La Vierge était absolument certaine de la résurrection de son Fils… St Vincent Ferrier

La Vierge était absolument certaine de la résurrection de son Fils puisqu’il l’avait si ouvertement prédite; mais elle en ignorait l’heure qui, en effet, ne se trouve nulle part déterminée. Elle passa donc la nuit du Grand Samedi, qui lui parut bien longue, à réfléchir sur l’heure possible de la résurrection.

Sachant que David a plus que les autres Prophètes, parlé de la Passion du Christ, elle parcourut le psautier, mais n’y trouva nulle indication de l’heure. Cependant, au psaume 56, David, parlant en la personne du Père à son Fils, dit : « Eveille-toi, ma gloire, éveille-toi ma harpe et ma cithare. » Et le Fils répondit :« Je m’éveillerai à l’aurore… »

Quand la Vierge Marie sut l’heure de la résurrection, je vous laisse penser avec quel empressement elle se leva pour voir si l’aurore venait. Elle constata que non et acheva le psautier.

Puis elle voulut s’assurer si d’autres Prophètes n’avaient pas mentionné l’heure de la résurrection et elle trouva au chapitre six d’Osée ce texte : « Après deux jours il nous rendra la vie, le troisième jour il nous relèvera et nous vivrons en sa présence. Appliquons-nous à connaître le Seigneur, sa venue est certaine comme l’aurore. »

La Vierge se leva et dit :« Ces témoins de l’heure où mon Fils doit ressusciter me suffisent… »

Puis elle regarda par la fenêtre et vit que l’aurore commençait à poindre. Sa joie fut grande : « Mon Fils va ressusciter », dit-elle.

Puis, fléchissant les genoux, elle pria  « Réveille-toi, sois devant moi et regarde, et toi, Seigneur Dieu Sabaoth, réveille-toi. »

Et, aussitôt, le Christ lui envoya l’ange Gabriel disant : « Toi qui as annoncé à ma Mère l’incarnation du Verbe,annonce-lui sa résurrection. »

Aussitôt l’Ange vola vers la Vierge et lui dit  « Reine du ciel, réjouis-toi, car celui que tu as mérité de porter dans ton sein 
est ressuscité comme il l’a dit. »

Et le Christ salua sa Mère en disant : « La paix soit avec toi… »

Et Marie dit à son Fils : « Jusqu’ici, mon Fils, je rendais mon culte le samedi, pour honorer le saint repos après la création du monde ;désormais, ce sera le dimanche, en mémoire de ta résurrection, de ton repos et de ta gloire. » Et le Christ approuva.

Le Christ raconta à Marie ce qu’il avait fait aux enfers, comment il avait enchaîné Satan, et présenta à sa Mère les patriarches qu’il en avait ramenés. Et tous la saluèrent d’une inclination profonde.

Je vous laisse à penser quels furent les sentiments d’Adam et d’Eve lorsqu’ils dirent à la Vierge Marie : « Bénie sois-tu notre fille et notre Dame, toi dont parlait le Seigneur lorsqu’il dit au serpent : je mettrai une hostilité entre toi et la femme. »

Eve ajouta : « J’ai fermé par ma faute le paradis, mais toi, pleine de grâce, tu l’as ouvert à nouveau. »

Et chaque Prophète lui disait tour à tour :

« J’ai prophétisé de toi ici ou là dans mon livre », puis tous la saluèrent en disant : « Tu es la gloire de Jérusalem, la joie d’Israël et l’honneur de notre peuple. »

Et la Vierge leur rendit leur salut par ces mots : « Vous êtes une race élue, un sacerdoce royal, une nation sainte, un peuple que Dieu s’est acquis pour annoncer les louanges de celui qui vous a appelés des ténèbres à son admirable lumière. »

Et les anges chantèrent à nouveau : « Reine du ciel, réjouis-toi. »

Saint Vincent Ferrier 
Dominicain espagnol 1357-1418

 

texte trouvé sur :

www.mariedenazareth.com/3562...




« Mon inconcevable miséricorde ! »

« Ma fille, parle au monde entier de mon inconcevable miséricorde !

