Le secret de Marie, Saint Louis-Marie Grignion de Montfort, n°45-46

[45] 1° La pratique essentielle de cette dévotion consiste à faire toutes ses actions avec Marie, c’est‑à‑dire à prendre la Sainte Vierge pour le modèle accompli de tout ce qu’on doit faire.

[46] C’est pourquoi, avant d’entreprendre quelque chose, il faut renoncer à soi‑même et à ses meilleures vues, il faut s’anéantir devant Dieu, comme de soi incapable de tout bien surnaturel et de toute action utile au salut ; il faut recourir à la très Sainte Vierge, et s’unir à elle et à ses intentions, quoique inconnues ; il faut s’unir par Marie aux intentions de Jésus‑Christ c’est‑à‑dire se mettre comme un instrument entre les mains de la très Sainte Vierge, afin qu’elle agisse en nous, de nous et pour nous, comme bon lui semblera, à la plus [grande] gloire de son Fils, et par son Fils, Jésus à la gloire du Père ; en sorte qu’on ne prenne de vie intérieure et d’opération spirituelle que dépendamment d’elle…

A suivre…

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« Marie est la mère de la restitution de tout » Saint Anselme

Dieu est le Père des choses créées ; Marie est la Mère des choses recréées…

Dieu est le Père de la Constitution de tout, Marie est la mère de la restitution de tout. Car Dieu a engendré celui par qui tout fut créé ; et Marie a enfanté celui par qui tout fut sauvé….

O bienheureuse confiance ! O sûr refuge ! La Mère de Dieu est notre Mère. »

 

Saint Anselme, docteur de l’Église




Le secret de Marie, Saint Louis-Marie Grignion de Montfort, n°43-44

[43] J’ai dit ensuite que cette dévotion consistait à faire toutes choses avec Marie, en Marie, par Marie et pour Marie.

[44] Ce n’est pas assez de s’être donné une fois à Marie, en qualité d’esclave; ce n’est pas même assez de le faire tous les mois, et toutes les semaines: ce serait une dévotion trop passagère, et elle n’élèverait pas l’âme à la perfection où elle est capable de l’élever. Il n’y a pas beaucoup de difficulté à s’enrôler dans une confrérie, à embrasser cette dévotion et à dire quelques prières vocales tous les jours, comme elle prescrit; mais la grande difficulté est d’entrer dans l’esprit de cette dévotion qui est de rendre une âme intérieurement dépendante et esclave de la très Sainte Vierge et de Jésus par elle.

J’ai trouvé beaucoup de personnes, qui, avec une ardeur admirable, se sont mises sous leur saint esclavage, à l’extérieur; mais j’en ai bien rarement trouvé qui en aient pris l’esprit et encore moins qui y aient persévéré.

A suivre…

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L’Eucharistie nous conduit au Magnificat

Dans l’Eucharistie, l’Église s’unit pleinement au Christ et à son sacrifice, faisant sien l’esprit de Marie. C’est une vérité que l’on peut approfondir en relisant le Magnificat dans une perspective eucharistique.

En effet, comme le cantique de Marie, l’Eucharistie est avant tout une louange et une action de grâce. Quand Marie s’exclame : « Mon âme exalte le Seigneur et mon esprit exulte en Dieu mon Sauveur », Jésus est présent en son sein. Elle loue le Père « pour » Jésus, mais elle le loue aussi « en » Jésus et « avec » Jésus. Telle est précisément la véritable « attitude eucharistique ».

En même temps, Marie fait mémoire des merveilles opérées par Dieu dans l’histoire du salut, selon la promesse faite à nos pères (cf. Lc 1, 55), et elle annonce la merveille qui les dépasse toutes, l’Incarnation rédemptrice.

Enfin, dans le Magnificat, est présente la tension eschatologique de l’Eucharistie. Chaque fois que le Fils de Dieu se présente à nous dans la « pauvreté » des signes sacramentels, pain et vin, est semé dans le monde le germe de l’histoire nouvelle dans laquelle les puissants sont « renversés de leurs trônes » et les humbles sont « élevés » (cf. Lc 1, 52).

Marie chante les « cieux nouveaux » et la « terre nouvelle » qui, dans l’Eucharistie, trouvent leur anticipation et en un sens leur « dessein » programmé. Si le Magnificat exprime la spiritualité de Marie, rien ne nous aide à vivre le mystère eucharistique autant que cette spiritualité. L’Eucharistie nous est donnée pour que notre vie, comme celle de Marie, soit tout entière un Magnificat !

