Accueillez, ô Vierge Sainte, l’offrande d’un pauvre pécheur… St Alphonse-Marie de Liguori

« O Marie, enfant chérie de Dieu, que ne puis-je vous offrir et vous consacrer les premières années de ma vie, comme vous vous êtes offerte et consacrée au Seigneur dans le Temple ! mais, hélas ! ces premières années sont déjà bien loin de moi ! J’ai employé un temps si précieux à servir le monde et vous ai oubliée en écoutant la voix de mes passions. Toutefois il vaut mieux commencer tard à vous servir que de rester toujours rebelle. Je viens donc aujourd’hui m’offrir tout entier à votre service, et consacrer à mon Créateur, par votre entremise bénie, le peu de jours qu’il me reste encore à passer sur la terre. Je vous donne mon esprit, pour qu’il s’occupe de vous sans cesse, et mon cœur, pour vous aimer à jamais. Accueillez, ô Vierge Sainte, l’offrande d’un pauvre pécheur ; je vous en conjure par le souvenir des ineffables consolations que vous avez ressenties en vous offrant à Dieu dans le Temple. Soutenez ma faiblesse, et par votre intercession puissante obtenez-moi de Jésus la grâce de lui être fidèle. ainsi qu’à vous, jusqu’à la mort, afin qu’après vous avoir servie de tout mon cœur pendant la vie, je participe à la gloire et au bonheur éternel des élus. Amen. »

Prière de St Alphonse-Marie de Liguori




« L’horreur de l’Enfer ! » 1

1 – « large et spacieux est le chemin qui mène à la perdition ! »

Mt 7,13

« La peine principale de l’enfer consiste en la séparation éternelle d’avec Dieu

en qui seul l’homme peut avoir la vie et le bonheur… »

Catéchisme de l’Eglise catholique, 1035

     Le terrible mystère de l’enfer est une « vérité de la foi » toujours délicate à aborder, et d’autant plus aujourd’hui où les notions de mal et de péché sont devenues relatives, jusqu’à être souvent dépassées, discréditées… c’est le dramatique glissement de « l’inversion des valeurs » où le mal est devenu peu à peu un bien et une soi-disant libération sans limites ; et voici que désormais le vrai, le bien et le beau inscrits dans la Création sont suspectés d’être un frein néfaste et oppressif pour l’homme d’aujourd’hui :  telle est le progressisme constant de nos sociétés dites « évoluées » !

Le bulldozer de l’évolution à « sens unique » vient  écraser toute résistance en écartant tôt ou tard tout dialogue pour arriver à ses fins… Comment ne pas deviner ici l’influence du Démon, à la fois subtile et puissante, sur l’égarement fou et normalisé de notre civilisation postmoderne ?

Alors, en préliminaire, mettons-nous à l’écoute d’une grande Sainte pour notre temps : Elisabeth de la Trinité ! Remarquable pianiste, elle a tant aimé la vie, la création, l’amitié et même s’habiller élégamment, belle époque oblige[1] ! Tout en étant très engagée dans sa paroisse, elle affectionnait les sorties, les amis, la mer, la montagne, la danse… elle aimait tout de la vie, mais elle en voyait le vrai sens : elle avait déjà cette sagesse des Saints qui font du Christ le centre et la passion de chaque instant de leur vie : « Il me semble que rien ne peut me distraire de Lui… même au milieu du monde, on peut l’écouter dans le silence d’un cœur qui ne veut être qu’à Lui [2] ! »

Elisabeth de la Trinité peut nous communiquer ce sens ultime de la vie qui vient faire échec aux ténèbres. Dans une de ses dernières lettres, qui nous est aussi destinée, elle écrivait avec beauté et gravité :

« L’heure approche où je vais passer de ce monde à mon Père, et avant de partir je veux vous envoyer un mot de mon cœur, un testament de mon âme. Jamais le Cœur du Maître ne fut si débordant d’amour qu’à l’instant suprême où Il allait quitter les siens ! (Jn 13,1). Il me semble qu’il se passe quelque chose d’analogue en sa petite épouse au soir de sa vie, et je sens comme un flot qui monte de mon cœur jusqu’au vôtre !… A la lumière de l’éternité, l’âme voit les choses au vrai point ; oh ! Comme tout ce qui n’a pas été fait pour Dieu et avec Dieu est vide ! Je vous en prie…  marquez tout avec le sceau de l’amour ! Il n’y a que cela qui demeure…

Que la vie est quelque chose de sérieux : chaque minute nous est donnée pour nous « enraciner [3]» plus en Dieu, selon l’expression de Saint Paul… Je vous laisse ma foi en la présence de Dieu, du Dieu tout Amour habitant en nos âmes. Je vous le confie : c’est cette intimité avec Lui « au-dedans » qui a été le beau soleil irradiant ma vie, en faisant déjà comme un Ciel anticipé[4]… »

Retenons ce « cri » d’Elisabeth qui vient interpeller notre vie actuelle quand elle affirme : « La vie est quelque chose de sérieux… Comme tout ce qui n’a pas été fait pour Dieu et avec Dieu est vide ! » C’est là que commence le glissement vers le non-sens abyssal des ténèbres qui peut mener à l’enfer…

