Le chapelet est un rayon de l’Evangile…

Lors d’un rêve où il était en danger de mort, le Saint Padre Pio nous rapporte une parole de la Vierge qui l’a beaucoup marqué : « Ne crains rien, je suis là… Prends ton Arme (le chapelet) et sers-t’en ! »

C’est une invitation pressante au « combat spirituel » face à nos trois ennemis : le monde au sens de Saint Jean (1 Jn 2,15-17), notre nature marquée par le péché (Ro 7,15-20) et enfin le Tentateur ! C’est pourquoi Saint Paul nous invite à revêtir « l’armure de Dieu » pour lutter avec la grâce de Dieu « non contre des adversaires de sang, mais contre les Principautés, les Puissances, les Régisseurs de ce monde de ténèbres, contre les Esprits du Mal qui habitent les espaces célestes ! » (Ep 6,10-17). Cela signifie que la vie chrétienne n’est pas un long fleuve tranquille : si la paix et la joie nous sont promises par Notre Seigneur (Jn 14,27 et Jn 15,11), notre vie est aussi le lieu d’une lutte constante ! Et comme l’affirme avec réalisme Sainte Catherine de Sienne : « Sans guerre, il n’y a pas de paix ! » Car la terre de notre cœur est encore beaucoup trop occupée par l’Ennemi de la paix…

Ainsi, dans ce redoutable combat « d’abord spirituel » de chaque jour, le Chapelet humble et puissant de la Vierge est « l’Arme des pauvres » et des petits que nous sommes ! Le merveilleux écrivain et poète chrétien Charles Péguy en était convaincu quand il fait dire au Seigneur :

Récite ton Chapelet, dit Dieu

Et ne te soucie pas de ce que raconte tel écervelé :

Que c’est une dévotion passée et qu’on va abandonner…

Cette prière-là, je te le dis,

Est un rayon de l’Evangile !

On ne la changera pas…

Ce que j’aime dans le chapelet, dit Dieu,

C’est qu’il est simple et qu’il est humble,

Comme fut mon Fils, comme fut sa Mère…

 

Récite ton chapelet, dit Dieu,

Il faut que cette prière tourne et retourne

Comme font entre tes doigts les grains du chapelet…

Alors, quand je voudrai, je te l’assure,

Tu recevras la bonne nourriture

Qui affermit le cœur et rasure l’âme.

Allons, dit Dieu, récite ton chapelet,

Et garde l’esprit en paix[1] ! »

 

Telle est la fidélité où s’exerce la persévérance des pécheurs, car le Rosaire est « l’apprentissage de la douceur » : inspiré par l’amour, il commence dans l’humilité et se creuse dans la patience pour nous conduire à la paix ! A travers lui, la Vierge de tendresse nous façonne lentement à l’image de son Fils « doux et humble de Cœur… » (Mt 11,29).

                                                                   +Marie-Mickaël

[1] Charles Péguy, « Chantre de Chartres ».




Marie, le Jeudi Saint

La nuit même où il était livré, le Seigneur Jésus prit du pain, puis, ayant rendu grâce, il le rompit, et dit : « Ceci est mon corps, qui est pour vous. Faites cela en mémoire de moi. » Après le repas, il fit de même avec la coupe, en disant : « Cette coupe est la nouvelle Alliance en mon sang. Chaque fois que vous en boirez, faites cela en mémoire de moi. » (1 Corinthiens 11, 23-25)

Là, l’Écriture ne le dit pas, mais il n’y a pas à douter que la Mère de Dieu était présente. Sûrement elle est venue à Jérusalem comme toujours pour la fête de Pâques et a célébré le repas pascal avec tout le groupe qui suivait Jésus.

Elle qui gardait toutes les paroles de Jésus dans son cœur – combien elle aura dû accueillir en elle son discours d’adieu : « J’ai désiré ardemment célébrer ce repas pascal avec vous. » (Lc 22, 15)

Ne pensait-elle pas à ce moment-là aux noces de Cana ? Maintenant, son heure était venue. Maintenant Il pouvait donner ce qu’alors Il ne pouvait suggérer qu’en symbole.

