Est-il quelque chose d’impossible à Celle que Dieu a revêtue de Sa puissance ?

Il y a plusieurs années déjà, le bagne de Toulon fut le théâtre d’un crime horrible. Dans un moment de colère et de dépit, un forçat avait poignardé son gardien. Le coupable fut condamné à mort, et l’exécution devait avoir lieu dans deux jours, lorsque l’aumônier du bagne se présenta pour apporter au coupable les consolations de la religion et lui parler de l’éternité.

Mais le malheureux vouait à la religion une haine implacable. Il accueillit le prêtre avec injures et paroles obscènes. Rien ne rebuta le père Marin, l’aumônier, dont le zèle infatigable avait été si souvent mis à l’épreuve par des forçats endurcis. Mais rien ne put abattre cet indomptable obstiné !

Le prêtre alors se retire, et, tournant ses regards vers le Refuge des pécheurs, il s’adresse à Marie et Lui confie la cause du galérien, devenue la sienne propre. Il fait prier les âmes ferventes de la ville; car il n’y avait point de temps à perdre: déjà la guillotine s’élevait, on ne comptait plus que par minutes jusqu’au moment de l’exécution.

Le père Marin se présenta une seconde fois au forçat, la croix et le chapelet en main. On voulait l’en empêcher, lui disant que c’était inutile, mais le saint prêtre qui savait qu’on peut tout attendre de la puissance et de la miséricorde de Marie, se fait ouvrir les portes, et plein de confiance en Celle qu’il a invoquée, il s’avance vers l’infortuné.

Le forçat répond par une malédiction horrible aux paroles de bénédiction. Sans se laisser décourager, l’aumônier approche du prisonnier enchaîné et lui jetant autour du cou un chapelet pour l’enlacer dans ces liens de miséricorde.

Ô miracle de la grâce ! Le lion est terrassé, l’ennemi tombe vaincu ! À peine le chapelet l’a-t-il touché qu’il demande pardon. Ô Marie ! c’était une preuve de plus de Votre pouvoir sur le Cœur de Dieu… Mais est-il quelque chose d’impossible à Celle que Dieu a revêtue de Sa puissance ? Elle obtint à ce misérable une entière réconciliation avec ce qu’il avait tant blasphémé ; la paix rentra dans son âme ; il était métamorphosé.




« L’horreur de l’Enfer ! » 2

2 – « Je ne sais d’où vous êtes !

Eloignez-vous de moi, vous tous qui faites le mal ! »

(Lc 13,27)

 

« Rendez-vous puissants dans le Seigneur…

pour pouvoir résister aux ruses du Diable ! »

(Ep 6,10-11)                                       

 

Dans cette seconde approche sur l’enfer, je ne veux pas « lourdement » insister… et la prochaine fois, nous terminerons par une méditation sur l’indicible bonheur du Ciel où Dieu nous appelle tous ! Mais il faut être « réaliste » avec les vérités de la foi : mal les connaître, les rejeter ou les mettre entre parenthèses est dangereux selon la sagesse de l’Evangile. Il ne s’agit donc pas de se faire peur, mais de les regarder en face dans la paix du cœur pour mener le « bon combat » vers la joie du Ciel… Et ici, n’oublions jamais la vérité première de notre foi catholique : le Père veut « tous » nous sauver à travers son Fils crucifié et vainqueur de la mort par sa Résurrection ! Ainsi, la puissance de L’Esprit nous est donnée par le Cœur ouvert de Jésus sur la Croix… (Jn 19,34) qui nous a offert également la tendresse de sa Mère (Jn 19,27) pour le suivre…

En cette période où, plus que jamais, le Tentateur assaille notre civilisation sur tous les fronts ; Saint Pierre nous dévoile « le combat primordial » qui se cache derrière tous les autres : « Soyez sobres, veillez ! Votre adversaire, le Diable, comme un lion rugissant, rôde, cherchant qui dévorer. Résistez-lui, fermes dans la foi ! » (1 P 5,8-9). Il est donc urgent de faire la lumière en nos vies. Dans la puissance et la persévérance de la foi à travers les sacrements de l’Eglise, nous avons la force pour vaincre l’enfer sous toutes ses formes et cheminer courageusement vers le Ciel !…

Ainsi, pour comprendre l’enjeu primordial  de nos vies où se joue notre éternité, écoutons encore la sagesse des Saints ! Et d’abord Sainte Thérèse d’Avila : Docteur de l’Eglise et Fondatrice du Carmel réformé, elle est un des plus grands maîtres spirituels de tous les temps. Femme réaliste et pleine d’humour, ses Ecrits spirituels demeurent une référence pour tous ! Du « Chemin de la perfection » au « Château de l’âme », celle qu’on appelle souvent « la Madre » a reçu du Seigneur Jésus une admirable sagesse sur les voies de l’oraison silencieuse et le mystère de l’âme. Et cependant, cette Sainte si attachante peut nous paraître parfois un aigle mystique de haut vol, hors de notre portée !

