Est-il quelque chose d’impossible à Celle que Dieu a revêtue de Sa puissance ?

Il y a plusieurs années déjà, le bagne de Toulon fut le théâtre d’un crime horrible. Dans un moment de colère et de dépit, un forçat avait poignardé son gardien. Le coupable fut condamné à mort, et l’exécution devait avoir lieu dans deux jours, lorsque l’aumônier du bagne se présenta pour apporter au coupable les consolations de la religion et lui parler de l’éternité.

Mais le malheureux vouait à la religion une haine implacable. Il accueillit le prêtre avec injures et paroles obscènes. Rien ne rebuta le père Marin, l’aumônier, dont le zèle infatigable avait été si souvent mis à l’épreuve par des forçats endurcis. Mais rien ne put abattre cet indomptable obstiné !

Le prêtre alors se retire, et, tournant ses regards vers le Refuge des pécheurs, il s’adresse à Marie et Lui confie la cause du galérien, devenue la sienne propre. Il fait prier les âmes ferventes de la ville; car il n’y avait point de temps à perdre: déjà la guillotine s’élevait, on ne comptait plus que par minutes jusqu’au moment de l’exécution.

Le père Marin se présenta une seconde fois au forçat, la croix et le chapelet en main. On voulait l’en empêcher, lui disant que c’était inutile, mais le saint prêtre qui savait qu’on peut tout attendre de la puissance et de la miséricorde de Marie, se fait ouvrir les portes, et plein de confiance en Celle qu’il a invoquée, il s’avance vers l’infortuné.

Le forçat répond par une malédiction horrible aux paroles de bénédiction. Sans se laisser décourager, l’aumônier approche du prisonnier enchaîné et lui jetant autour du cou un chapelet pour l’enlacer dans ces liens de miséricorde.

Ô miracle de la grâce ! Le lion est terrassé, l’ennemi tombe vaincu ! À peine le chapelet l’a-t-il touché qu’il demande pardon. Ô Marie ! c’était une preuve de plus de Votre pouvoir sur le Cœur de Dieu… Mais est-il quelque chose d’impossible à Celle que Dieu a revêtue de Sa puissance ? Elle obtint à ce misérable une entière réconciliation avec ce qu’il avait tant blasphémé ; la paix rentra dans son âme ; il était métamorphosé.




Délivrée des flammes du Purgatoire par le Rosaire

En Espagne, au royaume d’Aragon, vivait une jeune fille nommée Alexandra. Celle-ci avait assisté aux prédications de saint Dominique, et avait fini par entrer dans la Confrérie du Rosaire. Ardente et passionnée, elle oubliait pourtant trop souvent de dire son chapelet comme elle le devait.

Deux jeunes soupirants s’étant battus en duel et étant morts tous les deux pour elle , leurs familles se vengèrent en tuant Alexandra. Elles précipitèrent ensuite son cadavre dans un puits. Cependant la Reine du Rosaire n’oublia pas les quelques actes de dévotion d’Alexandra à son égard : Elle inspira à saint Dominique d’aller la ressusciter. Étant venu près du puits, le saint lui cria : « Alexandra, sors ! » Ô prodige ! La morte s’anime, et sort pleine de vie, à la vue d’une grande foule venue assister à ce miracle. La ressuscitée se jette aux pieds du Saint, et lui dit qu’au moment d’expirer, elle avait obtenu le don de la contrition, grâce aux mérites de la Confrérie du Rosaire ; que les démons voulaient emporter son âme en enfer, mais que Marie était venue la délivrer ; qu’elle était condamnée à deux cents ans de purgatoire, pour la mort des deux jeunes gens, et à cinq cents autres années pour avoir été par sa faute une occasion de péché pour beaucoup de personnes ; mais qu’elle espérait que les confrères du Rosaire abrégeraient sa peine par leurs instances auprès de Marie.

Son espoir ne fut point trompé. Elle mourut de nouveau, et au bout de quinze jours elle apparut rayonnante à saint Dominique. Elle lui dit de remercier les confrères, qui avaient été pour elle autant de bienfaiteurs, et qui par leurs suffrages avaient hâté sa délivrance.

Elle ajouta qu’elle venait comme ambassadrice des âmes du purgatoire, conjurer le saint de prêcher et d’étendre la dévotion du Rosaire, qui leur procurait chaque jour un admirable soulagement. « Que les confrères, dit-elle, appliquent à ces pauvres âmes les indulgences et les faveurs spirituelles dont ils possèdent un trésor si abondant ! Ils n’y perdront rien, car les élus, à leur tour, intercéderont pour eux dans le ciel. Les Anges se réjouissent de cette dévotion, et leur Reine s’est déclarée la tendre Mère de tous ceux qui l’adoptent. »

Ainsi parla cette âme, sur le point d’entrer dans la gloire. Saint Dominique raconta lui-même cette révélation.

Prenons donc la résolution de réciter souvent le chapelet en faveur des âmes du purgatoire. Ces âmes ont soif : le chapelet leur ouvre une source d’eau vive.

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« Il faut se sauver ensemble, il faut arriver ensemble chez le bon Dieu »

En juin 1912, le fils de Charles Péguy (1), Pierre, tombe gravement malade. Péguy fait un vœu et va en pèlerinage à Chartres.

