Akita : la Vierge de l’extrême miséricorde…

« Aujourd’hui, c’est la dernière fois que je te parle en personne…

Prie beaucoup les prières du Rosaire.

Moi seule peut encore vous sauver des calamités qui s’approchent…

Ceux qui mettront leur confiance en moi seront sauvés ! »

La Vierge à Sr Agnès Sasagawa, Akita, 13 octobre 1973

 

Dans ce message final de la Vierge à Akita[1], au Japon, il faut plus que jamais prendre au sérieux ses avertissements et sa mission d’intercession : elle révèle sa « médiation maternelle » auprès du Christ, seul Sauveur et Médiateur… Souvenons-nous de sa mission « dévoilée » à Fatima le 13 juillet 1917 : l’Ange tient « une épée de feu » dont les flammes vont incendier le monde au début de sa décadence mais elles s’éteignaient au contact « de la splendeur qui émanait de la main droite de Notre Dame ! » Alors, indiquant la terre, l’Ange dit trois fois d’une voix forte : Pénitence !…

Que dirait-il aujourd’hui face à la dérive extrême de notre civilisation désaxée où tout s’achète et se vend, même les enfants[2] ! Pourtant, grâce à sa main de tendresse protectrice, Marie prolonge encore le temps de l’extrême miséricorde… Et quel mystère de douleur traverse son Cœur comme au temps où elle était au pied de la Croix, une avec son Fils et Sauveur souffrant l’indicible pour notre salut… Et en ce temps plus récent, si elle a pleuré plus de cent fois à travers sa statue d’Akita et de tant d’autres, c’est pour nous dire sa terrible douleur de Mère face à une humanité rebelle où l’horreur est normalisée, légalisée, encouragée…

C’est pourquoi à Akita, la Vierge veut ouvrir nos yeux sur la terrible menace qui se rapproche à cause d’une généralisation et normalisation du péché jamais vue sur la terre. La perspective de cet avertissement peut nous sembler affreuse de la part de la plus tendre des Mères, mais elle est la conséquence de la folle dureté de cœur d’une humanité qui pactise avec l’Enfer…  et face à cela, la plus Tendre des mères crie, prévient, pleure sans fin… car Elle voit se rapprocher une terrible issue :

« Si les hommes ne se repentent pas et ne s’améliorent pas, le Père infligera un châtiment terrible à toute l’humanité ! Ce sera un châtiment plus grand que le déluge, comme on n’en a jamais vu auparavant : un feu tombera du ciel et fera disparaître une grande partie de l’humanité ! Ce sera un châtiment plus grand que le déluge »

Ainsi, le temps de la justice divine se rapproche et il est encore temps d’entrer dans l’Arche du Cœur Immaculé de Marie révélée à Lucie de Fatima : « Ne te décourage pas, je ne t’abandonnerai jamais ! Mon Cœur Immaculé sera ton Refuge et le Chemin qui te conduira jusqu’à Dieu[3] ! » Cette parole de tendresse est aussi pour chacun et chacune de nous, ne l’oublions jamais…

+M Mickaël

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[1] Voir ma méditation sur ce message final d’Akita ici : « Akita – une prophétie de la Vierge se réalise sous nos yeux ! » Janvier 2024.

[2] Voir le film « Sound of Freedom » (2024) avec Jim Caviezel : un Thriller bouleversant qui a enflammé les USA pour la défense des enfants victimes de la traite dans des réseaux de trafiquants sexuels mondiaux… On évalue aujourd’hui à plus de 2 millions d’enfants vendus et prostitués…

[3] 13 juin 1917.




« Elle est toujours là ! » Alain Delon et la Vierge…

Alain Delon est parti vers le Seigneur ce 18 août 2024… Il restera un acteur emblématique, une sorte d’icône cinématographique qui traverse le temps : qui ne se souvient de ses rôles cultes dans « le Samouraï », « Plein soleil », « Mélodie en sous-sol » avec Gabin, « la Piscine » ou « le Cercle rouge » … et tant d’autres ! La beauté unique de son visage et de certains de ses rôles resteront gravés dans l’histoire du cinéma.

De même ses compagnes successives dont certaines sont considérées comme des « icônes » du septième art :  l’inoubliable Romy Schneider ou la remarquable Mireille Darc, avec laquelle il vivra les quinze plus belles années de sa vie… son témoignage sur leur relation unique et le rayonnement de Mireille sur la vie d’Alain laisse entrevoir une lumière où la beauté de l’Evangile n’est pas loin :

« Un jour, elle m’avait écrit un mot que j’ai gardé : « Si je pouvais te donner de ma philosophie, tu serais enfin heureux ! Elle me disait aussi : « Je sais que si j’essaie de rendre les gens heureux, alors je pourrai mourir heureuse ! »

Mireille était la femme de ma vie. Nous avons été si heureux ensemble, et heureux de tout… Nous avions tout, et elle était tout pour moi. Nous étions heureux d’être acteurs tous les deux et de jouer ensemble, mais si nous avions été coiffeurs, nous aurions connu le même bonheur pourvu que nous ayons été ensemble. Elle était ma moitié. On ne se posait pas de questions, on se complétait… Maintenant, elle ne sera plus là. Ce n’est pas une partie de ma vie qui s’en va, c’est ma vie ! C’est une femme irremplaçable, généreuse et positive comme personne. Elle comprenait tout… Dès que quelqu’un n’allait pas bien, elle voulait s’en occuper… Je n’avais pas besoin de lui parler, elle savait toujours quand ça n’allait pas[1]

