« En ce jour, les entrailles de ma miséricorde sont ouvertes… »

« En ce jour, les entrailles de ma miséricorde sont ouvertes et je déverse tout un océan de grâces sur les âmes qui s’approchent de la source de ma miséricorde ; toute âme qui se confessera et communiera recevra le pardon complet de ses fautes et la remise de leurs peines …

En ce jour sont ouvertes toutes les sources divines par lesquelles s’écoulent les grâces ; qu’aucune âme n’ait peur de s’approcher de moi, même si ses péchés sont comme l’écarlate ! » (Petit journal, 699).

 

      Nous allons maintenant découvrir le bouleversant mystère du « Jour » que Révèle pour nous le Christ miséricordieux à Sainte Faustine. Et je préfère prévenir que cette méditation sera plus longue que d’habitude en vous invitant à aller jusqu’au bout… car un « trésor unique » ici nous est donné ! Et nous découvrirons qu’il y a « un avant et un après » à travers la Révélation de la Miséricorde dont l’Eglise est la voix et la gardienne. Pour l’approcher quelque peu dans son sens ultime, nous méditerons d’abord quelques textes majeurs de la Parole de Dieu.

         Le premier se situe au début de l’Evangile de Saint Luc où dans son Cantique, Zacharie prophétise à son fils Jean-Baptiste :

« Et toi petit enfant, tu seras appelé prophète du Très-Haut devant le Seigneur pour préparer ses voies, pour donner à son peuple la connaissance du salut, par le pardon de ses péchés, grâce aux « entrailles de la miséricorde de Dieu » par lesquelles nous visiteras l’Astre d’en Haut, pour illuminer ceux qui demeurent dans les ténèbres et l’ombre de la mort, pour conduire nos pas vers un chemin de paix ! » (Lc 1,76-79).

Contemplons ici le mystère insondable de ces « entrailles de la miséricorde de Dieu ». En effet, au niveau théologique, la miséricorde divine n’est pas un simple sentiment de compassion… c’est selon Saint Thomas d’Aquin « l’attribut même de Dieu » : la manière dont son amour se manifeste face au mal, à la souffrance et au péché. Dans sa Somme théologique, Saint Thomas d’Aquin la définit splendidement : « La miséricorde est attribuée à Dieu au plus haut point… Car avoir compassion, c’est avoir un cœur misérable face à la misère de l’autre, et s’efforcer de la dissiper comme si c’était la sienne propre !… Il appartient à Dieu d’exercer sa toute-puissance surtout en pardonnant et en faisant miséricorde[1] ! »

        Cela nous renvoie à l’hébreu biblique qui emploie deux termes précis pour la miséricorde :

Hesed : il s’agit ici de l’inclination du cœur à faire preuve d’une « grâce surprenante » à l’égard de la personne aimée… Ainsi, « hesed » décrit souvent la miséricorde et la compassion de Dieu. Un bel exemple est l’intercession de Moïse lorsqu’il fait appel à la « bonté » de Dieu face au peuple infidèle :

« L’Eternel est lent à la colère et riche en bonté (hesed)… Pardonne-la faute de ce peuple, conformément à la grandeur de ta bonté (hesed), tout comme tu lui as pardonné depuis l’Egypte jusqu’ici… » (Nombres 14,18-19).

Rahamim : ce second terme est encore plus fort et révélateur du Cœur de Dieu : Dieu éprouve pour nous ce qu’une mère ressent pour l’enfant né de ses entrailles ! Il s’agit ici d’un amour d’une telle

Profondeur… et qui ne peut renier le fruit de son sein ! Le terme grec ancien « éléos » signifie « compassion » et donnera dans la version latine « miséricorde » : Cœur qui se donne à la misère !

Il faut se souvenir ici de ce moment phare de l’Evangile où Le Seigneur s’adresse aux pharisiens :

« Ce ne sont pas les gens bien portants qui ont besoin du médecin, mais les malades. Allez donc apprendre le sens de cette parole : « C’est la miséricorde (eleos) que je désire et non le sacrifice. En effet, je ne suis pas venu appeler les justes, mais les pécheurs ! » (Mt 9,12-13).

Nous sommes là au cœur de la Révélation où « Dieu qui est riche en miséricorde (eleos), à cause  du grand amour dont il nous a aimés, alors que nous étions morts par suite de nos fautes, nous a fait revivre avec le Christ ! » (Ep 2,4). Et comment oublier ici l’affirmation de l’Apôtre et Evangéliste Saint Jean qui est le véritable « Cœur de l’Ecriture » : « Celui qui n’aime pas n’a pas connu Dieu, car Dieu est Amour ! » (1 Jn 4,8).

En effet, seule « la miséricorde » transforme la dureté du regard de notre cœur  sur l’autre et sur la vie… et elle nous fait basculer du côté de la tendresse de Dieu dont le regard est juste parce que miséricordieux !  Comment ne pas écouter ici l’audacieuse sagesse du nouveau « Docteur de l’Eglise ? »  Sainte Petite Thérèse est « une voix unique » de la Miséricorde pour notre temps :

« A moi, Il a donné sa Miséricorde infinie et c’est à travers elle que je contemple et adore les autres perfections Divines !… Alors, toutes m’apparaissent rayonnantes d’amour, la Justice même (et peut-être encore plus que tout autre) me semble revêtue d’amour…

       Quelle douce joie de penser que le Bon Dieu est Juste, c’est-à-dire qu’Il tient compte de nos faiblesses, qu’Il connaît parfaitement la fragilité de notre nature. De quoi donc aurais-je peur ?…

       Le Dieu infiniment juste qui daigna pardonner avec tant de bonté toutes les fautes de l’enfant prodigue (Lc 15,21-24), ne doit-il pas être juste envers moi qui « suis toujours avec Lui [2]? » (Lc 15,31).

      Aussi, ne loupons pas le grand rendez-vous avec Miséricorde que Jésus a fixé lui-même en Eglise à travers Sainte Faustine et Saint Jean-Paul II[3]. Ce dernier n’a-t-il pas annoncé dans son admirable Lettre Encyclique « Dieu riche en miséricorde » :

« Le Christ confère à toute la tradition vétéro-testamentaire de la miséricorde divine sa signification définitive. Non seulement il en parle et l’explique à l’aide d’images et de paraboles, mais surtout il l’incarne et la personnifie. Il est lui-même, en un certain sens, la miséricorde. Pour qui la voit et la trouve en Lui, Dieu devient « visible » comme le Père « riche en miséricorde[4] » (Ep 2,4).

Et « le Pape marial » qu’était Jean-Paul II ne pouvait oublier ici la participation unique de la Vierge Marie au mystère de la miséricorde :

« Marie est aussi celle qui, d’une manière particulière et exceptionnelle a expérimenté la miséricorde… car le sacrifice de Marie est une participation spécifique à la Révélation de la miséricorde… Personne n’a expérimenté autant que la Mère du Crucifié le mystère de la Croix, la rencontre bouleversante de la justice divine transcendante avec l’amour :

        Ce « baiser » donné par la miséricorde à la justice (Ps 85,11). Personne autant qu’elle, Marie, n’a accueilli aussi profondément dans son cœur ce mystère… Marie est donc celle qui connaît le plus à fond le mystère de la miséricorde divine. Elle en sait le prix, et sait combien il est grand… et cet amour ne cesse pas, en elle et grâce à elle, de se révéler dans l’histoire de l’Eglise et de l’humanité[5] »

Quelle invitation pour nous tous à « découvrir  de plus en plus le secret de l’infinie Miséricorde » qui est le « cœur de l’Evangile ! » Alors, durant cette Pâque 2026 où nous sommes habités par la joie de la « Résurrection du Sauveur » ; réalisons à nouveau combien « les promesses de Jésus miséricordieux »  viennent nous inviter à ce rendez-vous décisif ! Repassons encore et encore en notre cœur ses paroles éblouissantes :

« En ce jour, les entrailles de ma miséricorde sont ouvertes et je déverse tout un océan de grâces sur les âmes qui s’approchent de la source de ma miséricorde ; toute âme qui se confessera et communiera recevra le pardon complet de ses fautes et la remise de leurs peines …

        En ce jour sont ouvertes toutes les sources divines par lesquelles s’écoulent les grâces ; qu’aucune âme n’ait peur de s’approcher de moi [6]… »

     Nous voici donc prévenus ! Tout est dit… et il faut sans hésitations nous ouvrir « dans la confiance » à l’infinie Miséricorde qui vient, avec une incompréhensible tendresse, frapper à la porte de nos cœurs … » Alors, concrètement, vivons avec ferveur la neuvaine de prière à la miséricorde divine du Vendredi Saint au deuxième Dimanche de Pâques : chaque jour, nous méditerons les textes prévus et nous prierons le chapelet de la Miséricorde. Et le Dimanche de la miséricorde, Jésus nous fait cette promesse inouïe qu’il faut méditer et accueillir comme une opportunité « unique » dans notre vie :

« Toute âme qui se confessera et communiera recevra le pardon complet de ses péchés et la remise de leurs peines … En ce jour sont ouvertes toutes les sources divines ! »

       Cela signifie que dans « l’accomplissement fidèle » de cette fête une grâce absolument unique est offerte[7] !  Alors,   accueillons avec amour et reconnaissance « l’ultime cri » de Jésus miséricordieux pour notre temps :

« La Fête de la Miséricorde a jailli de mes entrailles pour la consolation du monde entier !… car les âmes périssent malgré mon amère Passion. Je leur offre une dernière planche de salut, c’est la fête de ma Miséricorde. Si elles n’adorent pas ma miséricorde, elles périront pour l’éternité. Secrétaire de ma miséricorde, écris, parle aux âmes de ma grande miséricorde !…

         Je poursuis les pécheurs de ma Miséricorde sur tous leurs chemins… Dis aux pécheurs que Je les attends toujours [8]… »

 

                                                                              +Marie-Mickaël

 

[1] Somme théologique, Ia, q.21.

