Fatima : apparition du 13 septembre 1917

Extrait du livre Mon Coeur Immaculé triomphera, Fatima, révélation des derniers temps, Marie-Michel, Editions du Jubilé 2017

« Continuez à dire le chapelet… « 

A cette cinquième venue de Notre-Dame, on estima la foule autour de trente mille personnes. Beaucoup s’étaient mis en route la veille et dès l’aube du 13 septembre, tous les chemins des environs de Fatima étaient remplis de monde. Un témoin raconte avec émotion : « J’étais profondément ému, et plus d’une fois les larmes me sont montées aux yeux, en voyant la piété, les prières et la foi ardente de tant de milliers de pèlerins qui récitaient le chapelet en marchant. Il n’y avait pas un chemin ni un sentier qui ne fut encombré de monde, et jamais encore de toute ma vie, je n’avais assisté à une si grandiose et si poignante manifestation de foi[1]. »

Ce jour-là aussi, plusieurs séminaristes étaient présents dans la foule et également quelques prêtres dont le Père Jean Quaresma. Il deviendra plus tard Vicaire général du diocèse de Leira, et aussi membre de la commission d’enquête canonique sur les Apparitions. Il venait dans un esprit à la fois ouvert et critique pour rester objectif. Dans une lettre à un ami prêtre qui était avec lui à l’Apparition du 13 septembre, il donne un témoignage émouvant de sincérité : « Les petits bergers priaient, en attendant la céleste Apparition, et à midi le silence se fit dans la foule. On n’entendait plus que le murmure des prières… et à mon grand étonnement, je vois alors, clairement et distinctement, un globe lumineux se déplaçant du Levant vers le Couchant, et glissant majestueusement dans l’espace. Vous aussi, cher ami, vous avez eu le bonheur de voir la même apparition inespérée et émouvante… et vous paraissiez enthousiasmé de ce que nous avions vu… C’était Notre Dame qui venait ! Telle était bien aussi ma conviction. Les petits bergers avaient vu la Mère de Dieu elle-même ! A nous, il avait été donné de voir comme le véhicule qui l’avait transportée du Ciel jusqu’à la lande inhospitalière[2]… »

Dans ses souvenirs, Lucie décrit l’arrivée des enfants à la Cova et cela fait penser à certaines scènes de l’Evangile où Jésus est parfois attendu par une foule immense comme sur le mont des béatitudes (Mt 5,1) ou au bord du lac de Tibériade (Mc 6,34) : « Les chemins étaient remplis de monde et tous voulaient nous parler. Il n’y avait pas de respect humain. Beaucoup de personnes, même de la haute société, fendant la foule qui se pressait autour de nous, tombaient à genoux et nous priaient de présenter leurs supplications à la Sainte Vierge. D’autres, ne réussissant pas à nous approcher, nous criaient de loin… même du haut des arbres sur lesquels ils étaient juchés pour mieux voir : « Pour l’amour de Dieu, priez la Sainte Vierge de guérir mon fils estropié !… Qu’Elle guérisse mon enfant aveugle !… Qu’Elle fasse revenir du front mon mari… mon fils !… Qu’Elle convertisse un pécheur qui m’est cher !… » On nous recommandait de la sorte toutes les misères de la pauvre humanité !… Et nous : disant oui à l’un, tendant la main à l’autre… nous avancions toujours, aidés par quelques hommes qui nous frayaient le chemin à travers la foule[3]

Quand les enfants arrivèrent près du chêne-vert, Lucie se tourna vers la foule et cria : « Il faut prier ! » Un témoin se souvient de cette scène étonnante : « Jamais je n’oublierai la violente impression que j’éprouvai en voyant ces milliers de pèlerins tomber à genoux à la voix d’une enfant de dix ans[4] ! » Alors, tout le monde se mit à réciter le chapelet avec les trois enfants. Il n’y avait plus de riches ou de pauvres, de simples ou d’instruits, d’adultes ou d’enfants, car c’est le peuple de Dieu qui était là en prière avec sa Mère du Ciel.

Plusieurs prodiges s’opérèrent confirmés par des milliers de témoins : on constata un affaiblissement de la lumière du soleil, au point de distinguer les étoiles du ciel ; un rafraîchissement soudain de l’atmosphère ; et enfin, il se mit à pleuvoir une multitude de fleurs blanches qui disparaissaient avant de toucher terre.

Soudain jaillit l’éclair dans le ciel et c’est le signe que la Vierge approche. Quelques instants après, Elle est là devant eux sur le petit chêne-vert et, enveloppés dans sa lumière à la fois si douce et indicible, les trois petits sont prêts à écouter son message :

– « Que voulez-vous de moi ? dit à nouveau Lucie.