Petit journal, 699

     Dieu fait de grandes choses par des voies si pauvres et des moyens qui peuvent nous sembler dérisoires… Comment oublier ici le salut de l’humanité qui a commencé par un évènement « unique », mais caché aux yeux de tous : L’Annonciation de l’Ange Gabriel à la Vierge de Nazareth et son « Fiat secret » au Très-Haut (Lc 1,38) qui a engendré la venue du Fils de Dieu fait homme ! Ainsi, le plus grand prodige de l’histoire humaine s’est réalisé dans le silence et l’humilité ! Et ensuite, avant que ne débute son ministère sacré de trois ans, les trente premières années de Jésus se sont passées dans l’effacement d’une vie de charpentier… (Mt 13,55) ?  N’est-ce-pas là aussi un signe admirable de son « inconcevable miséricorde ? » Miséricorde signifie « Cœur qui se donne à la misère » ! Mais le plus fou est que Dieu se donne à notre misère « en l’épousant » sur une Croix…

Il nous faut donc découvrir la secrète humilité de la miséricorde : à savoir que le Cœur de Dieu aime plus que tout se donner à celui ou celle, pauvre, qui n’a plus que Lui… car « Lui », selon Petite Thérèse, est « ce Dieu qui devient mendiant de notre amour[1] ! »

La Vierge reflète comme personne l’infinie miséricorde de Jésus, et les pécheurs que nous sommes tous n’ont pas fini de découvrir son abyssale tendresse maternelle… telle une Brigitte Bardot qui en témoigne dans une interview saisissante sur sa vie ! Certes, elle n’a pas suivi un chemin de foi très clair avec  le mystère de l’Eglise. Et elle a ce qu’on peut appeler une foi marginale un peu trop construite sur les limites de son approche. Mais sa relation sincère et fidèle à la Vierge Marie l’a, en quelque sorte, liée à l’Eglise hors les murs… car les voies de la miséricorde de Dieu nous surprendront toujours : Il est venu « chercher et sauver ce qui était perdu ! » (Lc 19,10) et après 2000 ans d’évangélisation, il y encore et toujours « de la place » (Lc 14,22) dans le Royaume des cieux. Alors, dans son incompréhensible amour, Dieu désire tant que la salle des noces soit pleine qu’Il envoie chercher les brebis les plus lointaines avec une stupéfiante insistance ! (Lc 14,23). BB ne fait-elle pas partie de ces mystérieuses brebis de l’Eglise hors les murs à qui Dieu a envoyé sa Sainte Mère ? En l’écoutant, on ne peut en douter :

« J’ai besoin de Dieu et de la Vierge Marie. J’aspire à la spiritualité dans un monde qui m’effraie et je me place sous leur protection, en particulier celle de la Vierge Marie, pour laquelle j’ai une dévotion totale ! Je lui ai fait construire une petite chapelle parmi les pins dans le parc de ma villa à Saint Tropez, où je me retire chaque fois que je le peux…

         La Sainte Vierge me soutient depuis longtemps. C’est une présence intime et bienveillante. Je suis soutenue par cette idée de douceur, de pureté et de luminosité qu’Elle inspire… de générosité inconditionnelle et aussi de protection maternelle. Elle aussi a souffert, sur terre. La seule douleur qu’elle ait vraiment vécue est la perte et la crucifixion de son Fils… c’est quelque chose d’énorme, cela ma touche profondément. La douleur dans la chair, elle l’a connue… et elle ne peut qu’être sensible à celle des autres.

          Elle me protège : je sais qu’elle me protège. Si elle ne m’avait accompagnée de sa miséricorde au moment opportun, je serais morte depuis longtemps. J’en suis convaincue[2]… »

 

                                                                                                         +Marie+Mickaël

       

[1] Sainte Thérèse de Lisieux, Œuvres complètes, Lettre 191, Cerf-DDB 1992,. P.543.

[2] Extraits d’une interview de Paolo Marie Filipazzi, www.benoit-et-moi.fr




La douleur de Marie (St Bernardin de Sienne)

« La douleur de Marie fut telle que, si on la partageait entre tous les hommes, elle suffirait pour les faire mourir tous à l’instant »
Saint Bernardin de Sienne
Né en 1380 à Massa Marittima en Toscane (Italie) et mort le à L’Aquila (Italie), est un frère franciscain observant et prédicateur de renom. Il propage la dévotion au saint nom de Jésus et fut surnommé « l’apôtre de l’Italie » pour ses efforts en faveur du retour de la foi catholique dans son pays au XVe siècle. Canonisé en 1450 par Nicolas V, il est liturgiquement commémoré le 20 mai.



Ma Miséricorde est plus grande que ta misère !

« Ma Miséricorde est plus grande que ta misère

et celle du monde entier ! »

Petit journal, 1485

 

1 – Présentation et méditation des révélations

De Jésus miséricordieux à Sainte Faustine

    Durant ce temps de Carême qui va nous manifester à nouveau jusqu’où est allé le Dieu-Amour pour nous sauver… nos cœurs de pauvres pécheurs sont déjà « secrètement » orientés vers la joie de la Résurrection ! La vie du Christ sur terre est une histoire qui, humainement, fini mal dans un déluge de douleur sur une Croix… mais « secrètement », elle est une victoire éclatante de la lumière et de la joie sur le péché, le démon et le monde !