Extrait de : Jean Paul II, Lettre encyclique Ecclesia de Eucharistia, 2003, § 58




Le secret de Marie, Saint Louis-Marie Grignion de Montfort, n°41-42

[41] 6° Cette dévotion rend une âme vraiment libre de la liberté des enfants de Dieu. Comme pour l’amour de Marie, on se réduit volontairement en l’esclavage, cette chère Maîtresse, par reconnaissance, élargit et dilate le coeur, et fait marcher à pas de géant dans la voie des commandements de Dieu. Elle ôte l’ennui la tristesse et le scrupule. Ce fut cette dévotion que Notre‑Seigneur apprit à la chère Agnès de Langeac, religieuse morte en odeur de sainteté, comme un moyen assuré pour sortir des grandes peines et perplexités où elle se trouvait: « Fais‑toi, lui dit‑il, esclave de ma Mère et prends la chaînette »; ce qu’elle fit; et, dans le moment, toutes ses peines cessèrent.

[42] Pour autoriser cette dévotion, il faudrait rapporter ici toutes les bulles et les indulgences des papes et les mandements des évêques en sa faveur, les confréries établies en son honneur, l’exemple de plusieurs saints et grands personnages qui l’ont pratiquée; mais je passe tout cela sous silence ..

A suivre…

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« Ce qui vient de nous, c’est par cela qu’il est mort ; ce qui vient de lui, c’est par cela que nous vivrons », homélie de Saint Augustin

« Il nous a tellement aimés qu’il a souffert pour les pécheurs, lui qui est sans péché, ce que nous avons mérité par le péché »

« La passion de notre Seigneur et Sauveur Jésus Christ nous garantit la gloire et nous enseigne la patience.

Les coeurs des croyants peuvent tout attendre de la grâce de Dieu, car pour eux le Fils unique de Dieu, coéternel au Père, n’a pas jugé suffisant d’être un homme en naissant des hommes, mais il est allé jusqu’à mourir par la main des hommes qu’il a créés. Ce que Dieu nous promet pour l’avenir est grand ; mais bien plus grand ce que nous commémorons comme réalisé dans le passé. Où étaient-ils, quels hommes étaient-ils ces croyants, quand le Christ est mort pour des coupables ? On ne peut douter qu’il leur donnera sa vie, puisqu’il leur a déjà donné sa mort. Pourquoi la faiblesse humaine hésite-t-elle à croire ce qui arrivera un jour : que les hommes puissent vivre avec Dieu ?

Ce qui est déjà réalisé est encore beaucoup plus incroyable : Dieu est mort pour les hommes.

Car le Christ est ce Verbe qui était au commencement, ce Verbe qui était avec Dieu, ce Verbe qui était Dieu. Et ce Verbe de Dieu s’est fait chair, et il a établi sa demeure parmi nous. Car il n’aurait pas eu en lui-même de quoi mourir pour nous, sans cette chair mortelle qu’il a tirée de nous. C’est ainsi que l’être immortel a pu mourir, c’est ainsi qu’il a voulu donner la vie aux mortels : il devait dans l’avenir les faire participer à ce qu’il est, après avoir d’abord participé lui-même à ce qu’ils sont. Car nous n’avions pas en nous de quoi vivre, et il n’avait pas en lui de quoi mourir. Il a donc établi avec nous un merveilleux échange de participation réciproque. Ce qui vient de nous, c’est par cela qu’il est mort ; ce qui vient de lui, c’est par cela que nous vivrons. […]

Par conséquent, nous ne devons pas rougir de la mort de notre Seigneur ; bien au contraire, nous devons y mettre toute notre confiance et y trouver toute notre gloire. Du fait même qu’il recevait de nous la mort qu’il trouvait en nous, il nous a promis, dans sa grande fidélité, de nous donner en lui la vie que nous ne pouvons pas tenir de nous.

Il nous a tellement aimés qu’il a souffert pour les pécheurs, lui qui est sans péché, ce que nous avons mérité par le péché ; comment alors ne nous donnera-t-il pas ce qu’il donne aux justes, lui qui justifie ? Comment lui, dont la promesse est vérité, ne nous rendra-t-il pas en échange les récompenses des saints, lui qui, sans crime, a subi le châtiment des criminels ?