[2] Sainte Thérèse de Lisieux, Œuvres complètes –  Manuscrit A, Cerf-DDB, 1992, p.211-212.

[3] Le 30 avril 2000, jour de la canonisation de Sainte Faustine, le Pape Jean-Paul II déclara à Rome : « Désormais, le 2° dimanche de Pâques, dans toute l’Eglise, prendra le nom de « Dimanche de la Divine Miséricorde ».

[4] Saint Jean-Paul II, Dieu riche en miséricorde, 1980, n° 2.

[5] Saint Jean-Paul II, Dieu riche en miséricorde, 1980, n° 9.

[6] Petit Journal, 699.

[7] « Le Seigneur a promis que si nous recevons les sacrements de la pénitence et de l’Eucharistie lors de la Fête de la Miséricorde, la peine éternelle, mais aussi la peine temporelle de nos péchés seraient remises ! Nous recevons ainsi une indulgence plénière ! C’est une très bonne nouvelle à communiquer autour de nous… » Jésus, Roi de miséricorde, Association pour la miséricorde, 25 mars 2014, p. 90.

[8] Petit Journal, 1517 / 965 / 1728.




« Mon inconcevable miséricorde ! »

« Ma fille, parle au monde entier de mon inconcevable miséricorde !

Petit journal, 699

     Dieu fait de grandes choses par des voies si pauvres et des moyens qui peuvent nous sembler dérisoires… Comment oublier ici le salut de l’humanité qui a commencé par un évènement « unique », mais caché aux yeux de tous : L’Annonciation de l’Ange Gabriel à la Vierge de Nazareth et son « Fiat secret » au Très-Haut (Lc 1,38) qui a engendré la venue du Fils de Dieu fait homme ! Ainsi, le plus grand prodige de l’histoire humaine s’est réalisé dans le silence et l’humilité ! Et ensuite, avant que ne débute son ministère sacré de trois ans, les trente premières années de Jésus se sont passées dans l’effacement d’une vie de charpentier… (Mt 13,55) ?  N’est-ce-pas là aussi un signe admirable de son « inconcevable miséricorde ? » Miséricorde signifie « Cœur qui se donne à la misère » ! Mais le plus fou est que Dieu se donne à notre misère « en l’épousant » sur une Croix…

Il nous faut donc découvrir la secrète humilité de la miséricorde : à savoir que le Cœur de Dieu aime plus que tout se donner à celui ou celle, pauvre, qui n’a plus que Lui… car « Lui », selon Petite Thérèse, est « ce Dieu qui devient mendiant de notre amour[1] ! »

La Vierge reflète comme personne l’infinie miséricorde de Jésus, et les pécheurs que nous sommes tous n’ont pas fini de découvrir son abyssale tendresse maternelle… telle une Brigitte Bardot qui en témoigne dans une interview saisissante sur sa vie ! Certes, elle n’a pas suivi un chemin de foi très clair avec  le mystère de l’Eglise. Et elle a ce qu’on peut appeler une foi marginale un peu trop construite sur les limites de son approche. Mais sa relation sincère et fidèle à la Vierge Marie l’a, en quelque sorte, liée à l’Eglise hors les murs… car les voies de la miséricorde de Dieu nous surprendront toujours : Il est venu « chercher et sauver ce qui était perdu ! » (Lc 19,10) et après 2000 ans d’évangélisation, il y encore et toujours « de la place » (Lc 14,22) dans le Royaume des cieux. Alors, dans son incompréhensible amour, Dieu désire tant que la salle des noces soit pleine qu’Il envoie chercher les brebis les plus lointaines avec une stupéfiante insistance ! (Lc 14,23). BB ne fait-elle pas partie de ces mystérieuses brebis de l’Eglise hors les murs à qui Dieu a envoyé sa Sainte Mère ? En l’écoutant, on ne peut en douter :

« J’ai besoin de Dieu et de la Vierge Marie. J’aspire à la spiritualité dans un monde qui m’effraie et je me place sous leur protection, en particulier celle de la Vierge Marie, pour laquelle j’ai une dévotion totale ! Je lui ai fait construire une petite chapelle parmi les pins dans le parc de ma villa à Saint Tropez, où je me retire chaque fois que je le peux…

         La Sainte Vierge me soutient depuis longtemps. C’est une présence intime et bienveillante. Je suis soutenue par cette idée de douceur, de pureté et de luminosité qu’Elle inspire… de générosité inconditionnelle et aussi de protection maternelle. Elle aussi a souffert, sur terre. La seule douleur qu’elle ait vraiment vécue est la perte et la crucifixion de son Fils… c’est quelque chose d’énorme, cela ma touche profondément. La douleur dans la chair, elle l’a connue… et elle ne peut qu’être sensible à celle des autres.

          Elle me protège : je sais qu’elle me protège. Si elle ne m’avait accompagnée de sa miséricorde au moment opportun, je serais morte depuis longtemps. J’en suis convaincue[2]… »

 

                                                                                                         +Marie+Mickaël

       

[1] Sainte Thérèse de Lisieux, Œuvres complètes, Lettre 191, Cerf-DDB 1992,. P.543.

[2] Extraits d’une interview de Paolo Marie Filipazzi, www.benoit-et-moi.fr




Ma Miséricorde est plus grande que ta misère !

« Ma Miséricorde est plus grande que ta misère

et celle du monde entier ! »

Petit journal, 1485

 

1 – Présentation et méditation des révélations

De Jésus miséricordieux à Sainte Faustine

    Durant ce temps de Carême qui va nous manifester à nouveau jusqu’où est allé le Dieu-Amour pour nous sauver… nos cœurs de pauvres pécheurs sont déjà « secrètement » orientés vers la joie de la Résurrection ! La vie du Christ sur terre est une histoire qui, humainement, fini mal dans un déluge de douleur sur une Croix… mais « secrètement », elle est une victoire éclatante de la lumière et de la joie sur le péché, le démon et le monde !

« Je vous ai dit ces choses pour que vous ayez la paix en moi…

       Dans le monde, vous aurez à souffrir !

       Mais gardez courage, J’ai vaincu le monde ! » (Jn 16,33).                              

Ici, seule la puissance de la foi peut y avoir accès en découvrant peu à peu l’infinie tendresse de Dieu… Qui ne connaît, aujourd’hui, la prière phare enseignée par Jésus miséricordieux à Sainte Faustine : « Jésus, j’ai confiance en Toi ! »

    Alors, durant la semaine Sainte qui approche, et où commence le Vendredi Saint la neuvaine à la divine Miséricorde, nous allons commencer à méditer sur les paroles uniques du Christ à Sainte Faustine pour la fête de la Miséricorde. Aussi, laissons-les résonner dès maintenant en notre cœur pour approcher enfin de ce mystère de la Miséricorde… Car en dehors de lui, on ne peut rien comprendre à la Parole de Dieu et à la mission de l’Eglise depuis 2000 ans ! Ce n’est pas uniquement de l’ordre d’une quelconque « dévotion », mais il se cache et s’offre là le cœur de la Révélation biblique… Il est donc temps d’être enfin attentif pour s’ouvrir à l’attente inouïe du Cœur de Dieu…

                                                                                                   +Marie-Mickaël

 

« Ma fille, parle au monde entier de mon inconcevable miséricorde ! Je désire que la fête de la Miséricorde soit le recours et le refuge pour toutes les âmes, et surtout pour les pauvres pécheurs…

        En ce jour, les entrailles de ma miséricorde sont ouvertes et je déverse tout un océan de grâces sur les âmes qui s’approchent de la Source de ma miséricorde ; toute âme qui se confessera et communiera recevra le pardon complet de ses fautes et la remise de leur punition ; en ce jour sont ouvertes toutes les sources divines par lesquelles s’écoulent les grâces ; qu’aucune âme n’ait peur de s’approcher de moi, même si ses péchés sont comme l’écarlate !…

       Ma miséricorde est si grande que, pendant toute l’éternité, aucun esprit, ni humain ni angélique ne saurait l’approfondir ! Tout ce qui existe est sorti des entrailles de ma miséricorde… Chaque âme en relation avec moi, méditera mon amour et ma miséricorde durant toute l’éternité !

