St Germain de Constantinople : Mère de Dieu, votre protection est au-dessus de la pensée

Qui donc, après votre Fils, s’intéresse comme vous au genre humain ? Qui nous défend sans cesse dans nos tribulations ? Qui nous délivre aussi vite des tentations qui nous assaillent ? Qui se donne autant de peine pour supplier en faveur des pécheurs  ? Qui prend leur défense pour les excuser dans des cas désespérés ? En vertu de la franchise et de la puissance que votre maternité vous a acquises auprès de votre Fils, bien que nous soyons condamnés pour nos crimes et que nous n’osions plus regarder vers les hauteurs du ciel, vous nous sauvez, par vos supplications et vos intercessions, des supplices éternels. Aussi l’affligé se réfugie-t-il auprès de vous. Celui qui a subi l’injustice accourt à vous. Celui qui est rempli de maux invoque votre assistance. Tout ce qui est à vous, Mère de Dieu, est merveilleux, tout est plus grand que nature, tout dépasse notre raison et notre puissance. Votre protection elle aussi est au-dessus de la pensée.

Saint Germain de Constantinople (634-633)




La Vierge Marie est-elle apparue à Dominic,cet adolescent américain atteint d’une tumeur au cerveau ?

Source : Tribune chrétienne, 8 septembre 2026 par Elisabeth Vimele

Après avoir affirmé avoir reçu la visite de la Vierge Marie, Dominic Auricchio a vu sa tumeur cérébrale diminuer de manière spectaculaire, sans qu’une explication médicale précise ait été avancée

Il avait dix ans lorsqu’une IRM, réalisée en décembre 2022 à la suite de maux de tête persistants, a révélé une importante masse dans son cerveau. Pour Dominic Auricchio et ses parents, le diagnostic a ouvert un temps d’angoisse : l’emplacement de la tumeur rendait une intervention délicate, puisqu’elle aurait nécessité une opération invasive. Les médecins envisageaient alors une chirurgie, sans pouvoir en garantir l’issue.

Le jeune garçon, scolarisé à Holy Trinity School à Westfield, dans le New Jersey, s’est alors réfugié dans la prière. Sa mère, Maria, se souvient l’avoir entendu parler à Dieu à l’arrière de la voiture familiale : « Je suis trop jeune pour mourir », disait-il calmement. Dominic, qui sert la messe dans sa paroisse, raconte avoir prié sans cesse pendant cette épreuve. En mai 2023, quelques mois après la découverte de la tumeur, il affirme avoir vécu une expérience qui allait profondément le marquer. Alors qu’il se trouvait dans sa chambre, la Vierge Marie lui serait apparue. « Elle était habillée comme nous l’imaginons… et elle m’a dit que tout irait bien », a-t-il confié. Sa mère a été appelée au milieu de la nuit : son fils lui disait voir une femme vêtue de bleu, avec un voile sur la tête. Lorsqu’elle lui demanda s’il s’agissait de la Sainte Vierge, il répondit affirmativement.

Un mois plus tard, un nouvel examen a apporté une surprise considérable. La famille raconte que les médecins n’ont plus jugé nécessaire d’opérer. Les IRM réalisées depuis ne montreraient plus qu’une très petite trace de la masse initiale. Le récit publié par le New York Post le 5 septembre précise toutefois qu’aucune explication médicale n’a, à ce stade, permis d’établir la cause de cette évolution.

Dominic ne présente pas son histoire comme une preuve qu’il voudrait imposer. Il y voit un appel à la confiance. Dans une vidéo réalisée pour le concours du cardinal Tobin, organisé par l’archidiocèse de Newark, il a raconté cette nuit qui demeure pour lui décisive :

« Marie m’a dit de ne pas m’inquiéter, que tout irait bien. C’est ce dont j’essaie toujours de me souvenir. Dieu est toujours avec moi et je lui fais confiance chaque jour. »

L’adolescent relie cet épisode à un désir plus ancien. À quatre ans, il dit avoir fait un rêve dans lequel Dieu lui aurait demandé de devenir prêtre. Ce désir ne l’a jamais quitté. Il songe aujourd’hui à s’engager d’abord chez les Marines, suivant en cela l’exemple de son père, vétéran de deux missions en Irak décoré de la Purple Heart, avant d’entrer au séminaire. Il confie aussi avoir, un temps, voulu devenir « le premier prêtre astronaute ». Son chemin demeure pourtant fragile. En mars dernier, Dominic a été hospitalisé durant six jours après une nouvelle crise d’épilepsie, la cinquième depuis décembre. La cause de ces crises reste inconnue. Mais le jeune garçon estime que la maladie lui a appris à comprendre ceux qui souffrent. « Je veux être quelqu’un qui apporte du réconfort et de l’espérance », explique-t-il.

