L’âme de Marie a toujours été habité par l’Esprit-Saint (Sainte Elena Guerra)

« L’immaculé Sanctuaire de l’âme de Marie a toujours été habité par l’Esprit-Saint, qui fut l’unique directeur de tous les actes internes et externes de l’Immaculée, son Épouse ; l’Esprit Saint fut toujours écouté, toujours secondé et toujours glorifié par la Sainte Vierge. Oh oui ! d’elle, plus que d’aucune autre âme fidèle, on peut dire que l’Esprit Saint est le doux hôte de l’âme. »

Sainte Elena Guerra, –Lucques, 23 juin 1835 – 11 avril 1914 ) religieuse, fondatrice des Oblates du Saint-Esprit, canonisée le 20 octobre 2024




Marie nous est envoyée… Elle surgit comme l’aurore !

Marie nous est envoyée…

 2 – Elle surgit comme l’aurore ! (Ct 6,10)

 

     Depuis le Pape Jean XXIII qui a suscité le Renouveau de l’Eglise en lançant le Concile Vatican II, l’attente d’une nouvelle Pentecôte était espérée… elle est venue en partie par le Renouveau Charismatique et tant de réalités nouvelles et rayonnantes dans l’Eglise, mais assez vite contredites par une crise profonde qui a engendré les drames que nous connaissons aujourd’hui…

C’est pourquoi il faut humblement espérer une Pentecôte nouvelle pour l’Eglise  par le Cœur de Marie, Mère de l’Eglise car il en va non seulement de sa survie mais de celle du monde ! Un Père de l’Eglise l’a magnifiquement exprimé : « Le Feu caché et comme étouffé sous les cendres de ce monde… éclatera  et embrasera divinement l’écorce de la mort[1] ! »

     L’Eglise a reçu ce Feu caché et voilà pourquoi elle est toujours là après 2000 ans.  Et la prophétie de Léon Bloy vient nous éveiller à l’essentiel sur la finalité du mystère de la foi à travers le mystère de l’Eglise : « Il n’y a qu’une tristesse, c’est de n’être pas des saints ! » En ce sens, Saint Jean-Paul II, le Pape marial, nous invite à plonger dans ce mystère profond de l’Eglise, toujours présent en cœur :

« Au milieu des problèmes, des déceptions et des espoirs que connaît notre époque… l’Eglise demeure fidèle au mystère de sa naissance. Si c’est un fait historique que l’Eglise est sortie du Cénacle le jour de la Pentecôte, on peut dire qu’en un sens elle ne la jamais quitté. Spirituellement, l’évènement de la Pentecôte n’appartient pas seulement au passé : l’Eglise est toujours au Cénacle, qui reste présent dans son cœur. L’Eglise persévère dans la prière, comme les Apôtres, avec Marie, Mère du Christ…On comprend ainsi le sens profond du motif pour lequel, en union avec la Vierge-Mère, l’Eglise, comme l’Epouse, se tourne continuellement vers son divin Epoux, ainsi que l’atteste les paroles de l’Apocalypse citées par le Concile[2] : « L’Esprit et l’Epouse disent au Seigneur Jésus : Viens[3] ! »

     Dans la puissance de l’Esprit, Marie nous est envoyée car Elle a reçu de la Très Sainte Trinité la mission de nous préparer pour le retour de Jésus ! C’est par la « victoire » de son Cœur Immaculé annoncée à Fatima que nous entrerons dans l’ère nouvelle, « la civilisation de l’Amour » prophétisée par Saint Jean-Paul II.

    Ici donc, dans cette attente où l’obsession des dates peut devenir une dangereuse tentation, l’essentiel est la vigilance du cœur dans le Cœur de Marie par la prière du Rosaire, la vie sacramentelle, la pénitence et l’amour fraternel… car La Vierge, Mère de l’Eglise, vu par Saint Jean dans l’île de Patmos est bien le mystère de « la Femme » enveloppée du soleil (Ap 12,1) qui est le Christ triomphant !