« Je vous ai dit ces choses pour que vous ayez la paix en moi…

       Dans le monde, vous aurez à souffrir !

       Mais gardez courage, J’ai vaincu le monde ! » (Jn 16,33).                              

Ici, seule la puissance de la foi peut y avoir accès en découvrant peu à peu l’infinie tendresse de Dieu… Qui ne connaît, aujourd’hui, la prière phare enseignée par Jésus miséricordieux à Sainte Faustine : « Jésus, j’ai confiance en Toi ! »

    Alors, durant la semaine Sainte qui approche, et où commence le Vendredi Saint la neuvaine à la divine Miséricorde, nous allons commencer à méditer sur les paroles uniques du Christ à Sainte Faustine pour la fête de la Miséricorde. Aussi, laissons-les résonner dès maintenant en notre cœur pour approcher enfin de ce mystère de la Miséricorde… Car en dehors de lui, on ne peut rien comprendre à la Parole de Dieu et à la mission de l’Eglise depuis 2000 ans ! Ce n’est pas uniquement de l’ordre d’une quelconque « dévotion », mais il se cache et s’offre là le cœur de la Révélation biblique… Il est donc temps d’être enfin attentif pour s’ouvrir à l’attente inouïe du Cœur de Dieu…

                                                                                                   +Marie-Mickaël

 

« Ma fille, parle au monde entier de mon inconcevable miséricorde ! Je désire que la fête de la Miséricorde soit le recours et le refuge pour toutes les âmes, et surtout pour les pauvres pécheurs…

        En ce jour, les entrailles de ma miséricorde sont ouvertes et je déverse tout un océan de grâces sur les âmes qui s’approchent de la Source de ma miséricorde ; toute âme qui se confessera et communiera recevra le pardon complet de ses fautes et la remise de leur punition ; en ce jour sont ouvertes toutes les sources divines par lesquelles s’écoulent les grâces ; qu’aucune âme n’ait peur de s’approcher de moi, même si ses péchés sont comme l’écarlate !…

       Ma miséricorde est si grande que, pendant toute l’éternité, aucun esprit, ni humain ni angélique ne saurait l’approfondir ! Tout ce qui existe est sorti des entrailles de ma miséricorde… Chaque âme en relation avec moi, méditera mon amour et ma miséricorde durant toute l’éternité !

      La fête de la Miséricorde est issue de mes entrailles, je désire qu’elle soit fêtée solennellement le premier dimanche après Pâques. Le genre humain ne trouvera pas la paix tant qu’il ne se tournera pas vers la source de ma miséricorde ! »

                                            Petit journal de Sainte Faustine, 699




Marie souffrit en sacrifiant à Dieu la vie de son Fils (St Antonin)

 Les martyrs ont souffert en sacrifiant leur propre vie, au lieu que Marie souffrit en sacrifiant à Dieu la vie de son Fils, qu’elle aimait beaucoup plus que sa propre vie. 
Saint Antonin
Antonin de Sorrente, né Antonino Cacciottolo, également connu sous le nom de saint Antonin abbé, et le surnom d’il picolo san Antonio, le petit saint Antoine (Campagna, après 550 – Sorrente, ), est un moine bénédictin, ermite et abbé. 



La Miséricorde est « venue » jusqu’à nous !

« Etendant la main, il le toucha… » (Lc 5,13)

     La guérison du lépreux dans l’Evangile se situe dans le début du ministère de Jésus et elle dévoile une vérité capitale qui va bouleverser l’histoire de l’humanité : l’Agneau mystérieux va porter sur la Croix le péché du monde pour l’en délivrer ! Le regard prophétique et émouvant de Saint Jean-Baptiste le proclame quand il voit Jésus venir à lui :

      « Voici l’Agneau de Dieu, qui enlève le péché du monde ! C’est de Lui que j’ai dit :

         Il vient après moi un homme qui est passé devant moi

         parce qu’avant moi il était ! » (Jn 1,29-30)

L’Evangile de Saint Matthieu précise que la guérison du lépreux se situe juste après le long « Sermon sur la montagne » (Mt 8,1-4). Elle fait partie intégrante des nombreux miracles où les auditeurs du Christ peuvent voir et toucher ce qu’il annonce… et découvrir la grande vérité qu’attend toute l’humanité : « Le Royaume de Dieu est arrivé jusqu’à vous ! » (Mt 12,28). Et cette guérison de la lèpre a aussi une portée symbolique immense dans le mystère du salut. Car au-delà des personnages de l’Evangile, cette main du Messie s’étend sur tous les maux de l’humanité. Cela n’a pas échappé au Pape Benoît XVI :

      « Comme l’exprime saint Augustin dans l’une de ses prières : « Seigneur, ayez pitié de moi ! Hélas ! Voilà mes blessures, je ne les cache pas. Vous êtes le médecin, je suis le malade ; vous êtes miséricordieux, je suis un misérable ». (Conf. Livre X, n. 39).

