Derrière le Rosaire et le Crucifix, ils marchent au martyre

Il y a quelques années, dans un village du Tonkin, vingt-cinq néophytes furent arrêtés. Avant qu’on les conduisit au lieu du supplice, le chef de la Chrétienté demanda et obtint pour tous la faveur de faire une dernière visite à la chapelle où ils se réunissaient pour réciter le chapelet. Là, ils se prosternèrent pour prier; mais au bout de quelques instants, les bourreaux les obligèrent à marcher. « Laissez-moi prendre le Christ qui est sur l’autel, s’écria le chef des Chrétiens, je le porterai jusqu’au lieu du supplice, sa vue nous aidera à mourir en vrais disciples de notre adorable Maître. »

Les persécuteurs le lui permirent. Il ouvrit donc la marche portant bien haut l’image du divin Crucifié, afin que ses compagnons puissent la voir parfaitement, et puiser dans cette vue le noble courage qui devait les animer jusqu’au moment du sacrifice. Les Chrétiens suivaient, les yeux attachés sur leur modèle. Ils récitaient le chapelet avec une ferveur  inexprimable. Ils parcoururent ainsi leur voie si pénible, en méditant les mystères douloureux du Rosaire, et en considérant la gloire de Jésus et de Marie, dont ils allaient bientôt contempler la beauté. Ils ne cessèrent de prier et de méditer qu’en cessant de vivre; et les Anges qui vinrent recueillir leurs âmes transfigurées par l’éclat du martyre, emportèrent dans le ciel les roses empourprées que le Rosaire avait fait éclore sur leurs lèvres.

Nous voyons ici le Rosaire et le Crucifix unis ensemble, pour donner à nos martyrs la foi, l’espérance et le courage de sacrifier leur vie à la gloire de Jésus-Christ. C’est qu’en effet le Rosaire, comme le Crucifix, est un livre mystérieux qui nous apprend à croire, espérer et aimer.




Je pleure de joie en pensant que cette Créature est ma Mère !

« Oh ! jamais je ne l’ai tant aimée ! Je pleure de joie en pensant que cette Créature toute sereine, toute lumineuse est ma Mère et je me réjouis de sa beauté comme un enfant qui aime sa mère ; j’ai un mouvement très fort vers elle, je l’ai établie Reine et Gardienne de mon ciel. »

Sainte Elisabeth de la Trinité (fête le 8 novembre), à propos de la Vierge Marie




Le Christ vaincra par Marie…

« Le Christ vaincra par Marie. Il veut qu’elle soit associée aux victoires de l’Église, dans le monde d’aujourd’hui et dans celui de demain. »

Saint Jean-Paul II (Extrait de « Entrez dans l’espérance)




Celui qui répand le Rosaire est sauvé…

« Si tu cherches le salut, répands le Rosaire. Celui qui répand le Rosaire est sauvé. »

Parole intérieure entendue par Saint Bartolo Longo au moment de sa conversion

Illustration : le tableau du sanctuaire de Notre-Dame du Rosaire de Pompei, pour lequel Bartolo Longo œuvra toute sa vie.




Les lumières de l’Hostie et les flammes du Cœur de Jésus passent par le Cœur immaculé de Marie

La Bienheureuse Dina Bélanger raconte : « Notre-Seigneur, Homme-Dieu, me fit voir son Cœur adorable dans l’Hostie sainte. Je ne regardai pas son Visage sacré, mais son Cœur et l’Hostie me captivaient.

Les deux, son Cœur et l’Hostie, étaient parfaitement unis, tellement l’un dans l’autre que je ne puis pas expliquer comment il m’était possible de les distinguer l’un de l’autre.

De l’Hostie, émanait une immensité de rayons de lumière. De son Cœur, jaillissait une immensité de flammes, lesquelles s’échappaient comme en torrents pressés. La Très Sainte Vierge était là, si près de Notre-Seigneur qu’elle était comme absorbée par lui et, pourtant, je la voyais distinctement de lui. Oh ! Qu’elle était pure !

Toutes les lumières de l’Hostie et toutes les flammes du Cœur de Jésus passaient par le Cœur immaculé de la Très Sainte Vierge.

Notre-Seigneur me dit : “Oui, faites-moi régner par Jésus-Marie”. À cette vue, à ces paroles, toujours intérieurement, à genoux, je tombai prosternée, comme anéantie d’amour en présence de mon Dieu, et avec un accent de supplication que je ne connaissais pas, je dis : “ô Cœur Eucharistique de Jésus, je t’en supplie, par Notre-Dame du Cœur Eucharistique, règne dans toutes les âmes comme tu le veux.” »

Bienheureuse Dina Bélanger (1898-1929)

Religieuse, pianiste et musicienne canadienne membre de la congrégation des Religieuses de Jésus-Marie. Québec




Mon Coeur Immaculé sera ton refuge…

« Ma fille, je ne t’abandonnerai jamais ! Mon Cœur Immaculé sera ton refuge et le chemin qui te conduira jusqu’à Dieu. »

La Sainte Vierge à Lucie
Fatima 13 juin 1917




St Pie X : la puissance du chapelet

« Donnez-moi une armée qui récite le chapelet et je ferais la conquête du monde ».