– Continuez à dire le chapelet tous les jours pour obtenir la fin de la guerre. En octobre, Notre Seigneur viendra ainsi que Notre Dame des Douleurs et Notre Dame du Carmel, et aussi Saint Joseph avec l’Enfant-Jésus, pour bénir le monde. Dieu est content de vos sacrifices, mais il ne veut pas que vous dormiez avec la corde. Portez-la seulement pendant le jour. »

Ici, Lucie lui présente alors plusieurs demandes de guérisons pour des malades qu’on lui avait recommandés : « J’en guérirai quelques uns, répondit la Vierge, mais pas les autres, parce que Notre Seigneur ne se fie pas à eux. »  Cette réponse nous renvoie directement à l’Evangile. Car, plus profondément, « cela peut signifier que bien des malades avec leur entourage ne s’ouvrent pas aux dispositions de foi, de contrition et de ferveur qu’il conviendrait d’avoir pour obtenir une guérison surnaturelle[5]… » Car la Sainte Vierge n’est pas une « guérisseuse » à souhait. Elle situe d’abord ses enfants avec Elle dans le plan de la Rédemption où la maladie, le handicap, l’épreuve s’avèrent être parfois un meilleur chemin que la pleine santé. Marie, dans sa tendresse, est penchée à chaque instant sur ses enfants pour les aider à accomplir la volonté mystérieuse de Dieu qui, seule, mène au Ciel.

Vers la fin, Lucie confie à la Sainte Vierge ses épreuves vis-à-vis de ceux qui n’accueillent pas ses Apparitions et la rejettent. Elle lui demande un signe que tous pourront voir !  Et Marie confirme : « En octobre, je ferai un miracle pour que tous croient ! »

Après ces dernières paroles, la Femme revêtue de lumière (Ap 12,1) commence à s’élever de nouveau dans le Ciel et d’un geste, Lucie orienta les regards en disant : « Si vous voulez la voir, regardez par là ! » Ils virent soudain « le globe de lumière remonter dans l’azur. Alors, la belle nuée blanche s’évanouit, les fleurs mystérieuses cessèrent de tomber, le soleil retrouva son éclat habituel[6]. »

C’est sa cinquième venue et Marie insiste à nouveau sur le « chapelet quotidien » pour « obtenir la fin de la guerre ». En cette fin des temps, un siècle plus tard, et face au déferlement de toutes sortes d’épreuves présentes et à venir… Il faudra donc se souvenir à jamais de cette puissance du Chapelet qui ouvre les cœurs à Dieu et arrête les guerres !  Et puis, la Vierge manifeste encore ici sa tendresse de Mère. Elle leur transmet de la part du Dieu-Amour une information qui, à la fois, les confirme sur leur voie et les ajuste dans leur offrande : « Dieu est satisfait de vos sacrifices, mais il ne veut pas que vous dormiez avec la corde. Portez-la seulement pendant le jour. »  Cela nous montre à quel point Dieu et sa Sainte Mère sont attentifs à chaque détail de nos vies avec une délicate prévenance !

Dans le même sens, comment ne pas voir ici l’œuvre de la divine Providence en la personne du Père Manuel Nunes Formigao, Chanoine de Lisbonne et alors professeur au Séminaire et au Lycée de Santarem. Aimable, prudent et délicat, il gagna vite la confiance des trois petits voyants et de leurs familles. Ainsi, dans un climat de confiance et de paix, ce prêtre à la fois érudit et simple put interroger et écouter les enfants. Les voyant régulièrement, il put se faire un jugement, aussi objectif que possible, sur les Apparitions et les aider aussi sur la voie de la sainteté.  Il deviendra plus tard l’historien réputé de Fatima.

Ecoutons Sœur Lucie : « Il m’interrogea sérieusement et minutieusement. Je l’aimais beaucoup, parce qu’il me parlait de la pratique de la vertu, m’enseignant certaines manières de l’exercer… Il revint tous les mois m’interroger et me donnait toujours à la fin de bons conseils, ce qui me faisait un certain bien spirituel[7]. »  Et comme le remarquait un habitant de Fatima : « C’est lui qui a vu clair dans tout cela… Il a été homme du moment[8] ! »

 

 

[1] J.C. Castelbranco, Le prodige inouï de Fatima, op. cit., p.33.

[2] Père De Marchi, Témoignages sur les Apparitions de Fatima, op. cit., p.137.