« Mon vieux », écrit-il à Lotte, « j’ai senti que c’était grave… J’ai fait un pèlerinage à Chartres… J’ai fait 144 km en trois jours… On voit le clocher de Chartres à 17 km sur la plaine… Dès que je l’ai vu, ça a été une extase. Je ne sentais plus rien, ni la fatigue, ni mes pieds. Toutes mes impuretés sont tombées d’un seul coup, j’étais un autre homme. J’ai prié une heure dans la cathédrale le samedi soir ; j’ai prié une heure le dimanche matin avant la grand-messe… J’ai prié comme je n’avais jamais prié, j’ai pu prier pour mes ennemis… Mon gosse est sauvé, je les ai donnés tous trois à Notre Dame. Moi, je ne peux pas m’occuper de tout… Mes petits ne sont pas baptisés. A la Sainte Vierge de s’en occuper. »

Désormais sa foi est assurée, mais il n’a pas pleinement retrouvé le repos. Il n’était pas marié religieusement, sa femme et ses enfants n’étaient pas baptisés, et lui-même ne s’approchait pas des sacrements et n’allait pas à la messe.

À ses amis qui insistent pour le décider à faire un pas en avant, il confie : « Je prie sans cesse et, malgré cela, je suis horriblement malheureux. » Sa femme entendait ne pas se faire baptiser et refusait de le suivre dans son évolution religieuse. Or, Péguy ne veut pas se sauver seul. « Il faut se sauver ensemble, il faut arriver ensemble chez le bon Dieu. Il faut se présenter ensemble, il ne faut pas arriver à trouver le Bon Dieu les uns sans les autres. Il faudra revenir tous ensemble dans la maison de Notre Père. »

Tout au long des rues de Paris, il récite des Ave Maria : « Derrière la flotte des Pater, je vois la deuxième flotte, l’innombrable flotte des Ave Maria… Et tous ces Ave Maria, et toutes ces prières de la Vierge, sont de blanches caravelles humblement couchées, sous les voiles, au ras de l’eau. »

La femme de Péguy acceptera le baptême, un an après la mort de son ami Lotte. Trois semaines avant, le 19 août 1914, Péguy assiste à la messe. La veille de sa mort, le 4 septembre, il dépose des fleurs au pied d’une statue de la Vierge, dans une petite chapelle de Montmélian. Le lendemain, frappé d’une balle au front, il donne sa vie pour la France.

Mallary – La Médaille Miraculeuse, N°65

Association de la Médaille Miraculeuse

(1) Charles Pierre Péguy, né en 1873, est tué au début de la Première Guerre mondiale, le 5 septembre 1914, d’une balle en plein front en montant à l’assaut, le premier jour de la première bataille de l’Ourcq. Il est écrivain, poète, essayiste et officier de réserve français. Il a laissé une œuvre littéraire admirable et considérable malgré sa courte vie.




Le Rosaire fait éclore la paix… Il est l’Arme puissante des derniers temps !

« Le Rosaire nous apprend le secret de la paix ! »

Saint Jean-Paul II

    Des enfants qui prient le chapelet avec ferveur sont plus puissants que de redoutables armées ! Voilà un des grands messages de la Sainte Vierge à Fatima… Cela signifie que celui et celle qui croit à « la puissance cachée » du Rosaire tient l’avenir de l’humanité entre ses mains priantes ! Nous ne comprenons toujours pas que Dieu aime triompher par ces petits dont « la confiance » en Lui peut bouleverser le cours de l’histoire ! Et pourtant : de Moïse à Elie, et jusqu’au petit David terrassant le géant Goliath… La Bible nous enseigne que la victoire est toujours donnée à la folle confiance des enfants qui ne s’appuient que sur Dieu seul !

Et c’est pourquoi le chapelet s’inscrit dans cette sagesse biblique, mais dans la perspective néotestamentaire des derniers temps après la venue du Messie : la fronde et les pierres de David sont devenues le Rosaire et ses mystères qui conduisent à la victoire à travers la beauté et l’humilité du Cœur de la Vierge Marie… son chapelet est devenu l’arme puissante calquée sur les 150 psaumes. En le priant avec amour et persévérance, en l’offrant chaque jour à Marie, nous protégeons la paix du monde et hâtons le triomphe de son Cœur Immaculé : car la Vierge est bien cette « Femme enveloppée de soleil » (Ap 12,1) qui nous prépare au retour de Jésus ! Et en ce temps d’urgence, elle a remis entre nos mains le trésor du Rosaire pour la paix de nos cœurs et la paix du monde… Ce fut un des grands messages de Saint Jean-Paul II :

« Le Rosaire nous apprend le secret de la paix et en fait un projet de vie… car dans la tranquille succession des Ave Maria, le Rosaire exerce sur celui qui prie une action pacificatrice qui le dispose à recevoir cette paix véritable, qui est un don spécial du Ressuscité (Jn 14,27 et 20,21), et à en faire l’expérience au fond de son être, en vue de la répandre autour de lui[1]… »

Ces quelques lignes nous laissent deviner combien le Saint Père était habité par la grâce incomparable du Rosaire. Ne fût-il pas le prophète de la paix par excellence ? C’est à travers son Rosaire quotidien qu’il l’était… conduit par la tendresse du Cœur Immaculé de Marie !