Le Catéchisme de l’Eglise catholique nous prévient sur la « responsabilité » de chaque personne humaine dont les choix « persistants » en cette vie déterminent son éternité :

« Dieu ne prédestine personne à aller en enfer ; il faut pour cela une aversion volontaire de Dieu (un péché mortel), et y persister jusqu’à la fin. Dans la liturgie eucharistique et dans les prières quotidiennes de ses fidèles, l’Eglise implore la miséricorde de Dieu, qui veut « que personne ne périsse, mais que tous arrivent au repentir [5]» (2 P 3,9)

Et le Catéchisme nous avertit avec force et clarté pour nous délivrer de toute illusion et nous garder « vigilants » à demeurer coûte que coûte en état de grâce ! Sur la terre, tout passe… et nous avons à mener une lutte jour après jour pour ne pas louper le plus grand rendez-vous de nos vies : « Soyons dans la joie… car voici les noces de l’Agneau et son épouse s’est faite belle ! » (Ap 19,7). Laissons-nous encore enseigner et saisir par les vérités de la foi catholique issues de l’Evangile :

« Jésus parle souvent de la « géhenne » du « feu qui ne s’éteint pas[6] », réservée à ceux qui refusent jusqu’à la fin de leur vie de croire et de se convertir, et où peuvent être perdus à la fois l’âme et le corps (Mt 10,28). Jésus annonce en termes graves qu’Il « enverra ses Anges qui ramasseront tous les fauteurs d’iniquité… et les jetteront dans la fournaise ardente ! » (Mt 13,41-42).

La peine principale de l’enfer consiste en la séparation éternelle d’avec Dieu en qui seul l’homme peut avoir la vie et le bonheur pour lesquels il a été créé et auxquels il aspire…

Les affirmations de la Sainte Ecriture et les enseignements de l’Eglise au sujet de l’enfer sont un appel à la responsabilité avec laquelle l’homme doit user de sa liberté en vue de son destin éternel. Elles constituent en même temps un appel pressant à la conversion : « Entrez par la porte étroite. Car large et spacieux est le chemin qui mène à la perdition, et il en est beaucoup qui le prennent ; mais étroite est la porte et resserré est le chemin qui mène à la Vie, et il en est peu qui le trouvent[7]! » (Mt 7,13-14)

Cette terrible réalité de l’enfer n’est pas une invention de l’Eglise, mais une vérité de la foi qui repose sur l’affirmation de la Parole de Dieu[8]. A une époque où règne un dangereux désert spirituel, on constate « un terrible silence » des pasteurs sur les conséquences éternelles du péché ! D’ailleurs, dans la prédication, qui parle encore du Purgatoire, de l’Enfer ou du Ciel ? Très peu de monde…

Où est donc passé le principe de « finalité » qui doit soulever toute la foi des chrétiens ? C’est parce que les choix de ma vie orientent toute mon éternité que mon regard de foi doit percevoir les réalités ultimes ! Alors, si le présent prépare à chaque instant l’éternité, avec quelle urgence le témoignage de la charité doit d’abord « retentir dans l’Eglise »… avant de déborder sur toutes les réalités sociales du monde. Saint Jean rapporte cette parole déterminante de Jésus qui traversera toute l’histoire de l’Eglise : « A ceci, tous vous reconnaîtront pour mes disciples : à cet amour que vous aurez les uns pour les autres ! » (Jn 13,35). Et l’on dira des premiers chrétiens : « Voyez comme ils s’aiment ! »

L’enfer est la fermeture définitive à cet amour du Christ qui a donné sa vie sur la Croix pour que tous soient sauvés. Lors de plusieurs Audiences du mercredi, Le Pape Saint Jean-Paul II a abordé clairement ce mystère des fins dernières. Il a dit en particulier sur l’enfer :

« La «damnation» ne doit donc pas être attribuée à l’initiative de Dieu, car dans son amour miséricordieux, il ne peut vouloir que le salut des êtres qu’il a créés. En réalité, c’est la créature qui se ferme à son amour. La «damnation» consiste précisément dans l’éloignement définitif de Dieu librement choisi par l’homme et confirmé à travers la mort qui scelle pour toujours ce choix. La sentence de Dieu ratifie cet état. La foi chrétienne enseigne que, dans le risque du «oui» et du «non» qui distingue la liberté de la créature, certains ont déjà dit non. Il s’agit des créatures spirituelles qui se sont rebellées à l’amour de Dieu et qui sont appelées démons (cf. Concile du Latran IV: DS 800-801). Pour nous, êtres humains, leur vie résonne comme un avertissement: il s’agit d’un rappel constant à éviter la tragédie dans laquelle débouche le péché, et à modeler notre existence sur celle de Jésus qui s’est déroulée sous le signe du «oui» à Dieu.

La damnation demeure une possibilité réelle, mais il ne nous est pas donné de connaître, sans révélation divine particulière, quels êtres humains sont effectivement concernés. La pensée de l’enfer – et plus encore la mauvaise utilisation des images bibliques -, ne doit pas créer de psychose ni d’angoisse, mais représente un avertissement nécessaire et salutaire à la liberté, au sein de l’annonce selon laquelle Jésus le Ressuscité a vaincu Satan, nous donnant l’Esprit de Dieu, qui nous fait invoquer «Abba, Père» (Rm 8, 15; Ga 4, 6).