L’Église ne s’est pas prononcée sur le caractère surnaturel de l’événement rapporté par Dominic. Mais son témoignage, accueilli avec attention dans son diocèse, rappelle au moins une chose : au cœur de la maladie et de l’incertitude, un enfant de treize ans a puisé dans la foi une paix et une espérance peu communes.




Les saints du Carmel : Sainte Elisabeth de la Trinité – 3. O Feu consumant, Esprit d’amour !

        O Feu consumant, Esprit d’amour, « survenez en moi », afin qu’il se fasse en mon âme comme une incarnation du Verbe : que je Lui sois une humanité de surcroît en laquelle Il renouvelle tout son Mystère !

         Et vous, ô Père, penchez-vous vers votre pauvre petite créature, « couvrez-la de votre ombre », ne voyez en elle que le « Bien-Aimé en lequel vous avez mis toutes vos complaisances… »

En cette troisième partie plus concise, Elisabeth nous ouvre « la porte trinitaire » de notre foi : la Révélation s’est faite dans la venue du Fils qui nous tourne vers Père à travers le don de l’Esprit ! Dans une lettre splendide à un prêtre qui l’éclaire sur le mystère de son nom, Elisabeth se dévoile « être » pour toujours « de la Trinité » :

« Ce que vous me dites sur mon nom me fait du bien ; je l’aime tant, il me dit toute ma vocation ; en y pensant, mon âme est emportée sous la grande vision du Mystère des mystères, en cette Trinité qui dés ici bas est notre cloître, notre demeure, l’Infini en lequel nous pouvons nous mouvoir à travers tout… dire que le bon Dieu nous appelle de par notre vocation à vivre sous ces clartés saintes ! Quel mystère adorable de charité !

Je voudrais y répondre en passant sur la terre comme la Sainte Vierge, « gardant toutes ces choses en mon cœur » (Lc 2,19 et 51), m’ensevelissant pour ainsi dire dans le fond de mon âme afin de me perdre en la Trinité qui y demeure, pour me transformer en elle. Alors ma devise, « mon idéal lumineux » comme vous me dites, seront réalisés, ce sera bien Elisabeth de la Trinité [1]!… »

Comment ne pas signaler ici la proximité de la spiritualité trinitaire de la jeune carmélite avec celle de l’Orient chrétien et de l’orthodoxie où « prière et théologie sont inséparables… car la théologie véritable est adoration de l’intelligence. Elle élucide le mouvement de la prière, mais seule la prière peut lui donner la ferveur de l’Esprit. La théologie est lumière, la prière feu ! Leur union exprime celle de l’intelligence et du cœur. Mais c’est l’intelligence qui doit « reposer » dans le cœur, et la théologie se dépasser dans l’amour[2]… » et comme l’écrit magnifiquement Evagre le Pontique :

« Si tu es théologien, tu prieras vraiment, et si tu pries vraiment, tu es théologien[3] ! »

Remarquons enfin la remarquable proximité spirituelle d’Elisabeth avec un Saint Séraphim de Sarov qui proclamait : « Acquiers l’Esprit-Saint, et avec lui la paix intérieure, et des milliers, autour de toi, trouveront le salut ! » Et plus près de nous encore le Saint Starets Silouane qui nous prévient sur la dangerosité de notre époque : « Le monde subsiste grâce à la prière, mais quand la prière faiblira, alors le monde périra ! » Grâce à des Saints, inconnus du monde, le cours des évènements historiques et même cosmiques se trouve modifié… Les Saints sont le sel de la terre ; ils sont sa raison d’être… Ils sont ce fruit grâce auquel la terre est sauvegardée[4]… »

Elisabeth est si précieuse pour le monde actuel qui dépersonnalise les êtres originaux que nous sommes… car la plupart aujourd’hui veulent ressembler à leurs idoles et en deviennent des « photocopies », alors que chacun est né unique ! Il faut ici encore « écouter » la jeune carmélite qui pressentait l’avancée de ce monde sans Dieu et dont la séduction peut enfermer une vie dans l’éphémère.