Sur la fin de sa vie, après cette plénitude humaine avec Mireille Darc, Delon est remonté à la Source des sources de la beauté de la femme :  la Vierge Marie ! La plus belle des femmes… Car, témoigne Delon, dans son indicible splendeur : « Elle est toujours là ! » N’est-ce pas la réponse ultime à cette solitude existentielle qui l’a fait avouer : « Même quand j’aimais une femme, je me sentais seul… » Sa jeunesse tragique l’a marqué à jamais : il a été « placé dans une famille d’accueil » et n’a « jamais vu ses parents ensemble ». Alors, en pleine campagne, dans son immense propriété de Douchy, Delon a une chapelle et il vit une relation mystérieuse avec Celle que l’Apocalypse nomme « la Femme enveloppée du soleil ! » (Ap 12,1). Ecoutons son témoignage qui semble être comme le sceau final de sa vie :

« Ma passion, c’est Marie ! Parce que j’aime cette femme, j’aime tout ce qu’elle fait… Je lui parle, je lui dis des choses. Elle m’apporte un soulagement, elle m’apporte une compagnie que je n’ai pas, elle est toujours là [2] ! »

+Marie-Mickaël

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[1] Paris Match, 4 septembre 2017.

[2] Le Figaro, 11 janvier 2018.




Jésus est-il encore dans la barque de l’Eglise ?

« La barque était recouverte par les vagues. Mais Lui dormait… »

Matthieu 8,24

Après plus de 2000 ans, l’Eglise est toujours là… même si, aujourd’hui, de terribles attaques la menace de l’intérieur comme jamais. Ne vivons-nous pas en effet une « relativisation » stupéfiante des fondamentaux de la foi quand un silence s’installe sur la sainte Tradition ? N’assistons-nous pas à une réinterprétation globale de la mission de l’Eglise quand l’annonce de la vérité évangélique est oubliée ou annoncée du bout des lèvres ? Où est passée l’assurance de Pierre dans l’annonce de la Parole ? (Ac 2,14-41). Le feu de l’Esprit qui brûlait Saint Paul pour révéler le Christ vivant a-t-il donc disparu ? (1 Co 2,1-16). Où sont passés le sens du sacré et le silence de l’adoration dans la célébration de la sainte Messe ?

Alors, Jésus est-il toujours dans la barque de l’Eglise ? Cette question peut paraître insensée, car ce serait oublier la promesse absolue que le Seigneur nous a faites à travers Pierre qui a reçu la « Révélation » du « Père » … en effet, après sa Profession de foi messianique en Jésus, « le Fils du Dieu vivant ! » (Mt 16,15). Il devient par « la béatitude de sa foi » le fondement de toute la foi de l’Eglise :

« Heureux es-tu, Simon fils de Jonas, car cette Révélation t’est venue, non de la chair et du sang, mais de mon Père qui est dans les cieux. Eh bien moi, je te dis : Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Eglise, et les portes de l’Enfer ne seront pas plus forte qu’elle ! »

(Mt 16,17-18)

Tel est le « Roc » de notre foi pour la traversée de l’histoire par l’Eglise : Jésus est et sera toujours dans la barque de l’Eglise ! Et pourtant, durant la redoutable tempête sur le lac de Tibériade, les Apôtres se sont sentis « perdus » en se heurtant au silence de Jésus… donc à cette terrible épreuve de se sentir seul face au sommeil du Maître ! Et nous aussi, bien des fois, dans notre ressenti des épreuves de la foi, il nous semble être « seuls » face à l’apparent silence de Dieu…

Cela peut nous apparaître d’ailleurs « cruel » car le Seigneur semble nous oublier, alors que la barque est « couverte par les vagues » (Mt 8,24) et que, déjà, elle se « remplit d’eau ! » (Mc 4,27). Alors, la barque de la foi de l’Eglise va-t-elle couler et disparaître ? Saint John Henri Newman, le Saint le plus « branché[1]» de notre époque, a donné une réponse si « juste » à cette question en condensant l’intuition théologique de toute la Tradition :

« L’Eglise a ce privilège spécial, que ne possède aucune autre religion, de savoir qu’ayant été fondée lors de la première venue du Christ, elle ne disparaîtra pas avant son retour…

Cependant, dans chaque génération, il semble qu’elle succombe et que ses ennemis triomphent. Le combat entre l’Eglise et le monde a ceci de particulier : il semble toujours que le monde l’emporte sur elle ; mais c’est elle, en fait, qui gagne. Ses ennemis triomphent constamment, la disant vaincue ; ses membres perdent souvent l’espoir. Mais l’Eglise demeure[2]… »

Evidemment, cette « certitude » de la foi de l’Eglise ne doit pas alourdir notre cœur dans l’indolence. Bien au contraire, la ferveur de notre foi doit reposer sur la vigilance incessante de la prière… comme nous y invite jour après jour le Rosaire de Marie et la prière de Jésus !