Comprenons bien que si les Saintes et les Saints nous ravissent et nous aident par leurs vies et leurs écrits, Dieu ne nous demande pas de devenir leur « photocopie » ! Comme l’a si bien compris Sainte Petite Thérèse, (qui n’était « pas facile à décourager… »), la sainteté « unique » de chaque enfant de Dieu se joue d’abord dans la découverte des bras du Sauveur : « L’ascenseur qui doit m’élever jusqu’au Ciel, ce sont vos bras, ô Jésus !… Il faut donc que je reste petite, que je le devienne de plus en plus[1] ! » Et Saint Jean Chrysostome ajouterait : « Dieu ne nous demande pas de réussir, mais de travailler ! » La réussite ne se fera pas sans notre effort constant, mais la sainteté est aussi et surtout l’œuvre mystérieuse de la Miséricorde… Les Saints sont, comme nous, des pécheurs sauvés et transfigurés par l’amour du Christ, et cela est tellement vrai que la grande Sainte Thérèse d’Avila a vu en enfer la « place » qu’elle avait méritée pour ses péchés ! Alors pour rectifier notre regard parfois trop peu évangélique, écoutons ici son témoignage :

« Un jour, étant en oraison… Je me trouvais subitement, sans savoir comment, transportée tout entière en enfer. Le Seigneur, je le compris, voulait me montrer la place que les démons m’y avaient préparée et que j’avais méritée par mes péchés. Cette vision dura très peu… mais il me serait impossible d’en perde jamais le souvenir.

L’entrée me parut semblable à une ruelle très longue et très étroite… à un four extrêmement bas, obscur et resserré. Le fond était comme une eau fangeuse, très sale, infecte et remplie de reptiles venimeux. A l’extrémité se trouvait une cavité creusée dans une muraille en forme d’alcôve où je me vis placée très à l’étroit…

Quant à la souffrance que j’endurai dans ce réduit, il me semble impossible d’en donner la moindre idée ; on ne saurait la comprendre. Je sentis dans mon âme « un feu » dont je suis impuissante à dire la nature, tandis que mon corps passait par des tourments intolérables ! J’avais cependant enduré dans ma vie des souffrances bien cruelles… mais tout cela n’est rien en comparaison de ce que je souffris dans ce cachot ! De plus, je voyais que ce tourment devait être sans fin et sans relâche ! Et cependant, toutes ces souffrances ne sont rien encore auprès de l’agonie de l’âme. Elle éprouve une oppression, une angoisse, une affliction si sensible et si profonde, que je saurais l’exprimer… ici, c’est l’âme elle-même qui se met en pièces !… Je le répète, ce qu’il y a de plus affreux, c’est ce feu intérieur et ce désespoir de l’âme !…

Je compris bien que c’était une grande grâce et que le Seigneur voulait me faire voir de mes propres yeux l’abîme d’où sa miséricorde m’avait délivrée[2]… »

On a souvent sur terre comme des surgissements de l’enfer à travers des meurtres atroces, les horreurs des guerres où celles des camps de concentration durant la 2° guerre mondiale. Mais comme le décrit Sainte Thérèse d’Avila : « La torture du feu de ce monde est bien peu de chose en comparaison du feu de l’enfer ! » Et contrairement à l’état d’esprit de nos contemporains qui refusent, pour la majorité, ce mystère de la foi…  la Madre témoigne que cette vision de l’enfer a été une des plus grandes grâces de sa vie accordée par le Seigneur : « Elle a produit en moi le plus grand profit. Elle m’a ôté la crainte des tribulations et des contradictions de la vie, elle m’a donné le courage de les supporter ; et elle m’a stimulée à remercier le Seigneur de m’avoir délivrée… Depuis lors, je le répète, tout me paraît facile en comparaison d’un seul instant de ces tortures !… Et cette vision m’a procuré, en outre, une douleur immense de la perte de tant d’âmes… et les plus ardents désirs d’être utile aux âmes[3] ! »

Dans le cheminement de notre foi, il est précieux de comprendre à nouveau que notre passage « unique » sur terre prépare notre éternité… et de bien saisir que la vie actuelle de chacune et chacun est d’abord un combat où nos choix pèsent lourd ! C’est pourquoi le témoignage des Saints sur l’enfer est si précieux pour nous garder éveillés dans la vérité et l’amour.

Au XV° siècle, Sainte Françoise Romaine[4] est sans aucun doute celle qui donne les précisions les plus terribles et le plus précises sur les réalités de l’enfer… Dans les 93 visions qu’elle a dictées à son confesseur, elle rapporte sa vision de la splendeur au Ciel, et en particulier celle de la Sainte Vierge avec ses trois couronnes : « Virginité, Humilité et Gloire ! » Dans la 17° vision, Dieu lui a montré sa divinité comme « un Principe sans principe et une fin sans fin ! » Sainte Marie-Madeleine et Sainte Agnès lui apprirent comment « entrer dans le Cœur de Jésus… en se faisant si petit comme un grain de millet jeté au fond d’une rivière profonde ! » Elle tint aussi « Jésus sur ses genoux qui avait la forme d’un petit agneau… »

Mais le plus connu de ses écrits fut son « Traité de l’enfer » (1414). Elle y fut conduite par l’Archange Raphaël et arrivée à la porte de ce royaume effroyable, elle lut ces paroles écrites en lettres de feu :

« Ce lieu est l’enfer, où il n’y a ni repos, ni consolation, ni espérance !… La porte s’ouvrit et Françoise regarda : « elle vit un abîme si profond, si épouvantable, d’où s’échappaient des cris affreux et des odeurs si insupportables que depuis, elle n’en pouvait parler sans que son sang se glaçât dans ses veines…

Dans cet abîme effroyable, vivait un immense dragon qui en occupait toute la longueur… Elle aperçut Satan sous la forme la plus terrifiante qu’il soit possible d’imaginer… Une de ses mains menaçait le Ciel, et l’autre semblait indiquer le fond du précipice !… A cette vision en succéda une autre. La servante de Dieu aperçut de tous côtés des âmes que les esprits qui les avaient tentées ramenaient dans cette affreuse demeure… Tout ce que la bienheureuse voyait et entendait la remplissait d’épouvante ; mais son guide (Saint Raphaël Archange) avait grand soin de la rassurer et de la fortifier. »

Tout cela peut nous paraître irréel dans notre civilisation pourtant si folle et si décadente : on refusera l’enfer « taxé » de vision moyenâgeuse au nom de l’évolution moderne ; mais en même temps, on accueille sans problèmes l’influence ténébreuse « d’Halloween » sur nos enfants ou les signes démoniaques des « festivals de l’enfer – Hellfest » pour une jeunesse envoutée par la musique métal et les signes démoniaques !