[3] Chanoine C.Barthas, Fatima 1917 – 1968,  Histoire des Apparitions, Fatima – Editions, 1969, p.119.

[4] J.C. Castelbranco, Le prodige inouï de Fatima, op. cit., p.33.

[5] J.C. Castelbranco, Le prodige inouï de Fatima, op. cit., p.36.

[6] Chanoine C.Barthas, Fatima 1917 – 1968,  Histoire des Apparitions, op. cit., p.122.

[7] Carmel de Coimbra, Un chemin sous le regard de Marie, op. cit., p.100-101.

[8] Père De Marchi, Témoignages sur les Apparitions de Fatima, op. cit., p.147.




Fatima : apparition du 19 août 1917

Extrait du livre Mon Coeur Immaculé triomphera, Fatima, révélation des derniers temps, Marie-Michel, Editions du Jubilé 2017

13 août : l’Apparition manquée et l’emprisonnement…

La Mère du Ciel savait bien l’emprisonnement des enfants, mais Elle est tout de même venue à ce rendez-vous du 13 août 1917, comme pour signifier la fidélité de sa tendresse pour les enfants et pour tous. Car ce jour là, Artur dos Santos, l’Administrateur de Vila Nova de Ourém, manipulé par « les autorités supérieures de la Franc-Maçonnerie[1] » inventa une ruse habile pour détourner les enfants du lieu de l’Apparition. Après une confrontation chez le Curé autour du Secret qui ne donna rien, car les trois enfants résistaient avec unité, l’Administrateur repartit avec eux dans la voiture à chevaux. Il mentit sur la direction malgré les protestations de Lucie.… et les enfants se retrouvèrent d’abord prisonniers dans son logis d’Ourem où sa femme fut pleine de délicatesse pour les accueillir et les nourrir. Mais ce n’était que le début de l’épreuve car après d’autres tentatives infructueuses pour savoir le  Secret, l’Administrateur cria furieux : « Ils resteront prisonniers jusqu’à ce qu’ils disent le Secret. Et s’ils traînent trop, ils seront frits dans l’huile[2] ! »  Cela peut nous paraître assez grotesque car nous savons l’issue. Mais pour des enfants de cet âge coupés de leur famille et séquestrés, l’épreuve est absolument horrible. Leur force vient vraiment d’ailleurs…

Pendant ce temps, le Curé de Fatima dut faire face à la colère de la foule qui le jugeait complice du rapt des enfants !  Il fera une lettre d’auto-défense claire dans le Mensageiro de Leira et deux autres journaux pour condamner « l’acte odieux et sacrilège » de l’enlèvement des trois enfants par l’Administrateur. Et il conclut par cette humble finale : « La Vierge n’a pas besoin de la présence du Curé pour montrer sa bonté… car la foi est un don de Dieu, et non des prêtres. Voilà le vrai motif de mon absence et de mon apparente indifférence à l’égard d’un événement si sublime et si merveilleux[3]… »  Bien sûr, au début, l’Eglise locale paraît absente et dépassée, mais vu l’impact mondial des Apparitions, elle exercera peu à peu son discernement du Portugal à Rome, nous le verrons plus loin.

En même temps, ce lundi 13 août, il y avait à la Cova un peu avant midi quelque dix huit mille personnes qui se lamentaient de l’absence des trois enfants. C’était une foule très mélangée avec des incroyants, des curieux, mais la majorité étaient des fidèles qui se tenaient près du chêne-vert avec respect : ils récitaient le chapelet et chantaient des cantiques. Une pieuse famille avait élevé le fameux « arc rustique », avec deux lanternes allumées, près de l’arbre des Apparitions. Apprenant l’enlèvement des petits voyants, tout le monde fut indigné et une partie de la foule voulait aller à Ourem demander leur libération au sous-Préfet. Mais juste avant l’heure de midi, tout le monde fut calmé par les signes qui précédaient la venue de la Vierge : une forte détonation semblait partir de l’arbre des Apparitions… « On vit ensuite l’éclair qui annonçait habituellement aux trois enfants l’arrivée de la Dame. Le soleil commença à perdre son éclat et l’atmosphère prit une vraie magnificence de couleurs… »  A chaque Apparition, il y eut ces modifications étonnantes de luminosité. C’est comme si un peu de la splendeur du Ciel descendait sur terre et réduisait la beauté de la création. Et, tout à coup, « une belle nuée blanche se forma autour de l’arbre des Apparitions, y resta une dizaine de minutes, et finalement s’éleva et disparut dans le ciel[4]. »  La foule était à la fois ravie et bouleversée car les signes de la venue de la Dame étaient clairs : la Mère fidèle était venue au rendez-vous fixé par Elle. Cela confirmait plus que jamais l’authenticité des Apparitions de Fatima.