Le lavement des pieds : Il était parmi eux comme celui qui sert (Jn 13). Ainsi l’avait-elle vu durant toute sa vie. Ainsi avait-elle elle-même vécu et vivrait-elle encore. Elle comprenait le sens mystique du lavement des pieds (Cf. Jn 13, 2-11) : celui qui s’approche du saint repas doit être complètement pur. Mais seule Sa grâce peut donner cette pureté.

Ta communion, ma Mère ! N’était-elle pas comme un retour à cette unité insaisissable, lorsque tu Le nourrissais de ta chair et de ton sang ? Mais maintenant, c’est Lui qui te nourrit. Ne vois-tu pas en cette heure le corps mystique tout entier devant toi, celui qui doit croître par ce saint repas ?

Ne le reçois-tu pas déjà maintenant en tant que Mère, comme demain au pied de la Croix il te sera remis ? Ne vois-tu pas aussi toutes les offenses qui seront faites au Seigneur dans ces espèces, et n’offres-tu pas satisfaction pour cela ?

Ô Mère, apprends-nous à recevoir le Corps du Seigneur comme Tu l’as reçu.

Sainte Edith Stein (1891-1942)

Dans Le secret de la Croix




« Plus je me rapproche de Dieu, plus je prie la Vierge Marie »

Dans son roman autobiographique Au secours, Marie (éd. Fayard), Amandine Cornette de Saint-Cyr accompagne sa mère malade à Lourdes afin d’espérer sa guérison. Extrait de son entrevue avec Véronique Jacquier :

Amandine Cornette de Saint-Cyr : Ce pèlerinage était en soi une épreuve puisque ma mère et moi partions en pensant que la mort rôdait, tant l’oncologue avait été pessimiste. Soudain, à l’approche de la cité mariale, un étrange phénomène s’est produit. Tout devint blanc, cotonneux comme les ailes d’un ange. Puis un disque doré est apparu, presque irréel. Tous les voyageurs y ont vu la présence de la Vierge qui nous accueillait. Nous sommes restées deux jours au sanctuaire, un temps béni où j’ai eu le sentiment d’être au Ciel et dans les bras de Marie.

Lorsque nous sommes revenues à Paris, ma mère a appris qu’elle était en rémission et que les soins palliatifs n’étaient plus d’actualité. Je n’ose parler de miracle, il faut attendre cinq ans, mais il est évident que la mère de Dieu, que j’aime décrire comme « mère veilleuse », a suscité en moi une transformation intérieure : j’ai reçu de l’amour et de la joie et j’ai vu ma mère dénouer des nœuds et se réconcilier avec sa défunte mère.

Lourdes est aussi l’endroit où j’ai compris les conditions pour qu’advienne un miracle. Christophe, hospitalier à Lourdes, m’a confié comment il avait été touché par la grâce. Il avait fallu qu’il accepte d’abord son état. Arrivé en fauteuil roulant il y a cinq ans, il est reparti quelques jours plus tard sur ses deux jambes ! Une guérison inexpliquée sur laquelle enquête le bureau des constatations médicales. Il m’a expliqué qu’il avait d’abord reçu le sacrement des malades et que ce jour-là quelque chose en lui s’était relâché, comme si, enfin, il acceptait sa condition abîmée et fragile. Une étrange paix l’a alors envahi. Le lendemain, plongé dans l’une des piscines de Lourdes, une chaleur douce l’a enveloppée et une voix lui a dit : « Tu peux marcher… ». Puis il a compris qu’on lui disait : « Tu as été relevé. Relève les autres maintenant. » C’est ainsi qu’il est devenu hospitalier.

La persévérance dans la foi est essentielle. Plus je me rapproche de Dieu, plus je prie la Vierge Marie, plus j’ai le sentiment d’être dans un combat spirituel. C’est pourquoi il est important d’aller à Lourdes en pèlerinage.




