Les saints du Carmel : Sainte Elisabeth de la Trinité – 1. O mon Dieu, Trinité que j’adore !

« O mon Dieu, Trinité que j’adore, aidez-moi à m’oublier entièrement pour m’établir en vous,  immobile et paisible comme si déjà mon âme était dans l’éternité…

       Que rien ne puisse troubler ma paix, ni me faire sortir de vous, ô mon Immuable, mais que chaque minute m’emporte plus loin dans la profondeur de votre Mystère. Pacifiez mon âme, faites-en votre ciel, votre demeure aimée et le lieu de votre repos. Que je ne vous y laisse jamais seul, mais que je sois là toute entière, toute éveillée en ma foi, toute adorante, toute livrée à votre Action créatrice… »

Voici donc la première partie de la contemplation Trinitaire de notre chère Elisabeth : on est là au cœur du cœur du mystère de la foi chrétienne et, en ce sens, le témoignage de la jeune carmélite me semble « unique » dans l’histoire de l’Eglise ! Il faut donc tenter de contempler et creuser cette prière qui lui a été inspirée par l’Esprit-Saint…

« O mon Dieu, Trinité que j’adore ! » Cette première affirmation est l’acte de foi suprême en la Révélation contemplé par Saint Jean : « Au commencement était le Verbe, et le Verbe était tourné vers Dieu, et le Verbe était Dieu… Tout fut par Lui et sans Lui rien ne fut… Et le Verbe s’est fait chair et Il a demeuré parmi nous, et nous avons vu sa gloire, gloire qu’Il tient de son Père comme Fils unique, plein de grâce et de vérité !… Nul n’a jamais vu Dieu ; le Fils unique, qui est dans le sein du Père, Lui, l’a fait connaître… » (Jn 1,1-2 / 14-18)

Alors, dans cette contemplation, l’âme devient, selon l’expression favorite d’Elisabeth : « une louange de Gloire !… une âme de silence qui se tient comme une lyre sous la touche mystérieuse de l’Esprit Saint afin qu’Il en fasse sortir des harmonies divines[1] ! » Et elle conclut en citant d’abord Saint Paul : « Vous n’êtes plus des hôtes ou des étrangers, mais vous êtes de la Cité des saints et de la Maison de Dieu ! » (Ep 2,19). La Trinité, voilà notre demeure, notre « chez nous », la maison paternelle d’où nous ne devons jamais sortir[2]… »

On comprend pourquoi elle insiste tant sur « l’oubli de soi » qui seul, permet à Dieu de nous emporter dans « la profondeur de son Mystère » ! Il faut donc repasser en nos cœurs cette lumineuse élévation. Elisabeth nous y invite à devenir de vrais chrétiens qui découvrent le secret de la foi : dépasser tout le créé, et surtout soi-même, pour entrer dans le « Royaume intérieur[3] » pour la plus belle des rencontres ! Elle fera de nous des témoins de la beauté de Dieu : « Aidez-moi à m’oublier entièrement pour m’établir en vous, immobile et paisible comme si déjà mon âme était dans l’éternité… Que rien ne puisse troubler ma paix, ni me faire sortir de vous, ô mon Immuable, mais que chaque minute m’emporte plus loin dans la profondeur de votre Mystère… »

Et c’est pourquoi elle ose écrire à sa Mère : « Tu sais que je suis la petite maman de ton âme, aussi je suis pleine de sollicitude pour elle. Rappelle-toi ces mots de l’Evangile : « Le Royaume de Dieu est au-dedans de vous ! » (Lc 17,21). Entre en ce petit royaume pour adorer le Souverain qui y réside[4]… »

Ensuite, la jeune Carmélite témoigne avec une splendide liberté du mystère de l’inhabitation divine en son âme. N’est-ce pas d’ailleurs le grand témoignage de toute sa vie ? Assurément, car n’oublions pas que notre Elisabeth était une remarquable pianiste classique qui aurait pu accéder à une carrière internationale… mais Elle a été définitivement saisie par « la musique intérieure » de la Présence de Dieu qui l’a toute emportée dans le silence et la louange ! Aussi, elle affirme avec force : « Ce silence dont parlait David ((Ps 65,1)… est la plus belle louange !… Que rien ne me sorte de ce beau silence du dedans[5]… »