Alors, suivons ses traces en cette fin des temps chaotique ! Que notre vie devienne un « Rosaire continuel » où chaque instant est tourné vers le Regard de Marie. Et prenons de plus en plus conscience que nous avons entre les mains une arme fatale, un laser imparable, une invincible douceur qui peut vaincre toutes les violences et les guerres en faisant triompher la paix :

« En réalité, tandis qu’il nous conduit à fixer les yeux sur le Christ, le Rosaire nous rend aussi bâtisseurs de la paix du monde. Par sa caractéristique de supplication communautaire et insistante, pour répondre à l’invitation du Christ « à toujours prier sans se décourager » (Lc 18,1), il nous permet d’espérer que, même aujourd’hui, une « bataille » aussi difficile que celle de la paix pourra être gagnée[2] ! »

Le Rosaire est l’arme des doux et il fait de nous des « artisans de paix » (Mt 5,9). Il est aujourd’hui notre premier engagement pour la paix ! Car, traversés par la tendresse de Marie,  nous  pourrons alors affronter les terribles défis actuels avec l’espérance au cœur et la douceur dans le regard…

+Marie-Mickaël

 

[1] Saint Jean-Paul II, Lettre « Le Rosaire de la Vierge Marie », 16 octobre 2002, n° 40.

[2] Saint Jean-Paul II, Lettre Rosaire, n° 40.




L’invincible douceur du Rosaire pour la Paix !

« Heureux les doux car ils posséderont la terre ! »

Matthieu 5,4

       Il faut se souvenir ici de « l’avertissement » marial donné à Saint Padre Pio lors d’un rêve inoubliable où il était en danger de mort… la Vierge lui dit avec force : « Ne crains rien, je suis là ! Prends ton arme et sers-t’en ! » L’arme dont il s’agit ici n’est pas un revolver ou une kalachnikov, mais bien sûr un chapelet : la seule puissance qui peut arrêter toutes sortes de guerres et rétablir la paix dans les cœurs et dans le monde ! Souvenons-nous ici de la parole prophétique de Sœur Lucie de Fatima : « Depuis que la Très Sainte Vierge a donné une grande efficacité au chapelet, il n’y a pas de problème matériel ou spirituel, national ou international, qui ne puisse être résolu par le chapelet et nos sacrifices ! »

Dans ces paroles de la Vierge à Padre Pio, comme dans celles de sœur Lucie, est révélé le secret de la victoire sur les forces du mal et de la division. Le 13 mai 1917, à Fatima, Notre Dame n’avait-t-elle pas promis la fin de la première guerre mondiale : « Je suis du Ciel… récitez le chapelet tous les jours, pour obtenir la paix pour le monde ! » Et en passant par la victoire de Lépante[1] et tant d’autres prodiges… laissons-nous émerveiller par la douce puissance du Rosaire de la Vierge ! Par le Notre Père l’Ave et le Gloria,  cette prière mariale n’est-elle pas la plus évangélique ? Et face au défi de la disparition de notre civilisation chrétienne évoqué par Philippe de Villiers[2], la survie jusqu’à la Renaissance viendra par le « réveil » de la prière du Rosaire de Marie[3]

Alors, face aux tentations de lâcher cette prière ou de la prier trop mécaniquement, sans attention du cœur, soyons persuadés que le chapelet est l’arme secrètement puissante et invincible… car elle est le « cri » des pauvres et des petits qui triomphe sur les forces du Mal ! Péguy en était persuadé quand il faisait dire au Seigneur :

« Récite ton chapelet, dit Dieu !

Et ne te soucie pas de ce que raconte tel écervelé :

Que c’est une dévotion passée qu’on va abandonner…

Cette prière-là, je te le dis,

Est un rayon de l’Evangile ;

On ne la changera pas…

Ce que j’aime dans le chapelet, dit Dieu,

C’est qu’il est simple et qu’il est humble,

Comme fut mon Fils,

Comme fut sa Mère[4]… »

N’oublions donc jamais que le Rosaire n’est pas simplement une dévotion répétitive, mais qu’il est par excellence au quotidien « l’apprentissage de la douceur » : à travers lui, Marie nous façonne à l’image de Jésus « doux et humble de cœur » (Mt 11,29). En effet, inspiré et traversé  par l’amour, il commence dans l’humilité, se creuse dans la patience pour nous conduire à la paix rayonnante. C’est un chemin simple et mystérieux où, peu à peu, L’Esprit ouvre une « brèche » dans notre cœur de pierre. C’est un itinéraire où, Ave près Ave, la Vierge nous emporte dans le mystère de la « douceur trinitaire »…  elle va d’ailleurs opérer dans notre cœur de pécheur un terrible conflit :

« Le cœur de pierre et le cœur de chair souffrent l’un par l’autre. L’amour souffre d’étouffer dans notre cœur de pierre, qui souffre à son tour d’être attaqué du dedans et finalement « déchiré » par la douceur de Dieu ! Déchirement inexprimable dont parle Saint Paul : « Nous gémissons dans les douleurs de l’enfantement avec des gémissements ineffables… » (Rm 8,26). On parle de la « douceur déchirante » des couchers de soleil, de certaines musiques. Mais la douceur de Dieu est infiniment plus déchirante et en même temps, c’est la béatitude ! Demandons la joie d’être déchiré par l’appel de l’Amour… Pour nous y aider, Dieu nous offre la Sainte Vierge. Elle ne nous dispensera pas des douleurs, mais nous évitera celles que nous ajoutons par notre faute. Elle est une invention et un don de Dieu, un geste par lequel Il veut adoucir les douleurs[5]… »