Cependant, une question lancinante demeure le « cœur caché » de cet Evangile : pourquoi Jésus dort-il au moment où les Apôtres ont le plus besoin de lui ? Pourquoi les laisse-t-il seul quand la mer déchaînée est en train de les engloutir ?… On peut vraiment envisager que le Seigneur dormant veut faire jaillir de leur cœur ce « cri sublime de la foi » ! C’est ce cri vers Lui qui fonde l’Eglise sur Lui… et il ne faut jamais l’oublier en nos vies quand, dans l’épreuve, nous nous sentons seuls et abandonnés : c’est alors le moment de « crier notre foi » en l’appelant avec force et persévérance !

Tel est d’ailleurs plus tard la prise de conscience « majeure » des Apôtres qui doit être aussi celle de l’Eglise de tous les temps : « Seigneur, augmente en nous la foi ! » (Lc 17,5). Ce second cri des Apôtres doit devenir chaque jour « le nôtre » en suppliant Jésus de fortifier et faire grandir notre foi…

Il faut se tourner ici comme toujours vers la Vierge Marie : n’est-elle pas « la Femme bénie entre toutes les femmes » et « Reine de la foi » ? Au tout début de l’Evangile, à la Visitation, Elisabeth le proclame : « Et comment m’est-il donné que la Mère de mon Seigneur vienne jusqu’à moi ?… Oui, bienheureuse celle qui a cru en l’accomplissement de ce qui lui a été dit de la part du Seigneur ! » (Lc 1,42-45). Ainsi, « la foi de la Vierge Marie change le cours de l’histoire… car désormais l’histoire des hommes n’est plus aveugle, elle a un sens et un sens heureux[3] ! »

Alors, n’oublions jamais qu’au plus profond de notre grâce baptismale, nous sommes appelés à cette « plénitude de la foi » qui faisait dire à Sainte Elisabeth de la Trinité ces paroles si fortes et si vraies qui viennent fortifier notre foi :

« Voici la foi, la belle lumière de foi, qui m’apparaît. C’est elle seule qui doit m’éclairer pour aller au-devant de l’Epoux[4]… » même si « la foi, c’est le face à face dans les ténèbres[5] ! »

« Qu’importe à l’âme de sentir ou de ne pas sentir, d’être dans la nuit ou la lumière… Elle exalte son Maître sur la plus haute cime de la montagne de son cœur[6] ! »

« Il faut la foi qui regarde et qui prie sans cesse[7]… Crois toujours à l’Amour ! C’est si bon la foi, c’est le Ciel dans les ténèbres, mais un jour le voile tombera et nous contemplerons en sa lumière Celui que nous aimons[8] ! »

+Marie-Mickaël

 

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[1] Voir article du Père Keith Beaumont sur le net dans « Aleteia » : « Le Cardinal Newman, le Saint le plus « branché » de notre époque », 14 octobre 2019.

[2] Saint John Henry Newman (1801 – 1890), « Faith and Experience », 2,4. Sermon on Subjects of the Day, n°6.

[3] Fr. Manuel Rivero, O.P., Zenith – Le monde vu de Rome, 25 mars 2021.

[4] Elisabeth de la Trinité, Œuvres complètes, Cerf 1991, Dernière retraite 10.

[5] Lettre 193.

[6] Dernière retraite 11.

[7] Note intime 14.

[8] Lettre 162.




Le repos est paix du coeur…

Juste avant un mois de trêve d’été, je veux aborder quelque peu avec vous ce que signifie la notion de repos, de recul, de vacances, ou de « faire un break » comme on dit parfois selon l’expression anglaise qui invite à une pause… Jésus, lui-même en a ressenti le besoin pour ses Apôtres comme le signale clairement l’Evangile de Saint Marc :

« Les Apôtres se réunirent auprès de Jésus et ils lui rapportèrent tout ce qu’ils avaient fait et tout ce qu’ils avaient enseigné. Alors, il leur dit : « Venez à l’écart, dans un lieu désert, et reposez-vous un peu… Ils partirent donc dans la barque, seuls, vers un endroit désert… »

Marc 6,30-32

Il y a d’abord ici une relecture de leur activité missionnaire sous le regard du Maître. Et cette approche les décentre d’eux-mêmes. La mission est en vérité un regard et une parole qui tourne vers un Autre pour l’annoncer aux autres… Ce principe est capital pour éviter une attitude où peut s’infiltrer l’orgueil : car dans l’Evangélisation, l’humilité pousse sans cesse à s’effacer devant le Seigneur pour que ce soit « Lui » qui parle à travers nous…

Et puis, comme souvent, Jésus a dû surprendre ses Apôtres en les invitant à tout laisser pour partir « ailleurs » : « Venez à l’écart, dans un lieu désert… » Cela veut dire que l’appel du repos implique un arrêt du répétitif quotidien, et même de la mission, pour un déplacement vers un lieu nouveau… peu importe qu’il soit proche ou lointain : l’essentiel est de partir ailleurs ! Et une fois ce cadre posé, la détente consiste à vivre un autre rythme où domine le repos global : certes, celui du corps, mais aussi et surtout celui du cœur : « prendre le temps » de vivre pour réapprendre à regarder et écouter… bref, réouvrir son être à la beauté de la Création pour retrouver la paix du cœur[1]

En plein milieu de leur activité missionnaire, c’est ce que Jésus choisit pour ses Apôtres quand il monte avec eux dans la barque pour aller « vers un endroit désert… » dont il annonce la finalité : « reposez-vous un peu… » Et c’est ici qu’il est bon d’écouter Saint Augustin sur le sens ultime du repos :

« Tu nous a créés pour toi, Seigneur, et notre cœur est sans repos tant qu’il ne repose en Toi [2]… »

