L’Assomption est un mystère où triomphe l’humilité !…

« Un signe grandiose apparut au ciel : une Femme !

Le soleil l’enveloppe, la lune est sous ses pieds

et douze étoiles couronnent sa tête ! »

Apocalypse 12,1

 

De l’Annonciation à l’Assomption, toute la vie de Marie est le triomphe d’une  espérance fondée sur une indicible humilité… Telle est la contemplation de Sainte Faustine : « C’est parce que ton humilité était la plus profonde que tu es élevée au-dessus des chœurs angéliques et des saints[1] ! »

Et, comme elle, il nous faut en tirer toutes les conséquences jusqu’au dernier instant de notre vie :

« Ô Marie, ma douce Mère, je te donne mon âme, mon corps et mon pauvre cœur…

Sois la Gardienne de ma vie !

Et particulièrement à l’heure de la mort, dans le dernier combat[2]… »

Et comme le remarque aussi le Pape Jean-Paul II, le mystère de l’Assomption n’éloigne pas la Vierge de l’humanité, mais ouvre le temps d’une étonnante « proximité de tendresse » avec chacun de ses enfants qui cheminent dans la joie et les épreuves de la foi :

« En effet, après son Assomption au Ciel, son rôle dans le salut ne s’interrompt pas… Son amour maternel la rend attentive aux frères de son Fils dont le pèlerinage n’est pas achevé, et qui se trouvent engagés dans les périls et les épreuves, jusqu’à ce qu’ils parviennent à la patrie bienheureuse[3] ! »

En cette radieuse solennité de l’Assomption de la Vierge, renouvelons notre choix de la suivre sur le chemin de la foi en nous abandonnant encore plus fort entre ses mains de tendresse… et en ce sens, écoutons et suivons le cher Saint Maximilien-Marie Kolbe qui, bien avant Jean-Paul II, a vécu le « totus tuus[4] » au Cœur Immaculé de Marie :

« Par l’Assomption de la Bienheureuse Vierge Marie : laisse-toi conduire ! Dieu nous a donné cette « blanche échelle » et veut, par cette « échelle », nous faire parvenir jusqu’à Lui ; mais c’est plutôt pour qu’en nous serrant sur son Cœur elle nous porte jusqu’à Dieu…

L’Immaculée nous couvrira de son manteau devant la justice de Dieu. La victoire est sûre dans la douceur de ses mains immaculées !

Mes petits enfants, aimez l’Immaculée et elle vous rendra heureux ! Confiez- vous à elle totalement. Il n’est pas donné à tous de comprendre l’Immaculée. Cela peut seulement s’obtenir par la prière… Je vous ai révélé mon secret et je l’ai fait pour vous procurer la force et l’énergie spirituelle au milieu des difficultés de la vie… N’aspirez pas aux choses extraordinaires, mais accomplissez seulement la volonté de l’Immaculée…

Tandis que je vous parle, je tiens dans ma main le Rosaire, égrenant les Ave Maria[5]… »

Marie-Mickaël

 

[1] Sainte Faustine, Petit journal, 161.

[2] Sainte Faustine, Petit journal, 161.

[3] Saint Jean-Paul II, Encyclique « Dives in misericordia », 9.

[4] « Je suis tout à toi, Ô Marie ! »

[5] Entretien du Père Kolbe avec ses frères, 10 janvier 1937.




« C’est maintenant l’heure de Marie ! »

   Nous vivons face une densité des ténèbres et des moyens de pression jamais connues dans l’histoire humaine… et c’est pourquoi notre foi doit faire de nous des chrétiens débouts et combattifs au quotidien : nos armes invincibles sont la persévérance à travers le chapelet ou, mieux, le Rosaire, les sacrements et l’amour fraternel.

Et c’est pourquoi le Seigneur a un jour levé le voile à une âme mystique en prophétisant sur le temps qui est le nôtre : « C’est le temps de Marie qui surgit ! Marie est l’extrême miséricorde que notre Amour a conçue pour vous…

C’est maintenant l’heure de Marie ! Une heure qui commence en ce moment et devra s’écouler en toute sa longueur, toujours plus noire de nuages !