Aussi, comme l’a dit Saint Paul, il nous faut revêtir aujourd’hui plus que jamais « l’armure de Dieu » pour résister à cette invasion des ténèbres :

« Rendez-vous puissants dans le Seigneur et dans la vigueur de sa force ! Revêtez l’armure de Dieu, pour pouvoir résister aux manœuvres du Diable. Car ce n’est pas contre des adversaires de sang et de chair que nous avons à lutter, mais contre les Principautés, contre les Puissances, contre les Régisseurs de ce monde de ténèbres, contre les Esprit du Mal qui habitent les espaces célestes. C’est pour cela qu’il vous faut endosser l’armure de Dieu afin qu’au jour mauvais vous puissiez résister et rester ferme… Vivez dans la prière et les supplications, priez en tout temps, dans l’Esprit ; apportez-y une vigilance inlassable et intercédez pour tous les saints ! » (Ep 6,10-13 et 18-19).

Plus près de nous, Sainte Faustine dont le message unique sur la miséricorde est devenu universel, a aussi visité les horreurs de l’enfer : « Aujourd’hui, j’ai été dans les gouffres de l’enfer, introduite par un Ange. C’est un lieu de grands supplices et son étendue est terriblement grande…  et le premier supplice qui fait l’enfer, c’est la perte de Dieu !… avec la continuelle compagnie de Satan… un désespoir terrible, la haine de Dieu, les malédictions, les blasphèmes ! Ces sont des supplices que tous les damnés souffrent ensemble… Il y a de terribles cachots, des gouffres de torture où chaque supplice diffère de l’autre ; je serais morte à la vue de ces terribles souffrances, si la toute-puissance de Dieu ne m’avait soutenue… J’écris cela sur l’ordre de Dieu pour qu’aucune âme ne puisse s’excuser en disant qu’il n’y a pas d’enfer, ou que personne n’y a été et ne sait comment c’est[5] ! »

Concluons par les Apparitions de la Vierge aux trois enfants à Fatima en 1917 car elles sont un « tournant décisif » dans le grand combat des derniers temps ! Le 13 juillet, en particulier, Notre Dame souleva le voile de l’invisible et fit vivre à Lucia, Jacinta et Francisco une expérience qui bouleversera leur vie…  C’est la terrible vision sur l’horreur de l’enfer ! Lucia en a témoigné en des termes très précis :

« La Vierge ouvrit de nouveau les mains, comme les deux derniers mois. Le reflet de la lumière parut pénétrer la terre et nous vîmes comme un océan de feu, et plongés dans ce feu, les démons et les âmes (des damnés). Celles-ci étaient comme des braises transparentes, noires ou bronzées, ayant des formes humaines. Elles flottaient dans cet incendie, soulevées par les flammes qui sortaient d’elles-mêmes, avec des nuages de fumée… Elles retombaient de tous côtés, comme les étincelles dans les grands incendies, sans poids ni équilibre, au milieu des cris et des gémissements de douleur et de désespoir qui horrifiaient et faisaient trembler de frayeur ! Les démons se distinguaient par des formes horribles et répugnantes d’animaux effrayants et inconnus, mais transparents comme des charbons noirs embrasés… »

Ensuite, Lucia précise : « Effrayés, comme pour demander secours, nous avons levés les yeux vers Notre Dame ! Cette vision ne dura qu’un moment, grâce à notre bonne Mère du Ciel qui, lors de la première Apparition, nous avait promis de nous emmener au Ciel ! Sans quoi, je crois que nous serions morts d’épouvante et de peur ! »

Cette vision nous révèle à nouveau de quelle horreur éternelle Jésus est venu nous « sauver » ! Et elle nous laisse aussi deviner le sens profond des combats de ce monde…  Remarquons également que dans la pédagogie de la Vierge, la perspective du Ciel est première dans l’expérience : ce n’est qu’après cette finalité promise d’aller au Ciel que Marie révèle un court instant la réalité de l’enfer aux enfants de Fatima.

Prenons conscience que ce terrible message, Notre Dame l’adresse à « chacun de nous » ! Sa maternelle tendresse nous prévient et veut nous protéger de l’horreur d’être « loin de Dieu » pour toujours… C’est une leçon décisive pour notre foi, car dans le salut offert à travers le Christ en Croix, le Ciel s’ouvre en son Cœur transpercé ! (Jn 19,34). Ainsi, ce « désir du Ciel » doit sans cesse orienter et soulever nos vies en s’incarnant dans une prière continuelle et une charité rayonnante… Nous sommes nés pour « voir Dieu » ! (Jn 3,2).

                                                                                                 +Marie-Mickaël

 

[1] Sainte Thérèse de Lisieux, Œuvres Complètes, Manuscrit C, p. 238. Cerf-DDB, 1992.

[2] Sainte Thérèse de Jésus, Vie écrite par elle-même, Traduction Grégoire de Saint Joseph, Seuil 1949, Chap. 32, p.344-346,

[3] Sainte Thérèse de Jésus, Vie, op. cit., Chap. 32, p. 346-347.