         Le Christ est le vrai « médecin » de l’humanité, que le Père céleste a envoyé dans le monde pour guérir l’homme, marqué dans son corps et son esprit par le péché et ses conséquences… l’Évangile de Marc nous présente Jésus qui, au début de son ministère public se consacre tout entier à la prédication et à la guérison des malades dans les villages de Galilée. Les innombrables signes prodigieux qu’il accomplit sur les malades confirment la « bonne nouvelle » du Royaume de Dieu.

          L’Évangile d’aujourd’hui raconte la guérison d’un lépreux et exprime avec une grande force l’intensité de la relation entre Dieu et l’homme, résumée dans un merveilleux dialogue : « Si tu le veux, tu peux me purifier », dit le lépreux. « Je le veux, sois purifié », répond Jésus, le touchant de la main et le libérant de la lèpre (Mc 1, 40-42). Nous voyons ici en quelque sorte concentrée toute l’histoire du salut. Ce geste de Jésus qui tend la main et touche le corps couvert de plaies de la personne qui l’invoque, manifeste parfaitement la volonté de Dieu de guérir sa créature déchue, en lui redonnant la vie « en abondance » (Jn 10, 10), la vie éternelle, pleine, heureuse. Le Christ est « la main » de Dieu tendue à l’humanité pour qu’elle puisse sortir des sables mouvants de la maladie et de la mort et se remettre debout sur le roc solide de l’amour divin[1] (Ps 39, 2-3). »

Comme le remarque Benoît XVI avec tant de justesse : « Nous voyons ici en quelque sorte concentrée toute l’histoire du salut ! » En effet, tous marqués par la lèpre du péché, il nous faut imiter la démarche du lépreux, si touchante d’une foi pleine d’humilité et d’audace !

Saint Luc signale qu’il est « rempli de lèpre » (Lc 5,12), ce qui indique symboliquement une plénitude dans l’ordre du péché. Malgré la difformité et les interdits qui entraînent  exclusion et solitude (Lv 13,45-46), il s’approche de Jésus avec une confiance étonnante qui fait prosterner son corps et supplier ses lèvres (Lc 5,12)… Et sa prière est si simple et si juste que les synoptiques sont unanimes sur la formulation : « Seigneur, si tu le veux, tu peux me guérir ! » (Mt 8,2 / Mc 1,40 / Lc 5,12).

  Comment ne pas voir ici dans l’attitude du lépreux une foi qui frappe fort à la Porte de la Miséricorde, mais aussi une admirable humilité qui s’abandonne entre les bras du Fils de Dieu : tu le peux, si tu le veux ! Rien de forcé ou de démesuré, mais une immense attente qui ne force pas la porte du Cœur de Dieu… Le lépreux semble dire : Tu me guériras si tu estimes que c’est bon pour moi ! Et ainsi, la finalité est entre les mains de la Sagesse incarnée qui dira un jour : Il vaut mieux entrer estropié ou borgne « dans la Vie » que d’être jeté avec tes deux pieds ou tes deux yeux « dans le feu éternel ! » (Mt 18,8-9).

Devant tant de souffrance et une telle foi qui s’abandonne, l’Evangile de Marc est le seul à rapporter le bouleversement du Cœur de Jésus, ému de compassion devant le lépreux à genoux :

« Remué jusqu’aux entrailles[2], Jésus étendit la main, le toucha et lui dit : Je le veux, sois guéri ! Et aussitôt, la lèpre le quitta et il fut guéri… » (Mc 1,41-42).