Cela aboutira à cette prière à la Sainte Trinité que nous méditons. Et, avec l’audace et la liberté que donne l’Esprit, Elisabeth y affirme la plénitude qui traverse sa vie baptismale : « Pacifiez mon âme, faites-en votre ciel, votre demeure aimée et le lieu de votre repos ! »

On peut vraiment dire qu’elle a vécu à la belle époque, la plus belle histoire d’amour qui soit : le mystère de ses Noces avec l’Agneau ! Et elle a saisi avec une intensité particulière l’exigence première de cette relation : quand on aime passionnément, on ne laisse jamais seul l’être aimé… et c’est bien ce qu’exprime son admirable prière :

« Que je ne vous y laisse jamais seul, mais que je sois là toute entière, toute éveillée en ma foi, tout adorante, toute livrée à votre Action créatrice ! »

« Que je ne vous y laisse jamais seul… »  Ne jamais s’éloigner jusqu’à oublier la personne aimée… et à fortiori quand il s’agit de mon Créateur et mon Sauveur ? N’est-ce pas là la prévenance majeure de l’amour ? En effet, le vrai amour désire sans cesse une chose unique : ne jamais laisser seul l’être aimé ! L’amour est d’abord présence et communion… On laissera donc résonner ici quelques expressions si reconnaissables et si révélatrices de la spiritualité unique de notre merveilleuse  Elisabeth :

« Il faut que l’âme soit toute éveillée en sa foi, avec ce beau regard tendu vers le Maître… Alors, le Créateur, en voyant le beau silence qui règne en sa créature, en la considérant toute recueillie en sa solitude intérieure, est épris de sa beauté et il la fait passer en cette solitude immense, infinie, en ce « lieu spacieux » chanté par le prophète et qui n’est autre que Lui-même : « J’entrerai dans les profondeurs de la puissance de Dieu… » (Ps 70,16). « Je la conduirai dans la solitude et je lui parlerai au cœur… » (Os 2,14). La voici, cette âme, entrée en cette vaste solitude où Dieu va se faire entendre[6]…

N’est-ce pas là un Ciel anticipé ?… en l’âme de la Vierge, c’est là que nous adorerons la Sainte Trinité !… Oh ! que cela grandit l’âme ; c’est comme une étreinte d’infini[7] !… »

                                                                                      +Marie-Mickaël

[1] Le Ciel dans la foi, 43.

[2] Le Ciel dans la foi, 2.

[3] Lettre 264.

[4] Lettre 280.

[5] Dernière Retraite, 21 et 26.

[6] Dernière Retraite, 25 et 27.

[7] Lettre 199.




Saint Bonaventure : « Quelle Mère aimante nous avons ! »

« Une femme peut-elle oublier son nourrisson et être sans pitié pour le fruit de ses entrailles ? (Is 49.15). Ceci peut nous faire comprendre que le peuple chrétien tout entier est issu des entrailles de la glorieuse Vierge. Quelle Mère aimante nous avons ! Modelons-nous sur notre Mère et suivons-la dans son amour. »

Saint Bonaventure (1221-1274) « Les sept dons du Saint-Esprit », conférence VI, 15-21) (trad. Orval).




Les saints du Carmel : Sainte Elisabeth de la Trinité

O mon Dieu, Trinité que j’adore !

Dans l’histoire de l’Eglise, cette prière d’Elisabeth de la Trinité est unique ! Et c’est pourquoi nous allons la méditer sur plusieurs semaines pour l’approcher, l’approfondir et la contempler. Toujours mieux découvrir qui est Dieu est l’unique sens de nos vies… Et, en ce sens, Elisabeth nous pose la seule question qui doit traverser nos cœurs :

« Comprendrons-nous jamais combien nous sommes aimés[1] ? »

Et elle ne tarde pas à répondre et à témoigner en regardant éperdument le Christ :

« Il t’aime aujourd’hui comme Il t’aimait hier, comme Il t’aimera demain !… Celui qui nous aime d’un amour que nous ne pourrons jamais comprendre[2] ! » Car Elisabeth l’affirme : « L’âme du Christ me livre tous les secrets du Père[3] ! »