Quelle parole de lumière pour notre civilisation fermée au silence contemplatif ! Saint Thomas d’Aquin va dans le même sens quand il médite sur le repos du Dimanche réservé au Seigneur : « En vivant pleinement le Dimanche, je prépare mon repos définitif au Ciel ! » Toute cette sagesse chrétienne nous renvoie en vérité au cœur de l’Evangile… et durant ce temps de vacances, laissons « résonner » ces paroles fulgurantes de Jésus qui viennent épouser et transfigurer notre quotidien. Là, se trouve le secret de l’éternelle paix :

« Venez à moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau, et moi je vous donnerai le repos… Mettez-vous à mon école, car je suis doux et humble de cœur, et vous trouverez le repos pour vos âmes… » (Mt 11,28-29).

+Marie-Mickaël

Photo d’illustration : Ile de Patmos où Jean reçu l’Apocalypse.

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[1] Saint Augustin a cette parole immense de sagesse à méditer : « La paix, c’est la tranquillité de l’ordre… »

[2] Saint Augustin, Les Confessions, Livre 1.




La Femme revêtue de soleil face au Dragon rouge-feu : l’ultime combat commence !

« Un grand signe apparut dans le Ciel : une Femme !

Elle est vêtue du soleil, la lune est sous ses pieds et douze étoiles couronnent sa tête…

Puis un autre signe apparut dans le ciel : un énorme Dragon rouge feu ! »

Apocalypse 12,1-3

 

Si nos yeux sont ouverts dans la foi et l’espérance, nous voyons bien que des signes fulgurants traversent de plus en plus l’actualité : une 3° guerre mondiale imminente possible avec son terrible risque nucléaire… un écroulement économique qui s’accélère avec un ensauvagement de la société… une évolution numérique puissante et omniprésente qui prépare le marquage de l’humanité… une transformation de l’Eglise en ONG humaniste qui trahit de plus en plus sa mission universelle de toujours : annoncer le salut dans le Christ… une non-écoute de cette même Eglise des messages urgents de la Vierge Marie qui nous appelle urgemment à la conversion évangélique pour nous éviter le pire !

Il est plus que temps de se réveiller et d’éviter deux erreurs fatales :

S’endormir dans le piège de la relativisation…

Céder à la peur en vivant dans le trouble qui tue l’espérance !

En réalité, la seule attitude mariale qui doit dominer notre foi chrétienne est celle, centrale, de l’Evangile de Saint Jean : « être debout » avec Marie au pied de la Croix, les yeux du cœur fixés sur Jésus, notre Unique Sauveur ! Car, dans cette accélération inouïe de la fin des temps, nous sommes arrivés au point majeur de l’histoire humaine et au cœur de tous les combats autour de ce qui fait « la vocation profonde de l’Eglise[1] » : là, apparaît « la Femme enveloppée de soleil » dans le chapitre central de l’Apocalypse (Ap 12,1-17). Et nous sentons bien que ce n’est pas un combat de plus ou une situation internationale de « déjà-vu », si grave soit-elle. Nous sommes au bord d’un abîme où l’histoire de l’humanité peut s’arrêter face au naufrage d’une guerre nucléaire mondiale…

Nous voici donc entrés dans l’ultime supplication du « Rosaire de Marie » qui, seul, fait reculer « encore » cette affreuse issue pour le monde actuel. Mais au plus profond de notre cœur qui espère et s’appuie sur la Parole de Dieu et les prophéties mariales, nous savons que Dieu ne permettra pas à Satan l’effacement total de l’humanité… Il n’en reste pas moins qu’à travers les annonces prophétiques de la Sainte Vierge, le danger d’une terrible 3° guerre mondiale, en partie nucléaire, est désormais au-dessus de nos têtes…

Sortons donc de ces « illusions » du monde actuel qui nous aveuglent et vivons un « nouveau réveil » dans notre vie baptismale : cela consiste à ne plus croire aux fausses promesses de cette civilisation décadente dont « l’identité numérique » prochaine conduit directement à la « domination » de la marque de la Bête[2]… Face à ce péril redoutable, entrons dés maintenant en résistance par « l’Arme puissante et quotidienne » du saint Rosaire de Marie, une vie sacramentelle fervente, et cette espérance « invincible » que nous donnera l’Esprit Saint !

Ainsi, frères et sœurs bien-aimés en Jésus et Marie, demeurons fermes dans cette joie de la foi et cette force de l’espérance qui ne viennent que de Dieu seul ! Et préparons-nous avec ferveur à « l’Avertissement » en écoutant les avertissements du Seigneur dans l’Apocalypse de Saint Jean :

« Ne tient pas secrètes les paroles de ce livre, car le Temps est proche ! Que le pécheur pèche encore, et que l’homme souillé se souille encore ; que l’homme de bien vive encore dans le bien, et que le saint se sanctifie encore. Voici que mon retour est proche !… Je suis l’Alpha et l’Omega !… le Principe et la Fin !… »  (Ap 22,10-13).

 

+Marie-Mickaël

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[1]  Lire le n° 51 de Lumen gentium du Concile Vatican II.

[2] Voir la vidéo de la scientifique Anne-Marie Yim sur l’intelligence artificielle dans « la Voix de Dieu magazine » du 1 juillet 2024 : « L’Identité numérique est la marque de la Bête 666 ».