Cette perspective riche d’espérance prévaut dans l’annonce chrétienne. Elle est effectivement reprise dans la tradition liturgique de l’Eglise, comme en témoignent par exemple les paroles du Canon romain : «Accepte avec bienveillance, ô Seigneur, l’offrande que nous te présentons, nous tes ministres et toute ta famille… Sauve-nous de la damnation éternelle, et accueille-nous dans le troupeau des élus [9] ».

Durant ses nombreuses Apparitions, la Sainte Vierge revient régulièrement sur les conséquences éternelles du péché. Sa tendresse maternelle à notre égard la pousse à nous visiter et à nous avertir des dangers extrêmes d’une vie sans prière et sans conversion ! Elle vient faire résonner pour toute l’humanité le cri initial de son Fils dans l’Evangile : « Les temps sont accomplis et le Royaume de Dieu est tout proche, convertissez-vous et croyez à l’Evangile ! » (Mc 1,15).

Et se convertir et croire à l’Evangile signifie « aimer » en suivant Jésus jusqu’à la plénitude de son Cœur ouvert sur la Croix… là, et pas ailleurs, est la victoire absolue sur l’enfer ! Comme dans le film de Mel Gibson « la Passion du Christ » : au moment où le Sauveur meurt sur la Croix, Satan est définitivement vaincu car le Ciel est à jamais « ouvert » et le salut est offert à chaque personne humaine ! Alors, laissons retentir en nos vies cet appel  biblique « majeur » à vivre  cette double vigilance du cœur qui n’en fait qu’une : celle de la prière incessante et de la charité sans limites ! On est là au cœur de l’Evangile :

« Veillez et priez en tout temps, afin d’avoir afin d’avoir la force d’échapper à tout ce qui doit arriver et de vous tenir debout devant le Fils de l’homme ! » (Lc 21,36). Et l’Ancien testament nous avait déjà orientés vers cette vigilance intense du cœur : « Mon âme attend le Seigneur plus qu’un veilleur ne guette l’aurore ! » (Ps 129,6) car « sa venue est certaine comme l’aurore ! » (Os 6,3).

Et selon l’Evangile, cette vigilance extrême du cœur pour « la Venue » du Seigneur doit aussi se manifester dans l’amour des pauvres qui nous entourent : aux pauvres de moyens comme aux pauvres de sens… Jean, le plus contemplatif des Apôtres l’a prophétisé :

« Les ténèbres s’en vont et la véritable lumière brille déjà… Quant à nous, aimons, puisque Lui nous a aimés le premier !… Et voici le commandement reçu de Lui : que celui qui aime Dieu aime aussi son frère ! » (1 Jn 2,8 et 4,19 ;21).

                                                                                                      +Marie-Mickaël

 

[1] Sainte Elisabeth de la Trinité, 18 juillet 1880 – 9 novembre 1906. Voir mes deux livres : Une soif d’infini, Elisabeth de la Trinité, sa vie, son visage, le Jubilé, 2006 et Toucher l’Infini, Elisabeth de la Trinité, une spiritualité prophétique, le Jubilé, 2007.

[2] Sainte Elisabeth de la Trinité, Œuvres complètes, Lettre 38, Cerf 1991, p.278.

[3] Col 2,7 et Ep 3,17

[4] Lettre 333.

[5] Catéchisme de l’Eglise Catholique, n° 1037.

[6] Mt 5,22 et 29 ; 13,42 et 50 / Mc 9,43-48.

[7] Catéchisme de l’Eglise Catholique, n° 1034 / 1035 / 1036.

[8] Pour ne citer que quelques passages : Mt 25,41-46 / Lc 12,5 / Lc 16,27-31 / Mc 9,43-48 / 1 Cor 6,9-10 / 2 Th 1,9 / Ap 21,8.

[9] Saint Jean-Paul II, Les fins dernières, la vie, la mort, le Ciel, le purgatoire, l’enfer / Audiences du mercredi, 28 juillet 1999.




Lorsque le monde perd la Mère, il perd le Fils…

« Le terme de « Femme » indiquait une relation plus large à toute l’humanité que le terme de « Mère ». Il signifiait qu’elle (Marie) n’était pas seulement sa mère, mais qu’elle devait devenir aussi la mère de toute l’humanité, tout comme lui était le Sauveur de toute l’humanité.

Elle allait avoir désormais de nombreux enfants, non pas selon la chair, mais selon l’esprit. Jésus était son premier-né, dans la chair et dans la joie, Jean son second fils, dans l’esprit et dans la douleur, et nous, ses millions et millions d’enfants.

Chaque objection soulevée contre la dévotion à Marie prend racine dans un terrain de foi imparfaite dans le Fils. C’est un fait historique que, lorsque le monde perd la Mère, il perd le Fils. Peut-être que quand le monde reviendra à l’amour de Marie, il reviendra aussi à la foi en la divinité du Christ. »

Vénérable Fulton Sheen Évêque américain.