[4] Sainte Françoise Romaine, 1384 – 1440.

[5] On peut retrouver le témoignage complet de Sainte Faustine au n° 741 de son « Petit Journal ».




Accueillez, ô Vierge Sainte, l’offrande d’un pauvre pécheur… St Alphonse-Marie de Liguori

« O Marie, enfant chérie de Dieu, que ne puis-je vous offrir et vous consacrer les premières années de ma vie, comme vous vous êtes offerte et consacrée au Seigneur dans le Temple ! mais, hélas ! ces premières années sont déjà bien loin de moi ! J’ai employé un temps si précieux à servir le monde et vous ai oubliée en écoutant la voix de mes passions. Toutefois il vaut mieux commencer tard à vous servir que de rester toujours rebelle. Je viens donc aujourd’hui m’offrir tout entier à votre service, et consacrer à mon Créateur, par votre entremise bénie, le peu de jours qu’il me reste encore à passer sur la terre. Je vous donne mon esprit, pour qu’il s’occupe de vous sans cesse, et mon cœur, pour vous aimer à jamais. Accueillez, ô Vierge Sainte, l’offrande d’un pauvre pécheur ; je vous en conjure par le souvenir des ineffables consolations que vous avez ressenties en vous offrant à Dieu dans le Temple. Soutenez ma faiblesse, et par votre intercession puissante obtenez-moi de Jésus la grâce de lui être fidèle. ainsi qu’à vous, jusqu’à la mort, afin qu’après vous avoir servie de tout mon cœur pendant la vie, je participe à la gloire et au bonheur éternel des élus. Amen. »

Prière de St Alphonse-Marie de Liguori




Délivrée des flammes du Purgatoire par le Rosaire

En Espagne, au royaume d’Aragon, vivait une jeune fille nommée Alexandra. Celle-ci avait assisté aux prédications de saint Dominique, et avait fini par entrer dans la Confrérie du Rosaire. Ardente et passionnée, elle oubliait pourtant trop souvent de dire son chapelet comme elle le devait.

Deux jeunes soupirants s’étant battus en duel et étant morts tous les deux pour elle , leurs familles se vengèrent en tuant Alexandra. Elles précipitèrent ensuite son cadavre dans un puits. Cependant la Reine du Rosaire n’oublia pas les quelques actes de dévotion d’Alexandra à son égard : Elle inspira à saint Dominique d’aller la ressusciter. Étant venu près du puits, le saint lui cria : « Alexandra, sors ! » Ô prodige ! La morte s’anime, et sort pleine de vie, à la vue d’une grande foule venue assister à ce miracle. La ressuscitée se jette aux pieds du Saint, et lui dit qu’au moment d’expirer, elle avait obtenu le don de la contrition, grâce aux mérites de la Confrérie du Rosaire ; que les démons voulaient emporter son âme en enfer, mais que Marie était venue la délivrer ; qu’elle était condamnée à deux cents ans de purgatoire, pour la mort des deux jeunes gens, et à cinq cents autres années pour avoir été par sa faute une occasion de péché pour beaucoup de personnes ; mais qu’elle espérait que les confrères du Rosaire abrégeraient sa peine par leurs instances auprès de Marie.

Son espoir ne fut point trompé. Elle mourut de nouveau, et au bout de quinze jours elle apparut rayonnante à saint Dominique. Elle lui dit de remercier les confrères, qui avaient été pour elle autant de bienfaiteurs, et qui par leurs suffrages avaient hâté sa délivrance.

Elle ajouta qu’elle venait comme ambassadrice des âmes du purgatoire, conjurer le saint de prêcher et d’étendre la dévotion du Rosaire, qui leur procurait chaque jour un admirable soulagement. « Que les confrères, dit-elle, appliquent à ces pauvres âmes les indulgences et les faveurs spirituelles dont ils possèdent un trésor si abondant ! Ils n’y perdront rien, car les élus, à leur tour, intercéderont pour eux dans le ciel. Les Anges se réjouissent de cette dévotion, et leur Reine s’est déclarée la tendre Mère de tous ceux qui l’adoptent. »

Ainsi parla cette âme, sur le point d’entrer dans la gloire. Saint Dominique raconta lui-même cette révélation.

Prenons donc la résolution de réciter souvent le chapelet en faveur des âmes du purgatoire. Ces âmes ont soif : le chapelet leur ouvre une source d’eau vive.

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Le chapelet au cou et les armes à la main




« Si quelqu’un ne croit pas que Marie est Mère de Dieu »

Grégoire de Nazianze, évêque de Constantinople entre 379 et 381, a participé au concile de Constantinople. Il est appelé « le théologien ». Avant même le concile d’Ephèse en 431, nous constatons que le titre Theotokos est bien exprimé chez Grégoire de Nazianze, avec des idées claires et dogmatiquement profondes :

« Si quelqu’un ne croit pas que Marie est Mère de Dieu, il est séparé de la divinité. Si quelqu’un vient à dire que le Christ est passé à travers la Vierge comme à travers un canal sans avoir été formé en elle d’une manière à la fois divine et humaine – divine, parce que ce fut sans l’action d’un homme, et humaine, parce que ce fut selon le processus normal de la grossesse – celui-là est tout aussi bien étranger à Dieu. Si quelqu’un vient à dire que l’homme a d’abord été formé et qu’ensuite Dieu s’est glissé en lui, il est digne de condamnation. »

« Si quelqu’un introduit deux Fils, l’un étant celui du Dieu et Père et le second étant celui de la mère, au lieu d’un seul et même Fils, que celui-là soit déchu de l’adoption promise aux hommes qui ont la foi droite ».