    En contemplant Marie à Fatima, spécialement le 13 octobre, on comprend qu’Elle la Femme de l’Apocalypse dont la tendresse protectrice nous est donnée pour les épreuves de la fin des temps ! Et dans la Bible, le Cantique des cantiques le laisse magnifiquement deviner : « Qui est celle-ci qui surgit comme l’aurore, belle comme la lune, resplendissante comme le soleil, redoutable comme une armée rangée en bataille ? » (Ct 6,10)

Oui, qui est cette Femme qui, par ses mains lumineuses plonge les trois enfants de Fatima dans l’immensité de Dieu ? Qui est cette Vierge qui, ouvrant les portes de l’Enfer, veut nous faire deviner son indicible désir de nous emmener à la joie du Ciel ? Qui est cette Femme qui, d’un geste de la main, fait tourner le soleil ? C’est tout simplement Notre Mère à tous dont l’ineffable tendresse la fait se pencher sur nous jour et nuit….                            

  +Marie-Mickaël                 

                                                   

[1] Saint Grégoire de Nysse, Contre Eunome, 5, Patrologie Grecque 45,708.

[2] Constitution dogmatique sur l’Eglise Lumen gentium, LG 4, Ap 22,17.

[3] Saint Jean-Paul II, Encyclique Dominum et vivificantem, 18 mai 1986, n° 66.




C’est la Sainte Vierge qui tient mon gouvernail… St Just de Bretenières

« C’est la Sainte Vierge qui tient mon gouvernail, je m’en repose sur Elle ; elle saura bien me mener au port. »

Saint Just de Bretenières (1838-1866), prêtre, missionnaire et martyr en Corée




Marie nous est envoyée… La Vierge est le Signe des temps et de la grande Espérance !

Marie nous est envoyée…

                   1 – La Vierge est le Signe des temps et de la grande Espérance !

      Nous sommes arrivés dans « les temps de la grande Epreuve et de la grande Espérance » comme l’a si souvent annoncé Saint Jean Paul II. Au seuil de l’An 2000, il voyait se dessiner le monde postmoderne qui est le nôtre : « En réalisant un monde sans Dieu, on réalise une société contre l’homme… car sans la lumière du Christ, tout devient énigmatique, obscur, contradictoire et même absurde[1] ! » Et lui qui, après son attentat, fut si lié à Fatima a été « le signe de la Vierge » pour notre temps : en effet, sa vie témoigne que celui ou celle qui est « tout à Marie » est tendrement protégé…

Tournons-nous donc résolument vers notre Mère du Ciel qui veille sur nous à chaque instant ! Car nous sommes entrés aujourd’hui dans l’ultime épreuve aux deux tentations redoutables : celle du monde actuel où s’opère un écroulement de la civilisation judéo-chrétienne pour laisser place à la tentation globale du transhumanisme… et l’autre, à l’intérieur même de l’Eglise, où des forces obscures sont en train de « détruire la foi catholique en la vidant de sa substance ! » C’est véritablement l’émergence de la Babylone ultime que décrivait prophétiquement le Pape Benoît XVI :

« L’Apocalypse de Saint Jean énumère parmi les grands péchés de la Babylone – symbole des grandes villes irréligieuses du monde – le fait d’exercer le commerce des corps et des âmes et d’en faire une marchandise (Ap 18,13). Dans ce contexte se pose aussi le problème de la drogue, qui avec une force croissante étend ses tentacules autour de tout le globe terrestre – expression éloquente de la dictature de Mammon qui pervertit l’homme…

          Tout plaisir devient insuffisant et l’excès dans la tromperie de l’ivresse devient une violence qui déchire des régions entières, et cela au nom d’un malentendu fatal de la liberté, où justement la liberté de l’homme est minée et à la fin complètement anéantie[2] ! »

      Aussi, sur les traces de Saint Jean-Paul II, Benoît XVI se tourne vers la Mère de l’Eglise :

« L’icône de l’Annonciation nous fait comprendre clairement, mieux que n’importe quelle autre, que tout dans l’Eglise remonte à ce moment là… à ce mystère d’accueil du Verbe divin, où, par l’action de l’Esprit Saint, l’alliance entre Dieu et l’humanité a été scellée de manière parfaite…

          Je veux exprimer à Marie ma gratitude pour le soutien qu’Elle m’apporte dans mon service quotidien de l’Eglise… car Tout dans l’Eglise, chaque institution et ministère, y compris celui de Pierre et de ses successeurs, est « enveloppé » par le manteau de la Vierge[3] ! »

       Ainsi, c’est en regardant « avec et en Marie » la vie du Sauveur dans le mystère de la foi que l’on peut comprendre, de l’intérieur, les bouleversements terribles de l’histoire de l’Eglise : en effet, elle est et a déjà été violemment attaquée de l’extérieur, mais elle va être comme jamais divisée de l’intérieur, violentée et trahie sur plusieurs fronts… et sans doute mourir comme son Seigneur !