En ce sens, elle a été inspirée d’écrire pour Françoise de Sourdon, âgée de 19 ans, un traité spirituel sur « la grandeur de notre vocation ». Elle avait pour cette jeune fille encore immature une amitié profonde en l’appelant « ma Framboise ». De fait, elle se reconnaissait en celle qui avait, comme elle, une nature explosive ! Mais Elisabeth carmélite a dépassé désormais ces états infantiles et elle entraîne son amie vers la liberté intérieure de la maturité chrétienne. En « répondant à ses questions », elle déploie des intuitions remarquables qui sont encore plus prophétiques pour notre combat d’aujourd’hui et elle chuchote à notre cœur le chemin vers la vraie liberté. Alors, à travers quelques extraits, écoutons-là ! Elle s’adresse aussi à nous qui cherchons sur ses traces « le secret du bonheur » :

« Voici enfin Sabeth qui vient s’installer avec son crayon près de sa Framboise chérie ! Je dis avec son crayon, car de cœur à cœur l’installation est faite depuis longtemps… Il me semble que je suis penchée sur toi comme une mère sur l’enfant de sa prédilection : je lève les yeux, je regarde Dieu, puis je les rabaisse sur toi, t’exposant aux rayons de son Amour ! Framboise, je ne Lui dis pas de paroles pour toi… Il préfère mon silence…

Mais je veux répondre à tes questions… Il me semble que l’âme qui a conscience de sa grandeur entre en cette « sainte liberté des enfants de Dieu » dont parle l’Apôtre (Ro 8,21), c’est-à-dire qu’elle dépasse toutes choses et se dépasse elle-même… le secret du bonheur, c’est de ne plus tenir compte de soi, de se nier tout le temps. Voilà une bonne façon de faire mourir l’orgueil : on le prend par la famine !…

Une âme qui vivrait dans la foi sous le regard de Dieu, qui aurait cet « œil simple » dont parle le Christ dans l’Evangile (Mt 6,22), c’est-à-dire cette pureté « d’intention » qui ne vise qu’à Dieu, cette âme-là vivrait dans l’humilité car « l’humilité c’est la vérité[5] !… » Elle rapporte tout à Dieu, comme faisait la Sainte Vierge… et il ne faut pas te décourager, car c’est encore l’orgueil qui s’irrite, mais tu dois « étaler ta misère » comme Madeleine aux pieds du Maître… Dieu étreint ce néant !

Mon enfant chérie, ce n’est pas de l’orgueil de penser que tu ne veux pas de la vie facile ; je crois vraiment que Dieu veut que ta vie s’écoule dans une sphère où l’on respire l’air divin. Oh ! Vois-tu, j’ai une compassion profonde pour les âmes qui ne vivent pas plus haut que la terre et ses banalités ; je pense qu’elles sont esclaves et je voudrais leur dire : secouez ce joug qui pèse sur vous ; que faites-vous avec ces liens qui vous enchaînent à vous-mêmes et à des choses moindres que vous-mêmes ?…

Oui, petite enfant de mon âme et de mon cœur, marche en Jésus-Christ : il te faut cette voie large, tu n’es pas faite pour les sentiers étroits d’ici bas !… Sois affermie en la foi, c’est-à-dire n’agis que sous la grande lumière de Dieu, jamais d’après tes impressions, l’imagination. Crois qu’Il t’aime, qu’Il veut t’aider Lui-même dans les luttes que tu as à soutenir. Crois à son amour, son trop grand amour (Ep 2,4)… C’est si beau la vérité, la vérité de l’amour : « Il m’a aimé, Il s’est livré pour moi » (Ga 2,20), voilà petite enfant, ce que c’est qu’être vrai ! »

                                                                               +Marie-Mickaël

 

[1] Lettre 185, à l’abbé Chevignard.

[2] Olivier Clément, Sources – Les mystiques chrétiens des origines, Stock 1982, p.167.

[3] Evagre le Pontique, De la prière, 61 – Philocalie I, 182.

[4] Archimandrite Sophrony, Staretz Silouane – Moine du Mont Athos, Editions Présence 1989, p.216.

[5] Sainte Thérèse d’Avila, Le Château  intérieur, VI, 10.