Cette approche si juste du combat spirituel nous laisse « entrevoir » la profondeur mariale de la seconde béatitude évangélique : « Heureux les doux car ils posséderont la terre ! » (Mt 5,4). J’ai toujours pensé que cette béatitude était secrètement « mariale », liée à la terre du Cœur de Marie. Si nous l’habitons par la fidélité au Rosaire, nous serons travaillés, purifiés, adoucit et enflammés par l’œuvre du Saint Esprit… Qui dira la puissance « cachée » du Rosaire de Marie ? Elle est un mystère de pauvreté, de douceur et de paix opéré par la Vierge au fond de nos cœurs…

                                                                                                   +Marie-Mickaël

 

[1] La Fête de Notre-Dame du Rosaire fut instituée par le Pape Saint Pie V en la Fête de « Notre-Dame de la Victoire » (1571) en action de grâces pour « la victoire de Lépante » où : face à une flotte musulmane supérieure, les forces chrétiennes nettement désavantagées furent victorieuses ! De fait, le Pape Pie V avait appelé de Rome toute l’Europe à prier le chapelet pour la victoire, tandis que lui avait rassemblé une foule à Rome priant le Rosaire ! C’est une victoire décisive et historique car elle a empêché l’invasion islamique de toute l’Europe… Ne sommes-nous pas confrontés au même défi encore plus grave aujourd’hui sur notre propre terre européenne ?

[2] Voir son livre « Mémoricide », Fayard 2024.

[3] Je sais qu’il existe déjà bien des mouvements marials de qualité qui prient le chapelet pour la paix du monde… mais Il faut créer « d’urgence » en France et dans les autres nations européennes une immense « Communion mondiale de Rosaire quotidien » pour la  conversion évangélique des nations chrétiennes décadentes et celle de l’invasion islamique ! Cela commence dans les familles, les consacrés sous différentes formes, les paroisses, les mouvements de jeunes, les entreprises, les sanctuaires et lieux marials majeurs ou cachés : partout doit monter vers Dieu le Rosaire mondial du combat quotidien pour triompher du mondialisme transhumaniste et de la colonisation musulmane !

[4] Charles Péguy, « Chantre de Chartres ».

[5] Marie Dominique Molinié, Qui comprendra le Cœur de Dieu ? Saint-Paul 1994, p.114-116.




« La prière est une condition posée par Dieu pour l’obtention des grâces »

L’Église proclame que les grâces uniques dont Marie a été comblée dans son Immaculée Conception étaient préparatoires à sa mission, à sa dignité de Mère de Dieu, de première prédestinée et de Reine des Anges. Nous retrouvons d’ailleurs cette pensée dans le nom même de Marie qui signifie entre autres « maîtresse », « souveraine. »

Le 13 janvier 1864, le père Louis-Edouard Cestac (1801-1868), fondateur de la Congrégation des Servantes de Marie au sanctuaire de Notre-Dame du Refuge, à Anglet, entre Bayonne et Biarritz (France), fut subitement frappé comme d’un rayon de clarté divine.

Il vit les démons répandus sur la terre, y causant des ravages inexprimables. En même temps, il eut une vision de Marie qui lui dit que les démons sont déchaînés dans le monde et que l’heure est venue de la prier comme Reine des anges et de lui demander de les envoyer pour combattre et terrasser les puissances de l’enfer.

« Ma Mère », dit le prêtre, « vous qui êtes si bonne, ne pourriez-vous pas les envoyer sans que l’on vous le demande ? »

« Non, » répondit la Mère de Dieu, « la prière est une condition posée par Dieu même pour l’obtention des grâces. »

blog.croix-glorieuse.org




Consécration « urgente » au Cœur Immaculé de Marie, Méditation ultime

Consécration « urgente » au Cœur Immaculé de Marie

Méditation ultime  

« Cœur Immaculé de Marie, doux Refuge des derniers temps !

Protège-moi ! Veille sur moi ! »

      Tel est le « cri » final de cette consécration : un désir immense d’entrer dans le « Refuge » du « Cœur Immaculé de Marie » pour demeurer fidèle à Jésus et vivre en paix l’épreuve ultime des derniers temps qui s’accélère !… Il faut donc le redire inlassablement pour que cela devienne en nos vies une urgence première et régulière : chaque samedi et grandes Fêtes de la Vierge, offrons-nous à son Cœur Immaculé à travers la consécration que je vous propose ici ou une autre… mais soyons fidèles à demander d’urgence la protection du « Cœur Immaculé de Marie » ! Saint Jean-Paul II en avait une vive conscience après l’attentat qui l’aurait « emporté », si la main de Marie n’avait dévié la balle mortelle[1]… et cela le 13 mai 1981, jour de la première Apparition de Notre Dame à Fatima ! Aussi, un an après, durant une messe solennelle au Sanctuaire et devant une immense foule ; le Saint Père dit avec une vive émotion durant son homélie :

« Je veux vous faire une confidence : en reprenant conscience après l’opération, mes premières pensées ont été pour ce sanctuaire de Fatima… car je voulais témoigner toute ma gratitude au Cœur de la Mère céleste qui m’a sauvé la vie. J’ai vu dans tout ce qui arrivé la protection maternelle de Notre Dame… Je viens en pèlerinage à Fatima, avec la majorité d’entre vous, chers pèlerins, avec un chapelet en main, le nom de Marie sur les lèvres et le cantique de la miséricorde dans le cœur !… A cet instant, ici, dans le sanctuaire de Fatima, je veux répéter devant vous tous : « Totus Tuus ! Je suis tout à Toi, Ô Mère[2] ! »