      La fête de la Miséricorde est issue de mes entrailles, je désire qu’elle soit fêtée solennellement le premier dimanche après Pâques. Le genre humain ne trouvera pas la paix tant qu’il ne se tournera pas vers la source de ma miséricorde ! »

                                            Petit journal de Sainte Faustine, 699




La Miséricorde est « venue » jusqu’à nous !

« Etendant la main, il le toucha… » (Lc 5,13)

     La guérison du lépreux dans l’Evangile se situe dans le début du ministère de Jésus et elle dévoile une vérité capitale qui va bouleverser l’histoire de l’humanité : l’Agneau mystérieux va porter sur la Croix le péché du monde pour l’en délivrer ! Le regard prophétique et émouvant de Saint Jean-Baptiste le proclame quand il voit Jésus venir à lui :

      « Voici l’Agneau de Dieu, qui enlève le péché du monde ! C’est de Lui que j’ai dit :

         Il vient après moi un homme qui est passé devant moi

         parce qu’avant moi il était ! » (Jn 1,29-30)

L’Evangile de Saint Matthieu précise que la guérison du lépreux se situe juste après le long « Sermon sur la montagne » (Mt 8,1-4). Elle fait partie intégrante des nombreux miracles où les auditeurs du Christ peuvent voir et toucher ce qu’il annonce… et découvrir la grande vérité qu’attend toute l’humanité : « Le Royaume de Dieu est arrivé jusqu’à vous ! » (Mt 12,28). Et cette guérison de la lèpre a aussi une portée symbolique immense dans le mystère du salut. Car au-delà des personnages de l’Evangile, cette main du Messie s’étend sur tous les maux de l’humanité. Cela n’a pas échappé au Pape Benoît XVI :

      « Comme l’exprime saint Augustin dans l’une de ses prières : « Seigneur, ayez pitié de moi ! Hélas ! Voilà mes blessures, je ne les cache pas. Vous êtes le médecin, je suis le malade ; vous êtes miséricordieux, je suis un misérable ». (Conf. Livre X, n. 39).

         Le Christ est le vrai « médecin » de l’humanité, que le Père céleste a envoyé dans le monde pour guérir l’homme, marqué dans son corps et son esprit par le péché et ses conséquences… l’Évangile de Marc nous présente Jésus qui, au début de son ministère public se consacre tout entier à la prédication et à la guérison des malades dans les villages de Galilée. Les innombrables signes prodigieux qu’il accomplit sur les malades confirment la « bonne nouvelle » du Royaume de Dieu.

          L’Évangile d’aujourd’hui raconte la guérison d’un lépreux et exprime avec une grande force l’intensité de la relation entre Dieu et l’homme, résumée dans un merveilleux dialogue : « Si tu le veux, tu peux me purifier », dit le lépreux. « Je le veux, sois purifié », répond Jésus, le touchant de la main et le libérant de la lèpre (Mc 1, 40-42). Nous voyons ici en quelque sorte concentrée toute l’histoire du salut. Ce geste de Jésus qui tend la main et touche le corps couvert de plaies de la personne qui l’invoque, manifeste parfaitement la volonté de Dieu de guérir sa créature déchue, en lui redonnant la vie « en abondance » (Jn 10, 10), la vie éternelle, pleine, heureuse. Le Christ est « la main » de Dieu tendue à l’humanité pour qu’elle puisse sortir des sables mouvants de la maladie et de la mort et se remettre debout sur le roc solide de l’amour divin[1] (Ps 39, 2-3). »

Comme le remarque Benoît XVI avec tant de justesse : « Nous voyons ici en quelque sorte concentrée toute l’histoire du salut ! » En effet, tous marqués par la lèpre du péché, il nous faut imiter la démarche du lépreux, si touchante d’une foi pleine d’humilité et d’audace !

Saint Luc signale qu’il est « rempli de lèpre » (Lc 5,12), ce qui indique symboliquement une plénitude dans l’ordre du péché. Malgré la difformité et les interdits qui entraînent  exclusion et solitude (Lv 13,45-46), il s’approche de Jésus avec une confiance étonnante qui fait prosterner son corps et supplier ses lèvres (Lc 5,12)… Et sa prière est si simple et si juste que les synoptiques sont unanimes sur la formulation : « Seigneur, si tu le veux, tu peux me guérir ! » (Mt 8,2 / Mc 1,40 / Lc 5,12).

  Comment ne pas voir ici dans l’attitude du lépreux une foi qui frappe fort à la Porte de la Miséricorde, mais aussi une admirable humilité qui s’abandonne entre les bras du Fils de Dieu : tu le peux, si tu le veux ! Rien de forcé ou de démesuré, mais une immense attente qui ne force pas la porte du Cœur de Dieu… Le lépreux semble dire : Tu me guériras si tu estimes que c’est bon pour moi ! Et ainsi, la finalité est entre les mains de la Sagesse incarnée qui dira un jour : Il vaut mieux entrer estropié ou borgne « dans la Vie » que d’être jeté avec tes deux pieds ou tes deux yeux « dans le feu éternel ! » (Mt 18,8-9).

Devant tant de souffrance et une telle foi qui s’abandonne, l’Evangile de Marc est le seul à rapporter le bouleversement du Cœur de Jésus, ému de compassion devant le lépreux à genoux :

« Remué jusqu’aux entrailles[2], Jésus étendit la main, le toucha et lui dit : Je le veux, sois guéri ! Et aussitôt, la lèpre le quitta et il fut guéri… » (Mc 1,41-42).

Il faut mesurer ici la portée de cet évènement évangélique qui vient bouleverser l’ordre établi. Tout bascule autour d’un geste inouï de la miséricorde : « Etendant la main, il le toucha ! » (Lc 5,13). En effet, Jésus dépasse ici la limite fixée par la Loi mosaïque qui interdisait tout contact avec un lépreux. A travers cet homme à la dignité retrouvée, il nous fait passer une frontière pour entrer dans le merveilleux Royaume de l’Agneau : Il va prendre sur lui la lèpre du péché durant sa Passion pour enlever le péché du monde… Ainsi, nous pouvons désormais affirmer avec Saint Jean Apôtre : « Nous avons reconnu l’amour que Dieu a pour nous, et nous y avons cru : Dieu est Amour ! » (1 Jn 4,16). Mais dans l’Evangile, cet amour a une exigence absolue qu’il ne faut jamais oublier : « Tu ne saurais aimer Dieu que tu ne vois pas, si tu n’aimes pas ton frère que tu vois ! » (1 Jn 4,20). Saint Jean Chrysostome le confirme : « Si vous ne trouvez pas le Christ dans le mendiant à la porte de l’église, vous ne le trouverez pas non plus dans le calice ! »             

Comment imaginer la joie du lépreux guéri par Jésus ? L’Evangile de Marc nous rapporte qu’à peine « sorti, il se mit à parler sans fin et à répandre la nouvelle ! » (Mc 1,45). Le secret messianique voulu par le Maître (Mc 1,44) vole en éclat dans une joyeuse désobéissance ! Mais comment taire la folle joie d’une telle guérison qui déjà annonce celle de la Résurrection ?

La Miséricorde est venue jusqu’à nous et Elle s’est revêtue de notre misère pour la transfigurer !  Saint Syméon le Nouveau Théologien nous le laisse deviner dans un texte d’une rare tendresse… et sur ce chemin, tracé par l’infinie Miséricorde du Christ, je peux aussi me reconnaître :

« Tandis que je tombais aux pieds de Celui qui m’avait illuminé…

         Il touche de ses mains mes liens et mes blessures ;

         là où touche sa main… aussitôt tombent mes liens !

         Le voici qui me tend une main divine, il me retire du bourbier…

         Il se jette à mon cou, il me couvre de baisers…

         Il me prend sur ses épaules,

         il me donne à contempler par quel étrange remodelage

         Lui-même m’a repétri et m’a arraché à la corruption…

         Il m’a fait don d’une vie immortelle

         et m’a revêtu d’une robe immatérielle et lumineuse…

         Et j’ai admiré, j’ai été ravi, rempli de crainte et aussi de joie[3] ! »

                                                                 +Marie-Mickaël

    

[1] Benoît XVI, Angélus du 12 février 2006.