Après le déluge, l’arc-en-ciel a été vu uniquement par les justes qui survécurent. Mais à l’heure actuelle, dans une surabondance de miséricorde, l’arc-en-ciel, le signe de paix, Marie, sera vu par plusieurs qui ne sont pas justes. Sa voix, son parfum, ses prodiges, seront connus des justes et des pécheurs[1]… »

Cet été, durant nos repos et loisirs, méditons sur cette intuition de « l’heure de Marie » qui est la nôtre pour garder nos cœurs dans une inlassable vigilance ! Le Seigneur nous l’a tant de fois demandé : « Soyez semblables à des gens qui attendent leur maître à son retour de noces, afin de lui ouvrir dès qu’il viendra et frappera. Heureux ces serviteurs que le Maître à son arrivée trouvera fidèles à veiller !… Vous aussi, tenez-vous prêts, car c’est à l’heure que vous ne pensez pas que le Fils de l’homme viendra ! » (Lc 12,35-40)

Nous nous retrouverons pour le 15 août, Assomption de la Sainte Vierge, notre Mère !

 

+Marie-Mickaël

[1] Maria Valtorta, citée dans le livre du P.Laurentin et de F.M. Debroise, La Vierge des derniers temps – Une étape de la fin du monde, de Grignion de Montfort à Maria Valtorta, Salvator 2014, p. 133-114.




Les Saints du Carmel : Sainte Elisabeth de la Trinité

Elisabeth est un visage inoubliable : sa beauté rayonnante, son charme humain, son amour de la vie et cet amour fou du Christ qui l’emportera au cœur du mystère de la Sainte Trinité… « blessée par l’Infini », elle nous interpelle en témoignant que la vraie vie d’en-Haut résonne aujourd’hui dans le silence : « N’entends-tu pas déjà le grand silence, l’hymne d’amour qui se chante là-haut ?… Celui des cœurs blessés par l’Infini ! » (Poésie 85). Laissons donc résonner en nos cœurs sa méditation sur la Vierge, qu’elle aimant tant voir comme la « Janua coeli » : la « Porte du Ciel » !

 

                                               « Je me réjouis de sa beauté ! »

      « Nul n’a vu le Père, nous dit Saint Jean, si ce n’est le Fils et ceux auxquels Il a plu au Fils de le révéler ! » (Jn 1,18 / Mt 11,27). Il me semble que l’on peut dire aussi : « Nul n’a pénétré le mystère du Christ en sa profondeur, si ce n’est la Vierge ! » Jean et Madeleine ont lu bien loin dans ce mystère, Saint Paul parle souvent de « l’intelligence qui lui en a été donnée » (Ep 3,3-4), et pourtant, come tous les Saints restent dans l’ombre quand on regarde aux clartés de la Vierge !

         Elle, c’est l’inénarrable, c’est le « secret qu’elle gardait et repassait dans son cœur » (Lc 2,19) et que nulle langue n’a pu révéler, nulle plume n’a pu traduire ! Cette Mère de grâce va former mon âme afin que sa petite enfant soit une image vivante, « saisissante », de son premier-né (Lc 2,7), le Fils de l’Eternel…

        Après Jésus-Christ, sans doute à la distance qu’il y a de l’Infini au fini, il est une créature qui fut aussi la grande louange de la gloire de la Sainte Trinité. Elle répondit pleinement à l’élection divine, dont parle l’Apôtre : elle fut toujours « pure, immaculée, irrépréhensible » (Col 1,22) aux yeux du Dieu trois fois saint. Son âme est si simple. Les mouvements en sont si profonds que l’on ne peut les surprendre. Elle semble reproduire sur la terre cette vie qui est celle de l’Être divin, l’Être simple. Aussi, elle est si transparente, si lumineuse qu’on la prendrait pour la lumière, pourtant elle n’est que le « miroir » du Soleil de justice : Spéculum justitiae !…

       A chaque fête de Marie, je renouvelle ma consécration à cette bonne Mère. Aujourd’hui donc, je me suis confiée à elle, et de nouveau je me suis jetée dans ses bras. Avec la plus entière confiance, je lui ai recommandé mon avenir, ma vocation…

      Oh ! jamais je ne l’ai tant aimée ! Je pleure de joie en pensant que cette créature toute sereine, toute lumineuse est ma Mère et je me réjouis de sa beauté comme un enfant qui aime sa Mère ; j’ai un mouvement très fort vers elle, je l’ai établie Reine et Gardienne de mon ciel et du tien… »

 

                                              Sainte Elisabeth de la Trinité (1880-1906).