Sa cause de canonisation a été ouverte en 2002




Le feu purificateur du Purgatoire !

« N’hésitons pas à porter secours à ceux qui sont partis

et à offrir nos prières pour eux ! »

Saint Jean Chrysostome

      L’existence du Purgatoire est un effet de l’infinie miséricorde de Dieu. Il a inventé ce lieu pour l’ultime purification de beaucoup de ses enfants pas encore totalement traversés par son feu d’amour. Là s’achève leur transformation vers la sainteté pour rejoindre la Jérusalem céleste !…

Dès les premiers temps de l’Eglise, la tradition liturgique a mentionné l’existence d’un état après le passage de la mort : là, les âmes sont « purifiées » avant de parvenir au Ciel à la plénitude de la gloire. Cet état, la Tradition l’appelle « Purgatoire » qui vient du latin « purgare » (purifier, nettoyer, clarifier…). Ainsi, il ne s’agit pas ici d’une certaine approximation mais d’une vérité de foi. Le catéchisme de l’Eglise Catholique nous rappelle que le mystère du Purgatoire fait partie de la doctrine de la foi et qu’il est donc à recevoir avec sérieux par tous les croyants :

« Ceux qui meurent dans la grâce et l’amitié de Dieu, mais imparfaitement purifiés, bien qu’assurés de leur salut éternel, souffrent après leur mort une purification, afin d’obtenir la sainteté nécessaire pour entrer dans la joie du Ciel.

L’Eglise appelle « Purgatoire » cette purification finale des élus qui est tout à fait distincte du châtiment des damnés. L’Eglise a formulé la doctrine de la foi relative au Purgatoire surtout aux Conciles de Florence et de Trente. La tradition de l’Eglise, faisant référence à certains textes de l’Ecriture, parle d’un feu purificateur[1]. »

Sainte Catherine de Gênes a reçu de Dieu des lumières décisives  sur l’expérience de chaque âme au Purgatoire. Elle écrit en particulier dans son Traité sur le Purgatoire : « L’âme quittant le corps et ne trouvant pas en elle cette pureté dans laquelle elle a été créée, voyant aussi les empêchements qui retardent son union avec Dieu, comprenant que le Purgatoire peut seul les écarter, s’y jette d’elle-même promptement et volontairement… » Et Sainte Catherine poursuit avec une remarquable précision théologique : « L’âme est consciente de l’immense Amour et de la parfaite Justice de Dieu et, par conséquent, souffre de ne pas avoir répondu de façon parfaite à cet Amour, tandis que l’Amour même de Dieu la purifie des scories de son péché… Ainsi le cœur humain est-il envahi par l’amour de Dieu qui devient l’unique guide, l’unique moteur de son existence[2]. »

Sainte Faustine, prophète de la miséricorde, est aussi un témoin plus récent qui a visité le Purgatoire. Dans son « Petit journal », elle relate son expérience saisissante du Purgatoire :

« Je vis mon Ange Gardien qui m’ordonna de le suivre. En un instant, je me trouvai dans un endroit brumeux, rempli de feu, et là une multitude d’âmes souffrantes. Ces âmes prient avec ferveur, mais sans efficacité pour elles-mêmes, nous seuls pouvons les aider. Les flammes qui les brulaient ne me touchaient pas. Mon Ange Gardien ne me quittait pas un seul instant. Et je demandai à ces âmes quelle était leur plus grande souffrance. Elles me répondirent d’un commun accord, que leur plus grande souffrance était la nostalgie de Dieu…

J’ai vu la Mère de Dieu, visitant les âmes au Purgatoire. Les âmes l’appellent « Etoile de la mer ». Elle leur apporte du soulagement. Je voulais encore leur parler, mais mon Ange Gardien m’a donné le signal du départ… Depuis ce moment, je suis en relations plus étroites avec les âmes souffrantes[3] ! »

La réalité du Purgatoire contribue à nous donner un autre regard sur le sens du péché et du bonheur en nos vies. Oui, le Christ dans l’Evangile nous appelle tous à la seule plénitude dont la  joie ne passera pas… mais peu comprennent que le mystère de la Croix en est l’unique porte ! Il ne s’agit pas de ne plus aimer la vie, mais de tomber follement amoureux de Celui qui est « la Voie, la Vérité et la Vie ! » (Jn 14,6). N’est-ce pas le témoignage éloquent des Saints de toutes sortes et de tous les milieux qui sont la « la lumière du monde » à travers les siècles ? (Mt 5,14).

En effet, quand cet amour Unique habite nos cœurs ; alors nos épreuves sur la terre, souvent bien lourdes et incompréhensibles, ont un sens et deviennent des préparations purificatrices « si » nous les vivons dans la grâce de la foi, la puissance de l’amour et la force de la prière… ainsi, jaillit alors en nos vies « la lumière de l’espérance » qui nous prépare dans la patience à une autre Vie, belle au-delà de toute attente… Car dans l’amour infini et sauveur de Jésus-Christ, Dieu  nous appelle tous au bonheur éternel du Ciel dans son Royaume avec la multitude des Anges et des Saints!