Le Refuge ultime : l’Arche du Cœur de Marie …

« Le Seigneur est un Refuge pour le pauvre

aux jours de détresse… »

Psaume 9,10

 

Les derniers temps sont à notre porte et, à l’image de Noé, l’Esprit nous appelle à « entrer » plus que jamais dans l’Arche bénie du Cœur de son Epouse :

« La terre se pervertit au regard de Dieu et elle se remplit de violence car toute chair a une conduite perverse !…  Dieu dit à Noé : « Entre dans l’Arche, toi et toute ta famille… » Genèse 6,11-12 et 7,1

Et dans l’Arche actuelle du Cœur de Marie, nous serons fidèles chaque jour à la méditation de la Parole de Dieu et à la puissance priante du saint Rosaire ! Demeurant dans le bonheur et la vigilance de « l’état de grâce », nous veillerons à ce que notre vie sacramentelle soit régulière et fervente ! Et ainsi, nous serons d’abord ces signes silencieux d’espérance et de paix dans un monde saturé d’informations, de violence et de vide… La folle « dispersion » provoquée par la puissance médiatique est notre premier ennemi et la parole du Seigneur doit nous réveiller :

« Veillez et priez en tout temps, afin d’avoir la force d’échapper à tout ce qui doit arriver, et de vous tenir debout devant le Fils de l’homme ! » Luc 21,34-36

Dans cette civilisation au bord du gouffre, le « Grand Combat » entre la Femme et le Dragon est entré dans sa phase finale. Il est donc primordial de chercher d’abord « protection » auprès de la Mère de l’Eglise et de l’humanité pour que ne faiblisse pas notre espérance ! Et, en ces temps redoutables où l’Ennemi nous menace du feu de l’Enfer, Marie s’offre à nous comme « l’Arche nouvelle », l’autre nom du « doux Refuge » offert à notre fragilité…

Laissons-nous donc emporter par les paroles de lumineuse tendresse de la Vierge à travers un de ses grands témoins :

« Mon Cœur Immaculé ; c’est votre Refuge le plus sûr et le moyen de salut que Dieu donne en ce moment à l’Eglise et à l’humanité… Quiconque n’entre pas dans ce Refuge sera emporté par la Grande Tempête qui a commencé à faire rage… C’est le « Refuge » que votre Mère céleste vous a préparé. Ici, vous serez à l’abri de tout danger et, au moment de la Tempête, vous trouverez la paix[1]… »

 

                                                                                                                                                       + Marie-Mickaël

 

[1] Livre Bleu, Notre Dame au Père Don Gobbi, Fondateur du MSM, le Mouvement sacerdotal Marial international.




Le Christ trouvera-t-il la foi sur la terre ?

« Veillez et priez en tout temps

afin d’avoir la force d’échapper à tout ce qui doit arriver,

et de vous tenir debout devant le Fils de l’homme ! »

Lc 21,36

 

Dans un Evangile de la Parousie[1], Jésus pose une question qui devrait remuer nos cœurs et contredire cette tranquillité trompeuse issue du monde… Sommes-nous dans l’illusion d’une paix fragile de surface ou vivons-nous de cette paix profonde issue de la foi ? La question centrale du Seigneur Jésus est plus que jamais d’actualité :

« Le Fils de l’homme, quand Il viendra,

trouvera-t-Il la foi sur la terre ? »

Lc 18,8

Cette interrogation du Seigneur devient de plus en plus lancinante en ce début du III° millénaire. Ne voyons-nous pas trop souvent une Eglise qui a peur ou pactise, témoigne du bout des lèvres ou même se tait devant les sordides délires de notre temps ? Où sont les voix libératrices des Saint Augustin et des Saint Jean Chrysostome ? En réalité, une Eglise qui néglige ou oublie l’urgence missionnaire qu’implique la Parousie n’est plus rayonnante de l’Evangile !… Elle a perdu « le feu missionnaire » en se noyant dans les priorités du monde. L’urgence climatique et la lutte contre les inégalités sont devenues plus urgentes que l’Adoration eucharistique où Dieu peut tout ! Et le silence actuel de l’Eglise sur l’Annonce du Christ « Lumière du monde » est tragique ! Il a et aura de terribles conséquences…

A son retour, Jésus trouvera-t-il la foi sur la terre ? Comment ne pas penser qu’à l’intérieur de cette question, Il ne se réfère implicitement à l’Adorable Eucharistie : l’œuvre de Dieu n’est-elle pas de croire en Celui qu’Il a envoyé ? (Jn 6,29). Or, voici que le Christ mène cette foi encore plus loin : « Qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi et moi en lui ! » (Jn 6,56).