C’est pourquoi, mes frères, confessons hardiment et même professons que le Christ a été crucifié pour nous ; proclamons-le sans crainte, mais avec joie ; sans honte, mais avec fierté.

L’Apôtre Paul a vu là un titre de gloire qu’il nous a recommandé. Il pouvait rappeler, au sujet du Christ, beaucoup de grandeurs divines ; cependant il affirme ne pas se glorifier des merveilles du Christ, par exemple qu’étant Dieu auprès du Père, il a créé le monde ; qu’étant homme comme nous, il a commandé au monde. Mais il dit : Je ne veux me glorifier que de la croix de notre Seigneur Jésus Christ. »

Saint Augustin, homélie




Le secret de Marie, Saint Louis-Marie Grignion de Montfort, n°40

[40] 5° C’est par cette dévotion qu’on met ses grâces, ses mérites et vertus en sûreté, en faisant Marie la dépositaire et lui disant: « Tenez, ma chère Maîtresse, voilà ce que, par la grâce de votre cher Fils, j’ai fait de bien; je ne suis pas capable de le garder à cause de ma faiblesse et de mon inconstance, à cause du grand nombre et de la malice de mes ennemis qui m’attaquent jour et nuit. Hélas! si l’on voit tous les jours les cèdres du Liban tomber dans la boue, et des aigles, s’élevant jusqu’au soleil, devenir des oiseaux de nuit, mille justes de même tombent à ma gauche et dix mille à ma droite, mais, ma puissante et très puissante Princesse, gardez tout mon bien, de peur qu’on ne me le vole, tenez‑moi, de peur que je ne tombe; je vous confie en dépôt tout ce que j’ai: Depositun custodi. Scio cui credidi.  Je sais bien qui vous êtes, c’est pourquoi je me confie tout à vous; vous êtes fidèle à Dieu et aux hommes, et vous ne permettrez pas que rien périsse de ce que [je] vous confie; vous êtes puissante, et rien ne peut vous nuire, ni ravir ce que vous avez entre les mains. »  Ipsam sequens non devias; ipsam rogans non desperas; ipsam cogitans non erras; ipsa tenente, non corruis; ipsam protegente, non metuis; ipsa duce, non fatigaris; ipsa propitia, pervenis (Saint Bernard, Inter flores, cap. 135, De Maria Virgine, page 2150).  Et ailleurs: Detinet Filium ne percutiat; detinet diabolum ne noceat; detinet virtutes ne fugiant; detinet merita ne pereant; detinet gratiam ne effluat. Ce sont les paroles de saint Bernard qui expriment en substance tout ce que je viens de dire. Quand il n’y aurait que ce seul motif pour m’exciter à cette dévotion, comme [étant] le moyen de me conserver et augmenter même dans la grâce de Dieu, je ne devrais respirer que feu et flammes pour elle.

A suivre…

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Le secret de Marie, Saint Louis-Marie Grignion de Montfort, n°39

[39] 4° Se donner ainsi à la Sainte Vierge, c’est exercer dans le plus haut point qu’on peut la charité envers le prochain, puisque se faire volontairement son captif, c’est lui donner ce qu’on a de plus cher, afin qu’elle en puisse disposer à sa volonté en faveur des vivants et des morts.

A suivre…

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Le secret de Marie, Saint Louis-Marie Grignion de Montfort, n°38

[38] « Bon Dieu que tout ce que nous faisons est peu de chose ! Mais mettons‑le dans les mains de Marie par cette dévotion. Comme nous nous serons donnés tout à fait à elle, autant qu’on se peut donner, en nous dépouillant de tout en son honneur, elle nous sera infiniment plus libérale, elle nous donnera « pour un oeuf un boeuf », elle se communiquera toute à nous avec ses mérites et ses vertus; elle mettra nos présents dans le plat d’or de sa charité, elle nous revêtira comme Rébecca fit Jacob, des beaux habits de son Fils aîné et unique Jésus‑Christ, c’est‑à‑dire de ses mérites qu’elle a en sa disposition: et ainsi, comme ses domestiques et ses esclaves, après nous être dépouillés de tout pour l’honorer, nous aurons doubles vêtements : Omnes domestici ejus vestiti sunt duplicibus, vêtements, ornements, parfums, mérites et vertus de Jésus et Marie dans l’âme d’un esclave de Jésus et Marie dépouillé de soi‑même et fidèle en son dépouillement. »