Saint Pie X (pape de 1903 à 1914) 

 

Illustration : la Bataille de Lépante (sous St Pie V qui institua à la suite de la victoire la fête de Notre-Dame du Rosaire)




Cardinal Ratzinger : le secret de Fatima

Voici un extrait du commentaire théologique du cardinal Ratzinger, avant qu’il ne soit élu pape et alors qu’il était le Préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi :

« Que signifie dans son ensemble (dans ses trois parties) le “secret” de Fatima ? Que nous dit-il à nous ? Avant tout, nous devons affirmer avec le Cardinal Sodano : “Dans la mesure où des événements particuliers sont représentés, ils appartiennent désormais au passé (1).

Ceux qui attendaient des révélations apocalyptiques excitantes sur la fin du monde et sur le cours futur de l’histoire seront déçus. Fatima n’offre pas de telles satisfactions à notre curiosité, comme du reste en général la foi chrétienne ne veut pas et ne peut pas être une pâture pour notre curiosité. Ce qui reste, nous l’avons vu dès le début de notre réflexion sur le texte du “secret” : l’exhortation à la prière comme chemin pour le “salut des âmes” et, dans le même sens, l’appel à la pénitence et à la conversion.

Je voudrais enfin reprendre encore une autre parole-clé du secret devenue célèbre à juste titre : “Mon Cœur immaculé triomphera”. Qu’est-ce que cela signifie ? Le cœur ouvert à Dieu, purifié par la contemplation de Dieu, est plus fort que les fusils et que les armes de toute sorte. Le fiat de Marie, la parole de son cœur, a changé l’histoire du monde, parce qu’elle a introduit le Sauveur dans le monde – car, grâce à son “oui”, Dieu pouvait devenir homme dans notre monde et désormais demeurer ainsi pour toujours.

Le Malin a du pouvoir sur ce monde, nous le voyons et nous en faisons continuellement l’expérience ; il a du pouvoir parce que notre liberté se laisse continuellement détourner de Dieu. Mais, depuis que Dieu lui-même a un cœur d’homme et a de ce fait tourné la liberté de l’homme vers le bien, vers Dieu, la liberté pour le mal n’a plus le dernier mot. Depuis lors, s’imposent les paroles : “Dans le monde, vous trouverez la détresse, mais ayez confiance ; moi je suis vainqueur du monde” (Jn 16, 33). Le message de Fatima nous invite à nous fier à cette promesse. »

Joseph Card. Ratzinger Préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi Extrait de son Commentaire théologique du Secret de Fatima

www.vatican.va




Ste Thérèse de Lisieux : comme la plus tendre des mères…

«La Sainte Vierge ne manque jamais de me protéger dès que je l’invoque. S’il me survient une inquiétude, un embarras, bien vite, je me tourne vers elle et toujours comme la plus tendre des mères, elle se charge de mes intérêts. Que de fois en parlant aux novices, il m’est arrivé de l’invoquer et de ressentir les bienfaits de sa maternelle protection ».

Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus




Les Papes et le Rosaire

On s’en souvient : le pape Jean Paul II – qui a ajouté les mystères lumineux à la récitation du Rosaire – avait l’habitude de dire son chapelet chaque jour dans les jardins du Vatican. Le père O’Sullivan montre ici combien cette dévotion mariale est une constante de la prière des Papes :

Depuis le temps de St Dominique (†1221), d’innombrables pontifes ont publié décrets, rescrits, lettres et approbations de toutes sortes, rédigés en des termes des plus éloquents et impressionnants en faveur du Rosaire. Voici quelques-uns de ces panégyriques :

« Les peuples chrétiens obtiennent chaque jour par le moyen du Rosaire d’immenses bienfaits. » (Urbain IV, †1264)

« Le Rosaire nous a été spécialement donné pour servir de protection contre les grands dangers et les grands maux qui menacent le monde. » (Léon X, †1521)

« Avec le Rosaire, nous chassons loin de nous le diable. » (Adrien VI, †1523)

« Par le Rosaire, St Dominique apaisa la colère de Dieu contre la France et l’Italie. » (Paul II, †1471)

La confiance que Boniface VIII (†1303) plaçait dans le Rosaire était à ce point illimitée qu’il demanda à être enterré avec des vêtements pontificaux ornés des Mystères du Rosaire. Cet acte de confiance filiale plut tant à Dieu que son corps fut retrouvé intact après 300 ans.

Clément VIII (†1394) fut l’auteur de pas moins de 19 bulles en faveur du Rosaire. Lorsqu’il fut élu pape et qu’il dut échanger la robe cardinalice pour le vêtement papal, on le vit fouiller soigneusement ses poches pour trouver son Rosaire.

R. P. Paul O’Sullivan, o.p. (E.D.M.)

Le Secret de la Prière, Comment être heureux, Comment être saint, Ed. do Corso Santo, Lisbonne, Portugal, 1943, Chapitre 13, p. 76.