« Les natures, en effet, sont au nombre de deux, celle de Dieu et celle de l’homme, mais il n’y pas deux fils. »

« Si quelqu’un vient à dire que la divinité a opéré dans le Christ par la grâce, comme dans un prophète, sans lui avoir été unie et sans lui être unie quant à la substance, qu’il soit privé de l’opération supérieure (de la grâce). Si quelqu’un n’adore pas le crucifié, qu’il soit anathème et qu’il soit mis au nombre des déicides ! »

« Si quelqu’un vient à dire qu’il a mérité d’être adopté comme Fils quand il est devenu parfait par ses œuvres, soit après son baptême, soit après sa résurrection d’entre les morts, comme les héros que les Grecs introduisent en les inscrivant parmi les dieux, qu’il soit anathème ! »

« Si quelqu’un vient à dire que la chair du Christ est descendue du ciel et qu’elle n’est pas d’ici-bas et de parmi nous, qu’il soit anathème ! »

« Si quelqu’un met son espoir dans un homme privé d’esprit, il a vraiment privé l’esprit et n’est pas digne d’être sauvé entièrement car ce qui n’a pas été assumé, n’a pas non plus été guéri, mais c’est ce qui a été uni à Dieu qui est sauvé. »

Saint Grégoire de Nazianze

Citations tirées de la Lettre 101 (PG 36, 181)

(dans sources chrétiennes 208, par M. JOURJON, Paris, Cerf, 1974, pp. 43-51)

Encyclopédie Mariale




« L’horreur de l’Enfer ! » 1

1 – « large et spacieux est le chemin qui mène à la perdition ! »

Mt 7,13

« La peine principale de l’enfer consiste en la séparation éternelle d’avec Dieu

en qui seul l’homme peut avoir la vie et le bonheur… »

Catéchisme de l’Eglise catholique, 1035

     Le terrible mystère de l’enfer est une « vérité de la foi » toujours délicate à aborder, et d’autant plus aujourd’hui où les notions de mal et de péché sont devenues relatives, jusqu’à être souvent dépassées, discréditées… c’est le dramatique glissement de « l’inversion des valeurs » où le mal est devenu peu à peu un bien et une soi-disant libération sans limites ; et voici que désormais le vrai, le bien et le beau inscrits dans la Création sont suspectés d’être un frein néfaste et oppressif pour l’homme d’aujourd’hui :  telle est le progressisme constant de nos sociétés dites « évoluées » !

Le bulldozer de l’évolution à « sens unique » vient  écraser toute résistance en écartant tôt ou tard tout dialogue pour arriver à ses fins… Comment ne pas deviner ici l’influence du Démon, à la fois subtile et puissante, sur l’égarement fou et normalisé de notre civilisation postmoderne ?

Alors, en préliminaire, mettons-nous à l’écoute d’une grande Sainte pour notre temps : Elisabeth de la Trinité ! Remarquable pianiste, elle a tant aimé la vie, la création, l’amitié et même s’habiller élégamment, belle époque oblige[1] ! Tout en étant très engagée dans sa paroisse, elle affectionnait les sorties, les amis, la mer, la montagne, la danse… elle aimait tout de la vie, mais elle en voyait le vrai sens : elle avait déjà cette sagesse des Saints qui font du Christ le centre et la passion de chaque instant de leur vie : « Il me semble que rien ne peut me distraire de Lui… même au milieu du monde, on peut l’écouter dans le silence d’un cœur qui ne veut être qu’à Lui [2] ! »

Elisabeth de la Trinité peut nous communiquer ce sens ultime de la vie qui vient faire échec aux ténèbres. Dans une de ses dernières lettres, qui nous est aussi destinée, elle écrivait avec beauté et gravité :

« L’heure approche où je vais passer de ce monde à mon Père, et avant de partir je veux vous envoyer un mot de mon cœur, un testament de mon âme. Jamais le Cœur du Maître ne fut si débordant d’amour qu’à l’instant suprême où Il allait quitter les siens ! (Jn 13,1). Il me semble qu’il se passe quelque chose d’analogue en sa petite épouse au soir de sa vie, et je sens comme un flot qui monte de mon cœur jusqu’au vôtre !… A la lumière de l’éternité, l’âme voit les choses au vrai point ; oh ! Comme tout ce qui n’a pas été fait pour Dieu et avec Dieu est vide ! Je vous en prie…  marquez tout avec le sceau de l’amour ! Il n’y a que cela qui demeure…

Que la vie est quelque chose de sérieux : chaque minute nous est donnée pour nous « enraciner [3]» plus en Dieu, selon l’expression de Saint Paul… Je vous laisse ma foi en la présence de Dieu, du Dieu tout Amour habitant en nos âmes. Je vous le confie : c’est cette intimité avec Lui « au-dedans » qui a été le beau soleil irradiant ma vie, en faisant déjà comme un Ciel anticipé[4]… »

Retenons ce « cri » d’Elisabeth qui vient interpeller notre vie actuelle quand elle affirme : « La vie est quelque chose de sérieux… Comme tout ce qui n’a pas été fait pour Dieu et avec Dieu est vide ! » C’est là que commence le glissement vers le non-sens abyssal des ténèbres qui peut mener à l’enfer…

Le Catéchisme de l’Eglise catholique nous prévient sur la « responsabilité » de chaque personne humaine dont les choix « persistants » en cette vie déterminent son éternité :