Il faut mesurer ici la portée de cet évènement évangélique qui vient bouleverser l’ordre établi. Tout bascule autour d’un geste inouï de la miséricorde : « Etendant la main, il le toucha ! » (Lc 5,13). En effet, Jésus dépasse ici la limite fixée par la Loi mosaïque qui interdisait tout contact avec un lépreux. A travers cet homme à la dignité retrouvée, il nous fait passer une frontière pour entrer dans le merveilleux Royaume de l’Agneau : Il va prendre sur lui la lèpre du péché durant sa Passion pour enlever le péché du monde… Ainsi, nous pouvons désormais affirmer avec Saint Jean Apôtre : « Nous avons reconnu l’amour que Dieu a pour nous, et nous y avons cru : Dieu est Amour ! » (1 Jn 4,16). Mais dans l’Evangile, cet amour a une exigence absolue qu’il ne faut jamais oublier : « Tu ne saurais aimer Dieu que tu ne vois pas, si tu n’aimes pas ton frère que tu vois ! » (1 Jn 4,20). Saint Jean Chrysostome le confirme : « Si vous ne trouvez pas le Christ dans le mendiant à la porte de l’église, vous ne le trouverez pas non plus dans le calice ! »             

Comment imaginer la joie du lépreux guéri par Jésus ? L’Evangile de Marc nous rapporte qu’à peine « sorti, il se mit à parler sans fin et à répandre la nouvelle ! » (Mc 1,45). Le secret messianique voulu par le Maître (Mc 1,44) vole en éclat dans une joyeuse désobéissance ! Mais comment taire la folle joie d’une telle guérison qui déjà annonce celle de la Résurrection ?

La Miséricorde est venue jusqu’à nous et Elle s’est revêtue de notre misère pour la transfigurer !  Saint Syméon le Nouveau Théologien nous le laisse deviner dans un texte d’une rare tendresse… et sur ce chemin, tracé par l’infinie Miséricorde du Christ, je peux aussi me reconnaître :

« Tandis que je tombais aux pieds de Celui qui m’avait illuminé…

         Il touche de ses mains mes liens et mes blessures ;

         là où touche sa main… aussitôt tombent mes liens !

         Le voici qui me tend une main divine, il me retire du bourbier…

         Il se jette à mon cou, il me couvre de baisers…

         Il me prend sur ses épaules,

         il me donne à contempler par quel étrange remodelage

         Lui-même m’a repétri et m’a arraché à la corruption…

         Il m’a fait don d’une vie immortelle

         et m’a revêtu d’une robe immatérielle et lumineuse…

         Et j’ai admiré, j’ai été ravi, rempli de crainte et aussi de joie[3] ! »

                                                                 +Marie-Mickaël

    

[1] Benoît XVI, Angélus du 12 février 2006.

[2] Traduction de Sœur Jeanne d’Arc, op, Les quatre Evangiles, DDB, 1994.

[3] Syméon le Nouveau Théologien, Hymnes II, Sources chrétiennes, 174, Cerf, 1971, p.357.




Marie peut nous enseigner le silence… Mère Térésa

Marie peut nous enseigner le silence, comment garder toutes choses dans nos cœurs ainsi qu’elle le fit, comment prier dans le silence de nos cœurs.

Sainte Mère Teresa




Avertissement de l’Annonciation finale : « Entrons d’urgence dans l’Arche du Cœur Immaculé de Marie !

Avertissement de l’Annonciation finale :

« Entrons d’urgence dans l’Arche du Cœur Immaculé de Marie !

Pour garder nos cœurs éveillés dans « la lumière de la foi » (Jn 12,46), Jésus nous dit « aujourd’hui » comme à aucun autre moment de l’histoire de l’Eglise et de l’humanité :

« Voici ta Mère ! » (Jn 19,27).

Ainsi, Juste avant les grands évènements[1] du temps de la fin, nous entrons dans le temps de préparation des « Refuges du Cœur de Marie » ! Face à l’écroulement imminent de notre civilisation ultra décadente et agressive qui peut mener à l’horreur d’une guerre « possiblement nucléaire », notre préparation spirituelle et matérielle s’avère donc urgente[2]…

Il faut bien comprendre qu’approche l’écroulement de notre civilisation postmoderne follement libertaire et destructrice, et qu’il faut sans tarder se préparer comme l’a fait Noé : « Pour échapper aux eaux du Déluge, Noé entra dans l’Arche et avec lui ses fils, sa femme et les femmes de ses fils… ainsi que toutes les espèces de bêtes… » (Ge 7,7 et 14).

Aujourd’hui, il nous faut entrer de toute urgence « dans l’Arche bénie du Cœur Immaculé de Marie !» Là, nous serons en sécurité entre ses bras maternels… Elle nous protégera et nous inspirera l’attitude et les choix les plus justes pour ces temps d’épreuves. N’oublions jamais que ses Apparitions à Fatima nous mettent face à la réalité du péché qui peut nous mener en Enfer… mais Fatima nous place d’abord et surtout devant la beauté et la tendresse de Marie qui vient du Ciel où Dieu nous veut avec Lui !