Et la jeune Carmélite peut conclure : « Le Ciel, il est en nous, et l’Esprit Saint Lui-même veut le renouveler en l’ardeur de ses feux[4] ! »

Et ainsi, Elisabeth nous découvre ici le secret central de la vie chrétienne et, à partir de cette grande Révélation, elle entrevoit sa mission future :

« Il me semble que j’ai trouvé mon Ciel sur la terre puisque le Ciel, c’est Dieu, et Dieu, c’est mon âme. Le jour où j’ai compris cela, tout s’est illuminé en moi et je voudrais dire ce secret tout bas à ceux que j’aime[5]… »

Dans l‘Evangile, le Seigneur a demandé à tous ses disciples la vigilance de la prière continuelle : « Veillez et priez en tout temps ! » (Lc 21,36). Vers la fin de sa vie, Elisabeth a découvert qu’elle aurait au Ciel une grande mission pour notre époque prisonnière du matérialisme et de l’éphémère: être Prophète de la Présence de Dieu pour nous attirer à cette intimité avec Lui dans le Ciel de notre âme :

« Il me semble qu’au Ciel, ma mission sera d’attirer les âmes en les aidant à sortir d’elles pour adhérer à Dieu dans un mouvement tout simple et tout amoureux, et de les garder en ce grand silence du dedans qui permet à Dieu de s’imprimer en elles, de les transformer en Lui-même…

Il me semble que maintenant, je vois toutes choses à la lumière du bon Dieu, et si je recommençais ma vie, oh, comme je voudrais ne plus perdre un instant !… Mon Maître me presse, Il ne me parle plus que de l’éternité d’amour. C’est si grave, si sérieux ; je voudrais vivre chaque minute pleine[6]… »

                                                                                      +Marie-Mickaël

 

La Prière à la Trinité       

« O mon Dieu, Trinité que j’adore ! »

 

Méditons cette semaine la prière en entier d’Elisabeth de la Trinité que nous commenterons ensuite en quatre parties distinctes pour l’approcher en profondeur…

    « O mon Dieu, Trinité que j’adore, aidez-moi à m’oublier entièrement pour m’établir en vous,  immobile et paisible comme si déjà mon âme était dans l’éternité…

       Que rien ne puisse troubler ma paix, ni me faire sortir de vous, ô mon Immuable, mais que chaque minute m’emporte plus loin dans la profondeur de votre Mystère. Pacifiez mon âme, faites-en votre ciel, votre demeure aimée et le lieu de votre repos. Que je ne vous y laisse jamais seul, mais que je sois là toute entière, toute éveillée en ma foi, toute adorante, toute livrée à votre Action créatrice…

       O mon Christ aimé, crucifié par amour, je voudrais être une épouse pour votre Cœur, je voudrais vous couvrir de gloire, je voudrais vous aimer… jusqu’à en mourir ! Mais je sens mon impuissance et je vous demande de me « revêtir de vous-même », d’identifier mon âme à tous les mouvements de votre âme, de me submerger, de m’envahir, de vous substituer à moi, afin que ma vie ne soit plus qu’un rayonnement de votre Vie !

        Venez en moi comme Adorateur, comme Réparateur et comme Sauveur. O Verbe éternel, Parole de mon Dieu, je veux passer ma vie à vous écouter, je veux me faire toute enseignable, afin d’apprendre tout de vous. Puis, à travers toutes les nuits, tous les vides, toutes les impuissances, je veux vous fixer toujours et demeurer sous votre grande lumière… Ô mon Astre aimé, fascinez-moi pour que je puisse plus sortir de votre rayonnement…

         O Feu consumant, Esprit d’amour, « survenez en moi », afin qu’il se fasse en mon âme comme une incarnation du Verbe : que je Lui sois une humanité de surcroît en laquelle Il renouvelle tout son Mystère !

         Et vous, ô Père, penchez-vous vers votre pauvre petite créature, « couvrez-la de votre ombre », ne voyez en elle que le « Bien-Aimé en lequel vous avez mis toutes vos complaisances… »

         O mes Trois, mon Tout, ma Béatitude, Solitude infinie, Immensité où je me perds, je me livre à vous comme une proie. Ensevelissez-vous en moi pour que je m’ensevelisse en vous, en attendant d’aller contempler en votre lumière l’abîme de vos grandeurs ! »

                                                                                         21 novembre 1904

[1] Lettre 296.