[2] Traduction de Sœur Jeanne d’Arc, op, Les quatre Evangiles, DDB, 1994.

[3] Syméon le Nouveau Théologien, Hymnes II, Sources chrétiennes, 174, Cerf, 1971, p.357.




Avertissement de l’Annonciation finale : « Entrons d’urgence dans l’Arche du Cœur Immaculé de Marie !

Avertissement de l’Annonciation finale :

« Entrons d’urgence dans l’Arche du Cœur Immaculé de Marie !

Pour garder nos cœurs éveillés dans « la lumière de la foi » (Jn 12,46), Jésus nous dit « aujourd’hui » comme à aucun autre moment de l’histoire de l’Eglise et de l’humanité :

« Voici ta Mère ! » (Jn 19,27).

Ainsi, Juste avant les grands évènements[1] du temps de la fin, nous entrons dans le temps de préparation des « Refuges du Cœur de Marie » ! Face à l’écroulement imminent de notre civilisation ultra décadente et agressive qui peut mener à l’horreur d’une guerre « possiblement nucléaire », notre préparation spirituelle et matérielle s’avère donc urgente[2]

Il faut bien comprendre qu’approche l’écroulement de notre civilisation postmoderne follement libertaire et destructrice, et qu’il faut sans tarder se préparer comme l’a fait Noé : « Pour échapper aux eaux du Déluge, Noé entra dans l’Arche et avec lui ses fils, sa femme et les femmes de ses fils… ainsi que toutes les espèces de bêtes… » (Ge 7,7 et 14).

Aujourd’hui, il nous faut entrer de toute urgence « dans l’Arche bénie du Cœur Immaculé de Marie !» Là, nous serons en sécurité entre ses bras maternels… Elle nous protégera et nous inspirera l’attitude et les choix les plus justes pour ces temps d’épreuves. N’oublions jamais que ses Apparitions à Fatima nous mettent face à la réalité du péché qui peut nous mener en Enfer… mais Fatima nous place d’abord et surtout devant la beauté et la tendresse de Marie qui vient du Ciel où Dieu nous veut avec Lui !

   Alors, une fois de plus, et pour notre constance dans la joie, gardons au plus profond du cœur la promesse de Notre Dame de Fatima : « A la fin, mon Cœur Immaculé triomphera ! » Et n’ayons plus peur de rien !… car si, à travers la fidélité quotidienne à « son » Rosaire, nous savons que notre douce Mère veille sur nous à chaque instant : Elle nous donnera, en nous faisant contempler Jésus de la Crèche à la Croix, la grâce unique de la « Persévérance finale » de la foi en la Miséricorde du Père pour nous et pour tous ! Pour conclure en beauté, laissons résonner maintenant et souvent les paroles de l’Apôtre Saint Jean qui a si souvent reposé sur le Cœur de Dieu (Jn 13,25) à travers le « mystère » de la Femme :

  « Près de la Croix de Jésus… Voyant sa Mère et près d’elle le disciple qu’il aimait, Jésus dit à sa Mère : « Femme, voici ton fils ! » Puis il dit au disciple : « Voici ta Mère ! » A partir de cette heure le disciple la prit chez lui. » (Jn 19,25-27)

       Voici donc l’Annonciation finale !… non plus opérée par l’Ange Gabriel « envoyé par Dieu » à la Vierge… mais par Dieu lui-même crucifié sur le bois de la Croix ! C’est l’Annonciation divine Unique à travers une double Parole de Dieu : « Femme, voici ton Fils ! » « Fils, voici ta Mère ! » (Jn 19,26-27).

Et ce « Voici ta Mère ! » résonnera à travers les siècles au cœur du monde … Car Dieu nous offre « la tendresse de la Femme » lumineuse et douloureuse de l’Apocalypse : cette Mère de l’Agneau qui est devenue « ma Mère » !

       Laissons donc résonner en notre cœur cette Parole de Dieu qui nous est offerte pour aujourd’hui comme à aucun autre moment de l’histoire :

« Un signe grandiose apparut au ciel : une Femme, le soleil l’enveloppe, la lune et sous ses pieds et douze étoiles couronnent sa tête ! Elle est enceinte et crie dans les douleurs et le travail de l’enfantement ! Puis un second signe apparut au ciel : un énorme Dragon rouge-feu… En arrêt devant la Femme en travail, le Dragon s’apprête à dévorer son enfant aussitôt né. Or la Femme mit au monde un Enfant mâle, celui qui doit mener les nations avec un sceptre de fer ; et l’Enfant fut enlevé jusqu’auprès de Dieu et de son trône, tandis que la Femme s’enfuyait au désert…

       Se voyant rejeté sur la terre, le Dragon se lança à la poursuite de la Femme, la mère de l’Enfant-mâle. Mais elle reçut les deux ailes du grand aigle pour voler au désert jusqu’au refuge où, loin du Serpent, elle doit être nourrie un temps et des temps et la moitié d’un temps… »  (Ap 12,1-3-8 / 12-14)

         Ainsi, appuyés constamment sur le Cœur Immaculé de notre Mère, nous deviendrons en Eglise les pauvres et lumineux prophètes de ce « Dieu Amour » qu’a chanté Saint Jean de son Evangile à l’Apocalypse… et tout spécialement en finale de sa première Epitre. Dans les épreuves des derniers temps qui s’intensifient, repassons souvent en notre cœur (Lc 2,19) les lumineuses paroles de celui qui a si souvent « reposé » sur le Cœur de Dieu :

   « Bien-aimés, si Dieu nous a tant aimés, nous devons, nous aussi, nous aimer les uns les autres. Dieu, personne ne l’a jamais contemplé. Si nous nous aimons les uns les autres, Dieu demeure en nous, en nous son amour est accompli… Et nous, nous avons contemplé et nous témoignons que le Père a envoyé son Fils, le Sauveur du monde… nous avons reconnu l’amour que Dieu a pour nous, et nous y avons cru !

       Dieu est Amour ! Celui qui demeure dans l’amour demeure en Dieu et Dieu demeure en lui. En ceci consiste l’accomplissement de l’amour en nous : que nous ayons pleine assurance au Jour du Jugement… Il n’y a pas de crainte dans l’amour ; au contraire, le parfait amour bannit la crainte ! Car la crainte suppose un châtiment, et celui qui craint n’est pas consommé en amour…

      Quant à nous, aimons, puisque Lui nous a aimés le premier ! » (1 Jn 4,11-19).

 

                                                                                                                           + Marie-Mickaël

 

[1] L’avenir appartient à Dieu et Jésus nous a prévenu : « Veillez donc car vous ne savez  ni le jour, ni l’heure ! » (Mt 25,13). Nous pouvons cependant « déduire » de l’insistance de Notre Dame à visiter la terre pour nous avertir et nous protéger du déchaînement actuel « inédit » des puissances du mal, que nous sommes arrivés dans les temps qui sont les derniers… et les Apparitions majeures de la Vierge depuis deux siècles : de la rue du Bac à Lourdes, de La Salette à Fatima, de Garabandal à Akita, et de l’Escorial à Medjugorje nous préparent à des événements douloureux, mais qui aboutiront après l’Avertissement, le Grand Miracle et les Trois jours de ténèbres à une terre renouvelée : cette « la civilisation de l’Amour » prophétisée par Saint Jean-Paul II !

[2] La préparation spirituelle est première : une vie de prière fidèle à travers le chapelet quotidien où, mieux, le Rosaire ; l’oraison silencieuse et l’Adoration du Saint Sacrement ; la méditation de la Parole de Dieu ; une vie sacramentelle intense : Sainte Messe et confession régulière ; et par-dessus tout « la conversion » de notre vie à l’Evangile par un amour vivant de Jésus, un amour fraternel vigilant et un abandon de chaque instant au Cœur Immaculé de Marie… La préparation matérielle a aussi son importance en vue des possibles bouleversements à venir : réserves d’eau, conserves diverses et de légumineuses… des réserves de 3-4 mois, ou plus, permettront de survivre durant les temps difficiles et de partager avec ceux qui n’auront plus rien.

 




La prière urgente de la Vierge à Fatima ! Un mystérieux Credo marial pour la fin des temps ! (7)

7 – La prière urgente de la Vierge à Fatima !

Un mystérieux Credo marial pour la fin des temps !

« O mon Jésus, pardonne-nous nos péchés, préserve-nous du feu de l’Enfer !

Et conduis au Ciel toutes les âmes,

spécialement celles qui ont le plus besoin de ta miséricorde ! »

Notre Dame de Fatima, 13 juillet 1917

    

En repassant en notre cœur (Lc 2,19), cette prière au Seigneur jailli du Cœur Immaculé de Marie, on voit peu à peu se profiler une profession de foiune sorte de mini « Credo » où transparaît le cœur du cœur de notre foi catholique ! Nous avons essayé d’approcher « la densité spirituelle » que contient et dégage cette prière apparemment si simple, et qui nous ouvre pourtant le mystère insondable de la foi à Jésus, seul Sauveur et Seigneur !

