St Alphonse-Marie de Liguori : Marie, mon unique espérance

« Mère du saint amour de notre vie, notre refuge, notre espérance, vous savez que votre fils Jésus-Christ ne s’est pas contenté de se faire notre perpétuel avocat auprès du Père éternel. Il a voulu encore que votre rôle à vous soit d’implorer la Miséricorde divine. Vos prières, il les a voulues utiles à notre salut. Il leur a conféré une telle puissance qu’elles obtiennent tout ce qu’elles demandent. Moi qui suis un pauvre pécheur, je me tourne donc vers vous, espérance des malheureux. Notre-Dame, par les mérites de Jésus-Christ joints à votre intercession, j’espère me sauver. J’ai confiance, si grande confiance que si mon salut éternel était entre mes mains, je le remettrai simplement entre les vôtres. J’attache plus de prix à votre pitié et à votre protection qu’à toutes mes bonnes œuvres. Ma Mère, mon espérance, même si je le mérite, ne m’abandonnez pas ! Regardez ma misère, ayez pitié, sauvez-moi, aidez-moi. Je l’avoue, par mes péchés, tant de fois j’ai fermé la porte à la lumière et au secours que vous m’aviez obtenu du Seigneur. Mais votre pitié pour les malheureux et votre puissance auprès de Dieu surpassent le nombre et la malice de mes fautes. Le ciel et la terre savent que votre protégé ne peut se perdre. Que tous m’oublient, mère du Dieu Tout-Puissant, pourvu que vous vous souveniez de moi ! Dites à Dieu que je suis vôtre, que je suis vôtre, que je suis votre protégé, et je serai sauvé. Marie, j’espère en vous ; c’est cette espérance qui me fait vivre, c’est en elle que je souhaite et veux mourir. Je répèterai sans fin : Jésus, mon unique espérance, Vierge Marie, après lui, mon unique espérance. »

St Alphonse-Marie de Liguori, « Les gloires de Marie »

 




Saint Jean de la Croix : La Mère de Dieu est à moi

« Les cieux sont à moi et la terre est à moi. A moi les nations, à moi les justes, à moi les pécheurs. Les anges sont à moi et la Mère de Dieu est à moi. Tout est à moi. Dieu est à moi et tout entier pour moi, puisque le Christ est à moi et tout entier pour moi. Après cela, que demandes-tu et que cherches-tu, mon âme ? Tout est à toi et entièrement pour toi. Sois fière et ne t’arrête pas aux miettes qui tombent de la table de ton Père. »

St Jean de la Croix (Paroles d’amour n° 26, OC ed. Cerf 1990, p. 273).




Ste Elisabeth de la Trinité : Je pleure de joie en pensant qu’Elle est ma mère…

« Oh ! Jamais je ne l’ai tant aimée ! Je pleure de joie en pensant que cette Créature toute sereine, toute lumineuse est ma Mère et je me réjouis de sa beauté comme un enfant qui aime sa Mère ; j’ai un mouvement très fort vers elle, je l’ai établie Reine et Gardienne de mon ciel… »

Sainte Elisabeth de la Trinité, Lettre 298.




Ste Petite Thérèse : ô Vierge Immaculée, ton âme peut contenir Jésus, l’Océan de l’Amour…

« Je comprends que ton âme, ô Vierge Immaculée

Soit plus chère au Seigneur que le divin séjour

Je comprends que ton âme, humble et douce vallée

Peut contenir Jésus, l’Océan de l’Amour »

Sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus




St Maximilien-Marie Kolbe : Marie est « l’incarnation de l’Esprit-Saint ».

L’union de l’Immaculée et de l’Esprit-Saint est si inexprimable mais si parfaite que l’Esprit-Saint agit uniquement par l’Immaculée, son Epouse !… A Lourdes, la Vierge Immaculée répondit à Bernadette qui l’interrogeait : « Je suis l’Immaculée Conception ». Par ses paroles lumineuses, elle exprima non seulement qu’elle fut conçue immaculée mais plus profondément qu’elle était l’Immaculée Conception elle-même. Ainsi, autre chose est une chose blanche et autre chose sa blancheur, autre une chose parfaite et sa perfection… L’Esprit Saint est Conception Immaculée Incréée… Certes, la troisième personne de la Trinité n’est pas incarnée, cependant notre mot humain « épouse » n’arrive pas à exprimer la réalité du rapport de l’Immaculée avec le Saint-Esprit. On peut affirmer que l’Immaculée est en un certain sens, « l’incarnation de l’Esprit Saint ».

Saint Maximilien-Marie Kolbe




Charles Peguy : s’adresse hardiment à celle qui est infiniment belle…

« Par la prière, il vous les avait mis. Tout tranquillement dans les bras de celle qui est chargée de toutes les douleurs du monde. Et qui a les bras si chargés, car le Fils a pris tous les péchés. Mais la mère a pris toutes les douleurs. Il y a des jours dans l’existence où on sent qu’on ne peut plus se contenter des saints patrons. Soit dit sans offenser personne… Il faut monter directement jusqu’au bon Dieu et à la Sainte Vierge, (et elle, qui les avait pris, elle avait tant d’enfants sur es bras. Tous les enfants des hommes. Depuis ce premier qu’elle avait porté dans ses bras. Ce petit bonhomme qui riait comme un bijou. Et qui depuis lui avait causé tant de tourments. Parce qu’il était mort pour le salut du monde.) Et elle, qui les avait pris, elle était si ardente et si pure. Il y a des jours où on sent bien que l’on ne peut plus se contenter des saints ordinaires. Que les saints ordinaires ne suffisent plus. Et elle, qui les avait pris, elle était si jeune et si puissante. Si puissante auprès de Dieu. Si puissante auprès du Tout-Puissant. Et elle qui les avait pris, elle était si chargée de douleurs. Et elle qui en avait tant vu depuis ce petit bonhomme qui riait en tétant. Car il y a longtemps qu’elle n’est plus la mère des Sept Douleurs. Les sept douleurs, c’était pour commencer. Et il y a longtemps qu’elle est et que nous l’avons faite la mère des septantes et septantes fois septantes douleurs. Il y a des jours où les patrons et les saints ne suffisent pas… Alors il faut prendre son courage à deux mains et s’adresser directement à celle qui est au-dessus de tout. Etre hardi. Une fois. S’adresser hardiment à celle qui est infiniment belle… »

Charles Péguy, Le porche du mystère de la deuxième vertu, extraits.




