Le chapelet est un rayon de l’Evangile…
Lors d’un rêve où il était en danger de mort, le Saint Padre Pio nous rapporte une parole de la Vierge qui l’a beaucoup marqué : « Ne crains rien, je suis là… Prends ton Arme (le chapelet) et sers-t’en ! »
C’est une invitation pressante au « combat spirituel » face à nos trois ennemis : le monde au sens de Saint Jean (1 Jn 2,15-17), notre nature marquée par le péché (Ro 7,15-20) et enfin le Tentateur ! C’est pourquoi Saint Paul nous invite à revêtir « l’armure de Dieu » pour lutter avec la grâce de Dieu « non contre des adversaires de sang, mais contre les Principautés, les Puissances, les Régisseurs de ce monde de ténèbres, contre les Esprits du Mal qui habitent les espaces célestes ! » (Ep 6,10-17). Cela signifie que la vie chrétienne n’est pas un long fleuve tranquille : si la paix et la joie nous sont promises par Notre Seigneur (Jn 14,27 et Jn 15,11), notre vie est aussi le lieu d’une lutte constante ! Et comme l’affirme avec réalisme Sainte Catherine de Sienne : « Sans guerre, il n’y a pas de paix ! » Car la terre de notre cœur est encore beaucoup trop occupée par l’Ennemi de la paix…
Ainsi, dans ce redoutable combat « d’abord spirituel » de chaque jour, le Chapelet humble et puissant de la Vierge est « l’Arme des pauvres » et des petits que nous sommes ! Le merveilleux écrivain et poète chrétien Charles Péguy en était convaincu quand il fait dire au Seigneur :
Récite ton Chapelet, dit Dieu
Et ne te soucie pas de ce que raconte tel écervelé :
Que c’est une dévotion passée et qu’on va abandonner…
Cette prière-là, je te le dis,
Est un rayon de l’Evangile !
On ne la changera pas…
Ce que j’aime dans le chapelet, dit Dieu,
C’est qu’il est simple et qu’il est humble,
Comme fut mon Fils, comme fut sa Mère…
Récite ton chapelet, dit Dieu,
Il faut que cette prière tourne et retourne
Comme font entre tes doigts les grains du chapelet…
Alors, quand je voudrai, je te l’assure,
Tu recevras la bonne nourriture
Qui affermit le cœur et rasure l’âme.
Allons, dit Dieu, récite ton chapelet,
Et garde l’esprit en paix[1] ! »
Telle est la fidélité où s’exerce la persévérance des pécheurs, car le Rosaire est « l’apprentissage de la douceur » : inspiré par l’amour, il commence dans l’humilité et se creuse dans la patience pour nous conduire à la paix ! A travers lui, la Vierge de tendresse nous façonne lentement à l’image de son Fils « doux et humble de Cœur… » (Mt 11,29).
+Marie-Mickaël
[1] Charles Péguy, « Chantre de Chartres ».