      En fixant notre regard sur Lui, Jésus, la Vierge de Fatima déroule sous nos yeux les points essentiels de la Rédemption : La prière continuelle, le pardon des péchés, la protection de l’Enfer ; et par-dessus tout, cet amour jaillissant du Cœur du Christ qui veut « conduire au Ciel toutes les âmes ! » Tel est mystère de la Miséricorde où « la Beauté crucifiée » s’offre à la misère….

       Tel est le « mini Credo » jailli du Cœur Immaculé de Notre Dame de Fatima ! Imitant la Vierge, l’immense théologien qu’était le Pape Benoît XVI est venu un jour chuchoter à notre cœur sa courte et dense Profession de foi :

      « Jésus est venu nous dire qu’il nous veut tous au Paradis… et que l’Enfer, dont on parle peu à notre époque, existe pour tous ceux qui ferment leur propre cœur à l’amour du Père[1] ! »

        Alors, écoutons sans nous lasser l’ultime appel de Jésus miséricordieux dont témoigne aujourd’hui la liturgie de l’Eglise par le Dimanche de la  divine Miséricorde. Cette fête a été instituée par le Pape Saint Jean-Paul II le 30 avril 2000, lors de la canonisation de Sainte Faustine Kowalska. Aussi, quel relief prennent aujourd’hui les paroles de Christ :

« Ma miséricorde est si grande que, pendant toute l’éternité, aucun esprit, ni humain ni angélique ne saurait l’approfondir. Tout ce qui existe est sorti des entrailles de ma miséricorde. Chaque âme en relation avec moi, méditera mon amour et ma miséricorde durant toute l’éternité… La fête de la Miséricorde est issue de mes entrailles, je désire qu’elle soit fêtée solennellement le premier Dimanche après Pâques. Le genre humain ne trouvera pas la paix tant qu’il ne se tournera pas vers la source de ma miséricorde [2] ! »

     Ce message urgent du Christ miséricordieux nous laisse entendre, presque un siècle après, que nous arrivons à la fin du temps de la miséricorde[3] obtenu par Notre Dame de Fatima face à l’Ange de la Justice de Dieu ! Et nul doute que si elle continue à s’enfermer dans les ténèbres de l’orgueil et de la violence, « notre civilisation est en train de se perdre sous nos yeux »… elle défie Dieu « en flirtant » avec l’impardonnable péché annoncé dans l’Evangile :

« Tout péché et blasphème sera remis aux hommes, mais le blasphème contre l’Esprit ne sera pas remis. Et quiconque aura dit une parole contre le Fils de l’homme, cela lui sera remis (Mt 12,31)… mais quiconque aura blasphémé contre l’Esprit Saint n’aura jamais de rémission : il est coupable d’une faute éternelle ! » (Mc 3,29).

Et le catéchisme de l’Eglise catholique précise :

« Il n’y a pas de limites à la miséricorde de Dieu, mais qui refuse délibérément d’accueillir la miséricorde de Dieu par le repentir rejette le pardon des péchés et le salut offert par l’Esprit Saint. Un tel endurcissement peut conduire à l’impénitence finale et à la perte éternelle [4]… »

Ces vérités de l’Evangile ont un retentissement éternel et elles sont trop souvent ignorées dans l’Eglise d’aujourd’hui… Il est donc urgent de se les réapproprier en méditant chaque jour la Parole de Dieu et le catéchisme de l’Eglise catholique. Il nous faut être délivré par la puissance de l’Esprit de ce que la Sainte Ecriture appelle « l’endurcissement du cœur »… et dont le Christ a si souvent souffert dans l’Evangile ! (Mc 3,5).

Aussi, laissons maintenant résonner les paroles si inspirées de Saint Louis Marie de Montfort, le « grand Prophète de Marie [5] » !  Depuis plus de trois siècles, il avait annoncé l’ère des derniers temps d’où surgiront les Apôtres de Marie… et qui a des yeux pour voir devine que l’écroulement actuel nous appelle de toute urgence à entrer dans l’Arche du Cœur Immaculé de la Vierge : là, dans une Eglise pauvre et cachée, l’Esprit prépare en secret la plus grande Pentecôte mariale de l’histoire humaine ! C’et déjà aujourd’hui et c’est surement pour demain…

« C’est par la très Sainte Vierge Marie que Jésus-Christ est venu au monde pour la première fois, et c’est aussi par Elle qu’Il doit y venir pour la seconde fois…

        Elle est l’aurore qui précède et découvre le Soleil de justice, qui est Jésus-Christ, elle doit être connue et aperçue, afin que Jésus-Christ le soit !

        Marie doit éclater, plus que jamais, en miséricorde, en force et en grâce dans ces derniers temps… Elle a produit, avec le Saint-Esprit, la plus grande chose qui ait été et sera jamais, qui est un Dieu-Homme, et elle produira conséquemment les plus grandes choses qui seront dans les derniers temps : la formation et l’éducation des grands Saints qui seront à la fin du monde lui est réservée… Heureux ceux et celles qui entrent en Elle comme dans l’Arche de Noé ! Les eaux du déluge de péchés, qui noient tant de monde, ne leur nuiront point !

       Que les fidèles serviteurs de la Sainte Vierge disent donc hardiment avec Saint Jean Damascène : « Ayant confiance en vous, Ô Mère de Dieu, je serai sauvé ! Ayant votre protection, je ne craindrai rien ; avec votre secours, je combattrai et mettrai en fuite mes ennemis : car votre dévotion est une arme de salut que Dieu donne à ceux qu’il veut sauver [6]… »

                                                                                                                +Marie-Mickaël

     

 

[1] Pape Benoît XVI, Rome, 25 mars 2007.

[2] Petit Journal, 699.

[3] Certes, la miséricorde de Dieu est éternelle pour tous et chacun… mais lorsqu’elle est ignorée, refusée et même ridiculisée ou piétinée par « l’aveuglement sans limites »  des pécheurs : ce mystère terrible des « cœurs endurcis » appelle l’œuvre de la justice divine. La Bible en témoigne dans « le déluge » du temps de Noé (Gn 6 à 9) ou la destruction de Sodome et Gomorrhe par la pluie de feu et de souffre… (Gn 19).

[4] Catéchisme de l’Eglise catholique, 1864.

[5] Saint Louis Marie de Montfort, 31 janvier 1673 – 28 avril 1716.

[6] Saint Louis-Marie de Montfort, Traité de la vraie dévotion à la Sainte Vierge, n° 1 / 50 / 35 / 175 / 182.




La prière urgente de la Vierge à Fatima – La Vierge nous fait supplier Jésus miséricordieux pour les âmes en danger… « Spécialement celles qui ont le plus besoin de ta miséricorde ! » (6)

La prière urgente de la Vierge à Fatima

6 – La Vierge nous fait supplier Jésus miséricordieux

pour les âmes en danger…

« Spécialement celles qui ont le plus besoin de ta miséricorde ! »

 

Nous voici arrivés à la dernière partie de la prière inspirée par Notre Dame de Fatima : Elle nous tourne vers l’infinie miséricorde de Jésus qui, à travers la folie de la Croix, va chercher les pécheurs les plus en danger … c’est sans aucun doute ici le désir et le « cri » le plus profond du Cœur Immaculé et douloureux de Marie !

    Quand Elle nous fait supplier le Sauveur pour ceux et celles « qui ont le plus besoin de ta miséricorde ! » Il s’agit d’âmes déjà en grand danger qui ont comme « déjà » un pied en enfer… et c’est pourquoi l’inlassable déploiement de la miséricorde du Christ est à l’œuvre, avant que ne vienne le temps de sa Justice ! Il faut donc bien saisir le sens d’une « vision » donnée aux enfants de Fatima où il y a ce « face à face » stupéfiant entre Notre Dame et l’Ange des derniers temps ! Cette vision prophétique est redoutable de sens pour les temps modernes, et encore plus, à mon avis, pour notre actuelle postmodernité ! C’est pourquoi elle doit inspirer urgemment notre prière :

« Nous avons vu sur le côté gauche de Notre Dame, un peu plus en hauteur, un Ange avec une épée de feu dans la main gauche ; elle scintillait et émettait des flammes qui, semble-t-il, devaient incendier le monde ! Mais elles s’éteignaient au contact de la splendeur qui émanait de la main droite de Notre Dame en direction de lui… L’Ange, indiquant la terre avec sa main droite, dit d’une voix forte : Pénitence ! Pénitence ! Pénitence [1] ! »