                                         Dernière retraite 2 / 40 / Journal 2 / Lettre 298




Les Pères de l’Eglise : Saint Bernard de Clairvaux

Saint Bernard est considéré comme le dernier Père de l’Eglise : Réformateur de l’Ordre monastique cistercien, il sera une figure et une voix incontournable du XII° siècle et laissera des écrits admirables qui feront de lui un « Docteur de l’Eglise ». Le Pape Pie XII dira que sa manière d’écrire, « vive, brillante, coulante, nuancée par l’éclat des sentences, répand tant de suavité et de douceur qu’elle attire, charme et élève l’esprit du lecteur… Elle pousse l’intelligence à poursuivre non les biens caducs et passagers, mais ceux qui sont vrais, sûrs et qui demeurent !… Et plusieurs de ces mêmes pages, au parfum céleste… semblent remplies du souffle de l’Esprit-Saint, et leur lumière est si resplendissante que le cours des siècles n’a jamais pu l’éteindre… » (Encyclique Doctor mellifluus, 24 mai 1953).

On connaît aussi l’amour unique que Saint Bernard avait pour Notre Dame et qu’il a merveilleusement chanté dans une prière qui traverse les siècles : « Regarde l’étoile, invoque Marie ! »

 

   « Son Visage est comme caché… »

     Afin de blanchir la multitude, un seul s’est laissé noircir, car « il est bon , dit l’Ecriture, qu’un seul meure pour tout le peuple » (Rm 8,3), et que toute la race ne soit pas condamnée par le péché.

      La splendeur de l’Essence divine se voile donc en la forme d’esclave, pour sauver la vie de l’esclave. L’éclat de la Vie éternelle s’assombrit dans la chair pour purifier la chair. Pour éclairer les fils des hommes, le plus beau des enfants des hommes (Ps 44,3) doit s’obscurcir dans la Passion, accepter la honte de la Croix…

      Mais sous cette tente noire (Ct 1,5), je reconnais le Roi… Je le reconnais et je l’embrasse. Je vois sa gloire qui est à l’intérieur ; la couleur misérable de l’infirmité humaine le couvre ; son Visage est comme caché, défait, à l’heure où pour nous  ressembler, il est éprouvé comme nous, mais n’a pas péché..

      Je reconnais aussi la forme de notre nature souillée, je reconnais cette tunique de peau, le vêtement de nos premiers parents (Gn 3,21). Mon Dieu s’en est revêtu, prenant la forme de l’esclave, devenu semblable aux hommes (Ph 2,7) et habillé comme eux. Sous cette peau de chevreau, signe du péché, dont se couvrit Jacob (Gn 27,16), je reconnais la main qui n’a pas péché, la nuque jamais courbée sous l’emprise du mal.

      Je sais, Seigneur, que par nature Tu es doux, humble de cœur, abordable, paisible, souriant, Toi qui as été « oint de l’huile de joie plus que tes compagnons » (Mt 11,29 ; Ps 44,8). D’où te vient donc cette rude ressemblance d’Esaü, cette affreuse apparence du péché ?… Je reconnais mon bien, et sous mon visage je vois mon Dieu, mon Sauveur…

 

                                                        Saint Bernard de Clairvaux (1091-1153)

                                                      Sermon 28 sur le Cantique des cantiques




Les témoins d’aujourd’hui : Saint Charles de Foucauld

Le Seigneur Jésus est « venu chercher et sauver ce qui était perdu… » (Lc 19,10) et il choquera les pharisiens d’hier et d’aujourd’hui qui se scandalisent : « Cet homme fait bon accueil aux pécheurs et il mange avec eux ! » (Lc 15,2). Et c’est alors que le Maître les enseigne avec la parabole de la brebis perdue… en concluant : « C’est ainsi qu’il y aura plus de joie dans le Ciel pour un seul pécheur qui se convertit, que pour 99 justes qui n’ont pas besoin de conversion ! » (Lc 15,7).

