    « O mon Dieu, Trinité que j’adore, aidez-moi à m’oublier entièrement pour m’établir en vous,  immobile et paisible comme si déjà mon âme était dans l’éternité…

       Que rien ne puisse troubler ma paix, ni me faire sortir de vous, ô mon Immuable, mais que chaque minute m’emporte plus loin dans la profondeur de votre Mystère. Pacifiez mon âme, faites-en votre ciel, votre demeure aimée et le lieu de votre repos. Que je ne vous y laisse jamais seul, mais que je sois là toute entière, toute éveillée en ma foi, toute adorante, toute livrée à votre Action créatrice…

       O mon Christ aimé, crucifié par amour, je voudrais être une épouse pour votre Cœur, je voudrais vous couvrir de gloire, je voudrais vous aimer… jusqu’à en mourir ! Mais je sens mon impuissance et je vous demande de me « revêtir de vous-même », d’identifier mon âme à tous les mouvements de votre âme, de me submerger, de m’envahir, de vous substituer à moi, afin que ma vie ne soit plus qu’un rayonnement de votre Vie !

        Venez en moi comme Adorateur, comme Réparateur et comme Sauveur. O Verbe éternel, Parole de mon Dieu, je veux passer ma vie à vous écouter, je veux me faire toute enseignable, afin d’apprendre tout de vous. Puis, à travers toutes les nuits, tous les vides, toutes les impuissances, je veux vous fixer toujours et demeurer sous votre grande lumière… Ô mon Astre aimé, fascinez-moi pour que je puisse plus sortir de votre rayonnement…

         O Feu consumant, Esprit d’amour, « survenez en moi », afin qu’il se fasse en mon âme comme une incarnation du Verbe : que je Lui sois une humanité de surcroît en laquelle Il renouvelle tout son Mystère !

         Et vous, ô Père, penchez-vous vers votre pauvre petite créature, « couvrez-la de votre ombre », ne voyez en elle que le « Bien-Aimé en lequel vous avez mis toutes vos complaisances… »

         O mes Trois, mon Tout, ma Béatitude, Solitude infinie, Immensité où je me perds, je me livre à vous comme une proie. Ensevelissez-vous en moi pour que je m’ensevelisse en vous, en attendant d’aller contempler en votre lumière l’abîme de vos grandeurs ! »

                                                                                         21 novembre 1904

[1] Lettre 296.

[2] Lettre 298 et 142.

[3] Note intime 12.

[4] Poésie 89.

[5] Lettre 122.

[6] Lettre 335.




« Si vous désirez être sauvé facilement, vénérez la Vierge » St Charbel

La vie de saint Charbel Makhlouf ne peut être comprise indépendamment de son amour pour la Vierge Marie. Dès son enfance à Baakafra, au Liban, la dévotion à la Mère de Dieu était profondément ancrée dans son âme.

Enfant, Youssef Antoun (le futur Frère Charbel) priait avec sa mère à l’église du village. Elle lui disait : « Celui qui vénère la Vierge ne peut pas se perdre ». Ces premières leçons ont façonné les fondements de sa spiritualité et l’ont accompagné tout au long de son sacerdoce et de sa vie monastique. Plus tard, lorsque les villageois lui rendirent visite pour lui demander conseil pour le salut de leurs âmes, la réponse de Charbel fut étonnamment directe et pleine de foi :

« Si vous désirez être sauvé facilement, vénérez la Vierge. Elle peut sauver ceux qui la vénèrent. »

Tout au long de sa vie d’ermite, Charbel invoqua Marie avec une confiance inébranlable. Dans la solitude de sa cellule, il confiait chaque difficulté, chaque souffrance et chaque prière à son intercession maternelle. Des témoins de ses dernières heures se souviennent qu’il répéta le nom de la Vierge avec une foi ardente jusqu’à son dernier souffle.

Sa dévotion à Marie était non seulement personnelle, mais aussi universelle. Il voyait en elle la « Mère de Lumière », capable de guider le monde dans ses épreuves et d’entourer chaque âme de sa protection maternelle.

En 1993, lorsque saint Charbel est apparu à Nohad El-Shami et l’a guérie de sa paralysie, ce n’était qu’un début. Il a continué à lui apparaître à de nombreuses reprises par la suite, lui prodiguant des conseils et lui rappelant l’importance de la prière. Lors de l’une de ces apparitions, il lui a demandé de réciter le Rosaire, cette même prière qu’il aimait tant.