Relisons souvent le Chapitre 21 de l’Apocalypse de Saint Jean pour nous laisser saisir par la beauté de « l’Epouse de l’Agneau… avec en elle, la gloire de Dieu ! » (Ap 21,9 et 11). N’oublions jamais que sur terre, « le désir du Ciel » est à cultiver en demandant souvent à la Sainte Vierge la grâce de « la persévérance finale » !

Le purgatoire témoigne enfin de l’infinie miséricorde de Dieu pour les pécheurs si fragiles que nous sommes… Le Saint Padre Pio avait cette réflexion si juste : « Le Purgatoire est doux car on y souffre pour l’amour de Dieu ! » Et il ajoutait cette vérité qui doit aussi traverser notre vie jusqu’au dernier instant :

« J’ai une telle confiance en Jésus que, même si je voyais l’enfer ouvert devant moi et que je me trouvais au bord de l’abîme, je ne douterai pas de Lui, je ne désespérerai pas, je me fierai à Lui ! Voilà la confiance que sa Bonté m’inspire… car s’Il ne m’avait pas tendu la main, qui sait combien de fois ma foi aurait vacillé, mon espérance et ma charité se seraient affaiblies et mon intelligence se serait obscurcie, si Jésus, Soleil éternel, ne l’avait pas illuminée !… Je reconnais que tout est l’œuvre de son Amour infini. Non seulement Il ne m’a rien refusé, mais je tiens à déclarer qu’Il m’a donné plus que je lui ai demandé[4] ! »

Le Purgatoire est « un lieu de douleur » où l’âme est purifiée du non-amour de ses  péchés en ayant une incessante nostalgie de Dieu… mais c’est aussi et surtout « un lieu d’espérance » où l’âme reçoit ce désir d’être transformée dans le feu de l’Amour : car au bout du tunnel, elle aboutira au Ciel

où éclatent la Lumière et la Joie de Dieu ! L’âme enfin traversée par l’infini bonheur du Très-Haut  se joindra « pour toujours » à la Cour céleste des Anges et des Saints ! Elle connaîtra enfin la gloire de la Miséricorde dans les bras du Christ Sauveur qui lui dira : « Au Vainqueur, je donnerai de la manne cachée ; je lui donnerai aussi un caillou blanc… portant gravé un nom nouveau que nul ne connaît, hormis celui qui le reçoit ! » (Ap 2,17).

                                                                                               +Marie-Mickaël

[1] Catéchisme de l’Eglise Catholique, n° 1030 – 1031.

[2] Citations tirées de la catéchèse sur Sainte Catherine de Gênes (1447-1510) du Pape Benoît XVI le 12 janvier 2011.

[3] Sainte Faustine, Petit Journal, n° 20.

[4] Saint Padre Pio, Lettre au Père Agostino, 2 décembre 1912.




Je pleure de joie en pensant que cette Créature est ma Mère !

« Oh ! jamais je ne l’ai tant aimée ! Je pleure de joie en pensant que cette Créature toute sereine, toute lumineuse est ma Mère et je me réjouis de sa beauté comme un enfant qui aime sa mère ; j’ai un mouvement très fort vers elle, je l’ai établie Reine et Gardienne de mon ciel. »

Sainte Elisabeth de la Trinité (fête le 8 novembre), à propos de la Vierge Marie




Tous saints en Marie ! Les saints du 3°millénaire naîtront du Cœur Immaculé de Marie !

« Heureuse et mille fois heureuse est l’âme ici-bas,

à qui le Saint-Esprit révèle le secret de Marie… »

Saint Louis Marie de Montfort

Le secret de Marie, 20

         Nous avons tous à mieux découvrir les voies du Saint Esprit dans l’œuvre du salut pour éclairer et fortifier notre foi en Jésus-Christ. Et c’est pourquoi il faut toujours revenir à ce si simple et indicible mystère « Source » qu’est l’Annonciation. Là, l’Esprit fait par Marie[1] et en Marie « l’œuvre indicible » du Verbe fait chair ! Et ce que laisse pressentir les paroles de L’ange devrait nous bouleverser : « L’Esprit-Saint viendra sur toi, et la puissance du Très Haut te prendra sous son ombre ; c’est pourquoi l’enfant sera saint et sera appelé Fils de Dieu ! » (Lc 1 ,35). Il faut peser chaque mot et chaque promesse car ici, tout bascule, tout commence et se renouvèle dans un monde qui était si loin de Dieu… et auquel Dieu se lie et se livre à jamais !