       Mais un petit reste fidèle et caché demeurera, enveloppé et protégé par la tendresse de la Vierge… et comme son Sauveur crucifié, l’Eglise ressuscitera ! Et, sans tomber dans le piège de la datation, on peut avancer que nous sommes entrés dans ce temps de « la grande Epreuve et de la grande Espérance ». Car nous savons que la promesse de Jésus à Pierre traverse le temps et qu’elle fonde notre confiance. Gardons là  fidèlement en nos cœurs :

       « Tu es Pierre et sur cette pierre, je bâtirai mon Eglise et les portes de l’Enfer ne tiendront pas contre elle ! » (Mt 16,16).

                                                                                                   +Marie-Mickaël   

 

[1] Saint Jean-Paul II, Symposium des Evêques d’Europe, octobre 1999.

[2] Benoît XVI, Vœux de Noël 2010 à la Curie Romaine.

[3] Benoît XVI, Rome, Homélie 25 mars 2006 et discours 31 mai 2006.




Marie est l’échelon pour arriver à Jésus. St Alphonse de Liguori

« Dans une échelle, on n’arrive au troisième échelon qu’en mettant d’abord le pied sur le second, et on n’arrive au second qu’en mettant le pied sur le premier ;

de même, on n’arrive à Dieu que par Jésus Christ, et on n’arrive à Jésus Christ que par Marie ».

Saint Alphonse de Liguori




Le silence du Christ est Regard…

« Alors, Jésus fixa sur lui son Regard et l’aima… »

Mc 10,21

 

L’Evangile est traversé par le mystère du Regard de Dieu… et nous oublions souvent qu’avant la résonance de sa  Parole, son Regard la précède ! Souvenons-nous ici de l’Evangile du jeune homme riche : avant que Jésus ne l’appelle à sa suite, son Regard le fixe avec amour… et c’est mystérieusement le premier appel silencieux ! (Mc 10,21).

Ainsi, n’oublions jamais que « la Parole de son Regard » est toujours « première » dans l’Evangile et dans notre vie. Son Regard silencieux, c’est la certitude d’être aimé à chaque instant…  et le Sauveur veut que nous ne perdions pas de temps à trop nous regarder dans le piège, les complications et les contradictions de nos psychologies pécheresses…

Il y a là un appel évangélique fort, une conversion de notre regard de pécheur où secrètement, l’orgueil prend la première place en étant trop occupé de notre « moi ». Dieu veut que nous venions maintenant tels que nous sommes, sans rien cacher et sans nous décourager. La parole de l’Apôtre Jean qui nous ouvre à l’Amour sera ici pour nous libératrice :

« Petits enfants, n’aimons ni de mots, ni de langue, mais en actes et en vérité !

        A cela nous saurons que nous sommes de la vérité,

        et devant Lui nous apaiserons notre cœur,

        si notre cœur venait à nous condamner,

        car Dieu est plus grand que notre cœur et il connaît tout !

        Bien-aimés, si notre cœur ne nous condamne pas,

        nous avons pleine assurance devant Dieu…

        Car Celui qui est en vous est plus grand que celui qui est dans le monde ! »

                                                                         1 Jn 3,18-21 / 4,4

       Retenons cette intuition majeure de Saint Jean : « Dieu est plus grand que notre cœur » ! Et Il ne voit pas comme nous… son Regard a un poids d’infinie miséricorde qui le pousse sans cesse à aller chercher très loin et très bas l’égaré, la «brebis perdue » (Lc 15,4-7). Et son « ultime Parole sera celle, folle et silencieuse, de la Croix… »

Qui comprendra le Cœur de Dieu ? C’est pour nous encore « inconnu » à nos cœurs étroits de pécheurs… mais c’est aussi pour nous une telle source d’émerveillement et de paix que de commencer à découvrir un tel mystère caché au cœur de nos vies ! Le silence du Christ est Regard… et son Regard exprime l’infinie intensité d’amour de son Cœur ouvert sur la Croix qui nous dit « tout » de Dieu !