Eh bien, nous aussi, suivons les traces de Jean-Paul II : dans la force de la foi et la paix de l’espérance, réfugions-nous dans le Cœur Immaculé de Marie, notre « doux Refuge des derniers temps »… et, comme le Pape, nous témoignerons du plus beau secret de notre vie : « J’ai vu dans tout ce qui est arrivé la protection maternelle de Notre Dame… » Ainsi, protégés dans les bras de Marie, nous traverserons les ultimes épreuves de notre temps pour voir un jour, de nos yeux, la réalisation de sa tendre et puissante promesse :

« A la fin, mon Cœur Immaculé triomphera ! »

C’est bien dans cette certitude, logée au plus profond de notre cœur, que nous vivons jour après jour dans l’espérance des pauvres qui attendent tout de Dieu à travers la tendresse de sa Mère… Devant la foule de nos péchés et notre si profonde fragilité, nous n’avons d’autre espérance que de lever les yeux vers Jésus, notre Sauveur !… et de recevoir avec une « absolue confiance » cette dernière parole issue de son Cœur miséricordieux :

« Voici ta Mère ! » (Jn 19,27)

Cette ultime Parole de Dieu devra « résonner sans cesse » tout au long de notre vie… afin que notre cœur glisse peu à peu vers la tendresse de la Mère que Jésus nous offre comme l’ultime secret de sa Miséricorde ! Ainsi, « le rôle maternel de la Vierge se poursuit jusqu’à ce que tous soient rassemblés dans le Christ, et ce rôle s’intensifie au fur et à mesure que nous entrons dans les derniers temps… car Satan se déchaîne pour nous engloutir, mais Marie est l’Arche dans laquelle il faut monter pour être protégés[3] ! »

Alors, dans une douce confiance, repassons en nos cœurs (Lc 2,19) cette consécration à son Cœur Immaculé qui deviendra peu à peu notre voie victorieuse vers le Ciel…

                                                                                                +Marie-Mickaël

 

Ô Marie, notre Mère !

A Fatima, tu as révélé ton Cœur Immaculé

comme l’Arche de paix et de protection,

dans les terribles épreuves des derniers temps

qui déjà nous menacent…

Portant la Croix dans une main et le Chapelet dans l’autre,

la Parole de Dieu dans le cœur et sur les lèvres,

je veux m’abandonner en la douce profondeur de ton Cœur

où Dieu m’attend…

En ce jour béni, je fais le choix d’entrer et de vivre pour toujours

en ton Cœur Immaculé : « doux Refuge des derniers temps » !…

de prier chaque jour le saint Rosaire (ou le chapelet)…

L’Arme humble, cachée et absolue du « Triomphe de ton Cœur »

qui viendra « à la fin » !…

 

J’espère de tout mon cœur devenir jour après jour

ton pauvre et petit apôtre des temps nouveaux…

Plongé dans la Mer de ta tendresse et rayonnant l’Amour infini de Jésus !…

 

En la Flamme d’Amour de ton Cœur Immaculé :

Brûle les blessures de mes péchés et apaise mes révoltes et mes peines…

Ouvre mon cœur aux Attentes et au Feu de l’Esprit-Saint !

Plonge-moi dans l’Amour Infini du Cœur ouvert de Jésus…

Et révèle-moi l’indicible tendresse du Père

qui me donne tout dans les bras ouverts de son Fils… 

O Marie, ma Mère à l’indicible Regard :

au cœur de ma fragilité, transfigure à chaque instant mes faiblesses

pour que je devienne un Signe de ta maternelle douceur,

un Témoin de ta puissante tendresse,

un Apôtre des derniers temps, né de ton Cœur Immaculé…

  

O Marie, en ce jour de ta foi silencieuse,

je t’abandonne toute ma vie passée, présente et future…

Et je me consacre tout entier corps, âme et esprit

à la Flamme d’amour de ton Cœur Immaculé…

Je suis tout à toi pour toujours !

Cœur Immaculé de Marie,

« doux Refuge des derniers temps ! »                                

Protège-moi, Veille sur moi !…

 

[1] « C’est une main maternelle qui guida la trajectoire de la balle ! » Cardinal Joseph Ratzinger, 13 mai 2000.

[2] Saint Jean-Paul II, Fatima, 13 mai 1982.

[3] Marie-Jacinta, Le Rosaire du Cœur de Marie – prière des derniers temps, Editions du Jubilé, 2019, p.93-94.




Consécration urgente au Cœur Immaculé de Marie ! 10 – Je suis tout à toi pour toujours !

« O Marie, en ce jour de ta foi silencieuse,

je t’abandonne toute ma vie passée, présente et future…

Et je me consacre tout entier corps, âme et esprit

à la Flamme d’amour de ton Cœur Immaculé…

Je suis tout à Toi pour toujours !

       Frères et sœurs bien-aimés, après des mois de méditation sur la Consécration « urgente » au Cœur Immaculé de Marie, nous voici arrivés à la 10° et ultime « méditation mariale » qui conclut ce temps fort. Je vous invite à la « méditer » régulièrement, et surtout à la prier avec confiance et amour chaque samedi et fêtes de la Sainte Vierge… car dans le combat spirituel actuel, rien n’est plus fort que la consécration au Cœur de Marie pour être fidèle au Seigneur jusqu’au bout !