Il faudrait revenir ici à l’expérience « unique » du prophète face à fidélité de Dieu qui est folle, démesurée car « ce jour-là, Osée a compris, et on n’avait jamais compris avant lui, quels étaient les motifs secrets de la jalousie de Dieu. Que cette jalousie, c’était en réalité l’envers, et en même temps la pierre de touche, d’un sentiment qu’on aurait jamais imaginé chez le Créateur à l’égard de sa créature : que Dieu soit amoureux de sa créature, amoureux de ce qui ne tient sa vie que de lui… et cependant il ne s’agit pas seulement de pitié, de compassion, de « se pencher vers », il s’agit d’aimer. Or, il n’y a pas d’amour sans admiration… dans la pitié, il y a la certitude qu’on est mieux placé que l’autre, on se penche vers la misère de l’autre, tandis qu’un amour authentique dit toujours admiration. Et quand Dieu dit qu’il aime, c’est très grave, cela voudrait dire qu’il admire… Oh ! que le miséricordieux en soit attendri tant qu’on voudra, mais qu’il aime[2] ? »

Il est capital d’être habité par cette découverte incontournable du prophète Osée si l’on veut quelque peu approcher la folie de l’Amour de Dieu dans le mystère de l’Incarnation…  et que Saint Jean a résumé d’une phrase qui traverse les siècles : « Dieu est Amour ! » (1 Jn 4,16). Et « le Verbe s’est fait chair et il a demeuré parmi nous, et nous avons vu sa gloire, gloire qu’il tient de son Père comme Fils unique, plein de grâce et de vérité ! » (Jn 1,14).

Et le plus grand des mystères s’est opéré dans le sein d’une jeune fille de Nazareth : « Et le nom de la vierge était Marie ! » (Lc 1,27).   il faut ici en percevoir toutes les conséquences : de la Visitation au pied de la Croix (Jn 19,26-27) et de la Pentecôte (Ac 1,14) à l’Assomption ; nous avons à découvrir combien l’Esprit est toujours intimement uni à son Epouse. Ils sont à jamais liés dans le Cœur de l’Eglise pour une mystérieuse fécondité… Un des grands chantres de Marie l’a proclamé :

« Marie a produit, avec le Saint-Esprit, la plus grande chose qui ait été et sera jamais, qui est un Dieu-Homme, et elle produira conséquemment les plus grandes choses qui seront dans les derniers temps… La formation des grands saints qui seront sur la fin du monde lui est réservée ; car il n’y a que cette Vierge singulière et miraculeuse qui peut produire, en union du Saint-Esprit, les choses singulières et extraordinaires… Quand le Saint-Esprit, son Epoux, l’a trouvée dans une âme, il y vole, il y entre pleinement, il se communique à cette âme abondamment et autant qu’elle donne place à son Epouse[3]… »

Ce mystère de l’Union sacrée entre l’Esprit et Marie pour la sanctification des élus a ses prophètes à travers plusieurs  grands saints de l’époque récente[4]… mais ils ne font qu’annoncer l’apogée des « grands saints des derniers temps » entrevue par De Montfort : ils seront enfantés dans le sein de Marie selon une intuition magistrale du plus grand des Pères de l’Eglise :

« Saint Augustin se surpassant soi-même et tout ce que je viens de dire, dit que tous les prédestinés, pour être conforme à l’image du Fils de Dieu, sont en ce monde cachés dans le sein de la Très Sainte Vierge, où ils sont gardés, nourris, entretenus et agrandis par cette bonne Mère, jusqu’à ce qu’elle les enfante à la gloire, après la mort, qui est proprement le jour de leur naissance, comme l’Eglise appelle la mort des justes. O mystère de grâce inconnu[5] !… »

La sainteté du 3°millénaire sera démesurément « mariale » dans l’humilité de la Vierge et la puissance du Saint-Esprit : là, les plus petits brilleront de l’invincible tendresse du Cœur Immaculé de Marie… car son Cœur est le « Refuge » unique et secret des derniers temps en lequel, face à Dieu, nous serons « Saints et immaculés en sa présence dans l’amour… » (Ep 1,4)

                                                                                          +Marie-Mickaël

 

[1] Elle est celle dont l’abandon personnel à Dieu, l’amour pour Dieu, l’humilité furent tels que Dieu put naître d’elle… L’Incarnation eût été tout aussi impossible sans le « voici la servante du Seigneur » de la Vierge que sans la volonté du Père ! » Antoine Bloom, Evêque orthodoxe, L’école de la prière, Seuil 1972, p. 151-152.

[2] Dominique Barthélémy, op., Dieu et son image, ébauche d’une théologie biblique, Cerf 1973, p. 159-160.

[3] Saint Louis-Marie de Montfort, Traité de la vraie dévotion à la Sainte Vierge, n° 35-36.

[4] Pensons à Saint Jean Bosco, Sainte Bernadette de Lourdes, Saint Maximilien-Marie Kolbe, Saint Padre Pio… et tant d’autres !

[5] Saint Louis-Marie de Montfort, Traité de la vraie dévotion à la Sainte Vierge, n° 33.




Le Christ vaincra par Marie…

« Le Christ vaincra par Marie. Il veut qu’elle soit associée aux victoires de l’Église, dans le monde d’aujourd’hui et dans celui de demain. »

Saint Jean-Paul II (Extrait de « Entrez dans l’espérance)




Le Rosaire fait éclore la paix… Il est l’Arme puissante des derniers temps !