Il est grand le mystère de la foi ! L’Eucharistie est le trésor suprême qui fait l’Eglise[2]. Et si elle perdait la foi en l’Eucharistie, l’Eglise perdrait tout en renonçant à son identité profonde…

C’est sans doute pourquoi, à la fin de son Pontificat, Saint Jean-Paul II a tant insisté sur « l’ars celebrandi » que tous doivent exercer à la Sainte Messe :

« A travers les rites et les prières, il faut se laisser rejoindre et envahir intimement par le mystère… pour que la liturgie puisse marquer toujours davantage la vie des personnes et des communautés, en devenant source de sainteté, de communion et d’élan missionnaire[3] ! »

Comme elle est vraie et vitale l’intuition de Jean-Paul II de « se laisser rejoindre et envahir » par l’ineffable Présence du Christ dans son Eucharistie. Là, comme nulle part ailleurs, l’homme se découvre « aimé de Dieu » : En effet, « toutes les religions sont les voies où l’homme cherche Dieu. Elles sont multiples. La Révélation chrétienne est unique car c’est Dieu qui trouve l’homme[4]. »

C’est en approchant de la Sainte Eucharistie que nous apprenons à aimer en nous laissant aimer. N’est-ce-pas ici le sommet de la foi chrétienne ? L’approche réaliste et saisissante de Sainte Thérèse d’Avila vient nous aider à le saisir en ouvrant véritablement les yeux de la foi… car si nous n’avons pas encore « la joie de le contempler avec les yeux du corps, tant Il se cache, Il se dévoile du moins aux yeux de l’âme et se manifeste à elle… c’est la foi qui me dit qu’Il est là et c’est une vérité certaine : tant que les accidents du pain ne sont pas consumés par la chaleur du corps, le Bon Jésus est en nous… Sous les accidents du pain, Il est d’un accès facile… Alors, approchons-nous de Lui !

Quand il était en ce monde, le simple contact à ses vêtements guérissait les malades (Mc 5,25-34) ; Pourquoi douter, si nous avons la foi, qu’Il ne fasse encore des miracles, quand Il nous est si intimement uni[5] ? »

+Marie-Mickaël

 

[1] Parousie, du grec parousia, signifie ordinairement « Présence » (être là) ou « venue ». Cela désigne l’Avènement du Seigneur, de son « Jour ». Attendue avec amour, la Parousie provoque un éveil, une conduite nouvelle, une conversion permanente…

[2] On connaît la célèbre formulation du Père de Lubac dans son livre phare, « Méditation sur l’Eglise » : « L’Eglise fait l’Eucharistie et l’Eucharistie fait l’Eglise ! »

[3] Malade et sans voix, le Saint-Père a envoyé ce message de la polyclinique Gemelli le 3 mars 2005.

[4] Paul Evdokimov, Les âges de la vie spirituelle.

[5] Sainte Thérèse de Jésus, Le chemin de la perfection, chapitre 36.




Le Cœur de Marie est une Mer de cristal…

« Et je vis comme une mer de cristal mêlée de feu… »

Ap 15,2

 

« La demeure de Dieu avec les hommes » (Ap 21,3)

est déjà sur terre…

Car le Cœur de la Mère est immense… »

Saint Jean-Paul II, Fatima

 

L’Apocalypse est le livre final des Saintes Ecritures et « c’est un livre unique qui ne ressemble à aucun autre dans la Bible… sa seule place à la fin confère à l’Apocalypse ce caractère d’accomplissement, de parole ultime, qui fait pendant à celle du commencement dans la Genèse[1]. »

En abordant ce livre prophétique qui ne ressemble à aucun autre, il ne faut jamais oublier que le sens du terme « Apocalypse » signifie « Révélation » : cela veut dire qu’à travers le récit mystérieux se cache un évènementiel historique qui concerne « la fin des temps ». Et selon l’exégèse traditionnelle, le chapitre 12 est le texte « cœur » de l’Apocalypse. On y découvre d’abord cette « Femme » unique où se profile à la fois l’Eglise, pérégrinante dans la foi ; et Marie, l’Eglise achevée…

J’ai toujours pensé qu’une autre résonance biblique de cette Femme « traversée » par la Lumière du Christ était cette « mer de cristal » signalée deux fois dans l’Apocalypse (Ap 4,6 et 15,2). Ne laisse-t-elle pas entrevoir la beauté pauvre et indicible du Cœur Immaculé de Marie ? « Une mer transparente, semblable à du cristal » précise Jean dans sa vision sur l’île de Patmos. Et Saint Padre Pio semble aller en ce sens dans un conseil marial qu’il nous donne :

« Reste toujours plus serré contre cette douce Mère céleste, car elle est la mer qu’il faut traverser pour parvenir aux rivages des splendeurs de l’aurore éternelle[2] ! »

Et le 13 mai 1917, lors de la première Apparition de la Vierge à Fatima, sœur Lucie témoigne en termes précis : « Nous vîmes, sur un petit chêne vert, une Dame, toute vêtue de blanc, plus brillante que le soleil, irradiant une lumière plus claire et plus intense qu’un verre de cristal rempli d’eau cristalline, traversé par les rayons du soleil le plus ardent[3] ! »

Marie est la transparence ultime de Dieu car Elle est rendue belle dés sa naissance par Celui qui est son Sauveur et son Enfant. Au-delà des saints et avant eux, la robe de l’Immaculée a été plongée dans le Sang de l’Agneau ! (Ap 7,14). Elle est la plus belle louange silencieuse du salut. Et dans son indicible foi au Christ miséricordieux (Lc 1,50), Marie resplendit d’une beauté unique issue de sa maternité : Immaculée en vue de devenir Mère de Dieu ! Et c’est pourquoi Elle proclame « être » cet espace de pauvreté transfigurée par la grâce, et donc indicible transparence de cristal traversée par la beauté de Dieu :

« Il a porté son regard sur son humble servante !