   Alors, une fois de plus, et pour notre constance dans la joie, gardons au plus profond du cœur la promesse de Notre Dame de Fatima : « A la fin, mon Cœur Immaculé triomphera ! » Et n’ayons plus peur de rien !… car si, à travers la fidélité quotidienne à « son » Rosaire, nous savons que notre douce Mère veille sur nous à chaque instant : Elle nous donnera, en nous faisant contempler Jésus de la Crèche à la Croix, la grâce unique de la « Persévérance finale » de la foi en la Miséricorde du Père pour nous et pour tous ! Pour conclure en beauté, laissons résonner maintenant et souvent les paroles de l’Apôtre Saint Jean qui a si souvent reposé sur le Cœur de Dieu (Jn 13,25) à travers le « mystère » de la Femme :

  « Près de la Croix de Jésus… Voyant sa Mère et près d’elle le disciple qu’il aimait, Jésus dit à sa Mère : « Femme, voici ton fils ! » Puis il dit au disciple : « Voici ta Mère ! » A partir de cette heure le disciple la prit chez lui. » (Jn 19,25-27)

       Voici donc l’Annonciation finale !… non plus opérée par l’Ange Gabriel « envoyé par Dieu » à la Vierge… mais par Dieu lui-même crucifié sur le bois de la Croix ! C’est l’Annonciation divine Unique à travers une double Parole de Dieu : « Femme, voici ton Fils ! » « Fils, voici ta Mère ! » (Jn 19,26-27).

Et ce « Voici ta Mère ! » résonnera à travers les siècles au cœur du monde … Car Dieu nous offre « la tendresse de la Femme » lumineuse et douloureuse de l’Apocalypse : cette Mère de l’Agneau qui est devenue « ma Mère » !

       Laissons donc résonner en notre cœur cette Parole de Dieu qui nous est offerte pour aujourd’hui comme à aucun autre moment de l’histoire :

« Un signe grandiose apparut au ciel : une Femme, le soleil l’enveloppe, la lune et sous ses pieds et douze étoiles couronnent sa tête ! Elle est enceinte et crie dans les douleurs et le travail de l’enfantement ! Puis un second signe apparut au ciel : un énorme Dragon rouge-feu… En arrêt devant la Femme en travail, le Dragon s’apprête à dévorer son enfant aussitôt né. Or la Femme mit au monde un Enfant mâle, celui qui doit mener les nations avec un sceptre de fer ; et l’Enfant fut enlevé jusqu’auprès de Dieu et de son trône, tandis que la Femme s’enfuyait au désert…

       Se voyant rejeté sur la terre, le Dragon se lança à la poursuite de la Femme, la mère de l’Enfant-mâle. Mais elle reçut les deux ailes du grand aigle pour voler au désert jusqu’au refuge où, loin du Serpent, elle doit être nourrie un temps et des temps et la moitié d’un temps… »  (Ap 12,1-3-8 / 12-14)

         Ainsi, appuyés constamment sur le Cœur Immaculé de notre Mère, nous deviendrons en Eglise les pauvres et lumineux prophètes de ce « Dieu Amour » qu’a chanté Saint Jean de son Evangile à l’Apocalypse… et tout spécialement en finale de sa première Epitre. Dans les épreuves des derniers temps qui s’intensifient, repassons souvent en notre cœur (Lc 2,19) les lumineuses paroles de celui qui a si souvent « reposé » sur le Cœur de Dieu :

   « Bien-aimés, si Dieu nous a tant aimés, nous devons, nous aussi, nous aimer les uns les autres. Dieu, personne ne l’a jamais contemplé. Si nous nous aimons les uns les autres, Dieu demeure en nous, en nous son amour est accompli… Et nous, nous avons contemplé et nous témoignons que le Père a envoyé son Fils, le Sauveur du monde… nous avons reconnu l’amour que Dieu a pour nous, et nous y avons cru !

       Dieu est Amour ! Celui qui demeure dans l’amour demeure en Dieu et Dieu demeure en lui. En ceci consiste l’accomplissement de l’amour en nous : que nous ayons pleine assurance au Jour du Jugement… Il n’y a pas de crainte dans l’amour ; au contraire, le parfait amour bannit la crainte ! Car la crainte suppose un châtiment, et celui qui craint n’est pas consommé en amour…

      Quant à nous, aimons, puisque Lui nous a aimés le premier ! » (1 Jn 4,11-19).