« Bea, c’est le plus beau collier du monde ! Ne le cache jamais ! » (Carlo Acutis)

En septembre 2025, le magazine italien Vita a publié une interview exclusive de Beata Anna Sperczyńska, la nounou polonaise (1) qui s’est occupée de Carlo Acutis entre deux et cinq ans. Au cours de la conversation, Beata se souvient de moments simples mais profonds de l’enfance de Carlo et raconte comment elle a fait découvrir Jésus à cet enfant extraordinaire. C’est d’elle que le jeune saint a appris sa première prière, « Ange de Dieu », en polonais.

Beata se souvient :

« Chaque soir, il récitait cette prière comme s’il s’agissait d’une berceuse. Puis nous nous endormions dans la même chambre, et j’avais l’impression que le ciel veillait sur nous. »

Par hasard – ou par providence –, Beata a été engagée par les grands-parents de Carlo pour s’occuper de lui pendant les vacances. Peu après, ses parents, Antonia et Andrea, l’ont invitée à vivre avec la famille à Milan. « J’avais l’impression qu’il m’avait choisie. J’ai été la première personne à lui parler de Dieu. Carlo ne savait pas qui était Jésus, et depuis lors, il n’a jamais cessé de le chercher. »

Une fois, raconte Beata, elle a emmené Carlo à l’église Santa Maria Segreta (Milan), la même église où, des années plus tard, ses funérailles ont été célébrées. « Nous avons allumé un cierge et je lui ai parlé de Jésus. À notre retour, Carlo a tout raconté à ses parents, qui étaient inquiets, car ils n’étaient pas encore pratiquants. Je lui ai donc dit que nous n’y retournerions plus. Mais le lendemain, il m’a dit : « Bea, je ne peux pas manquer de rendre visite à mon ami. Ce sera notre secret. » »

Bien sûr, le secret n’a pas duré. « Carlo est rentré à la maison tout joyeux et a tout raconté à tout le monde ! À partir de ce jour-là, il n’a plus manqué un seul jour d’église. » Le soir, ils priaient le rosaire tous les deux. Carlo utilisait un petit chapelet de dix grains qu’il tenait dans ses mains jusqu’à ce qu’il s’endorme.

Un épisode en particulier est resté gravé dans la mémoire de Beata : « Nous sommes allés à une fête d’anniversaire. Je portais mon chapelet autour du cou, et certaines mères se sont moquées de moi. Gênée, je l’ai caché dans ma chemise. Carlo l’a remarqué et m’a dit : « Béa, c’est le plus beau collier du monde ! Ne le cache jamais ! » Même aujourd’hui, quand j’y repense, je suis émue. Il n’avait que quatre ans, mais il voyait déjà les choses avec pureté et courage. »

Cleiton Ramos, 17 octobre 2025 – ChurchPop.

(1) Au cœur de l’enfance de saint Carlo Acutis se trouvait une femme humble originaire d’un petit village de Pologne, qui l’a aidé à faire ses premiers pas, non seulement dans la vie, mais aussi dans la foi. Elle s’appelle Beata Anna Sperczyńska. Aujourd’hui cadre à New York, elle a passé trois ans comme nounou de Carlo à Milan, s’occupant de lui entre deux et cinq ans.




51 raisons de prier le rosaire

Léon XIV a lancé un appel à prier le rosaire pour la paix tout au long du mois d’octobre. La demande de ce Pape, dans le contexte conflictuel que connaît le monde en ces années actuelles, devrait suffire à nous convaincre de répondre à cet appel, mais il existe bien d’autres raisons.

La principale est son efficacité. Combien de batailles la prière du rosaire a-t-elle remportées, non seulement celle de Lépante, le 7 octobre 1571, pour laquelle on commémore la Vierge du Rosaire, mais par extension, les batailles qu’on remportées ceux qui se sont accrochés aux 50 grains dans les moments de danger, d’épreuve ou de besoin particulier.