Charles de Foucauld a été cette brebis perdue comme il en témoigne dans ce texte bouleversant… et Jésus a pu dire de lui : « J’ai retrouvé ma brebis, celle qui était perdue ! » (Lc 15,6). Que ce témoignage d’un grand pécheur devenu un très grand Saint vienne nous délivrer de tout orgueil qui nous éloignerait de l’infinie miséricorde de Dieu : personne n’entrera dans le Royaume de Dieu sans l’humilité et l’espérance d’où peut naître l’Amour qui, seul, vient de l’Esprit ! Que la Vierge Marie nous enveloppe comme le Rosaire que Charles portait à sa ceinture et priait jour et nuit…

               « Mon Dieu, comme vous m’avez gardé !… Que vous êtes bon ! » 

      Je m’éloignais, je m’éloignais de plus en plus de vous, mon Seigneur et ma Vie… et aussi ma vie commençait à être une mort, ou plutôt c’était déjà une mort à vos yeux. Et dans cet état de mort, vous me conserviez encore. Toute foi avait disparu… mais vous me faisiez d’autres grâces, mon Dieu, vous me conserviez le goût de l’étude, des lectures sérieuses, des belles choses, le dégoût du vice et de la laideur. Je faisais le mal, mais je ne l’approuvais ni ne l’aimais. Vous me donniez cette inquiétude vague d’une conscience mauvaise, qui endormie qu’elle est, n’est pas tout à fait morte…

      Mon Dieu, c’était donc un don de vous ; comme j’étais loin de m’en douter ! Que vous êtes bon ! Et en même temps que vous empêchiez mon âme, par cette invention de votre amour, de se noyer irrémédiablement, vous gardiez mon corps : car si j’étais mort alors, j’aurais été en Enfer…

      Ces dangers en voyage, si grands et si multipliés, dont vous m’avez fait sortir comme par miracle ! Cette santé inaltérable dans les lieux les plus malsains, malgré de si grandes fatigues ! O mon Dieu, comme vous aviez la main sur moi, et comme je la sentais peu ! Comme vous m’avez gardé ! Comme vous me couviez sous vos ailes lors que je ne croyais même pas à votre existence !

 

                                                                   Saint Charles de Foucauld (1858-1916)

                                                                     Retraite à Nazareth, novembre 1897




Les Papes de Marie : Saint Jean-Paul II

Arrêtons-nous ici un instant et méditons sur un passage révélateur  du « Testament » de Saint Jean-Paul II écrit dans la perspective de quitter ce monde au dernier jour. Les paroles d’un homme sur le mystère de sa fin ont le poids de toute une vie et elles nous révèlent ce qui en a été le cœur…

Le témoignage de celui qui fut le « Pape de Marie » et qui a porté la Bonne Nouvelle du Seigneur dans 127 nations du monde nous invite à méditer nous-aussi sur le sens de nos propres vies ! Dans le rythme effréné de la postmodernité actuelle qui nous bombarde d’informations multiformes, on nous vole la beauté créatrice du silence et de la paix… Sachons revenir à la douceur paisible du Cœur de Marie en lui disant comme Jean Paul II : « Je suis tout à Toi ! » Elle nous enveloppera de sa tendresse et fera résonner en notre propre cœur les Paroles de son Fils pour le Grand rendez-vous de nos vies :

« Veillez, car vous ne savez pas quel jour va venir votre Maître… c’est à l’heure que vous n’y penserez pas que le Fils de l’homme viendra ! » (Mt 24,42-44)

 

   « Tout à Toi ! Mère de mon espérance ! »

    « Veillez et priez car vous ne savez pas le jour où votre Seigneur viendra… » Ces paroles me font penser au dernier appel au moment où il plaira au Seigneur de m’appeler. Je désire le suivre et que tout ce qui fait ma vie sur terre me prépare à ce moment. Je ne sais pas quand il arrivera, mais comme toute chose, je confie ce moment à la Mère de mon Maître : « Totus  Tuus ! » Dans ces mêmes mains maternelles, j’abandonne tout… En ses mains, je laisse par-dessus tout l’Eglise, ma nation et l’humanité entière ! Merci à tous, à tous je demande pardon. Je demande aussi de prier pour moi afin que la Divine Miséricorde se montre plus grande que ma faiblesse et mon indignité…

      Chacun doit toujours compter avec la possibilité de la mort. Et il doit être prêt à se présenter devant le Seigneur et Juge, qui est en même temps Rédempteur et Père. Alors moi aussi, je prends cela en considération, confiant ce moment décisif à la Mère du Christ et de l’Eglise, à la Mère de mon espérance… Dans ma vie et dans ma mort, « Totus Tuus par l’Immaculée ! » Acceptant dès aujourd’hui cette mort, j’espère que le Christ me donnera la grâce de l’ultime passage, c’est-à-dire ma Pâques ! »

                      Saint Jean-Paul II, Extraits de son Testament, 6 mars 1979 / 1 mars 1980  




En son Cœur naissent les étoiles ! Le Rosaire est sorti de son Cœur Immaculé…

Après le temps où la Vierge a suivi son Fils et son Sauveur de la Crèche à la Croix… Elle n’a cessé de méditer chaque instant de sa vie « en repassant en son Cœur » ses paroles, ses gestes, ses regards qui sont devenus les mystères du Rosaire : oui, au plus beau sens du terme, Elle sait l’Evangile par Cœur :

« Marie gardait avec soin tous ces évènements et les repassait en son cœur… » (Lc 2,19).