     Il se dégage d’abord de cette « vision » une menace venant du Ciel provoquée par les terribles péchés de l’humanité… et puis, par sa main de tendresse, Marie arrête le « feu du jugement » pour donner aux hommes « un ultime temps de miséricorde » et de conversion ! C’est le sens de l’intervention finale de l’Ange [2] quand il crie trois fois « pénitence ! » Et c’est bien aussi l’invitation de Notre Dame de Fatima : Elle nous demande de vivre, comme ses petits messagers, la fidélité quotidienne au Chapelet (mieux : au Rosaire…) et à l’esprit de sacrifice. Ecoutons ici le témoignage si beau de Sœur Lucie : « Dieu ne châtie pas l’homme. C’est l’homme lui-même qui, par ses dérèglements, provoque les châtiments !… Seul l’homme est capable de pécher ! Mais jusqu’au dernier moment, Dieu attend les bras ouverts le retour du fils qui, lui ayant tourné le dos, n’a pas cessé d’être dans son Cœur, parce que Dieu est Amour et aime toujours[3]… »

    Ainsi, une quinzaine d’années après la venue de Notre Dame de Fatima qui a marqué le recul du « temps de la justice »… il y a véritablement « une réponse du Ciel » où, à travers le message universel de Jésus à Sainte Faustine en Pologne, Dieu ouvre « le temps de l’extrême miséricorde » ! Il nous faut donc prendre conscience « aujourd’hui » de l’extrême gravité du temps qui est le nôtre pour « changer de vie » et choisir au plus vite « notre urgente conversion » : d’abord, le rendez-vous « quotidien » avec Notre Mère à travers le Chapelet ou, mieux, le Rosaire, la méditation constante de la Parole de Dieu, une vie sacramentelle fidèle, une profonde humilité ouverte sur l’invincible espérance… et l’Amour sans limites qui jaillit du Cœur ouvert de Jésus ! 

    Dans le prolongement du « message urgent » de la Vierge à Fatima, les paroles uniques de Jésus miséricordieux à Sainte Faustine doivent plus que jamais « résonner quotidiennement dans notre vie » ! Prenons conscience que bientôt un siècle après, et vu l’état moral déplorable du monde actuel, nous arrivons peut-être au bout de la patience de Dieu… Avec la grande réinitialisation (The Great Reset) annoncée par Klaus Schwab[4] pour 2035, les bouleversements mondiaux sont à nos portes et il est temps de préparer « les Refuges de la Vierge » dans nos lieux de vie pour y vivre et rayonner l’infinie Miséricorde du Cœur de Jésus ! N’annonçait-Il pas à travers Sainte Faustine la terrible décadence des temps que nous vivons avec leurs tragiques conséquences :

« Tu prépareras le monde à mon ultime venue[5]…  Les âmes périssent malgré mon amère Passion. Je leur offre une dernière planche de salut, c’est la fête de ma Miséricorde ! Si elles n’adorent pas ma miséricorde, elles périront pour l’éternité ! Secrétaire de ma miséricorde, écris, parle aux âmes de ma grande miséricorde, car le Jour terrible, le jour de ma justice est proche [6]… »

       Et la Vierge des derniers temps nous prévient et nous alerte, elle aussi, autant que son Fils :

« J’ai donné au monde le Sauveur, et toi tu dois parler au monde de Sa grande miséricorde et préparer le monde à la seconde venue de Celui qui viendra, non comme Sauveur miséricordieux, mais comme juste Juge. Oh ! Ce Jour est terrible… Le Jour de la justice a été décidé, le Jour de la colère de Dieu, les Anges tremblent devant lui ! Parle aux âmes de cette grande miséricorde, tant que c’est le temps de la pitié ; si tu te tais maintenant, tu répondras en ce Jour terrible pour un grand nombre d’âmes. N’aie peur de rien, sois fidèle jusqu’à la fin, je compatis avec toi [7]… »

     Laissons résonner en nos cœurs ces dernières paroles de Marie à Sainte Faustine, elles s’adressent  aussi à chacun de nous : « N’aie peur de rien, sois fidèle jusqu’à la fin, je compatis avec toi… »

     N’y a-t-il pas là une merveilleuse « petite synthèse » pour « réussir » notre grand combat de la fin des temps ? Assurément, car la Vierge est toujours simple et profonde dans ses conseils où résonnent la concision et la beauté de l’Evangile ! Et c’est pourquoi ses recommandations suivent un ordre de sagesse pour que nous restions « debout » dans la foi et l’espérance :

  1. « N’aie peur de rien ! » C’est pourquoi notre Mère commence par « écarter la crainte » aux divers visages qui viennent si souvent nous assiéger…  Elle a gardé en son Cœur les paroles ultimes de son Fils bien-aimé : « Veillez et priez en tout temps, afin d’avoir la force d’échapper à tout ce qui doit arriver, et de vous tenir debout devant le Fils de l’homme ! » (Lc 21,36). La peur disperse et abat ; la foi unifie et tient debout dans la paix…
  2. « Sois fidèle jusqu’à la fin ! » La foi qui dure devient l’espérance… et plus que tous, Marie a été « fidèle » à Jésus jusqu’à l’ultime et indicible douleur au pied de la Croix ! Elle sait, mieux que quiconque, jusqu’où va la fidélité quand on aime…  et c’est pourquoi le samedi saint, toute l’Eglise a été suspendue à son espérance : Elle est « la Femme fidèle » jusqu’à la fin ! Et en cette fin des temps, La Vierge nous invite à la « persévérance finale » en murmurant à notre cœur : « Sois fidèle jusqu’à la fin ! »
  3. « Je compatis avec toi ! » Cette dernière parole est un débordement de tendresse qui nous assure qu’à travers son Cœur douloureux et Immaculé, Notre Mère « souffre avec nous » : dans les épreuves de nos vies, Elle est là, mystérieusement… nous enveloppant comme Elle a recouvert son Fils crucifié de sa douce et fidèle compassion ! et c’est pourquoi le « Voici ta Mère ! » (Jn 19,27) de l’unique Sauveur résonne dans l’histoire de l’Eglise et du mondeMarie est à jamais la Mère penchée sur chaque instant de nos vies !

                                                                                                                                  +Marie-Mickaël

 

[1] Troisième partie du secret de Fatima.

[2] On peut se demander si cet Ange ne serait pas Saint Michel Archange qui, dans l’Ecriture, a une mission si forte à la fin des temps ? Voir Dn 12,1 et Ap 12,7.

[3] Carmel de Coïmbra, Un chemin sous le regard de Marie, Biographie de Sœur Lucie de Fatima, Parvis 2016, p.322.

[4] Il est le fondateur du Forum économique mondial (WEF) à Davos, en Suisse, et ses livres et conférences annoncent « la grande Réinitialisation » de l’homme et de la société…

[5] Petit Journal, 429.

[6] Petit Journal, 965.

[7] Petit Journal, 635.




La prière urgente de la Vierge à Fatima – La supplication maternelle de la Femme au Sauveur pour que tous entrent au Ciel… « Et conduisez au Ciel toutes les âmes ! » (5)

La prière urgente de la Vierge à Fatima !

5 – La supplication maternelle de la Femme au Sauveur

pour que tous entrent au Ciel…

« Et conduisez au Ciel toutes les âmes ! »

 

     La Vierge Marie nous plonge ici dans le désir le plus profond du Cœur de Dieu dont l’indicible Regard se pose à chaque instant sur tous  et sur chacun : « Lui qui veut que tous les hommes soient sauvés et parviennent à la connaissance de la vérité ! » (1 Tm 2,4). Et, si nous avions quelques doutes,  le témoignage personnel de Saint Paul vient le confirmer avec un éclat particulier :

« Moi, naguère un blasphémateur, un persécuteur, un insulteur… Mais il m’a été fait miséricorde parce que j’agissais par ignorance, étranger à la foi ; et la grâce de notre Seigneur a surabondé en moi avec la foi et la charité qui est dans le Christ Jésus. Elle est sûre cette parole et digne d’être accueillie par tous : Le Christ Jésus est venu dans le monde pour sauver les pécheurs, dont je suis, moi, le premier ! Et s’il m’a été fait miséricorde, c’est pour qu’en moi, le premier, Jésus Christ manifestât toute sa patience, faisant de moi un exemple pour ceux qui doivent croire en Lui en vue de la vie éternelle ! » (1 Th 1,13-16).