Le 14 août fut une journée d’une rare intensité douloureuse pour les enfants car ils furent éprouvés comme jamais : interrogatoires, menaces de mort, promesses de « riches dons » s’ils parlaient… et finalement mise en prison avec un groupe de détenus assez inquiétants. Lucie sera forte et dévouée pour réconforter ses petits cousins. Car Jacinthe pleure en disant : « Nous allons mourir sans revoir nos parents. Ils ne se soucient plus de nous !… Je voudrais revoir au moins ma mère ! » Mais François, déjà mûri par la souffrance, la consola et lui dit : « Ne pleure pas ! Nous allons offrir ce sacrifice pour la conversion des pécheurs. »  Et tous les trois, joignant les mains, disent une fois de plus : « O mon Jésus, c’est pour votre amour et pour la conversion des pécheurs ! »  Alors Jacinthe, reprenant courage, ne veut oublier aucune des intentions recommandés par la Sainte Vierge et ajoute : « C’est aussi pour le Saint-Père, et en réparation des offenses commises contre le Cœur Immaculé de Marie. »  Ainsi, « comme dans les premiers temps du christianisme, les martyrs se donnaient du courage dans la lutte commune, de même ces trois enfants s’encourageaient à la fidélité jusqu’à la mort, si celle-ci était nécessaire[5]. »

Les autres prisonniers commencent à être « touchés » par l’innocence de ces petits enfants et ils ne supportent pas de les voir enfermés avec eux. Pour les distraire, ils se mettent alors à chanter sur les sons de l’harmonica de l’un d’eux !  Alors, il y a cette scène sublime et étonnante : la petite Jacinthe, essuyant ses larmes, se met à danser avec un des prisonniers qui la prend dans ses bras. Lucie et François sourient en la voyant tourner. N’est-ce pas là pour eux comme l’annonce prophétique de cette danse mystérieuse avec l’Epoux dans la gloire du Ciel ? Lui qui a dit sur terre : « Nous vous avons joué de la flûte et vous n’avez pas dansé ! » (Lc 7,32). Mais dès la danse terminée, Jacinthe détacha une médaille de la Vierge de son cou et demanda au prisonnier de la suspendre au mur. Elle se mit à genoux avec Lucie et François, ainsi que les prisonniers, et ils récitèrent le chapelet…

Quelques temps après, un garde ouvre brutalement la porte de la prison et emmène les trois enfants pour la terrible épreuve finale imaginée par l’Administrateur: « Le garde donna des ordres pour qu’on fasse bouillir un grand chaudron plein d’huile pour les frire dedans, et il se retira en les laissant seuls dans leur cellule. Dans ces moments qui leur parurent une éternité, ils ne parlèrent pas mais priaient dans leur cœur. Quelques minutes encore et la porte s’ouvrit de nouveau. Jacinthe fut la première à choisir entre dire le Secret ou être brûlée dans l’huile bouillante. Elle ne vacilla pas, et sans qu’il soit besoin de la forcer, elle alla volontairement au martyre. Il en fut de même avec François[6]. Lucie restait seule entre l’angoisse de ce qui se passait pour ses cousins et ce qui lui était réservé, mais sans vaciller un seul instant, elle répondit négativement au garde qui lui ordonnait de révéler le Secret et elle le suivit pour le supplice… Oh surprise ! Au lieu de ce chaudron, elle retrouva ses cousins dans une autre pièce et ils s’embrassèrent avec effusion[7] ! »  Enveloppés dans le Cœur Immaculé de Marie, ces enfants avaient vaincu le dessein pervers des ténèbres : c’était la victoire de l’enfance dans la puissance du Cœur de Dieu !

L’Apparition du 19 août aux Valinhos : « Priez, priez beaucoup pour les pécheurs ! »

 Le 13 août passé, les trois enfants ne comptaient plus revoir la Dame avant le mois suivant. Mais voici que le Dimanche 19 août, Lucie fait paître les brebis aux Valinhos (vallons) avec François et son frère Jean. Soudain, vers 16 heures, Lucie s’aperçoit que l’atmosphère commence à prendre la même teinte qu’avant les Apparitions à la Cova. Elle demande à Jean d’aller vite chercher Jacinthe. Arrivé à la maison, la maman menace de ne pas laisser partir la petite s’il ne lui dit pas le motif. Alors il dit la vérité : « Lucie dit que Notre Dame va apparaître, parce qu’elle a vu les signes dans le ciel ! » Sa mère consentit et dès que Jean l’annonce à Jacinthe, elle se mit à courir vers les Valinhos comme si elle avait des ailes. Une fois les trois petits réunis, l’éclair traversa le ciel et quelques instants après la Dame lumineuse se montrait au-dessus d’un chêne vert un peu plus élevé que celui de la Cova.