Et voici une autre de ses plus grandes vertus : la simplicité. Connu autrefois sous le nom de « psautier des pauvres », le rosaire était à ses débuts un outil destiné à faciliter la prière des personnes illettrées. Le rosaire peut être prié n’importe où ; il est bon marché et, si vous n’en avez pas, vous pouvez utiliser vos 10 doigts en guise de chapelet ; il est discret si vous voulez passer inaperçu pendant que vous le priez, mais attire les regards lorsque vous souhaitez le montrer ; il s’adapte très bien au temps dont vous disposez ; sa structure est facile à mémoriser.

Outre ces premières raisons pratiques, nous trouvons également de puissantes raisons spirituelles, comme le fait qu’il nous aide à entrer en présence de Dieu, nous plonge dans la contemplation de la vie de Jésus, nous invite à imiter les vertus de Marie, augmente notre foi, nous conduit à la paix de l’esprit, renforce notre espérance, nous accompagne dans le discernement de la volonté de Dieu, nous rapproche des sacrements, nous pousse à la charité et nous incite à marcher sur le droit chemin.

En priant le rosaire, nous accomplissons le commandement du Seigneur : « Veillez et priez afin de ne pas entrer en tentation, car l’esprit est bien disposé, mais la chair est faible » (Mt 26, 41) ; ainsi que celui de « Priez ainsi… » (Mt 6, 9). C’est aussi une approche de l’Écriture Sainte, car chaque mystère est un petit Évangile ; et cela nous aide même à méditer sur les dogmes mariaux tels que l’Assomption.

La prière du rosaire est une arme contre les tentations, elle éloigne l’influence du mal, c’est une défense dans les moments de crise spirituelle, Marie promet protection et grâces à ceux qui le prient et, dans plusieurs apparitions – comme à Lourdes et à Fatima -, Notre Dame le recommande pour surmonter les divisions et les discordes. S’arrêter pour prier le rosaire dans notre monde où tout est urgent nous aide à surmonter le stress, nous forme à la patience et à la persévérance, est un remède contre la tristesse, unit la famille qui le prie en commun et harmonise la communauté, qui se réunit pour le réciter ensemble.

Enfin, prier le rosaire, c’est comme prier pour le ciel où nous serons un jour, avec tous nos proches et en compagnie de Jésus et de Marie, en présence de Dieu. Il peut également être offert pour les âmes du purgatoire et pour les proches ou les amis qui nous ont demandé de prier pour une intention spéciale.

Antonio Moreno, 1er octobre 2025 www.omnesmag.com (Adapté)




S’il y a un moment où il faut prier le rosaire de tout son cœur, c’est bien maintenant !

On demanda un jour à Mgr Fulton Sheen (1) de décrire le pouvoir du rosaire. « Décrire le pouvoir du rosaire ? Il n’y a tout simplement pas de mots pour décrire le pouvoir du rosaire ! » Il poursuivit en déclarant : « Le problème avec le monde d’aujourd’hui, c’est qu’on ne prie pas assez le rosaire ! »

En 2004, un groupe de centres de grossesse pro-vie en Autriche s’est engagé à prier le rosaire pendant plusieurs années, à la fois devant les centres d’avortement et devant le Saint-Sacrement. Trois centres d’avortement ont fermé en Autriche, dont l’un a été racheté par les militants pro-vie pour en faire un centre de guérison post-avortement. Lorsqu’on lui a demandé comment ces centres d’avortement avaient pu fermer, le directeur des centres pro-vie a répondu : « Grâce au pouvoir du rosaire ».

Il existe de nombreuses choses qui sont puissantes et nécessaires pour nous, Catholiques, en particulier la Sainte Messe, source et sommet de notre foi. Mais le rosaire est une simple méditation quotidienne sur la vie de Notre Seigneur, en compagnie de Notre Dame, et celle-ci nous a demandé à plusieurs reprises, ainsi que de nombreux Papes, de le réciter. S’il y a un moment où il faut se mettre à prier le rosaire de tout son cœur, c’est bien maintenant, alors que les menaces de l’avortement jusqu’au terme de la grossesse et l’euthanasie sont sur le point de devenir loi.