A suivre…

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Le père Peyton: le prêtre ,le rosaire et la princesse

« La famille qui prie ensemble reste ensemble. Un monde de prière est un monde en paix. »

Le père Patrick Peyton, né le 9 janvier 1909 en Irlande est décédé le 3 juin 1992, était un prêtre catholique et membre de la congrégation de Sainte-Croix. Il est surtout connu pour avoir fondé la Croisade de la famille du rosaire. Il a été déclaré vénérable par le Pape François en 2017 . Il était également surnommé le « prêtre du Rosaire. »

Le Père Patrick Peyton a créé le mouvement Family Rosary Crusade après la Seconde Guerre mondiale. Pendant la guerre froide, entre 1958 et 1965, certains affirment que ce mouvement a été financé et utilisé par la CIA pour lutter contre l’influence gauchiste en Amérique latine.

Le père Peyton organisait d’immenses rassemblements dans des villes clés du monde, utilisant massivement les médias, notamment en faisant appel à des célébrités d’Hollywood pour promouvoir la prière du rosaire en famille. Il était également très populaire en Amérique latine et aux Philippines, où il promouvait le rosaire et était reconnu pour son accent irlandais prononcé.

Le père Patrick Peyton est l’auteur du célèbre slogan :

« La famille qui prie ensemble reste ensemble. Un monde de prière est un monde en paix. »

Né dans le comté de Mayo, en Irlande, le sixième enfant d’une famille catholique profondément pieuse. Il a grandi dans une petite ferme et a pu aller à l’école. Plus tard, ses sœurs émigrèrent aux États-Unis pour gagner de l’argent et firent venir Patrick et son frère aîné Thomas en 1928.

Après leur arrivée aux États-Unis, Patrick travailla comme sacristain à la cathédrale de Scranton, en Pennsylvanie, et rencontra le prêtre Paul Kelley, qui l’encouragea à poursuivre sa vocation religieuse. En 1932, Patrick et son frère ont rejoint le séminaire de la Congrégation de la Sainte-Croix à Notre-Dame, dans l’Indiana.

En 1938, le père Peyton a été diagnostiqué avec une tuberculose avancée, mais il a été miraculeusement guéri après avoir été encouragé à prier le rosaire par sa sœur Nellie et le prêtre Cornelius Haggerty. Il a poursuivi ses études religieuses et a été ordonné prêtre en 1941.

Le père Peyton est devenu célèbre pour ses efforts visant à promouvoir la prière du rosaire en famille, en utilisant les médias de masse comme la radio, la télévision et le cinéma. Il a également organisé des rassemblements publics pour encourager les familles à prier ensemble. Ces événements ont attiré des millions de participants dans le monde entier.

Très influent auprès de Grace de Monaco , le père Peyton a développé chez la Princesse une dévotion toute particulière pour le rosaire.

  • DR Grace Kelly en prière

Le réalisateur Mario Tursi avait déclaré :

« J’ai vu la Princesse réciter les mystères du Rosaire avec un enthousiasme et une ferveur extraordinaires. Je revois son regard inspiré, l’intonation parfaite de sa voix, le style impeccable avec lequel elle scandait les versets de l’Évangile. Grace posait avec foi, ayant pour décor suggestif la Basilique Saint-Pierre. »

 

Son Altesse Sérénissime, la Princesse Grace de Monaco, récite le Rosaire avec le Père Patrick Peyton dans une émission de télévision spéciale de Pâques produite par Family Theater Productions. L’acteur/réalisateur John Huston assure la narration.

Le père Patrick Peyton est décédé en 1992 à Los Angeles, en Californie, tenant un rosaire à la main. Ses restes ont été enterrés au cimetière de la Sainte-Croix à Easton, dans le Massachusetts.Avant sa mort, il a organisé un grand rassemblement du rosaire aux Philippines en 1992, célébré par le cardinal-archevêque Jaime Sin.

En 2001, le cardinal Sean Patrick O’Malley a déclaré la sainteté du père Peyton, ce qui lui a valu le titre de « Serviteur de Dieu ». En 2017, le pape François a reconnu l’héroïcité de ses vertus, lui conférant ainsi le titre de « vénérable » dans le processus de béatification.

Source wikipedia

Pour en savoir plus, un film documentaire vient de sortir sur le Père Peyton :

https://www.sajedistribution.com/film/le-pr%C3%AAtre-du-rosaire.html