[2] Lettre 298 et 142.

[3] Note intime 12.

[4] Poésie 89.

[5] Lettre 122.

[6] Lettre 335.




« Si vous désirez être sauvé facilement, vénérez la Vierge » St Charbel

La vie de saint Charbel Makhlouf ne peut être comprise indépendamment de son amour pour la Vierge Marie. Dès son enfance à Baakafra, au Liban, la dévotion à la Mère de Dieu était profondément ancrée dans son âme.

Enfant, Youssef Antoun (le futur Frère Charbel) priait avec sa mère à l’église du village. Elle lui disait : « Celui qui vénère la Vierge ne peut pas se perdre ». Ces premières leçons ont façonné les fondements de sa spiritualité et l’ont accompagné tout au long de son sacerdoce et de sa vie monastique. Plus tard, lorsque les villageois lui rendirent visite pour lui demander conseil pour le salut de leurs âmes, la réponse de Charbel fut étonnamment directe et pleine de foi :

« Si vous désirez être sauvé facilement, vénérez la Vierge. Elle peut sauver ceux qui la vénèrent. »

Tout au long de sa vie d’ermite, Charbel invoqua Marie avec une confiance inébranlable. Dans la solitude de sa cellule, il confiait chaque difficulté, chaque souffrance et chaque prière à son intercession maternelle. Des témoins de ses dernières heures se souviennent qu’il répéta le nom de la Vierge avec une foi ardente jusqu’à son dernier souffle.

Sa dévotion à Marie était non seulement personnelle, mais aussi universelle. Il voyait en elle la « Mère de Lumière », capable de guider le monde dans ses épreuves et d’entourer chaque âme de sa protection maternelle.

En 1993, lorsque saint Charbel est apparu à Nohad El-Shami et l’a guérie de sa paralysie, ce n’était qu’un début. Il a continué à lui apparaître à de nombreuses reprises par la suite, lui prodiguant des conseils et lui rappelant l’importance de la prière. Lors de l’une de ces apparitions, il lui a demandé de réciter le Rosaire, cette même prière qu’il aimait tant.

Pour saint Charbel, Marie était la Mère de Lumière, la protectrice des âmes et le guide le plus sûr vers le Christ. Son message est constant, dans la vie comme après la mort : se tourner vers Marie, s’accrocher au Rosaire et avoir confiance en son intercession.

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St Bernard : « Tâchez d’imiter cette vertu, imitez sa modestie »

C’est justice donc que, du dernier rang, soit placée au premier celle qui, première de tous, se faisait la dernière ; c’est justice que soit devenue souveraine de tous celle qui se montrait la servante de tous ; c’est justice enfin qu’ait été exaltée au-dessus des anges celle qu’une ineffable bonté abaissait au-dessous des veuves et des repenties, au-dessous de celle dont sept démons avaient été expulsés.

Je vous en supplie, mes petits-enfants, si vous avez un peu d’amour pour Marie, si vous cherchez à lui plaire, tâchez d’imiter cette vertu, imitez sa modestie. Rien du reste ne convient mieux à un homme, rien n’est plus recommandé à un Chrétien, rien surtout ne sied tant à un moine.

Saint Bernard de Clairvaux (1090-1153), Docteur de l’Église

Extrait du Sermon des douze étoiles




L’Assomption est un mystère où triomphe l’humilité !…

« Un signe grandiose apparut au ciel : une Femme !

Le soleil l’enveloppe, la lune est sous ses pieds

et douze étoiles couronnent sa tête ! »

Apocalypse 12,1

 

De l’Annonciation à l’Assomption, toute la vie de Marie est le triomphe d’une  espérance fondée sur une indicible humilité… Telle est la contemplation de Sainte Faustine : « C’est parce que ton humilité était la plus profonde que tu es élevée au-dessus des chœurs angéliques et des saints[1] ! »

Et, comme elle, il nous faut en tirer toutes les conséquences jusqu’au dernier instant de notre vie :

« Ô Marie, ma douce Mère, je te donne mon âme, mon corps et mon pauvre cœur…

Sois la Gardienne de ma vie !