Clare McCullough, 28 octobre 2025 (adapté d’un article plus long) IndependentCatholicNews

(1) Fulton John Sheen (1895-1979) est un prélat catholique américain, évêque auxiliaire de New York en 1951 puis évêque résidentiel de Rochester en 1966, avant d’être promu archevêque in partibus en 1969.




Est-il quelque chose d’impossible à Celle que Dieu a revêtue de Sa puissance ?

Il y a plusieurs années déjà, le bagne de Toulon fut le théâtre d’un crime horrible. Dans un moment de colère et de dépit, un forçat avait poignardé son gardien. Le coupable fut condamné à mort, et l’exécution devait avoir lieu dans deux jours, lorsque l’aumônier du bagne se présenta pour apporter au coupable les consolations de la religion et lui parler de l’éternité.

Mais le malheureux vouait à la religion une haine implacable. Il accueillit le prêtre avec injures et paroles obscènes. Rien ne rebuta le père Marin, l’aumônier, dont le zèle infatigable avait été si souvent mis à l’épreuve par des forçats endurcis. Mais rien ne put abattre cet indomptable obstiné !

Le prêtre alors se retire, et, tournant ses regards vers le Refuge des pécheurs, il s’adresse à Marie et Lui confie la cause du galérien, devenue la sienne propre. Il fait prier les âmes ferventes de la ville; car il n’y avait point de temps à perdre: déjà la guillotine s’élevait, on ne comptait plus que par minutes jusqu’au moment de l’exécution.

Le père Marin se présenta une seconde fois au forçat, la croix et le chapelet en main. On voulait l’en empêcher, lui disant que c’était inutile, mais le saint prêtre qui savait qu’on peut tout attendre de la puissance et de la miséricorde de Marie, se fait ouvrir les portes, et plein de confiance en Celle qu’il a invoquée, il s’avance vers l’infortuné.

Le forçat répond par une malédiction horrible aux paroles de bénédiction. Sans se laisser décourager, l’aumônier approche du prisonnier enchaîné et lui jetant autour du cou un chapelet pour l’enlacer dans ces liens de miséricorde.

Ô miracle de la grâce ! Le lion est terrassé, l’ennemi tombe vaincu ! À peine le chapelet l’a-t-il touché qu’il demande pardon. Ô Marie ! c’était une preuve de plus de Votre pouvoir sur le Cœur de Dieu… Mais est-il quelque chose d’impossible à Celle que Dieu a revêtue de Sa puissance ? Elle obtint à ce misérable une entière réconciliation avec ce qu’il avait tant blasphémé ; la paix rentra dans son âme ; il était métamorphosé.




Délivrée des flammes du Purgatoire par le Rosaire

En Espagne, au royaume d’Aragon, vivait une jeune fille nommée Alexandra. Celle-ci avait assisté aux prédications de saint Dominique, et avait fini par entrer dans la Confrérie du Rosaire. Ardente et passionnée, elle oubliait pourtant trop souvent de dire son chapelet comme elle le devait.

Deux jeunes soupirants s’étant battus en duel et étant morts tous les deux pour elle , leurs familles se vengèrent en tuant Alexandra. Elles précipitèrent ensuite son cadavre dans un puits. Cependant la Reine du Rosaire n’oublia pas les quelques actes de dévotion d’Alexandra à son égard : Elle inspira à saint Dominique d’aller la ressusciter. Étant venu près du puits, le saint lui cria : « Alexandra, sors ! » Ô prodige ! La morte s’anime, et sort pleine de vie, à la vue d’une grande foule venue assister à ce miracle. La ressuscitée se jette aux pieds du Saint, et lui dit qu’au moment d’expirer, elle avait obtenu le don de la contrition, grâce aux mérites de la Confrérie du Rosaire ; que les démons voulaient emporter son âme en enfer, mais que Marie était venue la délivrer ; qu’elle était condamnée à deux cents ans de purgatoire, pour la mort des deux jeunes gens, et à cinq cents autres années pour avoir été par sa faute une occasion de péché pour beaucoup de personnes ; mais qu’elle espérait que les confrères du Rosaire abrégeraient sa peine par leurs instances auprès de Marie.