Oui, désormais, toutes les générations

me proclameront bienheureuse,

car le Tout-Puissant a fait pour moi de grandes choses ! »

Lc 1,48-49

Cette « mer de cristal » exprime ici une immensité qui la traverse et la dépasse (Ap 15,2) : Elle est « Celle qui porte Celui qui porte tout » comme le proclame magnifiquement la liturgie orientale. Alors, si pauvres et si tentés que nous soyons dans cette civilisation où triomphe momentanément l’Enfer, approchons-nous vite de cette « Mer de cristal » et nous serons enveloppés par la tendresse victorieuse de la Mère…

 

+Marie-Mickaël

 

 

[1] Serge Boulgakov, L’Apocalypse de Jean, Parole et silence 2014, p.25.

[2] Une pensée de Padre Pio chaque jour, San Giovanni Rotondo, 2000, p.86.

[3] Carmel de Coïmbra, Un chemin sous le regard de Marie – biographie de Sr Lucie de Fatima, Parvis 2016, p.58.




Le Chapelet : porte secrète du Cœur de Marie…

« Les yeux de la belle Immaculée étaient comme la Porte de Dieu…

Dans ses yeux, on voyait le Paradis ! »

Mélanie de la Salette

            Face à l’invasion médiatique actuelle que nous subissons partout sur nos écrans, la « répétitivité priante » du chapelet de la Vierge nous fortifie et garde notre cœur en éveil… car nous avons à combattre les multiples tentations d’un quotidien souvent « explosé » ! D’ailleurs, ne se lève-t-on pas chaque matin en consultant son portable, plutôt qu’en saisissant son chapelet ? D’où l’intérêt de le poser chaque soir sous l’oreiller après avoir prié trois Ave Maria pour une nuit paisible et un lever priant…

Certains s’offusquent ou se lassent devant la répétitivité qu’implique la prière du chapelet[1]. Selon Sœur Lucie de Fatima, Ils ne saisissent pas que la signification essentielle de la prière est un chant d’amour : « Quand des amoureux se retrouvent, écrit-elle, ils passent des heures et des heures à se répéter : « Je t’aime ! » Et elle poursuit magistralement sur le sens profond du Rosaire de Marie, en contemplant le mystère de la Création :

« A ceux qui pensent que le Rosaire est monotone, il manque une chose : l’amour !… La répétition des « Ave Maria » n’est pas une chose vieillie. Toutes les choses qui existent et ont été créées par Dieu se maintiennent et se conservent par le moyen de la répétition des mêmes actes. Personne ne songera à appeler le soleil une vieillerie, ni la lune, ni les étoiles, ni les oiseaux, ni les plantes… parce qu’ils vivent et se développent toujours de la même manière. Et ils sont plus anciens que la récitation du chapelet !

Pour Dieu, rien n’est ancien. Saint Jean dit que les bienheureux dans le Ciel chantent un cantique nouveau, en répétant toujours : « Saint, saint, saint est le Seigneur ! » (Ap 4,8). Et le cantique est nouveau parce que, dans la lumière de Dieu, tout apparaît avec un reflet nouveau[2] ! »

Nous avons donc à découvrir plus profondément que la « répétitivité » du chapelet est l’expression d’un amour qui se renouvelle à chaque instant sous la mouvance de l’Esprit Saint :

En effet, dans l’apparente pauvreté du Rosaire est caché un secret…

Là, l’Esprit crée dans le cœur de l’enfant de Dieu, et à son insu, un jaillissement inédit où se déploie l’inexprimable vie du Ciel ! Car le Rosaire fait passer déjà les enfants de Marie vers le Ciel par la Porte secrète de son Cœur :

« La prière du Rosaire t’ouvre les portes du Ciel dès maintenant[3] ! »

Ce mystère inouï et si peu connu, Saint Louis Marie de Montfort l’a prophétisé avec une étonnante sagesse, don de l’Esprit. Son message a ouvert tant de cœurs à la béatitude de la vie mariale : un Saint Jean-Paul II et bien d’autres… à nous aussi d’en être bouleversés et de changer de direction pour suivre et écouter Jésus, notre Sauveur, qui nous a dit du haut de la Croix :

« Voici ta Mère ! » (Jn 19,27)

Voici donc, parmi tant d’autres[4] à découvrir, une des plus belles pages mariales de l’histoire de l’Eglise :

« Heureux ceux et celles qui entrent en Marie comme dans l’Arche de Noé ! Les eaux du déluge de péchés, qui noient tant de monde, ne leur nuiront point… Pauvres enfants de Marie, votre faiblesse est extrême, votre inconstance est grande, votre fond est bien gâté… Vous êtes tirés de la même masse corrompue des enfants d’Adam et d’Eve ; mais ne vous découragez pas pour cela ; consolez-vous ; réjouissez-vous : voici le secret que je vous apprends, secret inconnu de presque tous les chrétiens…

Mettez, versez dans le sein et le Cœur de Marie tous vos trésors, toutes vos grâces et vertus… Oh ! Qu’un homme qui a tout donné à Marie, qui se confie, se perd en tout et pour tout en Marie est heureux !