Et particulièrement à l’heure de la mort, dans le dernier combat[2]… »

Et comme le remarque aussi le Pape Jean-Paul II, le mystère de l’Assomption n’éloigne pas la Vierge de l’humanité, mais ouvre le temps d’une étonnante « proximité de tendresse » avec chacun de ses enfants qui cheminent dans la joie et les épreuves de la foi :

« En effet, après son Assomption au Ciel, son rôle dans le salut ne s’interrompt pas… Son amour maternel la rend attentive aux frères de son Fils dont le pèlerinage n’est pas achevé, et qui se trouvent engagés dans les périls et les épreuves, jusqu’à ce qu’ils parviennent à la patrie bienheureuse[3] ! »

En cette radieuse solennité de l’Assomption de la Vierge, renouvelons notre choix de la suivre sur le chemin de la foi en nous abandonnant encore plus fort entre ses mains de tendresse… et en ce sens, écoutons et suivons le cher Saint Maximilien-Marie Kolbe qui, bien avant Jean-Paul II, a vécu le « totus tuus[4] » au Cœur Immaculé de Marie :

« Par l’Assomption de la Bienheureuse Vierge Marie : laisse-toi conduire ! Dieu nous a donné cette « blanche échelle » et veut, par cette « échelle », nous faire parvenir jusqu’à Lui ; mais c’est plutôt pour qu’en nous serrant sur son Cœur elle nous porte jusqu’à Dieu…

L’Immaculée nous couvrira de son manteau devant la justice de Dieu. La victoire est sûre dans la douceur de ses mains immaculées !

Mes petits enfants, aimez l’Immaculée et elle vous rendra heureux ! Confiez- vous à elle totalement. Il n’est pas donné à tous de comprendre l’Immaculée. Cela peut seulement s’obtenir par la prière… Je vous ai révélé mon secret et je l’ai fait pour vous procurer la force et l’énergie spirituelle au milieu des difficultés de la vie… N’aspirez pas aux choses extraordinaires, mais accomplissez seulement la volonté de l’Immaculée…

Tandis que je vous parle, je tiens dans ma main le Rosaire, égrenant les Ave Maria[5]… »

Marie-Mickaël

 

[1] Sainte Faustine, Petit journal, 161.

[2] Sainte Faustine, Petit journal, 161.

[3] Saint Jean-Paul II, Encyclique « Dives in misericordia », 9.

[4] « Je suis tout à toi, Ô Marie ! »

[5] Entretien du Père Kolbe avec ses frères, 10 janvier 1937.




St Maximilien Kolbe : Si tu ne sais pas ou ne peux pas, recours à l’Immaculée…

« Nous devons être comme une plume dans la main de l’Immaculée… Si Elle met de côté sa plume, attendons humblement. Si elle veut écrire, soyons obéissants à chaque mouvement qu’Elle fait avec cette plume. Soyons son instrument… Elle peut le mieux réaliser la gloire de Dieu… tout dépend de notre parfaite docilité à son égard.  Si tu ne sais pas ou ne peux pas, recours à l’Immaculée, ta Souveraine et ta Maman. »

St Maximilien-Marie Kolbe




St Maximilien Kolbe : il faut que ce soit l’Immaculée qui fasse tout…

« Plus nous serons avec Elle, plus nous serons Elle et avec Dieu même. Alors notre volonté, nos actions, notre comportement ne seront plus à nous, mais à Elle et donc à Dieu, puisque l’Immaculée est étroitement unie à Dieu et ce qui est à Elle, du fait même, est à Dieu. S’approcher d’Elle, être à Elle. La forme la plus parfaite de notre rapprochement, c’est la consécration totale. Arrêtons-nous pour voir si nous sommes pleinement donnés à Elle, si nous ne trouvons pas en nous quelque chose – même la plus petite – qui ne soit pas à Elle… Supplions-la pour qu’Elle et Elle seule oriente notre cœur. Il faut se dépouiller complètement de soi, ne rien garder pour soi, absolument rien : il faut que ce soit Elle qui fasse tout. »