Son Regard, c’est son Cœur : Regard miséricordieux sur nos trahisons comme pour Pierre qui renie son Maître (Lc 22,61-62) ; Regard respectueux et libérateur sur nos fragilités de la chair  comme sur la femme adultère (Jn 8,6-11) ; Regard fou de l’infinie miséricorde sur les terribles errances de nos vies  comme le bon larron crucifié avec lui (Lc 23,42)… et tant d’autres lieux de l’Evangile où resplendit « la flamme ardente » de ses yeux ! (Ap 1,14).

Son silencieux Regard est la réalité cachée au cœur de nos vies !  Par son Regard, Il vient nous « appeler à Lui » sans forcer un seul instant notre liberté. Ainsi, notre première réponse sera « l’oraison silencieuse » qui nous plonge en sa Présence cachée : elle ouvre les yeux de notre cœur sur Son Regard si beau qui ne se détournera jamais !

 

                                                                                             +Marie-Mickaël

       




A Lourdes, le regard de Marie fait fuir le démon…

« Bernadette parla d’un fait étrange qui s’était produit durant la vision de ce vendredi 19 février. Pendant qu’elle était en prière, un tumulte de voix sinistres paraissant sortir des entrailles de la terre était venu éclater au-dessus des eaux du Gave. ces voix s’interpellaient, se croisaient, se heurtaient, comme les clameurs d’une foule en querelle. L’une de ces voix, dominant les autres, avait crié d’une manière stridente et pleine de rage : Sauve-toi ! Sauve-toi ! A ce cri qui ressemblait à une menace, la Dame avait levé la tête et froncé le sourcil en regardant vers la rivière. Sur ce simple mouvement, les voix s’étaient prises d’épouvante et avaient fui dans toutes les directions. »

Témoignage de Jean-Baptiste Estrade, cité dans Les apparitions de Lourdes, Imprimerie de Lourdes, réed. de 1974, p. 64




Le silencieux Regard de la Miséricorde…

« Ses yeux sont comme une flamme de feu ! »

Ap 1,14

 

« Prends ton Crucifix, regarde, écoute… 

Avec quel amour Il te regarde ! »

Sainte Elisabeth de la Trinité

 

      Etre chrétien, c’est croire à « une Présence mystérieuse » dans ce qui fait le quotidien de ma vie… C’est découvrir de plus en plus « le silencieux Regard » de Celui qui avec moi « tous les jours jusqu’à la fin du monde ! » (Mt 28,20). Et ce mystère de la foi est d’un absolu réalisme : je suis appelé à le vivre là où je suis, et pas ailleurs ! Tel est le réalisme des Saints qui ont vécu la grande aventure qui, seule, bouleverse une vie : suivre Jésus par un absolu regard de confiance jusqu’au bout de l’amour !

Alors, quel que soit ma situation ou mon appel, la foi me fait pressentir qu’Il est là, à la fois caché et présent, dans le mystère le plus profond de mon cœur… Saint Augustin le savait plus que tout :

« Ecoute le fond de ton être, il y a toujours Quelqu’un[1]… »

      Tel est le fondement de « l’oraison silencieuse » où l’on se découvre toujours habité et regardé par Dieu qui est Amour (1 Jn 4,16) : la Vierge Marie, notre Mère, le savait mieux que personne et c’est pourquoi « Elle repassait en son Cœur » chaque évènement, chaque rencontre, chaque silence où, mystérieusement, Dieu lui parlait… (Lc 2,19).

Ainsi, sur les traces d’une Elisabeth de la Trinité, j’ai sans cesse à découvrir le sens  contemplatif de ma vie chrétienne : « Croire qu’un Etre qui s’appelle l’Amour habite en moi à tout instant du jour et de la nuit [2]… » Et il m’est présent par cet incessant Regard posé sur moi et absolument tout ce qui fait ma vie :

     « Dieu te regarde, qui que tu sois. Il t’appelle « par ton nom » (Jn 10,3). Il te voit et il te comprend, lui qui t’ fait. Tout ce qu’il y a en toi, il le sait : tous tes sentiments, tes pensées, tes inclinations, tes goûts, ta force et ta faiblesse. Il te voit dans tes jours de joie comme dans tes jours de peine ; il partage tes espoirs et tes tentations ; il prend à cœur toutes tes angoisses et tes souvenirs, tous les élans et tous les découragements de ton esprit ; il a compté tes cheveux. Il t’entoure de ses bras et te soutient…