Les enfants s’étaient agenouillés et le dialogue commença :

– « Que voulez-vous de moi ? dit Lucie.

– Je veux que vous continuiez à aller à la Cova da Iria le 13, et à dire le chapelet chaque jour ! »

De nouveau, Lucie demande à Notre Dame de faire un miracle pour que tout le monde  croie.

– « Oui, répond la Vierge, en octobre, je ferai un miracle pour que tous croient à mes Apparitions. Si on ne vous avez pas enlevés à la ville, le miracle aurait été plus grandiose ! Saint Joseph viendra avec l’Enfant-Jésus pour donner la paix au monde. Notre Seigneur viendra aussi bénir le peuple. Vous verrez aussi Notre Dame des douleurs et Notre Dame du Mont Carmel. »

– Que voulez-vous que l’on fasse de l’argent que les gens laissent à la Cova da Iria ?

– Que l’on fasse deux brancards de procession. Tu porteras l’un avec Jacinthe et deux autres petites filles vêtues de blanc ; l’autre, que François le porte avec trois autres petits garçons vêtus aussi de blanc. Ce sera pour solenniser la fête de Notre Dame du Rosaire. Ce qui restera de l’argent servira pour construire une chapelle.

– Je voudrais vous demander la guérison de quelques malades.

– Oui, dit Notre Dame, j’en guérirai quelques uns dans l’année.

Et, tout à coup, son visage se voila de tristesse en disant :

– Priez, priez beaucoup et faites des sacrifices pour les pécheurs, car beaucoup d’âmes vont en enfer parce qu’elles n’ont personne qui se sacrifie et prie pour elles. »

Alors la Vierge s’éloigne de ses petits confidents et s’élève comme précédemment en direction du Levant pour disparaître dans le ciel. Elle avait laissé à nouveau dans l’âme des enfants un grand désir du Ciel, et une ferveur renouvelée pour sauver les pécheurs par de nouveaux sacrifices. De fait, les enfants entraient dans une compréhension nouvelle du « mystère ineffable du mystère de la Croix. La vision de l’Enfer, du 13 juillet, la vue des damnés semblables à des braises transparentes plongés dans un océan de feu, leurs cris, leurs gémissements de douleur et de désespoir, qui faisaient frémir et trembler de peur, n’avait pu s’effacer de l’imagination des trois enfants. Maintenant, la Vierge ajoutait qu’il y avait beaucoup d’âmes qui tombaient dans ce lieu de tourments[8]… » car « personne » ne priait et ne faisait des sacrifices pour les sauver de l’enfer !

Cette parole terrible de Marie ouvrait une nouvelle ferveur sacrificielle chez les trois enfants. Ils passaient des heures prosternés dans la grotte du « Cabeço » en récitant la prière apprise de l’Ange : « Mon Dieu, je crois, j’adore, j’espère et je vous aime ; et je vous demande pardon pour tous ceux qui ne croient pas, n’adorent pas, n’espèrent pas et ne vous aiment pas ». Et ils récitaient aussi le chapelet en disant après chaque dizaine la prière apprise par Notre Dame : « O mon Jésus, pardonnez-nous nos péchés !  Préservez-nous du feu de l’Enfer et attirez au Ciel toutes les âmes, spécialement celles qui en ont le plus besoin ! »

Il faut enfin noter que « leur nature d’enfants qui aiment jouer ne disparut pas. Même s’ils se rappelaient mutuellement la nécessité de renoncer aux jeux joyeux et innocents de leur vie de pastoureaux, ils ne cessèrent pas d’avoir la volonté d’en faire. Ainsi, la découverte du sacrifice de la corde eut lieu en jouant. Leur cœur continuait d’être un cœur d’enfant, libre, duquel jaillissait spontanément la joie, parce qu’il était en paix. Mais il y avait une constante dans la vie des trois, qui étaient un seul cœur et une seule âme : ils avaient vu et compris la tristesse de Dieu et de Notre Dame à cause des péchés du monde et ainsi, tout leur paraissait peu de chose pour consoler Dieu et sa Mère, et aider à convertir les pécheurs pour les délivrer des horreurs de l’Enfer que la Dame leur avait montré. S’oubliant eux-mêmes, ils pensaient seulement à ceux qu’ils aimaient… Lucie, dès lors, conserva enraciné dans son cœur un grand amour maternel pour la paix dans le monde[9]… »

 

 

[1] Père De Marchi, Témoignages sur les Apparitions de Fatima, op. cit., p.105.