Son espoir ne fut point trompé. Elle mourut de nouveau, et au bout de quinze jours elle apparut rayonnante à saint Dominique. Elle lui dit de remercier les confrères, qui avaient été pour elle autant de bienfaiteurs, et qui par leurs suffrages avaient hâté sa délivrance.

Elle ajouta qu’elle venait comme ambassadrice des âmes du purgatoire, conjurer le saint de prêcher et d’étendre la dévotion du Rosaire, qui leur procurait chaque jour un admirable soulagement. « Que les confrères, dit-elle, appliquent à ces pauvres âmes les indulgences et les faveurs spirituelles dont ils possèdent un trésor si abondant ! Ils n’y perdront rien, car les élus, à leur tour, intercéderont pour eux dans le ciel. Les Anges se réjouissent de cette dévotion, et leur Reine s’est déclarée la tendre Mère de tous ceux qui l’adoptent. »

Ainsi parla cette âme, sur le point d’entrer dans la gloire. Saint Dominique raconta lui-même cette révélation.

Prenons donc la résolution de réciter souvent le chapelet en faveur des âmes du purgatoire. Ces âmes ont soif : le chapelet leur ouvre une source d’eau vive.

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« Il faut se sauver ensemble, il faut arriver ensemble chez le bon Dieu »

En juin 1912, le fils de Charles Péguy (1), Pierre, tombe gravement malade. Péguy fait un vœu et va en pèlerinage à Chartres.

« Mon vieux », écrit-il à Lotte, « j’ai senti que c’était grave… J’ai fait un pèlerinage à Chartres… J’ai fait 144 km en trois jours… On voit le clocher de Chartres à 17 km sur la plaine… Dès que je l’ai vu, ça a été une extase. Je ne sentais plus rien, ni la fatigue, ni mes pieds. Toutes mes impuretés sont tombées d’un seul coup, j’étais un autre homme. J’ai prié une heure dans la cathédrale le samedi soir ; j’ai prié une heure le dimanche matin avant la grand-messe… J’ai prié comme je n’avais jamais prié, j’ai pu prier pour mes ennemis… Mon gosse est sauvé, je les ai donnés tous trois à Notre Dame. Moi, je ne peux pas m’occuper de tout… Mes petits ne sont pas baptisés. A la Sainte Vierge de s’en occuper. »

Désormais sa foi est assurée, mais il n’a pas pleinement retrouvé le repos. Il n’était pas marié religieusement, sa femme et ses enfants n’étaient pas baptisés, et lui-même ne s’approchait pas des sacrements et n’allait pas à la messe.

À ses amis qui insistent pour le décider à faire un pas en avant, il confie : « Je prie sans cesse et, malgré cela, je suis horriblement malheureux. » Sa femme entendait ne pas se faire baptiser et refusait de le suivre dans son évolution religieuse. Or, Péguy ne veut pas se sauver seul. « Il faut se sauver ensemble, il faut arriver ensemble chez le bon Dieu. Il faut se présenter ensemble, il ne faut pas arriver à trouver le Bon Dieu les uns sans les autres. Il faudra revenir tous ensemble dans la maison de Notre Père. »

Tout au long des rues de Paris, il récite des Ave Maria : « Derrière la flotte des Pater, je vois la deuxième flotte, l’innombrable flotte des Ave Maria… Et tous ces Ave Maria, et toutes ces prières de la Vierge, sont de blanches caravelles humblement couchées, sous les voiles, au ras de l’eau. »

La femme de Péguy acceptera le baptême, un an après la mort de son ami Lotte. Trois semaines avant, le 19 août 1914, Péguy assiste à la messe. La veille de sa mort, le 4 septembre, il dépose des fleurs au pied d’une statue de la Vierge, dans une petite chapelle de Montmélian. Le lendemain, frappé d’une balle au front, il donne sa vie pour la France.