Le Rosaire est sorti de son Cœur qui a contemplé chaque instant de la vie de Jésus depuis le premier instant où, après l’Annonciation, Elle l’a porté durant neuf mois en son Sein… Qui comprendra ce mystère si simple, si fou et si caché de cette Femme qui est devenue la Mère de Dieu ? Voici donc la genèse de Rosaire : il est sorti des profondeurs de la vivante mémoire de Marie car « celui qui aime se souvient !… et ce sont ces souvenirs qui, en un sens, ont constitué le « Rosaire » que la Vierge a constamment récité au long des jours de sa vie terrestre[1]… »

Et quand Saint Jean-Paul II emploie l’expression « Marie, mémoire de l’Eglise », il nous invite à découvrir combien l’Eglise et la Mère de Dieu sont inséparables : Elle est Mère de l’Eglise ! Son Rosaire nous plonge chaque jour dans l’intelligence des mystères de la foi :

« Marie propose sans cesse aux croyants les « mystères » de son Fils avec le désir qu’ils soient contemplés, afin qu’ils puissent libérer toute leur force salvifique… car lorsqu’elle récite le Rosaire, la communauté chrétienne se met en syntonie avec le souvenir et le regard de Marie…

S’il est vrai que, du point de vue divin, l’Esprit est le Maître intérieur qui nous conduit à la vérité toute entière sur le Christ (Jn 14,26 / 15,26 / 16,13), parmi les êtres humains, personne mieux qu’elle ne connaît le Christ ; nul autre que sa Mère ne peut nous faire entrer dans une profonde connaissance de son mystère[2]… »

Alors, au cœur de notre foi, prenons conscience combien l’Esprit nous offre le don unique et mystérieux du Cœur Immaculé de Marie… Elle seule, notre Mère, peut nous porter et nous protéger pour faire face aux combats des derniers temps. Car sans Elle, tout est plus rude et dangereux, mais avec Elle et en Elle, tout est plus doux et enveloppé par son incessante tendresse maternelle !

Découvrons jour après jour combien Son Cœur est notre passage secret et le lieu de notre naissance au Ciel de Dieu pour devenir ces « Stars » éternelles : les Saintes et les Saints d’hier, d’aujourd’hui et de demain !

 

+Marie-Mickaël

                                                                                                                                      

[1] Saint Jean-Paul II, Lettre sur le Rosaire de la Vierge Marie, 16 octobre 2002, n° 11.

[2] Saint Jean-Paul II, Lettre sur le Rosaire de la Vierge Marie, n° 11 et 14.




En son Cœur naissent les étoiles ! Ce Cœur de Marie révélé à Fatima…

Allons-nous enfin choisir jour après jour la douceur des mains de Marie ? N’est-ce pas Elle qui nous plonge dans la puissance de l’Esprit ? N’est-t-Elle pas toujours celle qui attire sur nous l’Amour infini de manière cachée comme à la Pentecôte ? Assurément car la Mère de Jésus était là « d’un même cœur » avec l’Eglise naissante (Ac 1,14)… comme Elle est et sera « toujours là » jusqu’à la fin ! Car depuis sa venue à Fatima, nous savons que le triomphe de son Cœur Immaculé est imminent pour préparer le Retour de Jésus !

Tel est la réalité finale à ne pas oublier dans les grands combats actuels et à venir qui vont venir « éprouver » notre espérance : dans une sagesse qui n’est pas de ce monde, Dieu nous sauvera par des voies déroutantes au moment où tout semblera perdu ! Et c’est pourquoi les enfants de Marie demeureront petits et enfouis en son Cœur Immaculé. Ils traverseront ainsi les terribles épreuves des derniers temps comme Saint Jean l’a suivie jusqu’au pied de la Croix : là, Elle était debout dans la foi et déjà victorieuse dans l’espérance… parce que l’amour pour son Fils Sauveur était sa seule lumière !