Mélanie Calvat : la douceur du regard de la Sainte Vierge

« La douceur de son regard, son air de bonté incompréhensible faisaient comprendre et sentir qu’Elle (la Sainte Vierge) attirait à Elle et voulait se donner ; c’était une expression d’amour qui ne peut pas s’exprimer avec la langue de chair ni avec les lettres de l’alphabet. »

Mélanie Calvat, description de la Sainte Vierge, apparitions de la Salette




Apparition de la Vierge à Cuchet – Besse-en-Oisans (Isère) en 1866 : « Je suis envoyée par mon Fils pour avertir mon peuple »

APPARITION DE LA SAINTE VIERGE À BESSE-EN-OISANS
Ce récit complet de l’apparition de la Sainte-Vierge est commenté par un contemporain originaire du Bourg-d’Oisans qui apporte de nombreuses précisions sur les faits ainsi que sur les suites qui seront données à cette mystique aventure. 

L’écho du Merveilleux du 15 juillet 1905. No 205

L’APPARITION DE BESSE-EN-OISANS, MONSIEUR GASTON MERY(1)

À propos des révélations et des prophéties relatives à la destruction de Paris ou aux malheurs de la France(2), que vous avez publiées dans votre Écho du Merveilleux, permettez-moi de vous signaler un fait qui a eu quelque retentissement, il y a quelque vingt ans, dans un petit coin du département, de l’Isère, et qui, à mon sens, n’a pas été suffisamment connu ailleurs. Il s’agirait d’une apparition de la Sainte-Vierge à un paysan incrédule.

Il existe dans le département de l’Isère une petite commune, Besse-en-Oisans (canton de Bourg-d’Oisans).
C’est un village perdu au milieu de montagnes couvertes de prairies exclusivement, qui lui font un décor assez ressemblant à celui de la Salette. Au mois de septembre de l’année 1886, un paysan de l’endroit, nommé Hustache, prétendit avoir vu la Sainte-Vierge.
Le récit qu’il fit (et dont je vous envoie copie ci-joint) excita la curiosité des habitants de Besse et des alentours.
Étant originaire de Bourg-d’Oisans, je me souviens assez, malgré mon jeune âge au moment des faits, du bruit que firent ces événements. Beaucoup de personnes se rendirent à Besse et de là, au hameau où eut lieu l’apparition. On y éleva même un oratoire.
J’ai entendu le voyant raconter les faits, et la copie que je vous transmets est faite d’après une copie que je possède, laquelle est la reproduction intégrale d’un écrit original du voyant, car non seulement il raconta, mais il écrivit son récit(3). Le voici ; j’y souligne quelques passages relatifs aux événements que tous nous redoutons(4).
Je rétablis la bonne orthographe et la ponctuation, mais je conserve le style simple et naïf du récit.

Premier Oratoire du Cuchet

Le 11 septembre de l’année 1886
J’arrivais de couper du blé vers les neuf heures du matin, dans un hameau qu’on appelle Cuchet ; en arrivant tout près de ma maison (le voyant qui avait une maison à Besse, en avait une aussi au hameau de Cuchet), j’aperçois une femme assise sur le banc, devant la porte, et, en la voyant, il me semblait pas une femme en vie ; ça me donne une grande frayeur ; je m’en retournais, et elle, en me voyant, elle m’appelle.
« Approchez-vous, elle dit, je ne suis pas ici pour vous épouvanter. » Je m’approche d’elle et je lui dis que je voulais aller boire, et elle me demande s’il y avait personne dans ce hameau et où était l’eau. Je lui réponds : non, il y a personne ici et l’eau est là dernier (derrière). Elle me dit : « Asseyez-vous un petit moment, vous irez boire tout à l’heure ». Et elle me dit : « Vous portez un bâton, avez-vous mal à la jambe ? » — Je lui réponds : « Oui, madame, il y a deux ans que j’y ai mal, et ça ne veut pas se guérir ». — Mais elle me dit : « J’ai entendu dire qu’il se fait des miracles à la Salette, n’y avez-vous rien été ? » — Je lui réponds : « Non, madame. Pour la Salette. je n’y crois pas, je n’y ai pas la foi. » — Elle me répondit : « Il faut avoir la foi, car sans la foi, nous ne pouvons être sauves ; pour moi, elle me dit, je le crois bien, car il y a rien d’impossible à Dieu. Il fait tout par sa toute puissance. Il nous faut pas vivre en incrédules, car si nous n’avons pas la foi, nous ne pouvons pas nous sauver ». Mais elle me dit : « J’ai entendu dire que votre prêtre devait avoir une grande foi pour la Salette ; il doit y avoir été avec un grand nombre de ses paroissiens ». — Je lui réponds : « Oui, madame, vous vous trompez pas, il y a été deux fois avec un assez grand nombre de gens du pays.
— Mais je lui dis : J’ai pas entendu dire qu’il se soit fait bien des miracles ; pour moi je ne crois pas que la Sainte-Vierge vienne sur la terre ». — Elle me répondit : « Il faut que nous le croyons, car elle a apparu à la Salette pour faire convertir tout son peuple, et faire pénitence, et je vois que partout où je vais, j’entends que jurements et autres choses ; je crois que le Bon Dieu sera forcé de vous punir sans tarder ; on a fait un jubilé pour apaiser un peu tout le mal qui se commet dans le monde, mais je vois que le mal ne fait qu’augmenter de plus fort, et vous autres, dans les montagnes, elle me dit, vous devez avoir encore un peu de foi ». — Je lui réponds : « Ici, c’est comme partout, la foi est bien faible ». — « Vous devez, elle me dit, avoir tous fait votre jubilé et vos Pâques ». — Je lui réponds : « Ici, il y a en a un grand nombre qui l’ont fait, mais il en reste toujours qui le font pas, et s’ils avaient tous fait comme moi, qui n’ai fait ni jubilé, ni pâques, personne ne les aurait fait ».