C’est d’ailleurs ce qu’elle exprime quand nous disons : « O Marie, en ce jour de ta foi silencieuse… » où chaque samedi évoque le mystérieux Samedi Saint ! Là, toute la foi de l’Eglise était suspendue à celle, douloureuse, du Cœur de Marie…  Comme l’a remarqué si justement Saint Thomas d’Aquin : « La glorieuse Vierge Marie demeura inébranlable dans la foi tout le samedi qui suivit la mort de son divin Fils ! »  Et Sainte Thérèse-Bénédicte de la Croix, (Edith Stein), nous précise dans une magnifique méditation :

« Marie, ton Samedi Saint, comment le penser autrement que dans le silence parfait ? Une fois le tombeau fermé, Saint Jean t’a conduite dans la maison où lui-même trouvait l’hospitalité à Jérusalem. Cela s’est passé probablement dans le silence. Le respect devant ta souffrance a dû les garder tous muets… Si le Seigneur avait pleuré sur la mort de Lazare, ne devais-tu, toi aussi, pleurer, après tout ce qui était arrivé ?

Ce que le Sauveur allait expliquer aux disciples sur le chemin d’Emmaüs, tu te l’es dit toi-même : « Ne fallait-il pas que le Christ souffrît tout cela pour entrer dans sa gloire ? » (Lc 24,26). Ainsi, ta souffrance se change en action de grâce pour le « tout est accompli » (Jn 19,30), et en attente silencieuse, croyante, du matin de Pâques ! »

Ainsi, chaque samedi est le jour idéal et signifiant pour se « consacrer » à ce Cœur douloureux et Immaculé de Marie qui nous a tant aimé à travers le sacrifice unique de son Fils pour nous sauver… Là, nous lui exprimons avec une confiance d’enfant absolue :

« Je t’abandonne toute ma vie passée, présente et future… et je me consacre tout

         entier corps, âme et esprit à la Flamme d’amour de tout Cœur Immaculé…»

Il y a ici une affirmation qui peut paraître étonnante et excessive dans « l’absolue confiance » qu’implique toute consécration au Cœur de Marie : d’abord l’entièreté de ma vie dans le temps qui englobe le passé, le présent et l’avenir. Cela semble évident pour certains catholiques, mais pas pour tout le monde chrétien… car rôde toujours, depuis Luther, l’autre absolu protestant : « Sola gratia ! » ou « sola scriptura ! » Ce n’est pas le lieu ici d’une controverse théologique… mais le problème sous-jacent de ces affirmations réformées est d’introduire le poison de la méfiance : une trop grande confiance en Marie finirait par détourner du Christ, seul Sauveur et Seigneur ! De fait, cela contredit « la vérité de la Parole » où la Vierge Marie est à la foi « Servante » et « Pleine de grâce » (Lc 1,28-38) ; « prés de la Croix de Jésus » (Jn 19,25) et « Femme enveloppée de soleil » (Ap 12,1) ! On ne comprendra rien à la place et la mission « unique » de Marie au Ciel et dans l’Eglise si l’on n’a pas découvert le mystère éminent de son Cœur silencieux…

Enveloppée de la plus grande humilité, la Vierge est en réalité le membre le plus éminent du Corps mystique du Christ dans sa « plénitude » de grâce reçue de l’Esprit (Lc 1,35). Et cela, en vue d’enfanter son Fils, son Sauveur et le nôtre ! Ainsi, la « Mère de Dieu[1]» (Théotokos) est devenue au pied de la Croix « Mère de l’Eglise » et donc, Mère de tous les hommes qu’ils le sachent ou pas… et la Parole unique de Dieu résonne dans chaque cœur à travers tous les siècles : « Voici ta Mère ! »  (Jn 19,27). En Marie, résonne le sommet de la grâce de Dieu dans l’absolue humilité : Elle est si grande au Ciel, Celle qui est restée si effacée dans l’Evangile et qui a été engloutie de douleur pour nous au pied de la Croix de son Fils ! Le Pape Saint Jean-Paul II l’a exprimé d’une manière unique :

« La maternité de Marie commence par sa sollicitude maternelle pour le Christ. Dans le Christ, au pied de la Croix, elle a accepté Jean, et elle a accepté tout homme et tout l’homme. Marie les embrasse avec une sollicitude particulière dans l’Esprit-Saint. C’est Lui, en effet, comme nous le professons dans le Credo qui « donne la vie ». C’est Lui qui donne la plénitude de la vie ouverte vers l’éternité. La maternité de Marie est donc une participation à la puissance de l’Esprit…

Depuis le temps où Jésus, en mourant sur la Croix, a dit à Jean : « Voici ta Mère ! » (Jn 19,27) ; depuis le temps où le disciple la prit « chez lui », le mystère de la maternité spirituelle de Marie a eu son accomplissement dans l’histoire avec une ampleur sans limites… car lorsque Jésus dit sur la Croix : « Femme, voici ton Fils ! » (Jn 19,26), il ouvrit d’une manière toute nouvelle le Cœur de sa Mère… Marie est Mère de tous les hommes et son empressement pour la vie de l’homme est de portée universelle[2]… »

Ainsi, nous pouvons exprimer avec liberté et confiance notre relation filiale à Marie, en disant à notre si tendre Mère : « Je suis tout à toi pour toujours ! » Nous suivons par là les pas une multitude de Saints et de Saintes… Un Saint Jean-Paul II n’affirmait-il pas à travers sa devise papale : « Totus tuus, je suis tout à toi, ô Marie, et tout ce qui est à moi est à toi. Je te reçois dans tout ce qui est à moi. Prête-moi ton Cœur, Marie ! »