« Le Rosaire nous apprend le secret de la paix ! »

Saint Jean-Paul II

    Des enfants qui prient le chapelet avec ferveur sont plus puissants que de redoutables armées ! Voilà un des grands messages de la Sainte Vierge à Fatima… Cela signifie que celui et celle qui croit à « la puissance cachée » du Rosaire tient l’avenir de l’humanité entre ses mains priantes ! Nous ne comprenons toujours pas que Dieu aime triompher par ces petits dont « la confiance » en Lui peut bouleverser le cours de l’histoire ! Et pourtant : de Moïse à Elie, et jusqu’au petit David terrassant le géant Goliath… La Bible nous enseigne que la victoire est toujours donnée à la folle confiance des enfants qui ne s’appuient que sur Dieu seul !

Et c’est pourquoi le chapelet s’inscrit dans cette sagesse biblique, mais dans la perspective néotestamentaire des derniers temps après la venue du Messie : la fronde et les pierres de David sont devenues le Rosaire et ses mystères qui conduisent à la victoire à travers la beauté et l’humilité du Cœur de la Vierge Marie… son chapelet est devenu l’arme puissante calquée sur les 150 psaumes. En le priant avec amour et persévérance, en l’offrant chaque jour à Marie, nous protégeons la paix du monde et hâtons le triomphe de son Cœur Immaculé : car la Vierge est bien cette « Femme enveloppée de soleil » (Ap 12,1) qui nous prépare au retour de Jésus ! Et en ce temps d’urgence, elle a remis entre nos mains le trésor du Rosaire pour la paix de nos cœurs et la paix du monde… Ce fut un des grands messages de Saint Jean-Paul II :

« Le Rosaire nous apprend le secret de la paix et en fait un projet de vie… car dans la tranquille succession des Ave Maria, le Rosaire exerce sur celui qui prie une action pacificatrice qui le dispose à recevoir cette paix véritable, qui est un don spécial du Ressuscité (Jn 14,27 et 20,21), et à en faire l’expérience au fond de son être, en vue de la répandre autour de lui[1]… »

Ces quelques lignes nous laissent deviner combien le Saint Père était habité par la grâce incomparable du Rosaire. Ne fût-il pas le prophète de la paix par excellence ? C’est à travers son Rosaire quotidien qu’il l’était… conduit par la tendresse du Cœur Immaculé de Marie !

Alors, suivons ses traces en cette fin des temps chaotique ! Que notre vie devienne un « Rosaire continuel » où chaque instant est tourné vers le Regard de Marie. Et prenons de plus en plus conscience que nous avons entre les mains une arme fatale, un laser imparable, une invincible douceur qui peut vaincre toutes les violences et les guerres en faisant triompher la paix :

« En réalité, tandis qu’il nous conduit à fixer les yeux sur le Christ, le Rosaire nous rend aussi bâtisseurs de la paix du monde. Par sa caractéristique de supplication communautaire et insistante, pour répondre à l’invitation du Christ « à toujours prier sans se décourager » (Lc 18,1), il nous permet d’espérer que, même aujourd’hui, une « bataille » aussi difficile que celle de la paix pourra être gagnée[2] ! »

Le Rosaire est l’arme des doux et il fait de nous des « artisans de paix » (Mt 5,9). Il est aujourd’hui notre premier engagement pour la paix ! Car, traversés par la tendresse de Marie,  nous  pourrons alors affronter les terribles défis actuels avec l’espérance au cœur et la douceur dans le regard…

+Marie-Mickaël

 

[1] Saint Jean-Paul II, Lettre « Le Rosaire de la Vierge Marie », 16 octobre 2002, n° 40.

[2] Saint Jean-Paul II, Lettre Rosaire, n° 40.




Celui qui répand le Rosaire est sauvé…

« Si tu cherches le salut, répands le Rosaire. Celui qui répand le Rosaire est sauvé. »

Parole intérieure entendue par Saint Bartolo Longo au moment de sa conversion

Illustration : le tableau du sanctuaire de Notre-Dame du Rosaire de Pompei, pour lequel Bartolo Longo œuvra toute sa vie.




L’invincible douceur du Rosaire pour la Paix !

« Heureux les doux car ils posséderont la terre ! »

Matthieu 5,4

       Il faut se souvenir ici de « l’avertissement » marial donné à Saint Padre Pio lors d’un rêve inoubliable où il était en danger de mort… la Vierge lui dit avec force : « Ne crains rien, je suis là ! Prends ton arme et sers-t’en ! » L’arme dont il s’agit ici n’est pas un revolver ou une kalachnikov, mais bien sûr un chapelet : la seule puissance qui peut arrêter toutes sortes de guerres et rétablir la paix dans les cœurs et dans le monde ! Souvenons-nous ici de la parole prophétique de Sœur Lucie de Fatima : « Depuis que la Très Sainte Vierge a donné une grande efficacité au chapelet, il n’y a pas de problème matériel ou spirituel, national ou international, qui ne puisse être résolu par le chapelet et nos sacrifices ! »

Dans ces paroles de la Vierge à Padre Pio, comme dans celles de sœur Lucie, est révélé le secret de la victoire sur les forces du mal et de la division. Le 13 mai 1917, à Fatima, Notre Dame n’avait-t-elle pas promis la fin de la première guerre mondiale : « Je suis du Ciel… récitez le chapelet tous les jours, pour obtenir la paix pour le monde ! » Et en passant par la victoire de Lépante[1] et tant d’autres prodiges… laissons-nous émerveiller par la douce puissance du Rosaire de la Vierge ! Par le Notre Père l’Ave et le Gloria,  cette prière mariale n’est-elle pas la plus évangélique ? Et face au défi de la disparition de notre civilisation chrétienne évoqué par Philippe de Villiers[2], la survie jusqu’à la Renaissance viendra par le « réveil » de la prière du Rosaire de Marie[3]

Alors, face aux tentations de lâcher cette prière ou de la prier trop mécaniquement, sans attention du cœur, soyons persuadés que le chapelet est l’arme secrètement puissante et invincible… car elle est le « cri » des pauvres et des petits qui triomphe sur les forces du Mal ! Péguy en était persuadé quand il faisait dire au Seigneur :

« Récite ton chapelet, dit Dieu !