Niche de l’oratoire contenant l’ex voto gravé après l’apparition de 1886.

— Et elle me répond : « Ah ! mon ami, il vous faut pas négliger notre devoir de Pâques, car Dieu nous le commande, et il faut bien observer les commandements de Dieu et ceux de l’Eglise ». — Mais je lui réponds : « Ceux de l’Eglise, ce sont les hommes qui les ont faits, nous n’avons pas besoin de les observer tant » Et elle me répond : « Ah ! mon ami, il faut tout bien observer, car j’ai toujours entendu dire que Dieu avait donné le pouvoir à ses apôtres de faire et défaire sur la terre, que ça serait fait dans le ciel. Il nous faut croire à toutes ces vérités, si nous voulons être sauvés des peines terribles de l’autre monde. » Mais je lui réponds : « Le bon Dieu fera bien ce qu’il voudra de nous autres, il nous a pas créés pour nous perdre. » — Elle me répond : « Ah ! mon ami. si nous ne faisons rien pour nous sauver, Dieu nous sauvera pas tout seul. Il nous faut pas vivre en incrédules, il faut bien prier soir et matin. Si nous pouvons pas prier longtemps, faire au moins une petite prière, faite avec grande foi et confiance en Dieu ». Après elle dit : « Il y a à penser que vous avez eu une bonne récolte cette année. » — Oui, je lui réponds, le monde se plaint pas ; il y aura pas bien des pommes de terre. » — Elle répond : « Il faut bien nous contenter de ce que Dieu nous donne ; nous devrions bien le prier, car dans ce moment, on a besoin de prier ; les personnes pieuses et tous les chrétiens devraient redoubler de prières, car on voit la jeunesse corrompue dans le vice, très mal instruite ; on voit, en beaucoup d’endroits dans les écoles, on enseigne les enfants sans religion ; oh ! quel malheur pour un père et une mère, qui seront la cause de ce mal. Je crois, elle dit, que le Bon Dieu, les punira en ce monde et bien plus en l’autre. On travaille le dimanche ; on voit en beaucoup de pays les hommes travailler le dimanche, et manquer la messe. Ah ! quel malheur ! ça attire sur nous autres les châtiments de Dieu terribles en ce monde, et après leur mort une éternité de souffrances. On voit dans des pays que l’on se confesse jamais, et, cependant, elle me dit, la confession, c’est la chose la plus nécessaire pour nous sauver ; nous confesser les hommes les grandes fêtes de l’année. » — Je lui réponds : « Pour quant à moi je me confesse pas à Pâques. Je vais pas me confesser les grandes fêtes. » — Et elle me répond : « Ah ! mon ami, si nous voulons que Dieu nous pardonne du mal que nous commettons, il faut fréquenter les sacrements quelquefois. »

Site du Cuchet sur les hauteurs de Besse en Oisans.