Pour saint Charbel, Marie était la Mère de Lumière, la protectrice des âmes et le guide le plus sûr vers le Christ. Son message est constant, dans la vie comme après la mort : se tourner vers Marie, s’accrocher au Rosaire et avoir confiance en son intercession.

saintcharbelshop.com




St Bernard : « Tâchez d’imiter cette vertu, imitez sa modestie »

C’est justice donc que, du dernier rang, soit placée au premier celle qui, première de tous, se faisait la dernière ; c’est justice que soit devenue souveraine de tous celle qui se montrait la servante de tous ; c’est justice enfin qu’ait été exaltée au-dessus des anges celle qu’une ineffable bonté abaissait au-dessous des veuves et des repenties, au-dessous de celle dont sept démons avaient été expulsés.

Je vous en supplie, mes petits-enfants, si vous avez un peu d’amour pour Marie, si vous cherchez à lui plaire, tâchez d’imiter cette vertu, imitez sa modestie. Rien du reste ne convient mieux à un homme, rien n’est plus recommandé à un Chrétien, rien surtout ne sied tant à un moine.

Saint Bernard de Clairvaux (1090-1153), Docteur de l’Église

Extrait du Sermon des douze étoiles




St Maximilien Kolbe : Si tu ne sais pas ou ne peux pas, recours à l’Immaculée…

« Nous devons être comme une plume dans la main de l’Immaculée… Si Elle met de côté sa plume, attendons humblement. Si elle veut écrire, soyons obéissants à chaque mouvement qu’Elle fait avec cette plume. Soyons son instrument… Elle peut le mieux réaliser la gloire de Dieu… tout dépend de notre parfaite docilité à son égard.  Si tu ne sais pas ou ne peux pas, recours à l’Immaculée, ta Souveraine et ta Maman. »

St Maximilien-Marie Kolbe




St Maximilien Kolbe : il faut que ce soit l’Immaculée qui fasse tout…

« Plus nous serons avec Elle, plus nous serons Elle et avec Dieu même. Alors notre volonté, nos actions, notre comportement ne seront plus à nous, mais à Elle et donc à Dieu, puisque l’Immaculée est étroitement unie à Dieu et ce qui est à Elle, du fait même, est à Dieu. S’approcher d’Elle, être à Elle. La forme la plus parfaite de notre rapprochement, c’est la consécration totale. Arrêtons-nous pour voir si nous sommes pleinement donnés à Elle, si nous ne trouvons pas en nous quelque chose – même la plus petite – qui ne soit pas à Elle… Supplions-la pour qu’Elle et Elle seule oriente notre cœur. Il faut se dépouiller complètement de soi, ne rien garder pour soi, absolument rien : il faut que ce soit Elle qui fasse tout. »

St Maximilien-Marie Kolbe




St Alphonse-Marie de Liguori : Marie, mon unique espérance

« Mère du saint amour de notre vie, notre refuge, notre espérance, vous savez que votre fils Jésus-Christ ne s’est pas contenté de se faire notre perpétuel avocat auprès du Père éternel. Il a voulu encore que votre rôle à vous soit d’implorer la Miséricorde divine. Vos prières, il les a voulues utiles à notre salut. Il leur a conféré une telle puissance qu’elles obtiennent tout ce qu’elles demandent. Moi qui suis un pauvre pécheur, je me tourne donc vers vous, espérance des malheureux. Notre-Dame, par les mérites de Jésus-Christ joints à votre intercession, j’espère me sauver. J’ai confiance, si grande confiance que si mon salut éternel était entre mes mains, je le remettrai simplement entre les vôtres. J’attache plus de prix à votre pitié et à votre protection qu’à toutes mes bonnes œuvres. Ma Mère, mon espérance, même si je le mérite, ne m’abandonnez pas ! Regardez ma misère, ayez pitié, sauvez-moi, aidez-moi. Je l’avoue, par mes péchés, tant de fois j’ai fermé la porte à la lumière et au secours que vous m’aviez obtenu du Seigneur. Mais votre pitié pour les malheureux et votre puissance auprès de Dieu surpassent le nombre et la malice de mes fautes. Le ciel et la terre savent que votre protégé ne peut se perdre. Que tous m’oublient, mère du Dieu Tout-Puissant, pourvu que vous vous souveniez de moi ! Dites à Dieu que je suis vôtre, que je suis vôtre, que je suis votre protégé, et je serai sauvé. Marie, j’espère en vous ; c’est cette espérance qui me fait vivre, c’est en elle que je souhaite et veux mourir. Je répèterai sans fin : Jésus, mon unique espérance, Vierge Marie, après lui, mon unique espérance. »