        Il contemple ton visage, dans le sourire ou les pleurs, dans la santé ou la maladie… Il entend ta voix, le battement de ton cœur et jusqu’à ton souffle… Ce n’est pas seulement que tu fais partie de sa Création, Lui qui a souci même des moineaux (Mt 10,29). Tu es un être humain racheté et sanctifié, tu es son enfant… Tu es un de ceux pour qui le Christ a offert au Père sa dernière prière et y a mis le sceau de son Sang précieux…

        Qu’est-ce que l’homme, que sommes-nous, que suis-je, pour que le Fils de Dieu « ait de moi un si grand souci ? » (Ps 8,5). Que suis-je pour qu’il m’ait refait à neuf, et pour qu’il ait fait de mon cœur sa demeure[3] ? »

 

                                                                                          +Marie-Mickaël

[1] Saint Augustin, Commentaire sur le Psaume 102,2.

[2] Saint Elisabeth de la Trinité, Œuvres complètes, Lettre 330, p.785.

[3] Saint John Henry Newman, A Particular Providence as revealed un the Gospel, PPS vol.3, n° 9.




Marie, Mère de la Miséricorde. St Jean-Paul II

« Personne n’a expérimenté autant que la Mère du Crucifié le mystère de la croix, la rencontre bouleversante de la justice divine transcendante avec l’amour : ce « baiser » donné par la miséricorde à la justice. […] Marie est donc celle qui connaît le plus à fond le mystère de la miséricorde divine. Elle en sait le prix, et sait combien il est grand. En ce sens, nous l’appelons aussi Mère de la miséricorde. »

Saint Jean-Paul II, encyclique Dives in Misericordia




« En ce jour, les entrailles de ma miséricorde sont ouvertes… »

« En ce jour, les entrailles de ma miséricorde sont ouvertes et je déverse tout un océan de grâces sur les âmes qui s’approchent de la source de ma miséricorde ; toute âme qui se confessera et communiera recevra le pardon complet de ses fautes et la remise de leurs peines …

En ce jour sont ouvertes toutes les sources divines par lesquelles s’écoulent les grâces ; qu’aucune âme n’ait peur de s’approcher de moi, même si ses péchés sont comme l’écarlate ! » (Petit journal, 699).

 

      Nous allons maintenant découvrir le bouleversant mystère du « Jour » que Révèle pour nous le Christ miséricordieux à Sainte Faustine. Et je préfère prévenir que cette méditation sera plus longue que d’habitude en vous invitant à aller jusqu’au bout… car un « trésor unique » ici nous est donné ! Et nous découvrirons qu’il y a « un avant et un après » à travers la Révélation de la Miséricorde dont l’Eglise est la voix et la gardienne. Pour l’approcher quelque peu dans son sens ultime, nous méditerons d’abord quelques textes majeurs de la Parole de Dieu.

         Le premier se situe au début de l’Evangile de Saint Luc où dans son Cantique, Zacharie prophétise à son fils Jean-Baptiste :

« Et toi petit enfant, tu seras appelé prophète du Très-Haut devant le Seigneur pour préparer ses voies, pour donner à son peuple la connaissance du salut, par le pardon de ses péchés, grâce aux « entrailles de la miséricorde de Dieu » par lesquelles nous visiteras l’Astre d’en Haut, pour illuminer ceux qui demeurent dans les ténèbres et l’ombre de la mort, pour conduire nos pas vers un chemin de paix ! » (Lc 1,76-79).

Contemplons ici le mystère insondable de ces « entrailles de la miséricorde de Dieu ». En effet, au niveau théologique, la miséricorde divine n’est pas un simple sentiment de compassion… c’est selon Saint Thomas d’Aquin « l’attribut même de Dieu » : la manière dont son amour se manifeste face au mal, à la souffrance et au péché. Dans sa Somme théologique, Saint Thomas d’Aquin la définit splendidement : « La miséricorde est attribuée à Dieu au plus haut point… Car avoir compassion, c’est avoir un cœur misérable face à la misère de l’autre, et s’efforcer de la dissiper comme si c’était la sienne propre !… Il appartient à Dieu d’exercer sa toute-puissance surtout en pardonnant et en faisant miséricorde[1] ! »

        Cela nous renvoie à l’hébreu biblique qui emploie deux termes précis pour la miséricorde :