« Dieu ne prédestine personne à aller en enfer ; il faut pour cela une aversion volontaire de Dieu (un péché mortel), et y persister jusqu’à la fin. Dans la liturgie eucharistique et dans les prières quotidiennes de ses fidèles, l’Eglise implore la miséricorde de Dieu, qui veut « que personne ne périsse, mais que tous arrivent au repentir [5]» (2 P 3,9)

Et le Catéchisme nous avertit avec force et clarté pour nous délivrer de toute illusion et nous garder « vigilants » à demeurer coûte que coûte en état de grâce ! Sur la terre, tout passe… et nous avons à mener une lutte jour après jour pour ne pas louper le plus grand rendez-vous de nos vies : « Soyons dans la joie… car voici les noces de l’Agneau et son épouse s’est faite belle ! » (Ap 19,7). Laissons-nous encore enseigner et saisir par les vérités de la foi catholique issues de l’Evangile :

« Jésus parle souvent de la « géhenne » du « feu qui ne s’éteint pas[6] », réservée à ceux qui refusent jusqu’à la fin de leur vie de croire et de se convertir, et où peuvent être perdus à la fois l’âme et le corps (Mt 10,28). Jésus annonce en termes graves qu’Il « enverra ses Anges qui ramasseront tous les fauteurs d’iniquité… et les jetteront dans la fournaise ardente ! » (Mt 13,41-42).

La peine principale de l’enfer consiste en la séparation éternelle d’avec Dieu en qui seul l’homme peut avoir la vie et le bonheur pour lesquels il a été créé et auxquels il aspire…

Les affirmations de la Sainte Ecriture et les enseignements de l’Eglise au sujet de l’enfer sont un appel à la responsabilité avec laquelle l’homme doit user de sa liberté en vue de son destin éternel. Elles constituent en même temps un appel pressant à la conversion : « Entrez par la porte étroite. Car large et spacieux est le chemin qui mène à la perdition, et il en est beaucoup qui le prennent ; mais étroite est la porte et resserré est le chemin qui mène à la Vie, et il en est peu qui le trouvent[7]! » (Mt 7,13-14)

Cette terrible réalité de l’enfer n’est pas une invention de l’Eglise, mais une vérité de la foi qui repose sur l’affirmation de la Parole de Dieu[8]. A une époque où règne un dangereux désert spirituel, on constate « un terrible silence » des pasteurs sur les conséquences éternelles du péché ! D’ailleurs, dans la prédication, qui parle encore du Purgatoire, de l’Enfer ou du Ciel ? Très peu de monde…

Où est donc passé le principe de « finalité » qui doit soulever toute la foi des chrétiens ? C’est parce que les choix de ma vie orientent toute mon éternité que mon regard de foi doit percevoir les réalités ultimes ! Alors, si le présent prépare à chaque instant l’éternité, avec quelle urgence le témoignage de la charité doit d’abord « retentir dans l’Eglise »… avant de déborder sur toutes les réalités sociales du monde. Saint Jean rapporte cette parole déterminante de Jésus qui traversera toute l’histoire de l’Eglise : « A ceci, tous vous reconnaîtront pour mes disciples : à cet amour que vous aurez les uns pour les autres ! » (Jn 13,35). Et l’on dira des premiers chrétiens : « Voyez comme ils s’aiment ! »

L’enfer est la fermeture définitive à cet amour du Christ qui a donné sa vie sur la Croix pour que tous soient sauvés. Lors de plusieurs Audiences du mercredi, Le Pape Saint Jean-Paul II a abordé clairement ce mystère des fins dernières. Il a dit en particulier sur l’enfer :

« La «damnation» ne doit donc pas être attribuée à l’initiative de Dieu, car dans son amour miséricordieux, il ne peut vouloir que le salut des êtres qu’il a créés. En réalité, c’est la créature qui se ferme à son amour. La «damnation» consiste précisément dans l’éloignement définitif de Dieu librement choisi par l’homme et confirmé à travers la mort qui scelle pour toujours ce choix. La sentence de Dieu ratifie cet état. La foi chrétienne enseigne que, dans le risque du «oui» et du «non» qui distingue la liberté de la créature, certains ont déjà dit non. Il s’agit des créatures spirituelles qui se sont rebellées à l’amour de Dieu et qui sont appelées démons (cf. Concile du Latran IV: DS 800-801). Pour nous, êtres humains, leur vie résonne comme un avertissement: il s’agit d’un rappel constant à éviter la tragédie dans laquelle débouche le péché, et à modeler notre existence sur celle de Jésus qui s’est déroulée sous le signe du «oui» à Dieu.

La damnation demeure une possibilité réelle, mais il ne nous est pas donné de connaître, sans révélation divine particulière, quels êtres humains sont effectivement concernés. La pensée de l’enfer – et plus encore la mauvaise utilisation des images bibliques -, ne doit pas créer de psychose ni d’angoisse, mais représente un avertissement nécessaire et salutaire à la liberté, au sein de l’annonce selon laquelle Jésus le Ressuscité a vaincu Satan, nous donnant l’Esprit de Dieu, qui nous fait invoquer «Abba, Père» (Rm 8, 15; Ga 4, 6).

Cette perspective riche d’espérance prévaut dans l’annonce chrétienne. Elle est effectivement reprise dans la tradition liturgique de l’Eglise, comme en témoignent par exemple les paroles du Canon romain : «Accepte avec bienveillance, ô Seigneur, l’offrande que nous te présentons, nous tes ministres et toute ta famille… Sauve-nous de la damnation éternelle, et accueille-nous dans le troupeau des élus [9] ».