[2] Carmel de Coimbra, Un chemin sous le regard de Marie, op. cit., p.85.

[3] Père De Marchi, Témoignages sur les Apparitions de Fatima, op. cit., p.110.

[4] J.C. Castelbranco, Le prodige inouï de Fatima, op. cit., p.31.

[5] Carmel de Coimbra, Un chemin sous le regard de Marie, op. cit., p.87.

[6] Dans le film récent sur Fatima « le 13° jour », il y a cette scène bouleversante où juste après la fausse exécution de Jacinthe, mais si réelle et affreuse pour les enfants, l’Administrateur accuse François d’avoir laissé mourir sa sœur… alors, avec force, il le regarde droit dans les yeux en priant un Ave Maria !

[7] Carmel de Coimbra, Un chemin sous le regard de Marie, op. cit., p.87-88.

[8] Père De Marchi, Témoignages sur les Apparitions de Fatima, op. cit., p.127.

[9] Carmel de Coimbra, Un chemin sous le regard de Marie, op. cit., p.97.




Fatima : apparition du 13 juillet 1917 : « Sacrifiez-vous pour les pécheurs… »

Extrait du livre Mon Coeur Immaculé triomphera, Fatima, révélation des derniers temps, Marie-Michel, Editions du Jubilé 2017

     Cette troisième Apparition marque un tournant dans l’admirable pédagogie de la Vierge sur le mystère de la foi. Dans les deux premières, Elle a fait faire aux trois enfants l’expérience du Ciel où ils furent plongés en Dieu à travers les rayons lumineux de ses mains de tendresse… Ici, le 13 juillet, un secret en trois parties fut révélé aux enfants et le Pape Saint Jean-Paul II le rendra public le 13 mai 2000 : d’abord, la Vierge va ouvrir à nouveau les mains dont le reflet entrouvrit la terre pour faire voir aux enfants l’horreur de l’enfer… Elle révèle ensuite une possible 2° guerre mondiale, encore plus affreuse que la première, annoncée juste avant par le signe « d’une lumière inconnue ». Elle révèlera ensuite que la consécration de la Russie à son Cœur Immaculé et le chapelet quotidien peuvent stopper ce terrible conflit. Et enfin, la troisième partie du secret décrit l’Ange de la justice qui avec son épée de feu menace d’incendier le monde… Cependant, Marie arrête les flammes par sa main de tendresse. Puis c’est la Passion de l’Eglise, le Saint Père en tête, pour donner la vie au monde. Nous reviendrons plus loin sur les trois parties de ce secret. [1]

A cette troisième Apparition, une foule d’au moins trois mille personnes est présente. Et pour la première fois, Mr. Marto, le père de Jacinthe et François est présent tout près d’eux car il est convaincu de la sincérité des enfants. Sa femme est là aussi, avec une amie, mais assez loin et cachée derrière un buisson !  Midi approche et les trois enfants, eux, disent le chapelet avec ferveur entourés par la foule qui prie avec eux. Soudain l’éclair habituel traverse le ciel et Lucie s’écrie : « Notre Dame arrive ! » Olympia Marto témoigne : « Je vis comme un petit nuage cendré, qui planait sur le chêne vert. Soudain, le soleil s’obscurcit, et un souffle frais, agréable, se fit sentir. Il ne paraissait plus que nous étions au fort de l’été. La foule était tellement silencieuse qu’on en était impressionné[2]… »

La Vierge était là, sur le chêne vert et les enfants étaient à nouveau saisis par sa beauté. Avec une tendresse infinie, elle regardait particulièrement Lucie comme pour lui dire, après ses doutes, qu’elle venait bien du Ciel !  Et puis commença le dialogue :

– « Que voulez-vous de moi ? dit Lucie.

– Je veux que vous veniez ici le 13 du mois prochain. Continuez à réciter le chapelet tous les jours en l’honneur de Notre Dame du Rosaire, pour obtenir la paix du monde et la fin de la guerre, car Elle seule peut vous secourir.

– Je voudrais vous demander de nous dire qui vous êtes, et de faire un miracle afin que tous croient que vous nous apparaissez.