Je vous prie donc instamment, par l’amour que je vous porte en Jésus et Marie… de réciter tous les jours votre chapelet et même… votre Rosaire ! Et vous bénirez, à l’heure de votre mort, le jour et l’heure que vous m’avez cru…

Quand viendra ce temps heureux et ce siècle de Marie ? Où plusieurs âmes choisies et obtenues du Très-Haut par Marie, se perdant elles-mêmes dans l’abîme de son intérieur, deviendront de copies vivantes de Marie, pour aimer et glorifier Jésus-Christ ? Ce temps ne viendra que quand on connaîtra et pratiquera la dévotion que j’enseigne : « Pour que votre règne arrive, Seigneur, qu’arrive le règne de Marie[5] ! »

+Marie-Mickaël

 

[1] On pourrait faire le même reproche à « la prière de Jésus » de l’Orient chrétien. Le « Jésus, Fils de Dieu Sauveur, aie pitié de moi, pécheur ! » est répété tant de fois au quotidien…

[2] Sœur Lucie de Fatima, Lettre à Maria Teresa de Cunha, 12 avril 1970.

[3] Messages de Jésus à Maryam, Le Rosaire – L’arme pour sauver la France et le monde, Parvis 2018, p.38.

[4] Pour vivre ces derniers temps : Lire et méditer absolument le court « Secret de Marie » … et par-dessus tout : « Le traité de la vraie dévotion à la Saint Vierge ».

[5] Saint Louis Marie de Montfort, Traité de la vraie dévotion à la Sainte Vierge, n°175-178-217-254.




Le Rosaire est l’arme des Doux

« Le Rosaire apprend le secret de la paix ! »

Saint Jean-Paul II

          Lors d’un rêve où il était en danger de mort, le Saint Padre Pio nous rapporte une parole de la Vierge qui a traversé sa vie :

« Ne crains rien, je suis là… Prends ton arme et sers t’en ! »

Ces paroles lapidaires renferment en vérité « le secret de la paix » selon l’expression de Saint Jean-Paul II sur le mystère du Rosaire. En effet, quand Marie dit : « Ne crains rien, je suis là… » Elle exprime en urgence une évidence de la foi catholique : la Mère de Jésus est aussi notre Mère (Jn 19,27), et Elle a reçu « mission » de veiller sur nous pour nous tourner vers son Fils… Elle est donc là, au cœur de nos vies, avec son indicible disponibilité maternelle !

Mais sans l’ouverture de la prière, nous la laissons à la porte de nos cœurs. En négligeant de prier son chapelet dans la force de la foi et la ferveur de l’espérance, nous renonçons au combat et déposons les armes, déjà vaincus…

C’est pourquoi Elle nous dit, comme au Padre Pio : « Prends ton arme et sers t’en ! » Ce langage guerrier est un appel au combat spirituel et signifie que le Rosaire cette « armure de Dieu » évoquée par Saint Paul :

En effet, « pour pouvoir résister aux manœuvres du Diable », nous devons lutter « non contre des adversaires de sang, mais contre les principautés, les puissances, les régisseurs de ce monde de ténèbres, contre les esprits du mal qui habitent les espaces célestes » (Ep 6,10-13). Cela signifie que la vie chrétienne n’est pas un long fleuve tranquille, mais qu’elle est le lieu d’une lutte constante. Sainte Catherine de Sienne le laissait entendre avec réalisme : « Sans guerre, il n’y a pas de paix ! » Car la terre de notre cœur est encore assaillie par l’Ennemi de la paix qui veut l’occuper… Et dans ce combat spirituel de chaque jour, le chapelet est l’Arme des pauvres et des petits que nous sommes tous !

Péguy en était persuadé quand il faisait dire au Seigneur :

« Récite ton chapelet, dit Dieu…

Et ne te soucies point de ce que raconte tel écervelé :

Que c’est une dévotion passée et qu’on va abandonner.

Cette prière-là, je te le dis,

est un rayon de l’Evangile…

Ce que j’aime dans le chapelet, dit Dieu,

c’est qu’il est simple et qu’il est humble,

comme fut mon Fils, comme fut sa Mère[1]… »

Depuis tant d’années, la Vierge nous demande « d’abord » cette fidélité à « son » Arme : là, s’exerce la persévérance des pécheurs où le Rosaire devient peu à peu l’apprentissage de la douceur… En effet, inspiré par l’amour, il commence dans l’humilité et se creuse dans la patience pour nous conduire à la paix. Jour après jour, Marie nous façonne mystérieusement à l’image de son Fils, doux et humble de Cœur (Mt 11,29). Et sur ce chemin, l’Esprit, peu à peu, ouvre une brèche dans notre cœur de pierre. C’est un itinéraire où, Ave après Ave, Marie nous fait entrer dans la douceur Trinitaire en nous y adaptant avec tendresse :

« On parle de la « douceur déchirante » des couchers du soleil, de certaines musiques… Mais la douceur de Dieu est infiniment plus déchirante… et en même temps, c’est la béatitude ! Demandons la joie d’être déchiré par l’appel de l’Amour… Pour nous y aider, Dieu nous offre la Sainte Vierge… Elle est une invention et un don de Dieu, un geste par lequel Il veut adoucir les douleurs[2]… »

Ainsi, le Rosaire est l’Arme des doux et il fait de nous des « artisans de paix » (Mt 5,9). En ces temps actuel où la paix sociale et la paix mondiale sont menacées comme jamais… cette prière mariale quotidienne est notre premier engagement pour la paix : nous ne pourrons affronter les terribles défis actuels qu’avec la paix du Christ dans le cœur et la douceur de Marie dans le regard…

+Marie-Mickaël

 

 

[1] Charles Péguy, « Chantre de Chartres ».

[2] M.D. Molinié, Qui comprendra le Cœur de Dieu ? Saint Paul 1994, p.14-   16.