Alors, dans cette période redoutable qu’aborde l’Eglise, Il nous faut d’abord découvrir l’expression bouleversante de son Regard maternel posé sans cesse sur nous…  souvenons-nous ici du témoignage de Mélanie de La Salette :

« Les yeux de la très Sainte Vierge, notre tendre Mère, ne peuvent pas se décrire par une langue humaine… ses yeux brillaient comme deux soleils ! Ils étaient doux et clairs comme un miroir… Dans ses yeux, on voyait le Paradis !… Les yeux de la belle Immaculée étaient comme la Porte de Dieu[1] !… »

Il nous faut aussi contempler la manière unique dont s’est révélée la Vierge à Fatima. Car son attitude et ses gestes manifestent le mystère de sa merveilleuse Tendresse et de sa puissante Protection pour chacun de nous :

A Fatima, Notre Dame a exprimé sa maternité spirituelle sur nous par « le langage des mains » : sa main droite d’abord, posée sur notre épaule, nous protège et nous plonge en même temps dans la puissance de l’Esprit comme les trois enfants ! Elle nous tend aussi le chapelet pour être fort, confiant et humble dans le combat spirituel de chaque jour…

Sa main gauche tendue vers nous mendie notre prière car, par le Rosaire et nos sacrifices, la Vierge veut sauver les âmes au bord de l’Enfer ! Et c’est pourquoi aussi cette main gauche nous envoie dans toutes sortes de missions, visibles ou cachées, pour annoncer dans l’infinie miséricorde du Père à travers le Visage et le Cœur ouvert de Jésus !

Ainsi, Marie a reçu de la Sainte Trinité la mission de venir nous préparer pour la joie du retour de l’Unique Sauveur ! Elle est au cœur du mystère de la fin des temps comme l’a annoncé un de ses plus grands prophètes : « C’est par la Très Sainte Vierge Marie que Jésus-Christ est venu au monde pour la première fois, et c’est aussi par Elle qu’Il doit y revenir pour la seconde[2]… » Nous voici donc prévenus : veillons sans cesse avec courage !

+Marie-Mickaël

 

[1] Mélanie, Castellammmare, 21 novembre 1878.

[2] Saint Louis Marie Grignion de Montfort, Traité de la vraie dévotion à la Sainte Vierge, n° 1.




En son Cœur naissent les étoiles ! Le temps du Cœur Immaculé de Marie…

Pour vivre intensément cette fin des temps sous le Regard de Jésus, Notre Sauveur, il nous faut réentendre la parole « unique » qui a jailli de son Cœur sur la Croix : « Voici ta Mère ! » (Jn 19,27). Comme toute Parole de Dieu, elle traverse les siècles jusqu’à nous aujourd’hui… et sous savons combien la Mère de Jésus et de l’Eglise s’est manifestée ces deux derniers siècles en tant de lieux d’Apparitions d’hier et d’aujourd’hui dont « Fatima » demeure le cœur !

Là, Elle est venue dire à trois enfants des secrets et des avertissements qui résonnent encore en notre temps… Elle a annoncé les temps redoutables que nous vivons et les épreuves de l’Eglise actuelle. Saint Jean Paul II l’avait deviné comme nul autre Pape :

« Cherchons à comprendre le message extraordinaire qui commença à résonner dans le monde à partir de Fatima !… Ce message de Notre Dame est adressé à tout homme… L’objet de ses soins, c’est tous les hommes de notre époque… Les sociétés menacées par l’apostasie, où l’écroulement de la moralité entraîne avec lui l’écroulement des sociétés !…

Confier le monde au Cœur Immaculé de la Mère signifie revenir au pied de la Croix du Fils… En Elle, se trouve le Cœur de l’Epouse et de la Mère qui connaît toutes les souffrances des hommes et des sociétés de cette terre… et nous pouvons répéter : « Tu es intervenue pour empêcher notre ruine ! En vérité, tu es bénie[1] ! »

La grâce du Christ qui me fait enfant de Dieu me plonge en même temps en la tendresse de la Mère de Dieu : selon la Parole « créatrice » du Fils, Elle est devenue ma Mère au pied de la Croix ! (Jn 19,27). Et désormais, où que je sois, chaque instant de ma vie est mystérieusement enveloppé par sa maternelle douceur… comme Elle le révèle aux enfants de Fatima : son Cœur Immaculé est la terre sacrée de ma renaissance spirituelle !