Durant ses nombreuses Apparitions, la Sainte Vierge revient régulièrement sur les conséquences éternelles du péché. Sa tendresse maternelle à notre égard la pousse à nous visiter et à nous avertir des dangers extrêmes d’une vie sans prière et sans conversion ! Elle vient faire résonner pour toute l’humanité le cri initial de son Fils dans l’Evangile : « Les temps sont accomplis et le Royaume de Dieu est tout proche, convertissez-vous et croyez à l’Evangile ! » (Mc 1,15).

Et se convertir et croire à l’Evangile signifie « aimer » en suivant Jésus jusqu’à la plénitude de son Cœur ouvert sur la Croix… là, et pas ailleurs, est la victoire absolue sur l’enfer ! Comme dans le film de Mel Gibson « la Passion du Christ » : au moment où le Sauveur meurt sur la Croix, Satan est définitivement vaincu car le Ciel est à jamais « ouvert » et le salut est offert à chaque personne humaine ! Alors, laissons retentir en nos vies cet appel  biblique « majeur » à vivre  cette double vigilance du cœur qui n’en fait qu’une : celle de la prière incessante et de la charité sans limites ! On est là au cœur de l’Evangile :

« Veillez et priez en tout temps, afin d’avoir afin d’avoir la force d’échapper à tout ce qui doit arriver et de vous tenir debout devant le Fils de l’homme ! » (Lc 21,36). Et l’Ancien testament nous avait déjà orientés vers cette vigilance intense du cœur : « Mon âme attend le Seigneur plus qu’un veilleur ne guette l’aurore ! » (Ps 129,6) car « sa venue est certaine comme l’aurore ! » (Os 6,3).

Et selon l’Evangile, cette vigilance extrême du cœur pour « la Venue » du Seigneur doit aussi se manifester dans l’amour des pauvres qui nous entourent : aux pauvres de moyens comme aux pauvres de sens… Jean, le plus contemplatif des Apôtres l’a prophétisé :

« Les ténèbres s’en vont et la véritable lumière brille déjà… Quant à nous, aimons, puisque Lui nous a aimés le premier !… Et voici le commandement reçu de Lui : que celui qui aime Dieu aime aussi son frère ! » (1 Jn 2,8 et 4,19 ;21).

                                                                                                      +Marie-Mickaël

 

[1] Sainte Elisabeth de la Trinité, 18 juillet 1880 – 9 novembre 1906. Voir mes deux livres : Une soif d’infini, Elisabeth de la Trinité, sa vie, son visage, le Jubilé, 2006 et Toucher l’Infini, Elisabeth de la Trinité, une spiritualité prophétique, le Jubilé, 2007.

[2] Sainte Elisabeth de la Trinité, Œuvres complètes, Lettre 38, Cerf 1991, p.278.

[3] Col 2,7 et Ep 3,17

[4] Lettre 333.

[5] Catéchisme de l’Eglise Catholique, n° 1037.

[6] Mt 5,22 et 29 ; 13,42 et 50 / Mc 9,43-48.

[7] Catéchisme de l’Eglise Catholique, n° 1034 / 1035 / 1036.

[8] Pour ne citer que quelques passages : Mt 25,41-46 / Lc 12,5 / Lc 16,27-31 / Mc 9,43-48 / 1 Cor 6,9-10 / 2 Th 1,9 / Ap 21,8.

[9] Saint Jean-Paul II, Les fins dernières, la vie, la mort, le Ciel, le purgatoire, l’enfer / Audiences du mercredi, 28 juillet 1999.




Lorsque le monde perd la Mère, il perd le Fils…

« Le terme de « Femme » indiquait une relation plus large à toute l’humanité que le terme de « Mère ». Il signifiait qu’elle (Marie) n’était pas seulement sa mère, mais qu’elle devait devenir aussi la mère de toute l’humanité, tout comme lui était le Sauveur de toute l’humanité.

Elle allait avoir désormais de nombreux enfants, non pas selon la chair, mais selon l’esprit. Jésus était son premier-né, dans la chair et dans la joie, Jean son second fils, dans l’esprit et dans la douleur, et nous, ses millions et millions d’enfants.

Chaque objection soulevée contre la dévotion à Marie prend racine dans un terrain de foi imparfaite dans le Fils. C’est un fait historique que, lorsque le monde perd la Mère, il perd le Fils. Peut-être que quand le monde reviendra à l’amour de Marie, il reviendra aussi à la foi en la divinité du Christ. »

Vénérable Fulton Sheen Évêque américain.

Sa cause de canonisation a été ouverte en 2002




« La carrière internationale du film Sacré-Cœur a déjà commencé avec des chiffres hallucinants », confie le patron de SAJE Film

Source : Tribune Chrétienne

De même qu’il y eut, dans les années 90 , une « génération Grand Bleu », marquée par le rêve et la mer, il semble qu’émerge aujourd’hui une « génération Sacré-Cœur « , toute tournée vers le Cœur du Cœur de l’amour

Il fallait sans doute cela pour réveiller les consciences. Il fallait un film capable de déplacer les foules, croyantes ou non, un film qui parle d’amour, du seul véritable amour, celui qui se donne sans retour : l’amour du Christ. Sacré-Cœur, produit et co-réalisé par Steven et Sabrina Gunnell,distribué par SAJE Distribution, a su toucher le cœur du public comme peu d’œuvres contemporaines.