St Maximilien-Marie Kolbe




St Alphonse-Marie de Liguori : Marie, mon unique espérance

« Mère du saint amour de notre vie, notre refuge, notre espérance, vous savez que votre fils Jésus-Christ ne s’est pas contenté de se faire notre perpétuel avocat auprès du Père éternel. Il a voulu encore que votre rôle à vous soit d’implorer la Miséricorde divine. Vos prières, il les a voulues utiles à notre salut. Il leur a conféré une telle puissance qu’elles obtiennent tout ce qu’elles demandent. Moi qui suis un pauvre pécheur, je me tourne donc vers vous, espérance des malheureux. Notre-Dame, par les mérites de Jésus-Christ joints à votre intercession, j’espère me sauver. J’ai confiance, si grande confiance que si mon salut éternel était entre mes mains, je le remettrai simplement entre les vôtres. J’attache plus de prix à votre pitié et à votre protection qu’à toutes mes bonnes œuvres. Ma Mère, mon espérance, même si je le mérite, ne m’abandonnez pas ! Regardez ma misère, ayez pitié, sauvez-moi, aidez-moi. Je l’avoue, par mes péchés, tant de fois j’ai fermé la porte à la lumière et au secours que vous m’aviez obtenu du Seigneur. Mais votre pitié pour les malheureux et votre puissance auprès de Dieu surpassent le nombre et la malice de mes fautes. Le ciel et la terre savent que votre protégé ne peut se perdre. Que tous m’oublient, mère du Dieu Tout-Puissant, pourvu que vous vous souveniez de moi ! Dites à Dieu que je suis vôtre, que je suis vôtre, que je suis votre protégé, et je serai sauvé. Marie, j’espère en vous ; c’est cette espérance qui me fait vivre, c’est en elle que je souhaite et veux mourir. Je répèterai sans fin : Jésus, mon unique espérance, Vierge Marie, après lui, mon unique espérance. »

St Alphonse-Marie de Liguori, « Les gloires de Marie »

 




« C’est maintenant l’heure de Marie ! »

   Nous vivons face une densité des ténèbres et des moyens de pression jamais connues dans l’histoire humaine… et c’est pourquoi notre foi doit faire de nous des chrétiens débouts et combattifs au quotidien : nos armes invincibles sont la persévérance à travers le chapelet ou, mieux, le Rosaire, les sacrements et l’amour fraternel.

Et c’est pourquoi le Seigneur a un jour levé le voile à une âme mystique en prophétisant sur le temps qui est le nôtre : « C’est le temps de Marie qui surgit ! Marie est l’extrême miséricorde que notre Amour a conçue pour vous…

C’est maintenant l’heure de Marie ! Une heure qui commence en ce moment et devra s’écouler en toute sa longueur, toujours plus noire de nuages !

Après le déluge, l’arc-en-ciel a été vu uniquement par les justes qui survécurent. Mais à l’heure actuelle, dans une surabondance de miséricorde, l’arc-en-ciel, le signe de paix, Marie, sera vu par plusieurs qui ne sont pas justes. Sa voix, son parfum, ses prodiges, seront connus des justes et des pécheurs[1]… »

Cet été, durant nos repos et loisirs, méditons sur cette intuition de « l’heure de Marie » qui est la nôtre pour garder nos cœurs dans une inlassable vigilance ! Le Seigneur nous l’a tant de fois demandé : « Soyez semblables à des gens qui attendent leur maître à son retour de noces, afin de lui ouvrir dès qu’il viendra et frappera. Heureux ces serviteurs que le Maître à son arrivée trouvera fidèles à veiller !… Vous aussi, tenez-vous prêts, car c’est à l’heure que vous ne pensez pas que le Fils de l’homme viendra ! » (Lc 12,35-40)

Nous nous retrouverons pour le 15 août, Assomption de la Sainte Vierge, notre Mère !

 

+Marie-Mickaël

[1] Maria Valtorta, citée dans le livre du P.Laurentin et de F.M. Debroise, La Vierge des derniers temps – Une étape de la fin du monde, de Grignion de Montfort à Maria Valtorta, Salvator 2014, p. 133-114.