Hesed : il s’agit ici de l’inclination du cœur à faire preuve d’une « grâce surprenante » à l’égard de la personne aimée… Ainsi, « hesed » décrit souvent la miséricorde et la compassion de Dieu. Un bel exemple est l’intercession de Moïse lorsqu’il fait appel à la « bonté » de Dieu face au peuple infidèle :

« L’Eternel est lent à la colère et riche en bonté (hesed)… Pardonne-la faute de ce peuple, conformément à la grandeur de ta bonté (hesed), tout comme tu lui as pardonné depuis l’Egypte jusqu’ici… » (Nombres 14,18-19).

Rahamim : ce second terme est encore plus fort et révélateur du Cœur de Dieu : Dieu éprouve pour nous ce qu’une mère ressent pour l’enfant né de ses entrailles ! Il s’agit ici d’un amour d’une telle

Profondeur… et qui ne peut renier le fruit de son sein ! Le terme grec ancien « éléos » signifie « compassion » et donnera dans la version latine « miséricorde » : Cœur qui se donne à la misère !

Il faut se souvenir ici de ce moment phare de l’Evangile où Le Seigneur s’adresse aux pharisiens :

« Ce ne sont pas les gens bien portants qui ont besoin du médecin, mais les malades. Allez donc apprendre le sens de cette parole : « C’est la miséricorde (eleos) que je désire et non le sacrifice. En effet, je ne suis pas venu appeler les justes, mais les pécheurs ! » (Mt 9,12-13).

Nous sommes là au cœur de la Révélation où « Dieu qui est riche en miséricorde (eleos), à cause  du grand amour dont il nous a aimés, alors que nous étions morts par suite de nos fautes, nous a fait revivre avec le Christ ! » (Ep 2,4). Et comment oublier ici l’affirmation de l’Apôtre et Evangéliste Saint Jean qui est le véritable « Cœur de l’Ecriture » : « Celui qui n’aime pas n’a pas connu Dieu, car Dieu est Amour ! » (1 Jn 4,8).

En effet, seule « la miséricorde » transforme la dureté du regard de notre cœur  sur l’autre et sur la vie… et elle nous fait basculer du côté de la tendresse de Dieu dont le regard est juste parce que miséricordieux !  Comment ne pas écouter ici l’audacieuse sagesse du nouveau « Docteur de l’Eglise ? »  Sainte Petite Thérèse est « une voix unique » de la Miséricorde pour notre temps :

« A moi, Il a donné sa Miséricorde infinie et c’est à travers elle que je contemple et adore les autres perfections Divines !… Alors, toutes m’apparaissent rayonnantes d’amour, la Justice même (et peut-être encore plus que tout autre) me semble revêtue d’amour…

       Quelle douce joie de penser que le Bon Dieu est Juste, c’est-à-dire qu’Il tient compte de nos faiblesses, qu’Il connaît parfaitement la fragilité de notre nature. De quoi donc aurais-je peur ?…

       Le Dieu infiniment juste qui daigna pardonner avec tant de bonté toutes les fautes de l’enfant prodigue (Lc 15,21-24), ne doit-il pas être juste envers moi qui « suis toujours avec Lui [2]? » (Lc 15,31).

      Aussi, ne loupons pas le grand rendez-vous avec Miséricorde que Jésus a fixé lui-même en Eglise à travers Sainte Faustine et Saint Jean-Paul II[3]. Ce dernier n’a-t-il pas annoncé dans son admirable Lettre Encyclique « Dieu riche en miséricorde » :

« Le Christ confère à toute la tradition vétéro-testamentaire de la miséricorde divine sa signification définitive. Non seulement il en parle et l’explique à l’aide d’images et de paraboles, mais surtout il l’incarne et la personnifie. Il est lui-même, en un certain sens, la miséricorde. Pour qui la voit et la trouve en Lui, Dieu devient « visible » comme le Père « riche en miséricorde[4] » (Ep 2,4).