« En vue de la vie éternelle ! » Saint Paul réaffirme ici le dessein final  de la Trinité Sainte à travers l’œuvre du Salut réalisée par le Christ Jésus, Verbe éternel fait chair (Jn 1,14)…  or, quand la Vierge de Fatima nous fait demander à son Fils : « Et conduisez au Ciel toutes les âmes ! » Elle nous plonge dans le désir le plus profond du Cœur ouvert de Jésus sur la Croix « car le Fils de l’homme est venu chercher et sauver ce qui était perdu ! » (Jn 19,10). Alors, 20 siècles plus tard et juste après Fatima, le message de « Jésus miséricordieux » à Sainte Faustine résonne pour notre temps comme un ultime cri d’amour !  Il vient nous réveiller de notre enfermement matérialiste avant qu’il ne soit trop tard… et nous devons y lire la Folie de sa Miséricorde qui veut nous sauver de la séparation éternelle d’avec Lui, notre seul bonheur pour toujours ! Il faut lire et relire ce texte si inspiré et théologiquement si juste : Il doit nous transpercer le cœur… et nous faire basculer dans une vie nouvelle où chaque instant est traversé par l’Infinie Miséricorde de Jésus :

« La perdition est pour l’âme qui veut se perdre… Seule l’âme qui le voudra elle-même sera damnée car Dieu ne condamne personne !…

        Celui qui désire le salut trouve la mer inépuisable de la miséricorde du Seigneur… même si j’avais sur la conscience les péchés de tous les damnés, je n’aurais pas douté de la miséricorde du Seigneur… mais le cœur contrit, je me serai jetée dans l’abîme de Ta Miséricorde !

        O malheureux qui ne profitaient pas maintenant de ce miracle de la Miséricorde… en vain, vous appellerez, il sera déjà trop tard [1] ! »

        Et bientôt un siècle après cette révélation privée majeure qui éclaire les Evangiles et l’Apocalypse de Jean ; il faut se souvenir d’une autre parole prophétique à Sainte Faustine qui  laisse deviner l’urgence unique de notre temps :

      « Tu prépareras le monde à mon ultime venue [2] ! »

                                                                                                                       + Marie-Mickaël

 

[1] Sainte Faustine, Petit Journal, 631 / 1452 / 1318 / 1448.

[2] Petit Journal, 429.




La prière urgente de la Vierge à Fatima – La Vierge nous fait demander à Jésus sa Protection du feu de l’Enfer… « Préserve-nous du feu de l’Enfer ! » (4)

La prière urgente de la Vierge à Fatima !

4 – La Vierge nous fait demander à Jésus

sa Protection du feu de l’Enfer…

« Préserve-nous du feu de l’Enfer ! »

     Tel est le second cri vers son Fils Sauveur ! Et si Notre Dame de Fatima nous fait faire une telle prière, c’est que les temps actuels sont « dangereux » à l’extrême ! L’évolution sociétale n’a plus de limites et engendre une terrible dégradation des mœurs… Comment ne pas pressentir alors une influence démoniaque de plus en plus dominante ? Elle est même un signe de ralliement pour toute une jeunesse qui participe chaque année au Hellfest (de Clisson près de Nantes) à travers une musique, des signes et des paroles d’enfer ! De « Iron Maiden à Sépultura, en passant par Déicide !… » La célébration de l’ange des ténèbres est librement affichée !

L’Eglise actuelle, à part Saint Jean-Paul II[1], est elle bien silencieuse sur la présence et l’influence actuelle des démons qui orientent trop souvent les lois et les comportements de notre civilisation actuelle. Il est donc « urgent » de nous réapproprier la plénitude de notre foi catholique sur les fins dernières : n’oublions jamais que chaque instant de notre vie avec ses choix et ses luttes en prépare une autre pour toujours ! Car « au soir de notre vie, nous serons jugés sur l’amour[2] » à travers ce que le catéchisme appelle un « jugement particulier » :

« La mort met fin à la vie de l’homme comme temps ouvert à l’accueil ou au rejet de la grâce divine manifestée dans le Christ (2 Tm 1,9-10). Le Nouveau Testament parle du jugement principalement dans la perspective de la rencontre finale avec le Christ dans son second Avènement, mais il affirme aussi à plusieurs reprises la rétribution immédiate après la mort de chacun en fonction de ses œuvres et de sa foi… La parabole du pauvre Lazare et la parole du Christ en Croix au bon larron… (Lc 16,22 / Lc 23,43).

« Chaque homme reçoit dans son âme immortelle sa rétribution éternelle dés sa mort en un jugement particulier qui réfère sa vie au Christ, soit à travers une purification, soit pour entrer immédiatement dans la béatitude du Ciel, soit pour se damner immédiatement pour toujours [3]! »

     Et le Concile Vatican II nous prévient avec la même insistance sur le sérieux de la vie sur terre :

     « Ignorants du jour et de l’heure, il faut que, suivant l’Avertissement du Seigneur, nous restions « vigilants » pour mériter, quand s’achèvera le cours unique de notre vie terrestre (He 2,27), d’être admis avec Lui aux noces et comptés parmi les bénis de Dieu (Mt 25,31-46), au lieu d’être, comme de mauvais et paresseux serviteurs (Mt 25,26) écartés par l’ordre de Dieu vers le feu éternel (Mt 25,41), vers ces ténèbres du dehors où seront les pleurs et les grincements de dents [4]… »

     Ces vérités engagent notre vie et notre éternité et il est urgent de nous les réapproprier pour fuir les illusions du monde et marcher sur le chemin de la conversion évangélique vers la vraie paix ! C’est pourquoi la Vierge de Fatima nous tourne vers Jésus, notre Unique Sauveur pour lui crier :

                                                     « Préserve-nous du Feu de l’Enfer ! »

    Car même chez beaucoup de catholiques, il y a une peur immature ou un refus secret d’accueillir ces vérités des « fin dernières » qui font pourtant partie intégrante de la foi de l’Eglise. Je me souviens de cette catholique rencontrée à Fatima lors d’un pèlerinage : elle me partageait sa joie de vivre ce pèlerinage à l’école des trois enfants de Fatima… puis tout à coup changea de ton, en disant qu’elle faisait « l’impasse » sur leur vision de l’enfer qu’elle n’admettait pas ! Or, la foi catholique est une comme la Tunique de Jésus (Jn 19,23-24) et l’on ne peut « exclure » une vérité sans mettre en péril l’ensemble[5]

Il faut donc ici méditer un instant [6] sur la vision du 13 juillet 1917 donnée aux 3 enfants de Fatima.  La Vierge y ouvre par un geste la porte de l’Enfer :

« La Vierge ouvrit de nouveau les mains, comme les deux derniers mois. Le reflet parut pénétrer la terre et nous vîmes « un océan de feu », et plongés dans ce feu, les démons et les âmes, comme s’ils étaient des braises transparentes, noires ou bronzées, ayant des formes humaines… Elles flottaient dans l’incendie, soulevées par les flammes qui sortaient d’elles-mêmes avec des nuages de fumée, tombant de tous côtés, semblables à la retombée des étincelles dans les grands incendies, sans poids ni équilibre, avec des cris et des gémissements de douleurs et de désespoir qui horrifiaient et faisaient trembler de frayeur !…

       Les démons se distinguaient par leurs formes horribles et répugnantes d’animaux effrayants et inconnus, mais transparents comme des charbons noirs embrasés… 

       Effrayés, comme pour demander secours, nous avons levés les yeux vers Notre Dame qui nous avait promis de nous emmener au Ciel… Autrement, dit Lucie, je crois que nous serions morts d’épouvante et de peur ! »

     Cette terrible vision bouleversera à jamais la vie, la foi et la prière des enfants de Fatima, en particulier celle de la petite Jacinta : elle va devenir un témoin unique de l’urgence du salut ! Elle qui aimait tant jouer va  maintenant « jouer » toute sa vie pour sauver les pécheurs de l’enfer !

En conclusion : retenons que cette vision  de l’Enfer donne le vrai sens des combats de ce monde : elle nous découvre de quelle horreur éternelle « Jésus est venu nous sauver ! »… Nous touchons là le centre profond du message de Notre Dame de Fatima qui nous a fait cette puissante promesse : « A la fin, mon Cœur Immaculé triomphera ! »

                                                                                                                   +Marie-Mickaël

 

 

[1] Voir ses Audiences du mercredi sur les « fins dernières : la vie, la mort, le Ciel, le purgatoire et l’l’enfer » de juillet 1999.

[2] Saint Jean de la Croix, Avisos 57.

[3] Catéchisme de l’Eglise catholique, 1021 – 1022.

[4] Concile Vatican II, Lumen gentium, 48.

[5] Cela nous invite aussi à prier pour « l’Unité des Chrétiens » dans la vérité de la foi…

[6] Pour un approfondissement des « Fins dernières » sur Le Ciel, le Purgatoire et l’Enfer, je renvoie à mes méditations der derniers mois…




La prière urgente de la Vierge à Fatima – L’Immaculée nous invite à faire la lumière sous le Regard de Jésus… « Pardonne-nous nos péchés ! » (3)

La prière urgente de la Vierge à Fatima !