St Alphonse-Marie de Liguori, « Les gloires de Marie »

 




Saint Jean de la Croix : La Mère de Dieu est à moi

« Les cieux sont à moi et la terre est à moi. A moi les nations, à moi les justes, à moi les pécheurs. Les anges sont à moi et la Mère de Dieu est à moi. Tout est à moi. Dieu est à moi et tout entier pour moi, puisque le Christ est à moi et tout entier pour moi. Après cela, que demandes-tu et que cherches-tu, mon âme ? Tout est à toi et entièrement pour toi. Sois fière et ne t’arrête pas aux miettes qui tombent de la table de ton Père. »

St Jean de la Croix (Paroles d’amour n° 26, OC ed. Cerf 1990, p. 273).




Les Saints du Carmel : Sainte Elisabeth de la Trinité

Elisabeth est un visage inoubliable : sa beauté rayonnante, son charme humain, son amour de la vie et cet amour fou du Christ qui l’emportera au cœur du mystère de la Sainte Trinité… « blessée par l’Infini », elle nous interpelle en témoignant que la vraie vie d’en-Haut résonne aujourd’hui dans le silence : « N’entends-tu pas déjà le grand silence, l’hymne d’amour qui se chante là-haut ?… Celui des cœurs blessés par l’Infini ! » (Poésie 85). Laissons donc résonner en nos cœurs sa méditation sur la Vierge, qu’elle aimant tant voir comme la « Janua coeli » : la « Porte du Ciel » !

 

                                               « Je me réjouis de sa beauté ! »

      « Nul n’a vu le Père, nous dit Saint Jean, si ce n’est le Fils et ceux auxquels Il a plu au Fils de le révéler ! » (Jn 1,18 / Mt 11,27). Il me semble que l’on peut dire aussi : « Nul n’a pénétré le mystère du Christ en sa profondeur, si ce n’est la Vierge ! » Jean et Madeleine ont lu bien loin dans ce mystère, Saint Paul parle souvent de « l’intelligence qui lui en a été donnée » (Ep 3,3-4), et pourtant, come tous les Saints restent dans l’ombre quand on regarde aux clartés de la Vierge !

         Elle, c’est l’inénarrable, c’est le « secret qu’elle gardait et repassait dans son cœur » (Lc 2,19) et que nulle langue n’a pu révéler, nulle plume n’a pu traduire ! Cette Mère de grâce va former mon âme afin que sa petite enfant soit une image vivante, « saisissante », de son premier-né (Lc 2,7), le Fils de l’Eternel…

        Après Jésus-Christ, sans doute à la distance qu’il y a de l’Infini au fini, il est une créature qui fut aussi la grande louange de la gloire de la Sainte Trinité. Elle répondit pleinement à l’élection divine, dont parle l’Apôtre : elle fut toujours « pure, immaculée, irrépréhensible » (Col 1,22) aux yeux du Dieu trois fois saint. Son âme est si simple. Les mouvements en sont si profonds que l’on ne peut les surprendre. Elle semble reproduire sur la terre cette vie qui est celle de l’Être divin, l’Être simple. Aussi, elle est si transparente, si lumineuse qu’on la prendrait pour la lumière, pourtant elle n’est que le « miroir » du Soleil de justice : Spéculum justitiae !…

       A chaque fête de Marie, je renouvelle ma consécration à cette bonne Mère. Aujourd’hui donc, je me suis confiée à elle, et de nouveau je me suis jetée dans ses bras. Avec la plus entière confiance, je lui ai recommandé mon avenir, ma vocation…

      Oh ! jamais je ne l’ai tant aimée ! Je pleure de joie en pensant que cette créature toute sereine, toute lumineuse est ma Mère et je me réjouis de sa beauté comme un enfant qui aime sa Mère ; j’ai un mouvement très fort vers elle, je l’ai établie Reine et Gardienne de mon ciel et du tien… »

 

                                              Sainte Elisabeth de la Trinité (1880-1906).

                                         Dernière retraite 2 / 40 / Journal 2 / Lettre 298




Ste Elisabeth de la Trinité : Je pleure de joie en pensant qu’Elle est ma mère…

« Oh ! Jamais je ne l’ai tant aimée ! Je pleure de joie en pensant que cette Créature toute sereine, toute lumineuse est ma Mère et je me réjouis de sa beauté comme un enfant qui aime sa Mère ; j’ai un mouvement très fort vers elle, je l’ai établie Reine et Gardienne de mon ciel… »

Sainte Elisabeth de la Trinité, Lettre 298.