Après elle continuait toujours de dire ; moi, je tourne la tête de l’autre côté et je reviens pour la regarder. Je la vois levée devant moi, toute changée, car auparavant, elle avait une robe bleue et un bonnet blanc, et nous avions toujours parlé en passant, et elle, sans se faire connaître. Mais elle a bien changé ; levée contre moi, elle avait une belle robe blanche, très brillante, et une couronne sur la tête, très brillante ; quand je l’ai vue tant belle, j’ai fait un effort pour me lever droit, mais la grande frayeur m’a pris. J’ai que pu lire sur sa couronne, ces deux mots, ça disait : « Je suis la reine du Ciel et de la Terre » ; et je me suis recouché par terre.
Après elle dit : « Mon enfant, vous ignorez pas que la Sainte-Vierge a apparu à la Salette, comme elle vous apparaît devant vous. » Après, elle répète : « Mon enfant, vous ignorez pas que la Mère de Dieu vient sur la terre par la permission de son Fils, pour donner la lumière aux incrédules et faire conserver la foi aux bons chrétiens. » — Après elle dit : « Il va arriver un accident dans votre commune, sans tarder, pour justifier les vérités au peuple, que je vous dis. – Ensuite, elle dit : « Je suis envoyée de mon Fils pour avertir mon peuple, qu’il se convertisse et qu’il fasse pénitence, pour épargner le grand châtiment, que mon Fils prépare pour punir tout mon peuple de leurs crimes, car ce sera un fléau, que de la vie, il en n’aura apparu de pareil, et malheur aux impies et aux incrédules. » Après elle dit plus rien à côté de la porte, elle part du côté de la fontaine(5), et moi, la grande frayeur que j’avais, je reste encore un petit moment après elle ; car je la voyais qui marchait par l’air environ à dix centimètres de terre et je ne voyais ni pieds, ni remuer pour marcher. Je pars aussi après elle du côté de la fontaine, elle s’assied dessus une pierre qui est un tuf et moi, il y avait encore environ dix mètres avant d’arriver auprès d’elle, car je n’osai pas approcher vers cette belle clarté. Je me couche par terre, et elle en me voyant par terre, elle m’appelle : « Mon enfant, approchez-vous, n’ayez pas crainte ; vous avez parlé de venir boire. » Je m’approche de la fontaine et je ne disais rien, et elle me dit : « Mon enfant, faites-bien attention aux paroles que je vais vous dire — ici, et elle dit : Oh ! peuples français que vous êtes malheureux ! Dans le temps, vous vous faisiez respecter par vos vertus, et aujourd’hui, par rapport à vos crimes, je serai forcée de vous abandonner et de laisser tomber la vengeance de mon fils sur vous autres ; et malheur aux impies et aux incrédules. » Après elle dit : Il y aura grande guerre en France(6) et grande persécution dans l’Eglise Chrétienne ; on va attaquer ses ministres et tous les bons chrétiens, mais ça ne durera pas longtemps. » Ensuite, elle dit : « Mon enfant dite ce que je vous ai dit ici, à la fontaine, au ministre de mon Fils et dites ce que vous avez vu et entendu au peuple et mettez en pratique et mémoire tous les discours que je vous ai dits à côté de votre porte ; car ils viennent de mon fils. Faites passer à tout mon peuple, afin qu’il les mette en pratique et qu’ils se convertissent » – Après elle se lève, fait le tour de la fontaine pour la bénir ensuite elle se lève doucement dans les airs. J’ai vu sa personne en haut environ à 20 mètres. Voilà toutes les vérités que notre bonne (mère) m’a dites, et elle a dit de dire au peuple que tous les malheurs qu’elle a dits doivent arriver vers la fin du siècle où commencement de l’autre.
HUSTACHE FRANÇOIS.

Récent Oratoire Notre Dame du Cuchet.