 

                                                                                                                           + Marie-Mickaël

 

[1] L’avenir appartient à Dieu et Jésus nous a prévenu : « Veillez donc car vous ne savez  ni le jour, ni l’heure ! » (Mt 25,13). Nous pouvons cependant « déduire » de l’insistance de Notre Dame à visiter la terre pour nous avertir et nous protéger du déchaînement actuel « inédit » des puissances du mal, que nous sommes arrivés dans les temps qui sont les derniers… et les Apparitions majeures de la Vierge depuis deux siècles : de la rue du Bac à Lourdes, de La Salette à Fatima, de Garabandal à Akita, et de l’Escorial à Medjugorje nous préparent à des événements douloureux, mais qui aboutiront après l’Avertissement, le Grand Miracle et les Trois jours de ténèbres à une terre renouvelée : cette « la civilisation de l’Amour » prophétisée par Saint Jean-Paul II !

[2] La préparation spirituelle est première : une vie de prière fidèle à travers le chapelet quotidien où, mieux, le Rosaire ; l’oraison silencieuse et l’Adoration du Saint Sacrement ; la méditation de la Parole de Dieu ; une vie sacramentelle intense : Sainte Messe et confession régulière ; et par-dessus tout « la conversion » de notre vie à l’Evangile par un amour vivant de Jésus, un amour fraternel vigilant et un abandon de chaque instant au Cœur Immaculé de Marie… La préparation matérielle a aussi son importance en vue des possibles bouleversements à venir : réserves d’eau, conserves diverses et de légumineuses… des réserves de 3-4 mois, ou plus, permettront de survivre durant les temps difficiles et de partager avec ceux qui n’auront plus rien.

 




Tout ce que la Mère demande au Fils lui est accordé (St Curé d’Ars).

« Tout ce que le Fils demande au Père lui est accordé.

Tout ce que la Mère demande au Fils lui est pareillement accordé. »

Saint Jean-Marie Vianney

Curé d’Ars, né le 8 mai 1786, mort le 4 août 1859.  




La prière urgente de la Vierge à Fatima ! Un mystérieux Credo marial pour la fin des temps ! (7)

7 – La prière urgente de la Vierge à Fatima !

Un mystérieux Credo marial pour la fin des temps !

« O mon Jésus, pardonne-nous nos péchés, préserve-nous du feu de l’Enfer !

Et conduis au Ciel toutes les âmes,

spécialement celles qui ont le plus besoin de ta miséricorde ! »

Notre Dame de Fatima, 13 juillet 1917

    

En repassant en notre cœur (Lc 2,19), cette prière au Seigneur jailli du Cœur Immaculé de Marie, on voit peu à peu se profiler une profession de foi… une sorte de mini « Credo » où transparaît le cœur du cœur de notre foi catholique ! Nous avons essayé d’approcher « la densité spirituelle » que contient et dégage cette prière apparemment si simple, et qui nous ouvre pourtant le mystère insondable de la foi à Jésus, seul Sauveur et Seigneur !

      En fixant notre regard sur Lui, Jésus, la Vierge de Fatima déroule sous nos yeux les points essentiels de la Rédemption : La prière continuelle, le pardon des péchés, la protection de l’Enfer ; et par-dessus tout, cet amour jaillissant du Cœur du Christ qui veut « conduire au Ciel toutes les âmes ! » Tel est mystère de la Miséricorde où « la Beauté crucifiée » s’offre à la misère….

       Tel est le « mini Credo » jailli du Cœur Immaculé de Notre Dame de Fatima ! Imitant la Vierge, l’immense théologien qu’était le Pape Benoît XVI est venu un jour chuchoter à notre cœur sa courte et dense Profession de foi :

      « Jésus est venu nous dire qu’il nous veut tous au Paradis… et que l’Enfer, dont on parle peu à notre époque, existe pour tous ceux qui ferment leur propre cœur à l’amour du Père[1] ! »

        Alors, écoutons sans nous lasser l’ultime appel de Jésus miséricordieux dont témoigne aujourd’hui la liturgie de l’Eglise par le Dimanche de la  divine Miséricorde. Cette fête a été instituée par le Pape Saint Jean-Paul II le 30 avril 2000, lors de la canonisation de Sainte Faustine Kowalska. Aussi, quel relief prennent aujourd’hui les paroles de Christ :

« Ma miséricorde est si grande que, pendant toute l’éternité, aucun esprit, ni humain ni angélique ne saurait l’approfondir. Tout ce qui existe est sorti des entrailles de ma miséricorde. Chaque âme en relation avec moi, méditera mon amour et ma miséricorde durant toute l’éternité… La fête de la Miséricorde est issue de mes entrailles, je désire qu’elle soit fêtée solennellement le premier Dimanche après Pâques. Le genre humain ne trouvera pas la paix tant qu’il ne se tournera pas vers la source de ma miséricorde [2] ! »