Dans la prochaine et dernière méditation mariale, nous reviendrons sur la mission urgente de la Vierge à la fin des temps : là, face aux terribles épreuves eschatologiques qui défilent chaque jour sous nos yeux, nous nous tournerons résolument vers « la puissance protectrice » de Marie, notre Mère… car Elle est et sera toujours pour ses enfants le « doux Refuge des derniers temps ! »

                                                                    +Marie-Mickaël

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[1] Sur cette vérité de la Révélation, il faudrait ne pas oublier les paroles de Luther si marquées par la foi catholique : « Elle est devenue la Mère de Dieu… De cela lui vient tout honneur, toute béatitude, ainsi que sa position singulière dans toutes les générations humaines, parce que personne comme elle n’a eu du Père céleste un enfant et un enfant semblable… en l’appelant « Mère de Dieu », on ne peut ni lui dire ni dire d’elle rien de plus grand, même si on avait autant de langues que sont les feuilles et l’herbe, les étoiles du ciel et le sable de la mer. Aussi le cœur doit réfléchir sur ce que signifie être la « Mère de Dieu » ! Luther, commentaire sur le Magnificat.

[2] Saint Jean-Paul II, Homélie à Fatima, 13 mai 1982.




Les bienfaits médicaux du chapelet

A une époque dominée par les distractions numériques et les tendances thérapeutiques, rares sont ceux qui s’attendraient à ce qu’une dévotion vieille de plusieurs siècles puisse offrir ce que promettent la médecine moderne et les applications de pleine conscience : un calme profond, une régulation émotionnelle et même un soulagement physique.

Pourtant, une étude de décembre 2024, fondée à la fois sur l’observation clinique et la spiritualité a conclu que le chapelet, longtemps considéré comme une simple pratique dévotionnelle, pourrait être bien plus qu’une simple habitude religieuse. Il peut, en fait, être un remède pour l’âme autant que pour le corps.

Cette étude met en lumière un fait fascinant : les prières rythmées du chapelet semblent apaiser les tensions, favoriser la stabilité émotionnelle et générer une forme unique de paix holistique. Contrairement à de nombreuses techniques profanes de pleine conscience qui privilégient la neutralité et le détachement, le chapelet se connecte à quelque chose de personnel et relationnel. Ce n’est pas un simple mantra : c’est un dialogue.

Pour Christian Spaemann, psychiatre et psychothérapeute autrichien réputé, ce n’est pas surprenant. Dans une récente interview, Spaemann explique que le chapelet ouvre non seulement l’esprit, mais aussi le cœur à une présence maternelle concrète et durable. « Nous devons d’abord croire », dit-il, « que la Mère de Jésus est vraiment notre Mère, et qu’elle est présente avec un cœur ouvert à tous ». Une fois que le seuil de confiance est franchi, quelque chose change.

L’expérience ne se limite pas aux mystiques ou aux saints cloîtrés. Spaemann note que dans sa région rurale de la Haute-Autriche, un flot régulier de pèlerins se dirige vers Medjugorje, et que des gens ordinaires – agriculteurs, ouvriers d’usine – redécouvrent tranquillement la paix et l’espérance grâce à la prière mariale. « Ils trouvent la joie auprès de la Mère du Ciel » dit-il, « et ils l’intègrent à leur quotidien ».

Mais au-delà du contexte chrétien, Spaemann voit dans le chapelet un rythme humain universel. La plupart des grandes religions comprennent des chapelets ou des chants à cadence répétitive. Cela, suggère-t-il, touche une corde sensible en nous, psychologiquement et même physiologiquement, évoquant le réconfort originel d’un enfant qui écoute le battement du cœur de sa mère. Il y a, dans ce rythme, une sorte de sécurité mémorisée, une porte vers la transcendance qui précède les divisions doctrinales.

Mais le chapelet n’est pas une technique, c’est une rencontre. Et pour Spaemann, cette rencontre est devenue personnelle dès sa jeunesse. Il a prié le chapelet pour la première fois à l’adolescence et a continué que ce soit dans les moments de joie, de crise, ou le simple quotidien. « C’est une bouée de sauvetage » se souvient-il. Plus il priait, plus il percevait la présence de Marie non pas comme un mythe, mais comme une réalité vivante – accessible, maternelle, compatissante. Grâce au chapelet, dit-il, la présence de Marie se manifeste non pas par des visions mais par une reconnaissance intérieure. Les recherches récentes se concentrent sur les résultats physiologiques et psychologiques, mais Spaemann préconise une perspective plus large. Le fruit le plus profond du chapelet, dit-il, n’est pas seulement la sérénité, mais la conscience de l’éternité. Selon lui, le chapelet nous conduit au silence, et dans ce silence nous pouvons entrevoir quelque chose d’étonnant : chacun de nous est éternellement désiré, créé dans l’amour, et destiné à passer non pas dans l’oubli mais dans l’union avec Dieu. « Nous passons dans l’autre monde », dit-il, « comme d’une pièce à l’autre ».

Dans une culture si soucieuse du bien-être mental, il peut être surprenant de trouver une prière qui offre un soulagement moderne. Le chapelet ne se contente pas de soulager l’anxiété. Il la réoriente. Et contrairement aux techniques profanes qui tendent à être égocentriques, le chapelet transcende le soi, vers un visage, une relation, une promesse.