En plein triomphe en France où le film s’apprête à franchir le cap des 400 000 entrées, Hubert de Torcy, patron de SAJE films, a confié à Tribune Chrétienne que le film  reçoit également un accueil triomphal en Afrique et dans l’océan Indien, avec des sorties programmées jusqu’en Amérique et en Asie : c’est une véritable aventure missionnaire du grand écran qui ne fait que commencer et de poursuivre « En Belgique et en Suisse, les salles sont combles comme en France. À Monaco, le film est même prolongé devant la demande du public ».Le film, véritable phénomène, a entamé sa diffusion en Afrique et dans l’océan Indien la semaine dernière. Les premiers résultats confirment un accueil exceptionnel. « À l’île Maurice, nous avons dépassé les 7 000 entrées en deux semaines. En Côte d’Ivoire, c’est un véritable carton avec plus de 2 300 entrées en un seul week-end ! » explique le distributeur français.

« Voici ce Cœur qui a tant aimé les hommes qu’il n’a rien épargné jusqu’à s’épuiser et se consumer pour leur témoigner son amour. Et pour reconnaissance, je ne reçois de la plupart que des ingratitudes, par leurs irrévérences et leurs sacrilèges, et par les froideurs et les mépris qu’ils ont pour moi dans ce sacrement d’amour. »

Sainte Marguerite-Marie-Alacoque (1647-1690)

Et la véritable success story de Sacré-Cœur s’étend désormais au Sénégal, au Burkina Faso, au Togo, au Cameroun et en République démocratique du Congo.Pour le responsable de SAJE Distribution, cette expansion témoigne d’une véritable soif spirituelle. « Tout cela est très réjouissant. On sent que le public, partout, a besoin d’histoires vraies, lumineuses, porteuses d’espérance », souligne-t-il.Il nous confie également que «  le film poursuivra sa route au Liban courant décembre, avant d’arriver au Canada à la même période. »

Et l’aventure ne s’arrête pas là : « Nous préparons une version pour les États-Unis, dont la sortie est prévue à l’occasion des fêtes du Sacré-Cœur, en juin 2026 », précise le distributeur.Des accords sont également en discussion avec des partenaires en Allemagne et en Espagne, tandis que l’Amérique latine se prépare à accueillir le film : « Des contacts sont déjà établis au Mexique, en Colombie et au Chili ».Et la demande s’élargit encore : « De nombreuses sollicitations nous parviennent des Philippines, mais aussi de Corée du Sud », confie-t-il, avant d’ajouter avec un sourire : « Ce n’est que le début de l’aventure internationale de Sacré-Cœur. »

Partout où il est projeté, Sacré-Cœur rassemble et touche les âmes. De Bruxelles à Abidjan, de Genève à Port-Louis, les spectateurs sortent bouleversés par ce film qui remet le Christ au centre des vies et des histoires humaines.Il y avait longtemps qu’un film n’avait pas su dire l’amour vrai avec autant de simplicité et de force. Dans les regards des spectateurs émus, dans les applaudissements qui montent à la fin des séances, on devine qu’il se passe quelque chose de plus grand qu’un simple succès de cinéma : un réveil des cœurs. Rappelons que les Visitandines de Nantes peinent à répondre à l’avalanche de commandes de leur « Sauvegarde du Sacré Cœur » ( photo).

Le film ne se contente pas d’émouvoir, il appelle à aimer, à croire, à espérer.Et de même qu’il y eut, dans les années 90 , une « génération Grand Bleu », marquée par le rêve et la mer, il semble qu’émerge aujourd’hui une génération Sacré-Cœur, toute tournée vers le Cœur du Cœur de l’amour, une génération qui cherche, dans l’obscurité du monde, la lumière du monde.

Philippe-Marie, 07/11/2025




Derrière le Rosaire et le Crucifix, ils marchent au martyre

Il y a quelques années, dans un village du Tonkin, vingt-cinq néophytes furent arrêtés. Avant qu’on les conduisit au lieu du supplice, le chef de la Chrétienté demanda et obtint pour tous la faveur de faire une dernière visite à la chapelle où ils se réunissaient pour réciter le chapelet. Là, ils se prosternèrent pour prier; mais au bout de quelques instants, les bourreaux les obligèrent à marcher. « Laissez-moi prendre le Christ qui est sur l’autel, s’écria le chef des Chrétiens, je le porterai jusqu’au lieu du supplice, sa vue nous aidera à mourir en vrais disciples de notre adorable Maître. »

Les persécuteurs le lui permirent. Il ouvrit donc la marche portant bien haut l’image du divin Crucifié, afin que ses compagnons puissent la voir parfaitement, et puiser dans cette vue le noble courage qui devait les animer jusqu’au moment du sacrifice. Les Chrétiens suivaient, les yeux attachés sur leur modèle. Ils récitaient le chapelet avec une ferveur  inexprimable. Ils parcoururent ainsi leur voie si pénible, en méditant les mystères douloureux du Rosaire, et en considérant la gloire de Jésus et de Marie, dont ils allaient bientôt contempler la beauté. Ils ne cessèrent de prier et de méditer qu’en cessant de vivre; et les Anges qui vinrent recueillir leurs âmes transfigurées par l’éclat du martyre, emportèrent dans le ciel les roses empourprées que le Rosaire avait fait éclore sur leurs lèvres.

Nous voyons ici le Rosaire et le Crucifix unis ensemble, pour donner à nos martyrs la foi, l’espérance et le courage de sacrifier leur vie à la gloire de Jésus-Christ. C’est qu’en effet le Rosaire, comme le Crucifix, est un livre mystérieux qui nous apprend à croire, espérer et aimer.