Alors, en quelles mains allons-nous nous abandonner ? Celle de l’Ennemi de notre avenir en cédant à l’illusion orgueilleuse d’un homme qui s’auto-divinise par  la fascination technologique ?  Va-t-il remplacer le Ciel de Dieu par son paradis terrestre transhumain ? Mais une dynamique de progrès sans fin n’aboutit qu’à une prison de mort ! C’est le délire de la Babylone, décrit dans le livre de l’Apocalypse[2], que nous touchons déjà dans notre tentation actuelle et que Saint Jean-Paul II a vu venir :

« L’Esprit du mensonge essaie de faire croire aux hommes de notre époque qu’ils sont « comme des dieux », en dehors du bien et du mal (Gn 3,15) ; que le péché n’existe pas ; alors que la réalité du péché et du mal assaille, comme jamais auparavant, donnant la preuve de son existence par des menaces d’une dimension jamais connues jusqu’ici[3] ! »

Alors, allons-nous enfin écouter Marie qui dépose le chapelet de la victoire entre nos mains ? Il est temps d’entrer dans le « Refuge » invincible de son Cœur Immaculé…

+Marie-Mickaël

[1] Saint Jean-Paul II, Homélie à Fatima, 13 mai 1982.

[2] Voir les chapitres 17 et 18 de l’Apocalypse.

[3] Saint Jean-Paul II, Rome, 21 août 1984.




Le chapelet est un rayon de l’Evangile…

Lors d’un rêve où il était en danger de mort, le Saint Padre Pio nous rapporte une parole de la Vierge qui l’a beaucoup marqué : « Ne crains rien, je suis là… Prends ton Arme (le chapelet) et sers-t’en ! »

C’est une invitation pressante au « combat spirituel » face à nos trois ennemis : le monde au sens de Saint Jean (1 Jn 2,15-17), notre nature marquée par le péché (Ro 7,15-20) et enfin le Tentateur ! C’est pourquoi Saint Paul nous invite à revêtir « l’armure de Dieu » pour lutter avec la grâce de Dieu « non contre des adversaires de sang, mais contre les Principautés, les Puissances, les Régisseurs de ce monde de ténèbres, contre les Esprits du Mal qui habitent les espaces célestes ! » (Ep 6,10-17). Cela signifie que la vie chrétienne n’est pas un long fleuve tranquille : si la paix et la joie nous sont promises par Notre Seigneur (Jn 14,27 et Jn 15,11), notre vie est aussi le lieu d’une lutte constante ! Et comme l’affirme avec réalisme Sainte Catherine de Sienne : « Sans guerre, il n’y a pas de paix ! » Car la terre de notre cœur est encore beaucoup trop occupée par l’Ennemi de la paix…

Ainsi, dans ce redoutable combat « d’abord spirituel » de chaque jour, le Chapelet humble et puissant de la Vierge est « l’Arme des pauvres » et des petits que nous sommes ! Le merveilleux écrivain et poète chrétien Charles Péguy en était convaincu quand il fait dire au Seigneur :

Récite ton Chapelet, dit Dieu

Et ne te soucie pas de ce que raconte tel écervelé :

Que c’est une dévotion passée et qu’on va abandonner…

Cette prière-là, je te le dis,

Est un rayon de l’Evangile !

On ne la changera pas…

Ce que j’aime dans le chapelet, dit Dieu,

C’est qu’il est simple et qu’il est humble,

Comme fut mon Fils, comme fut sa Mère…

 

Récite ton chapelet, dit Dieu,

Il faut que cette prière tourne et retourne

Comme font entre tes doigts les grains du chapelet…

Alors, quand je voudrai, je te l’assure,

Tu recevras la bonne nourriture

Qui affermit le cœur et rasure l’âme.

Allons, dit Dieu, récite ton chapelet,

Et garde l’esprit en paix[1] ! »

 

Telle est la fidélité où s’exerce la persévérance des pécheurs, car le Rosaire est « l’apprentissage de la douceur » : inspiré par l’amour, il commence dans l’humilité et se creuse dans la patience pour nous conduire à la paix ! A travers lui, la Vierge de tendresse nous façonne lentement à l’image de son Fils « doux et humble de Cœur… » (Mt 11,29).

                                                                   +Marie-Mickaël

[1] Charles Péguy, « Chantre de Chartres ».