Le malheur prédit était un incendie qui a éclaté on ne sait comment, il n’y a eu qu’une maison de brûlée, malgré les ouvertures pleines de foin qui étaient, à côté ; c’était un aubergiste qui donnait à boire à la jeunesse pendant la grand’messe(7).
Mais, quel crédit faut-il accorder au récit du paysan dauphinois ? Naturellement, comme pour toutes les apparitions, ce n’est pas à nous à décider. Et je me garderai bien d’entrer dans une discussion à ce sujet.
Ce que je puis dire, c’est que le plus grand nombre des habitants de Besse a cru à l’apparition et qu’il a pris alors en aversion le curé de l’endroit qui faisait une trop forte opposition. Du reste, des manifestations, paraît-il, suivirent. Là-dessus, mes souvenirs ne sont plus assez précis. Cependant, comme mes parents avaient alors à leur service une domestique originaire de Besse, j’ai su par elle beaucoup de choses. Le 19 septembre, jour anniversaire de l’apparition de la Salette, les paysans de Besse faisaient une procession au lieu de l’apparition ; il y eut, paraît-il, des lumières vues d’un grand nombre, et beaucoup d’autres faits merveilleux(8). Je ne puis m’étendre là-dessus, n’ayant aucun fait précis dans ma mémoire. Mais beaucoup de personnes de Besse pourraient avoir là-dessus des choses intéressantes à dire.
Quant au voyant, qui était incrédule, on le vit d’une piété remarquable, après son récit. Jusque-là, il avait eu besoin d’un bâton pour marcher, et depuis, il ne s’en servait plus. L’accident prédit, et qui arriva… tout cela était de notoriété publique. Le paysan en question, du reste, paraissait absolument de bonne foi, il est mort depuis quelques années.
Quelle fut l’attitude du clergé ? Je vous ai déjà dit que le curé de l’endroit fit une forte opposition, naturellement.
Mais voici ce qu’en écrivait à un de mes parents, l’archiprêtre du Bourg-d’Oisans, homme très savant et très prudent, lequel est mort aujourd’hui : « L’apparition de Besse me paraît quelque chose de sérieux ; elle a fait du bruit d’abord. En ce moment, on en parle moins et comme on a fait à Lourdes, lors des premières apparitions nous nous tenons à l’écart en attendant que la question devienne plus claire. La Sainte-Vierge se serait montrée à un paysan de cinquante ans ; elle lui aurait reproché son peu de foi et sa conduite peu chrétienne… Le voyant ne devait rien révéler avant le 19 septembre, huit jours après cette apparition et à son curé d’abord. Ce qu’il y a de certain, c’est que ; cet homme qui ne paraissait pas à l’église, a fait ses Pâques le jour de N.-D. de la Salette et depuis il va à la messe, même pendant la semaine et communie souvent »…
L’évêché s’en occupe-t il ? Il me semble me souvenir qu’il le fit discrètement. Mais là encore mes souvenirs sont trop peu précis.
Mon but, en vous envoyant le récit de cette apparition, n’est donc pas de vouloir ressusciter une vieille histoire, mais, comme on ne s’est jamais prononcé sur cette affaire il me semble que le fait a été très peu divulgué. Si vous jugez à propos de lui accorder la publicité de votre revue, je vous remercie d’avance.
Agréez, Monsieur, mes meilleures salutations.
J. V.

Troisième oratoire du site dédié à Saint-Jean-Baptiste.

(1) Gaston Mery né en 1866 et mort en 1909, journaliste, s’occupait de la gérance du journal « L’écho du Merveilleux ».
(2) Des visions auraient inspirés à Marie Martel (de Tilly), des prédictions (à partir de 1897 jusqu’en 1903) de la destruction de Paris et d’autres malheurs pour la France, ces oracles seront publiés à de nombreuses occasions dans ce journal.
D’autres voyants, plus ou moins contemporains de François Hustache, annoncent aussi ces catastrophes et la destruction de Paris par le feu et par la foudre. On peut citer Mélanie Calvat de Notre-Dame-de-la-Salette dans ses nombreuses correspondances (contestées par l’Église) ou dans ses déclarations faites au curé Rigaux ; on peut citer l’une des plus connue, Marie-Julie Jahenny et ses nombreuses prophéties dont celle de 1882. (Et bien d’autres…)
(3) Ce récit connait au moins trois retranscriptions, la première est celle du témoin, François Hustache, imprimée en 1887 par les bureaux des Annales du Surnaturel ; le second est une copie de la première, elle est réalisée par André Sébastien Ougier Siècla, elle est datée du 3 mars 1905 ; la troisième, également copie de la première est celle présentée dans cet article, elle est signée J. V. et publiée dans les pages de « l’écho du Merveilleux » le 15 juillet 1905.
(4) Il est sans doute fait référence à la loi de séparation des Églises et de l’État qui sera adoptée quelques mois plus tard, le 9 décembre 1905 et aussi certainement à une prochaine guerre.
(5) La municipalité de Besse a réalisé une petite plaquette présentant le sentier des oratoires avec les indications pour accéder au site du Cuchet et sa source « miraculeuse ».
(6) En 1886, la prédiction d’une guerre prochaine n’est véritablement pas une annonce divine, mais plutôt, une idée dans l’air du temps. La victoire allemande de 1871 est encore présente dans tous les esprits, suscitant pour beaucoup une revanche à prendre.
(7) Là où la Sainte-Vierge parle d’un « accident », ou le commentateur interprète dans ses premières lignes comme un « malheur » prédit par la Sainte-Vierge, je vois pour ma part, le miracle d’un incendie circonscrit à une seule maison alors que les circonstances décrivent un risque évident de propagation. Je ne suis pas parvenu, pour l’instant, à trouver la date précise de l’incendie dont il est fait mention dans le commentaire du texte. Toutefois, ce type de sinistre est à l’époque un fléau bien connu dans les villages. Ne faut-il pas voir dans ce rapprochement, entre la prédiction et son « malheur » un simple effet de corrélation illusoire ?
(8) Le commentateur ne mentionne pas la deuxième apparition (le 11 septembre 1887), inscrite sur l’ex-voto, visible dans la niche du premier oratoire.