– Continuez à venir ici tous les mois. En octobre, je dirai qui je suis, et ce que je veux ; et je ferai un miracle que tout le monde verra pour croire. »

Lucie était toute heureuse de ces promesses et se hâte de lui présenter les intentions confiées : « Notre Dame dit qu’il était nécessaire de dire le chapelet afin d’obtenir ces grâces dans l’année. Et Elle continua :

– Sacrifiez-vous pour les pécheurs, et dites souvent, spécialement lorsque vous ferez un sacrifice : « O Jésus, c’est par amour pour vous, pour la conversion des pécheurs, et en réparation des péchés commis contre le Cœur Immaculé de Marie… et la Vierge révèle ici le secret au trois parties… et puis, Elle recommanda la célèbre prière :

– Lorsque vous récitez le chapelet, dites après chaque dizaine : « O mon Jésus, pardonnez-nous, préservez-nous du feu de l’enfer ; et conduisez au Ciel toutes les âmes, surtout celles qui en ont le plus besoin. » Après un silence, il y eut une sorte de coup de tonnerre comme pour marquer la fin de l’Apparition et Lucie se leva et s’écria en montrant le ciel : « Elle s’en va !  Elle s’en va ! … la Vierge commença à s’élever en direction du levant jusqu’au moment et elle disparut dans l’immensité du firmament[3] »

 

[1] Voir la 5° partie du livre : « La main de Marie nous protège… ». Nous en reparlerons dans un article ultérieur sur ce blog.

[2] Père De Marchi, Témoignages sur les Apparitions de Fatima, op. cit., p.85.

[3] Carmel de Coimbra, Un chemin sous le regard de Marie, op. cit., p.75.

 

 




Apparitions de Notre-Dame d’Akita

Première apparition 5 juillet 1973

Le , alors que sœur Agnès est en prière, une petite plaie en forme de croix (de 2 cm par 3) apparait sur sa main gauche, lui procurant une grande douleur. La plaie ne disparaîtra qu’au mois de septembre. La douleur étant insupportable, sœur Agnès prie Dieu de lui venir en aide. Vers trois heures du matin, elle aurait alors entendu son ange gardien lui dire :

« Ne crains pas. Ne prie pas seulement à cause de tes péchés, mais en réparation de ceux de tous les hommes. Le monde actuel blesse le Très Saint Coeur de Notre-Seigneur par ses ingratitudes et ses injures. La blessure de Marie est beaucoup plus profonde que la tienne. Maintenant, allons ensemble à la chapelle. »

Sœur Agnès prie ensuite devant la statue représentant la Dame de tous les Peuples. C’est alors que la statue aurait dégagé une grande lumière, serait devenue comme vivante. Malgré sa surdité, la religieuse entend :

« Ma fille, ma novice, tu m’as bien obéi en abandonnant tout pour me suivre. L’infirmité de tes oreilles est-elle pénible ? Elles guériront, sois en sûre. Sois patiente. C’est la dernière épreuve. La blessure de ta main te fait-elle mal ? Prie en réparation des péchés de l’humanité. Toutes les filles qui sont ici, et chacune en particulier, sont pour moi aussi précieuses que la prunelle de mes yeux. Dis-tu bien la prière des Servantes de l’Eucharistie ? Allons, prions ensemble. – (Après avoir prié, la voix reprit) – Prie beaucoup pour le pape, les évêques et les prêtres. Continue de prier beaucoup, beaucoup. Transmets à ton supérieur ce qui s’est passé aujourd’hui et obéis-lui dans tout ce qu’il te dira. »

Message de l’ange le 27 juillet 1973

Après avoir assisté à la messe, sœur Agnès entend la voix de l’ange lui dire :

« Tes souffrances prennent fin aujourd’hui. Grave soigneusement au fond de ton cœur la pensée du sang de Marie. Le sang versé par Marie a une profonde signification. Ce sang précieux a été versé pour demander votre conversion, pour demander la paix, en réparation des ingratitudes et des outrages envers le Seigneur. Comme la dévotion au Sacré-Coeur, appliquez-vous à la dévotion au Précieux Sang. Priez en réparation pour tous les hommes. Dis à ton supérieur que le sang est versé aujourd’hui pour la dernière fois. Ta douleur prend fin aujourd’hui. Rapporte-lui ce qui s’est passé aujourd’hui. Il comprendra tout, tout de suite. Et toi, observe ses directives.»

L’écoulement continu de sang de sa main disparait en effet ce jour-là, bien que la plaie reste visible encore deux mois.