3 – L’Immaculée nous invite à faire la lumière

sous le Regard de Jésus…

 « Pardonne-nous nos péchés ! »

Telle est la première demande que Notre Dame de Fatima nous fait adresser  au Seigneur Jésus ! C’est « un cri » jailli du plus profond… et il nous rend « solidaires » de cette terrible tâche du péché originel qui habite la vie de chaque homme ! Le catéchisme de l’Eglise catholique développe avec un admirable réalisme ce drame originel aux « conséquences dramatiques ». Il nous faut donc entrer dans la compréhension profonde de ce «mystère de foi » que beaucoup, aujourd’hui, ignorent, ridiculisent ou rejettent. Il en va pourtant de l’intelligence globale de l’histoire de l’humanité. Si l’on n’accueille pas la réalité du péché, toute l’histoire du salut qui aboutit au Christ n’a plus aucun sens !

Saint Jean, l’Apôtre bien-aimé, nous éclaire en deux affirmations sur le sujet capital. D’abord, ce Regard et cette Parole « uniques » de Saint Jean Baptiste sur le Fils de Dieu : « Fixant les yeux sur Jésus qui passait, il dit : « Voici l’Agneau de Dieu, qui enlève le péché du monde ! Les deux disciples, l’entendant parler ainsi, suivirent Jésus…» (Jn 1,36-37). Et il nous partage ensuite sa propre contemplation sur ce mystère de foi : « Si nous confessons nos péchés, Lui, fidèle et juste, pardonnera nos péchés… (1 Jn 1,9) Il nous aime et nous a lavés de nos péchés par son Sang ! » (Ap 1,5).

Pour saisir en plénitude le déploiement du péché originel, il faut donc remonter très haut et écouter l’ultime sagesse du Catéchisme fondée sur la Parole de Dieu. Si l’on ne comprend rien à ce terrible mystère, on reste « aveuglé » sur le vrai sens de l’histoire et de la vie :

« Derrière le choix désobéissant de nos premiers parents, il y a une voix séductrice, opposée à Dieu (Gn 3,1-5) qui, par envie, les fait tomber dans la mort [1]. L’Ecriture et la Tradition de l’Eglise voient en cet être un ange déchu, appelé Satan ou diable (Jn 8,44 / Ap 12,9). L’Eglise enseigne qu’il a été d’abord un ange bon, fait par Dieu… L’Ecriture parle aussi d’un péché de ces anges (2 P 2,4). Cette « chute » consiste dans le choix libre de ces esprits créés, qui ont radicalement et irrévocablement refusé Dieu et son Règne. Nous trouvons un reflet de cette rébellion dans les paroles du Tentateur à nos premiers parents : « Vous deviendrez comme Dieu » (Gn 3,5). Le diable est « pécheur dès l’origine » (1 Jn 3,8), et « père du mensonge » (Jn 8,44).

C’est le caractère irrévocable du choix, et non un défaut de l’infinie miséricorde divine, qui fait que leur péché ne peut être pardonné : « Il n’y a pas de repentir pour eux après la chute, comme il n’y a pas de repentir pour les hommes après la mort [2]…» Et « c’est pour détruire les œuvres du diable que le Fils de Dieu est apparu ! » (1 Jn 3,8)…

La permission divine de l’activité diabolique est un grand mystère, mais « nous savons que Dieu fait tout concourir au bien de ceux qui L’aiment [3] ! » (Rm 8,28).

Si notre foi est sérieuse et fondée sur la Parole de Dieu et la Tradition de l’Eglise, nous comprenons qu’un grand combat se déploie dans nos vies et qu’il a des conséquences éternelles… Il ne s’agit pas de paniquer et de nous mettre une insupportable pression où dominent la peur et le trouble. Dieu nous appelle tous à la joie et la paix en luttant patiemment dans l’espérance !

     Saint Pierre en témoigne avec force car, après sa trahison, il sait de quoi il parle: « Sans l’avoir vu, vous l’aimez ; sans le voir encore, mais en croyant, vous tressaillez d’une joie indicible et pleine de gloire, sûrs d’obtenir l’objet de votre foi : le salut de vos âmes ! » ( 1 P 1,8).

     Et voici donc la terrible conséquence qui nous touche tous, hormis la Vierge Marie[4]. Et en cette ère postmoderne où culmine un terrible malaise issu d’un mal être ; il nous faut méditer avec sérieux et profondeur cette « vérité de la foi du péché originel » à une époque où la dimension de « péché » semble quasi révolue… alors que ses conséquences planétaires de violence, de désespoir, d’injustice et d’horreurs débordent quotidiennement de nos écrans ! Voici donc l’intelligence profonde et réaliste que nous donne la Parole de Dieu méditée en Eglise à travers le Catéchisme et qui doit nous inviter à la vigilance et l’espérance… car n’oublions jamais cette vérité plus forte que tout :

« Jésus nous a tous et chacun connus et aimés durant sa vie, son agonie et sa passion et Il s’est livré pour chacun de nous : « Le Fils de Dieu m’a aimé et s’est livré pour moi [5] ! » (Ga 2,20).

Alors, forts dans la foi en ce mystère « Unique » du salut, nous pouvons regarder le péché en face :

     « L’homme, tenté par le diable, a laissé mourir dans son cœur la confiance envers son Créateur (Gn 3,1-11) et, en abusant de sa liberté, a désobéi au commandement de Dieu. C’est en cela qu’a consisté le premier péché de l’homme (Rm 5,19). Tout péché, par la suite, sera une désobéissance à Dieu et un manque de confiance en sa bonté… Dans ce péché, l’homme s’est préféré lui-même à Dieu, et par là même, il a méprisé Dieu… Constitué dans un état de sainteté, l’homme était destiné à être pleinement « divinisé » par Dieu dans la gloire ! Par la séduction du diable, il a voulu « être comme Dieu » (Gn 3,5), mais « sans Dieu, et avant Dieu, et non pas selon Dieu [6] ! »

      « L’Ecriture montre les conséquences dramatiques de cette première désobéissance. Adam et Eve perdent immédiatement la grâce de la sainteté originelle (Rm 3,23). Ils ont peur de Dieu (Gn 3,9-10) dont ils ont conçu une fausse image, celle d’un Dieu jaloux de ses prérogatives (Gn 3,5). »

« Mais pourquoi Dieu n’a-t-il pas empêché le premier homme de pécher ? Saint Léon le Grand répond : « La grâce ineffable du Christ nous a donné des biens meilleurs que ceux que l’envie du démon nous avait ôtés[7] !… » D’où le mot de Saint Paul : « Là où le péché a abondé, la grâce a surabondé ! » (Rm 5,20). Et le chant de l’Exultet : « O bienheureuse faute qui nous a mérité un tel et si grand Rédempteur[8] ! »

     Sans cet éclairage unique de la foi de l’Eglise, on ne peut rien comprendre à l’histoire chaotique de l’humanité si marquée par le péché… mais aussi soulevée peu à peu par l’Œuvre secrète de l’Esprit du Christ vivant qui conduit les hommes vers la Lumière de sa Résurrection ! La multitude des Saints connus ou cachés en témoigne dans une douce puissance…

Et par-dessus tout, n’oublions pas que notre Mère du Ciel est toujours penchée sur nos vies, où que nous en soyons ! A Fatima, à l’Apparition du 13 juillet 1917, « ce fut la troisième fois que la Vierge ouvrit les mains et les abaissa. Selon l’expression de Sœur Lucie, cette position des mains de Notre Dame signifie le geste prévenant de la Mère qui relève son enfant qui est tombé : la main gauche le relève du sol et la main droite le soutient et le caresse… C’est ainsi que la Vierge est toujours amoureusement attentive à ses fils tombés dans les marécages du péché et de la douleur. A tous, Elle offre sa protection et désire tous les aider à se relever [9]… »

                                                                                                                                         +Marie-Mickaël

 

[1] « Par la jalousie du diable, la mort est entrée dans le monde : ils la subissent ceux qui se rangent dans son parti ! » (Sg 2,24).

[2] Saint Jean Damascène, f.o. 2,4.

[3] Catéchisme de l’Eglise catholique, 391 à 395.

[4] C’est le Pape Pie IX qui a proclamé le dogme de l’Immaculée Conception de la Vierge Marie le 8 décembre 1854 par la Constitution apostolique « Ineffabilis Deus ». A Lourdes, le 25 mars 1858 à la 16° Apparition, en la fête de l’Annonciation, Bernadette demande à la Vierge « qui elle est » et elle reçoit cette réponse qui lui est mystérieuse : « Je suis l’Immaculée Conception ! »

[5] Catéchisme de l’Eglise catholique, 478.

[6] Saint Maxime le Confesseur, Ambigua.

[7] Sermon 73,4.

[8] Catéchisme de l’Eglise Catholique, 397 à 399 et 412.

[9] Carmel de Coïmbra, Un chemin sous le regard de Marie, Parvis 2016, p.76.