     Ce message urgent du Christ miséricordieux nous laisse entendre, presque un siècle après, que nous arrivons à la fin du temps de la miséricorde[3] obtenu par Notre Dame de Fatima face à l’Ange de la Justice de Dieu ! Et nul doute que si elle continue à s’enfermer dans les ténèbres de l’orgueil et de la violence, « notre civilisation est en train de se perdre sous nos yeux »… elle défie Dieu « en flirtant » avec l’impardonnable péché annoncé dans l’Evangile :

« Tout péché et blasphème sera remis aux hommes, mais le blasphème contre l’Esprit ne sera pas remis. Et quiconque aura dit une parole contre le Fils de l’homme, cela lui sera remis (Mt 12,31)… mais quiconque aura blasphémé contre l’Esprit Saint n’aura jamais de rémission : il est coupable d’une faute éternelle ! » (Mc 3,29).

Et le catéchisme de l’Eglise catholique précise :

« Il n’y a pas de limites à la miséricorde de Dieu, mais qui refuse délibérément d’accueillir la miséricorde de Dieu par le repentir rejette le pardon des péchés et le salut offert par l’Esprit Saint. Un tel endurcissement peut conduire à l’impénitence finale et à la perte éternelle [4]… »

Ces vérités de l’Evangile ont un retentissement éternel et elles sont trop souvent ignorées dans l’Eglise d’aujourd’hui… Il est donc urgent de se les réapproprier en méditant chaque jour la Parole de Dieu et le catéchisme de l’Eglise catholique. Il nous faut être délivré par la puissance de l’Esprit de ce que la Sainte Ecriture appelle « l’endurcissement du cœur »… et dont le Christ a si souvent souffert dans l’Evangile ! (Mc 3,5).

Aussi, laissons maintenant résonner les paroles si inspirées de Saint Louis Marie de Montfort, le « grand Prophète de Marie [5] » !  Depuis plus de trois siècles, il avait annoncé l’ère des derniers temps d’où surgiront les Apôtres de Marie… et qui a des yeux pour voir devine que l’écroulement actuel nous appelle de toute urgence à entrer dans l’Arche du Cœur Immaculé de la Vierge : là, dans une Eglise pauvre et cachée, l’Esprit prépare en secret la plus grande Pentecôte mariale de l’histoire humaine ! C’et déjà aujourd’hui et c’est surement pour demain…

« C’est par la très Sainte Vierge Marie que Jésus-Christ est venu au monde pour la première fois, et c’est aussi par Elle qu’Il doit y venir pour la seconde fois…

        Elle est l’aurore qui précède et découvre le Soleil de justice, qui est Jésus-Christ, elle doit être connue et aperçue, afin que Jésus-Christ le soit !

        Marie doit éclater, plus que jamais, en miséricorde, en force et en grâce dans ces derniers temps… Elle a produit, avec le Saint-Esprit, la plus grande chose qui ait été et sera jamais, qui est un Dieu-Homme, et elle produira conséquemment les plus grandes choses qui seront dans les derniers temps : la formation et l’éducation des grands Saints qui seront à la fin du monde lui est réservée… Heureux ceux et celles qui entrent en Elle comme dans l’Arche de Noé ! Les eaux du déluge de péchés, qui noient tant de monde, ne leur nuiront point !

       Que les fidèles serviteurs de la Sainte Vierge disent donc hardiment avec Saint Jean Damascène : « Ayant confiance en vous, Ô Mère de Dieu, je serai sauvé ! Ayant votre protection, je ne craindrai rien ; avec votre secours, je combattrai et mettrai en fuite mes ennemis : car votre dévotion est une arme de salut que Dieu donne à ceux qu’il veut sauver [6]… »

                                                                                                                +Marie-Mickaël

     

 

[1] Pape Benoît XVI, Rome, 25 mars 2007.

[2] Petit Journal, 699.

[3] Certes, la miséricorde de Dieu est éternelle pour tous et chacun… mais lorsqu’elle est ignorée, refusée et même ridiculisée ou piétinée par « l’aveuglement sans limites »  des pécheurs : ce mystère terrible des « cœurs endurcis » appelle l’œuvre de la justice divine. La Bible en témoigne dans « le déluge » du temps de Noé (Gn 6 à 9) ou la destruction de Sodome et Gomorrhe par la pluie de feu et de souffre… (Gn 19).

[4] Catéchisme de l’Eglise catholique, 1864.

[5] Saint Louis Marie de Montfort, 31 janvier 1673 – 28 avril 1716.

[6] Saint Louis-Marie de Montfort, Traité de la vraie dévotion à la Sainte Vierge, n° 1 / 50 / 35 / 175 / 182.