Et « le Pape marial » qu’était Jean-Paul II ne pouvait oublier ici la participation unique de la Vierge Marie au mystère de la miséricorde :

« Marie est aussi celle qui, d’une manière particulière et exceptionnelle a expérimenté la miséricorde… car le sacrifice de Marie est une participation spécifique à la Révélation de la miséricorde… Personne n’a expérimenté autant que la Mère du Crucifié le mystère de la Croix, la rencontre bouleversante de la justice divine transcendante avec l’amour :

        Ce « baiser » donné par la miséricorde à la justice (Ps 85,11). Personne autant qu’elle, Marie, n’a accueilli aussi profondément dans son cœur ce mystère… Marie est donc celle qui connaît le plus à fond le mystère de la miséricorde divine. Elle en sait le prix, et sait combien il est grand… et cet amour ne cesse pas, en elle et grâce à elle, de se révéler dans l’histoire de l’Eglise et de l’humanité[5] »

Quelle invitation pour nous tous à « découvrir  de plus en plus le secret de l’infinie Miséricorde » qui est le « cœur de l’Evangile ! » Alors, durant cette Pâque 2026 où nous sommes habités par la joie de la « Résurrection du Sauveur » ; réalisons à nouveau combien « les promesses de Jésus miséricordieux »  viennent nous inviter à ce rendez-vous décisif ! Repassons encore et encore en notre cœur ses paroles éblouissantes :

« En ce jour, les entrailles de ma miséricorde sont ouvertes et je déverse tout un océan de grâces sur les âmes qui s’approchent de la source de ma miséricorde ; toute âme qui se confessera et communiera recevra le pardon complet de ses fautes et la remise de leurs peines …

        En ce jour sont ouvertes toutes les sources divines par lesquelles s’écoulent les grâces ; qu’aucune âme n’ait peur de s’approcher de moi [6]… »

     Nous voici donc prévenus ! Tout est dit… et il faut sans hésitations nous ouvrir « dans la confiance » à l’infinie Miséricorde qui vient, avec une incompréhensible tendresse, frapper à la porte de nos cœurs … » Alors, concrètement, vivons avec ferveur la neuvaine de prière à la miséricorde divine du Vendredi Saint au deuxième Dimanche de Pâques : chaque jour, nous méditerons les textes prévus et nous prierons le chapelet de la Miséricorde. Et le Dimanche de la miséricorde, Jésus nous fait cette promesse inouïe qu’il faut méditer et accueillir comme une opportunité « unique » dans notre vie :

« Toute âme qui se confessera et communiera recevra le pardon complet de ses péchés et la remise de leurs peines … En ce jour sont ouvertes toutes les sources divines ! »

       Cela signifie que dans « l’accomplissement fidèle » de cette fête une grâce absolument unique est offerte[7] !  Alors,   accueillons avec amour et reconnaissance « l’ultime cri » de Jésus miséricordieux pour notre temps :

« La Fête de la Miséricorde a jailli de mes entrailles pour la consolation du monde entier !… car les âmes périssent malgré mon amère Passion. Je leur offre une dernière planche de salut, c’est la fête de ma Miséricorde. Si elles n’adorent pas ma miséricorde, elles périront pour l’éternité. Secrétaire de ma miséricorde, écris, parle aux âmes de ma grande miséricorde !…

         Je poursuis les pécheurs de ma Miséricorde sur tous leurs chemins… Dis aux pécheurs que Je les attends toujours [8]… »

 

                                                                              +Marie-Mickaël

 

[1] Somme théologique, Ia, q.21.

[2] Sainte Thérèse de Lisieux, Œuvres complètes –  Manuscrit A, Cerf-DDB, 1992, p.211-212.

[3] Le 30 avril 2000, jour de la canonisation de Sainte Faustine, le Pape Jean-Paul II déclara à Rome : « Désormais, le 2° dimanche de Pâques, dans toute l’Eglise, prendra le nom de « Dimanche de la Divine Miséricorde ».

[4] Saint Jean-Paul II, Dieu riche en miséricorde, 1980, n° 2.

[5] Saint Jean-Paul II, Dieu riche en miséricorde, 1980, n° 9.

[6] Petit Journal, 699.

[7] « Le Seigneur a promis que si nous recevons les sacrements de la pénitence et de l’Eucharistie lors de la Fête de la Miséricorde, la peine éternelle, mais aussi la peine temporelle de nos péchés seraient remises ! Nous recevons ainsi une indulgence plénière ! C’est une très bonne nouvelle à communiquer autour de nous… » Jésus, Roi de miséricorde, Association pour la miséricorde, 25 mars 2014, p. 90.

[8] Petit Journal, 1517 / 965 / 1728.