Joachim Mesner Hertz Juin 2025

Zenit.org




Consécration « urgente » au Cœur Immaculé de Marie : 9 – Né de ton Cœur Immaculé…

« Un Témoin de ta puissante tendresse, un Apôtre des derniers temps,

 né de ton Cœur Immaculé… »

     Plus l’Eglise entre dans les épreuves des derniers temps, plus elle s’appuie sur la « Puissante tendresse de Marie » ! En effet, comme le contemple la foi depuis le commencement : « C’est l’Eglise qui est sortie de la blessure du côté du Christ, et il a fait d’elle son épouse[1] ! » Saint Jean l’a contemplé et en témoigne au pied de la Croix : cette Eglise jaillie du Cœur ouvert de Jésus par la lance (Jn 19,34), Marie en est devenue la Mère selon la Parole créatrice du Seigneur : « Voici ta Mère ! » (Jn 19,27). La liturgie le chante admirablement :

« O Père, pour restaurer le genre humain, tu as voulu, dans ta sagesse,

que la nouvelle Eve se tienne près de la Croix du nouvel Adam.

Ainsi, par un nouvel effet de ta grâce,

Celle qui était devenue Mère par la puissance de l’Esprit-Saint

a été associée à la Passion du Christ !

Elle qui avait enfanté sans douleur,

elle a connu les plus vives souffrances

pour notre nouvelle naissance[2]… »

Ainsi, le dernier coup de lance (Jn 19,34) résonne en la Vierge comme une douleur innommable dont l’origine est sa folle « compassion » envers Jésus crucifié pour nous, pécheurs… En sa foi sublime, son Cœur blessé par l’épée prophétisée (Lc 2,35) est parfaite « résonance[3] » du Cœur ouvert de Jésus. Et si le Christ est notre Unique Sauveur, il nous fait participer dans le mystère de sa grâce au salut du monde à travers la foi et la charité… alors, ô combien Marie, sa Mère Immaculée, participe-t-elle à l’Œuvre rédemptrice au pied de la Croix ! Le Pape Saint Jean-Paul II l’a magnifiquement développé quand il nous appelle à « découvrir » que le sommet de sa compassion est en même temps celui de sa foi :

« Au pied de la Croix, Marie participe par sa foi au mystère bouleversant de ce dépouillement (Ph 2,5-8). C’est là, sans doute, la « kénose[4] » de la foi la plus profonde de l’histoire de l’humanité… Oui, vraiment, « bienheureuse celle qui a cru ! » (Lc 1,45). Ici, au pied de la Croix, ces paroles qu’Elisabeth avait prononcées à la Visitation semblent retentir avec une éloquence suprême[5]… »

Ainsi, quand on découvre l’immensité de la foi de Marie de la Crèche à la Croix, on devient un témoin amoureux de « sa puissante tendresse »… et l’on s’abandonne, peu à peu, entre ses mains maternelles pour devenir « un Apôtre des derniers temps, né de son Cœur Immaculé ! »

Alors, au cœur de notre foi, découvrons plus profondément que l’Esprit de Dieu nous offre le don unique et mystérieux du Cœur de Marie… pour vivre les « terribles » combats des derniers temps, « protégés » par sa tendresse ! Et dans le mystère actuel de l’Eglise, nous sommes appelés à faire l’expérience unique et intime de sa maternité : entrer dans le secret de son Cœur qui unit à Jésus avec une telle simplicité et plénitude… car c’est en son Cœur Immaculé qu’a lieu la naissance des étoiles : ces stars de Dieu, connus ou cachés, que sont les Saints et Saintes d’hier, d’aujourd’hui et de demain !

+Marie-Mickaël

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[1] Origène, Commentaire sur les proverbes, 31,16, PG 17,252.

[2] Préface de la Messe votive de la Vierge Marie au pied de la Croix.

[3] Cette « résonance », fruit de sa compassion, l’a entraînée dans les profondeurs de la Rédemption où l’Unique Sauveur l’attire… C’est un des grands lieux mariologiques qui met en relief le mystère de sa corédemption. Parmi bien d’autres, une Sainte Catherine de Sienne l’évoque clairement dans une prière : « Marie rédemptrice, en un sens, du genre humain !… La souffrance de ta chair, dans le Verbe, n’a-t-elle pas sauvé le monde ? Le Christ fut Rédempteur par sa Passion ; toi, par la douleur du corps et de l’âme… » (Elévation du 25 mars 1379). Saint Jean-Paul II : « Marie, conçue et née sans la souillure du péché, a participé de façon admirable aux souffrances de son divin Fils, pour être Corédemptrice de l’humanité. » (Audience générale du 8 septembre 1982). « Le rôle corédempteur de Marie n’a pas cessé avec la glorification de son Fils ! » (Homélie du 31 janvier 1985).

[4] Du grec Kénôsis  : « action de rendre vide, de priver de tout… » Dans le langage théologique, ce terme signifie cet « abaissement » extrême qu’implique l’Incarnation du Verbe (Jn 1,14) et encore plus durant sa Passion ! C’est ce que laisse entendre l’Epître aux Philippiens : « Il s’est vidé lui-même, prenant forme d’esclave, et devenant semblable aux hommes. S’étant comporté comme un homme, il s’humilia plus encore, obéissant jusqu’à la mort, et à la mort sur une croix ! » (Ph 2,7-8).

[5] Saint Jean-Paul II, Encyclique Redemptoris Mater, 18.