Seconde apparition 3 août 1973

Le 3 août 1973 à quinze heures, alors que sœur Agnès médite dans la chapelle du couvent, la statue de la Vierge redevient brillante et comme vivante, se fait de nouveau entendre5 :

« Ma fille, ma novice, aimes-tu le Seigneur ? Si tu l’aimes, écoute ce que j’ai à te dire, car c’est très important. Tu en informeras ton supérieur. En ce monde, beaucoup d’hommes affligent le Seigneur. Je désire des âmes pour le consoler. Pour apaiser le courroux du Père céleste, j’attends, avec Jésus-Christ mon Fils, des âmes qui expient par leurs souffrances et leur esprit de renoncement à la place des pécheurs et des ingrats. Le Père s’apprête à laisser tomber un châtiment sur toute l’humanité pour faire connaître sa colère contre ce monde. Avec mon Fils, je suis intervenue tant de fois pour apaiser le courroux du Père. J’ai empêché la venue de calamités en lui offrant, avec toutes les âmes-victimes qui le consolent, les souffrances endurées par le Fils sur la croix, son sang et son âme très aimante. Prière, pénitence, renoncements et sacrifices courageux peuvent apaiser la colère du Père. Je le demande aussi à ta Communauté. Qu’elle demeure dans la pauvreté, qu’elle se sanctifie et prie en réparation des ingratitudes et des outrages de tant d’hommes. »

Troisième apparition le 13 octobre 1973

La Vierge Marie apparait à sœur Agnès et lui dit :

« Comme Je vous l’ai dit, si les hommes ne se repentent pas et ne s’amendent pas par eux-mêmes, le Père infligera un châtiment terrible à toute l’humanité. Ce sera un châtiment plus grand que le déluge, comme on n’aura jamais vu avant. Un feu tombera du ciel et va faire disparaître une grande partie de l’humanité, les bons comme les mauvais, n’épargnant ni les prêtres ni les fidèles. Les survivants se trouveront si désolés qu’ils envieront les morts. Les seules armes qui vous resteront, seront le rosaire et le signe laissé par mon Fils. Chaque jour, récitez les prières du rosaire. Avec le rosaire, priez pour le pape, les évêques et les prêtres. Le travail du diable s’infiltrera même dans l’Église de manière que l’on verra des cardinaux s’opposer à des cardinaux, et des évêques contre d’autres évêques. Les prêtres qui me vénèrent, seront méprisés et combattus par leurs confrères. L’Église et les autels seront saccagés. L’Église sera pleine de ceux qui acceptent des compromissions et le démon pressera de nombreux prêtres et des âmes consacrées à quitter le service du Seigneur. Le démon va faire rage en particulier contre les âmes consacrées à Dieu. La pensée de la perte de tant d’âmes est la cause de ma tristesse. Si les péchés augmentent en nombre et en gravité, il ne sera plus question de pardon pour eux. Parle avec courage à ton supérieur, il saura encourager chacune d’entre vous à prier et à accomplir des œuvres de réparation. »

Dernier message du 6 octobre 2019

Sœur Agnès Sasagawa, aurait reçu un autre message le 6 octobre 2019, transmis par un ange. Sœur Sasagawa, qui a 88 ans, en a parlé à une sœur, en lui donnant la permission de diffuser le message, qui est assez court en soi.

« Le dimanche 6 octobre, à 3h30 du matin, à Akita, le même ange est apparu devant moi (Sœur Sasagawa) qu’il y a environ 30 ans. L’ange m’a d’abord dit quelque chose de privé.

La bonne chose à répandre à tout le monde est: « Couvrez-vous de cendres », et « s’il vous plaît priez le Rosaire pénitentiel tous les jours. Vous, sœur Sasagawa, devenez comme une enfant et chaque jour, veuillez offrir des sacrifices. Sœur M a demandé à sœur Sasagawa : « Puis-je le dire à tout le monde ? » Sœur Sasagawa lui donna son assentiment et ajouta : « Priez pour que je puisse devenir comme un enfant et offrir des sacrifices. » C’est ce que Sœur M. a entendu.

Certains commentateurs du web ont souligné que le 6 octobre était le jour du début du Synode sur l’Amazonie, avec tout son corollaire d’événements et de controverses discutables.




Apparitions de Marie à Garabandal




Message de Marie à Medjugorje le 25 mai 2023

« Chers enfants !

Je vous appelle à aller dans la nature et à prier pour que le Très-Haut parle à votre cœur, pour que vous ressentiez la puissance du Saint Esprit et que vous témoigniez de l’amour que Dieu a pour chaque créature. Je suis avec vous et j’intercède pour vous.

Merci d’avoir répondu à mon appel. »