Mallary – La Médaille Miraculeuse, N°65

Association de la Médaille Miraculeuse

(1) Charles Pierre Péguy, né en 1873, est tué au début de la Première Guerre mondiale, le 5 septembre 1914, d’une balle en plein front en montant à l’assaut, le premier jour de la première bataille de l’Ourcq. Il est écrivain, poète, essayiste et officier de réserve français. Il a laissé une œuvre littéraire admirable et considérable malgré sa courte vie.




Le Rosaire fait éclore la paix… Il est l’Arme puissante des derniers temps !

« Le Rosaire nous apprend le secret de la paix ! »

Saint Jean-Paul II

    Des enfants qui prient le chapelet avec ferveur sont plus puissants que de redoutables armées ! Voilà un des grands messages de la Sainte Vierge à Fatima… Cela signifie que celui et celle qui croit à « la puissance cachée » du Rosaire tient l’avenir de l’humanité entre ses mains priantes ! Nous ne comprenons toujours pas que Dieu aime triompher par ces petits dont « la confiance » en Lui peut bouleverser le cours de l’histoire ! Et pourtant : de Moïse à Elie, et jusqu’au petit David terrassant le géant Goliath… La Bible nous enseigne que la victoire est toujours donnée à la folle confiance des enfants qui ne s’appuient que sur Dieu seul !

Et c’est pourquoi le chapelet s’inscrit dans cette sagesse biblique, mais dans la perspective néotestamentaire des derniers temps après la venue du Messie : la fronde et les pierres de David sont devenues le Rosaire et ses mystères qui conduisent à la victoire à travers la beauté et l’humilité du Cœur de la Vierge Marie… son chapelet est devenu l’arme puissante calquée sur les 150 psaumes. En le priant avec amour et persévérance, en l’offrant chaque jour à Marie, nous protégeons la paix du monde et hâtons le triomphe de son Cœur Immaculé : car la Vierge est bien cette « Femme enveloppée de soleil » (Ap 12,1) qui nous prépare au retour de Jésus ! Et en ce temps d’urgence, elle a remis entre nos mains le trésor du Rosaire pour la paix de nos cœurs et la paix du monde… Ce fut un des grands messages de Saint Jean-Paul II :

« Le Rosaire nous apprend le secret de la paix et en fait un projet de vie… car dans la tranquille succession des Ave Maria, le Rosaire exerce sur celui qui prie une action pacificatrice qui le dispose à recevoir cette paix véritable, qui est un don spécial du Ressuscité (Jn 14,27 et 20,21), et à en faire l’expérience au fond de son être, en vue de la répandre autour de lui[1]… »

Ces quelques lignes nous laissent deviner combien le Saint Père était habité par la grâce incomparable du Rosaire. Ne fût-il pas le prophète de la paix par excellence ? C’est à travers son Rosaire quotidien qu’il l’était… conduit par la tendresse du Cœur Immaculé de Marie !

Alors, suivons ses traces en cette fin des temps chaotique ! Que notre vie devienne un « Rosaire continuel » où chaque instant est tourné vers le Regard de Marie. Et prenons de plus en plus conscience que nous avons entre les mains une arme fatale, un laser imparable, une invincible douceur qui peut vaincre toutes les violences et les guerres en faisant triompher la paix :

« En réalité, tandis qu’il nous conduit à fixer les yeux sur le Christ, le Rosaire nous rend aussi bâtisseurs de la paix du monde. Par sa caractéristique de supplication communautaire et insistante, pour répondre à l’invitation du Christ « à toujours prier sans se décourager » (Lc 18,1), il nous permet d’espérer que, même aujourd’hui, une « bataille » aussi difficile que celle de la paix pourra être gagnée[2] ! »

Le Rosaire est l’arme des doux et il fait de nous des « artisans de paix » (Mt 5,9). Il est aujourd’hui notre premier engagement pour la paix ! Car, traversés par la tendresse de Marie,  nous  pourrons alors affronter les terribles défis actuels avec l’espérance au cœur et la douceur dans le regard…

+Marie-Mickaël

 

[1] Saint Jean-Paul II, Lettre « Le Rosaire de la Vierge Marie », 16 octobre 2002, n° 40.

[2] Saint Jean-Paul II, Lettre Rosaire, n° 40.