Bx Marie-Eugène de l’Enfant-Jésus : C’est par Marie que la miséricorde va se répandre

« Sur le calvaire, alors que la haine triomphe et semble avoir tout détruit de la  personne, de l’œuvre et de la réputation du Christ-Jésus, Marie est debout au pied de la croix, affirmant par sa présence et par son attitude sa force, sa mission, et le triomphe de sa maternité. Rien n’est perdu puisque la fécondité de la Mère n’est point atteinte, mais qu’elle est, au contraire, proclamée et exaltée. C’est par elle que la miséricorde va se répandre et la vie se propager. »

Bienheureux Père Marie-Eugène de l’Enfant-Jésus (Je veux voir Dieu p. 891).




Marcel Van : rester blotti sur le Coeur de Marie…

« Quant à moi, chaque fois que j’ai su me blottir sur le Cœur de Marie, j’ai senti qu’elle me rapprochait davantage de Jésus… Ma vie sera désormais sa vie, mes peines seront aussi ses peines, et mon rôle sera de rester toujours blotti sous son manteau immaculé… »

Marcel Van




St Jean-Paul II : Marie premier tabernacle de l’histoire

Lorsqu’au moment de la Visitation, Marie porte en son sein le Verbe fait chair, elle devient en quelque sorte un « tabernacle » – le premier « tabernacle » de l’histoire – dans lequel le Fils de Dieu, encore invisible aux yeux des hommes, se présente à l’adoration d’Elisabeth, « irradiant » quasi sa lumière à travers les yeux et la voix de Marie.

Jean-Paul II, Ecclesia de Eucharistia, n° 55




Marie modèle des âmes intérieures… Ste Elisabeth de la Trinité

Si tu savais le don de Dieu, disait un jour le Christ à la Samaritaine (Jean 4,10). Mais quel est-il ce don de Dieu, si ce n’est lui-même ? Et, nous dit le disciple bien-aimé, il est venu chez lui, et les siens ne l’ont pas reçu (Jean 1,11). Saint Jean Baptiste pourrait dire encore à bien des chrétiens cette parole de reproche : II y en a un au milieu de vous, en vous, que vous ne connaissez pas (Jean 1/26). Si tu savais le don de Dieu !

Il est une créature qui connut ce don de Dieu, une créature qui n’en perdit pas une parcelle, une créature qui fut si pure, si lumineuse, qu’elle semble être la Lumière elle-même ! Une créature dont la vie fut si simple, si perdue en Dieu que l’on ne peut presque rien en dire. C’est la Vierge fidèle, celle qui gardait toutes choses en son cœur (Luc 2,19.51). Elle se tenait si petite, si recueillie en face de Dieu dans le secret du temple, qu’elle attira les complaisances de la Trinité Sainte : Parce qu’il a regardé la bassesse de sa servante, désormais toutes les générations m’appelleront bienheureuse (Luc 1,48).

Le Père se penchant vers cette créature si belle, si ignorante de sa beauté, voulut qu’elle soit la Mère, dans le temps, de celui dont il le Père dans l’éternité. Alors l’Esprit d’amour qui préside à toutes les opérations de Dieu survint, la Vierge dit son « Fiat » : Voici la servante du Seigneur, qu’il me soit fait selon ta parole (Luc 1,38). Et le plus grand des mystères fut accompli ; et, par la descente du Verbe en elle, Marie fut pour toujours la proie de Dieu.

Il me semble que l’attitude de la Vierge, durant les mois qui s’écoulèrent entre l’Annonciation et la Nativité, est le modèle des âmes intérieures, des êtres que Dieu a choisis pour vivre « au dedans », au fond de l’abîme sans fond. Dans quelle paix, dans quel recueillement, Marie se rendait et se prêtait à toutes choses ! Comme celles qui étaient les plus banales étaient divinisées par elle car à travers tout, la Vierge restait l’adorante du don de Dieu ! Cela ne l’empêchait pas de se dépenser au dehors lorsqu’il s’agissait d’exercer la charité. L’Évangile nous dit que Marie parcourut en toute hâte les montagnes de Judée pour se rendre chez sa cousine Élisabeth (Luc 1,39).

Jamais la vision ineffable qu’elle contemplait en elle-même ne diminua sa charité extérieure car, dit le bienheureux Ruusbroek, si la contemplation « s’en va vers la louange, et vers l’éternité de son Seigneur, elle possède l’unité et ne la perdra pas. Qu’un ordre du ciel arrive, elle se retourne vers les hommes, compatit à toutes leurs nécessités, se penche vers toutes leurs misères ; il faut qu’elle pleure et qu’elle féconde. Elle éclaire comme le feu ; comme lui, elle brûle, absorbe et dévore, soulevant vers le ciel ce qu’elle a dévoré. Et quand elle a fait son action en bas, elle se soulève et reprend brûlante de son feu le chemin de la hauteur ».

Sainte Elisabeth de la Trinité, Le Ciel dans la foi n° 39 et 40.