Et ne te soucie pas de ce que raconte tel écervelé :

Que c’est une dévotion passée qu’on va abandonner…

Cette prière-là, je te le dis,

Est un rayon de l’Evangile ;

On ne la changera pas…

Ce que j’aime dans le chapelet, dit Dieu,

C’est qu’il est simple et qu’il est humble,

Comme fut mon Fils,

Comme fut sa Mère[4]… »

N’oublions donc jamais que le Rosaire n’est pas simplement une dévotion répétitive, mais qu’il est par excellence au quotidien « l’apprentissage de la douceur » : à travers lui, Marie nous façonne à l’image de Jésus « doux et humble de cœur » (Mt 11,29). En effet, inspiré et traversé  par l’amour, il commence dans l’humilité, se creuse dans la patience pour nous conduire à la paix rayonnante. C’est un chemin simple et mystérieux où, peu à peu, L’Esprit ouvre une « brèche » dans notre cœur de pierre. C’est un itinéraire où, Ave près Ave, la Vierge nous emporte dans le mystère de la « douceur trinitaire »…  elle va d’ailleurs opérer dans notre cœur de pécheur un terrible conflit :

« Le cœur de pierre et le cœur de chair souffrent l’un par l’autre. L’amour souffre d’étouffer dans notre cœur de pierre, qui souffre à son tour d’être attaqué du dedans et finalement « déchiré » par la douceur de Dieu ! Déchirement inexprimable dont parle Saint Paul : « Nous gémissons dans les douleurs de l’enfantement avec des gémissements ineffables… » (Rm 8,26). On parle de la « douceur déchirante » des couchers de soleil, de certaines musiques. Mais la douceur de Dieu est infiniment plus déchirante et en même temps, c’est la béatitude ! Demandons la joie d’être déchiré par l’appel de l’Amour… Pour nous y aider, Dieu nous offre la Sainte Vierge. Elle ne nous dispensera pas des douleurs, mais nous évitera celles que nous ajoutons par notre faute. Elle est une invention et un don de Dieu, un geste par lequel Il veut adoucir les douleurs[5]… »

Cette approche si juste du combat spirituel nous laisse « entrevoir » la profondeur mariale de la seconde béatitude évangélique : « Heureux les doux car ils posséderont la terre ! » (Mt 5,4). J’ai toujours pensé que cette béatitude était secrètement « mariale », liée à la terre du Cœur de Marie. Si nous l’habitons par la fidélité au Rosaire, nous serons travaillés, purifiés, adoucit et enflammés par l’œuvre du Saint Esprit… Qui dira la puissance « cachée » du Rosaire de Marie ? Elle est un mystère de pauvreté, de douceur et de paix opéré par la Vierge au fond de nos cœurs…

                                                                                                   +Marie-Mickaël

 

[1] La Fête de Notre-Dame du Rosaire fut instituée par le Pape Saint Pie V en la Fête de « Notre-Dame de la Victoire » (1571) en action de grâces pour « la victoire de Lépante » où : face à une flotte musulmane supérieure, les forces chrétiennes nettement désavantagées furent victorieuses ! De fait, le Pape Pie V avait appelé de Rome toute l’Europe à prier le chapelet pour la victoire, tandis que lui avait rassemblé une foule à Rome priant le Rosaire ! C’est une victoire décisive et historique car elle a empêché l’invasion islamique de toute l’Europe… Ne sommes-nous pas confrontés au même défi encore plus grave aujourd’hui sur notre propre terre européenne ?

[2] Voir son livre « Mémoricide », Fayard 2024.

[3] Je sais qu’il existe déjà bien des mouvements marials de qualité qui prient le chapelet pour la paix du monde… mais Il faut créer « d’urgence » en France et dans les autres nations européennes une immense « Communion mondiale de Rosaire quotidien » pour la  conversion évangélique des nations chrétiennes décadentes et celle de l’invasion islamique ! Cela commence dans les familles, les consacrés sous différentes formes, les paroisses, les mouvements de jeunes, les entreprises, les sanctuaires et lieux marials majeurs ou cachés : partout doit monter vers Dieu le Rosaire mondial du combat quotidien pour triompher du mondialisme transhumaniste et de la colonisation musulmane !

[4] Charles Péguy, « Chantre de Chartres ».

[5] Marie Dominique Molinié, Qui comprendra le Cœur de Dieu ? Saint-Paul 1994, p.114-116.