Source : https://freneydoisans.com/freneytique/apparition-de-la-sainte-vierge-a-besse-en-oisans/




Les saints du Carmel : Sainte Elisabeth de la Trinité – 2. O mon Christ aimé, crucifié par amour ! 

       « O mon Christ aimé, crucifié par amour, je voudrais être une épouse pour votre Cœur, je voudrais vous couvrir de gloire, je voudrais vous aimer… jusqu’à en mourir ! Mais je sens mon impuissance et je vous demande de me « revêtir de vous-même », d’identifier mon âme à tous les mouvements de votre âme, de me submerger, de m’envahir, de vous substituer à moi, afin que ma vie ne soit plus qu’un rayonnement de votre Vie !

        Venez en moi comme Adorateur, comme Réparateur et comme Sauveur. O Verbe éternel, Parole de mon Dieu, je veux passer ma vie à vous écouter, je veux me faire toute enseignable, afin d’apprendre tout de vous. Puis, à travers toutes les nuits, tous les vides, toutes les impuissances, je veux vous fixer toujours et demeurer sous votre grande lumière… Ô mon Astre aimé, fascinez-moi pour que je ne puisse plus sortir de votre rayonnement… »

Dans cette seconde partie, Elisabeth nous plonge dans sa contemplation unique du Verbe éternel devenu notre Sauveur ! C’est véritablement le « chant nuptial » de l’Epouse qui jaillit ici où se déploie une remarquable théologie spirituelle : à travers son regard enflammé, les élans, les limites et la fascination de son cœur se dévoilent…

Ecoutons d’abord les élans irrésistibles de son amour fou pour Jésus :

« Ô mon Christ aimé, crucifié par amour, je voudrais être une épouse pour votre Cœur, je voudrais vous couvrir de gloire, je voudrais vous aimer… jusqu’à en mourir ! »

Comme tous les Saints, Elisabeth a rencontré Dieu en profondeur au pied de la Croix. N’écrivait-elle pas à sa mère : « Le signe que nous reconnaissons que Dieu est en nous et que son amour nous possède, c’est de recevoir non seulement avec patience mais avec reconnaissance ce qui nous blesse et nous fait souffrir. Pour en venir là, il faut contempler le Dieu crucifié par amour, et cette contemplation, si elle est vraie, aboutit infailliblement à l’amour de la souffrance…

Reçois à la lumière qui jaillit de la Croix toute épreuve, toute contrariété… c’est comme cela que l’on plaît à Dieu, que l’on avance dans les voies de l’amour !… Je ne peux pas dire que j’aime la souffrance en elle-même, mais je sens qu’elle me rend conforme à Celui qui est mon Epoux et mon Amour. Oh, vois-tu, cela met dans l’âme une paix si douce, une joie si profonde[1]… »

On est confronté ici à cette « folie des Saints » dans leur amour de la Croix et cela scandalise le monde… et même une majorité de chrétiens qui vivent dans leur tiédeur ! Pourtant, Seule la parole des Saints est crédible et nous donne cette sublime Sagesse inspirée par l’Esprit de Dieu :

« La Croix, c’est le bois qui nous élève et nous rend grands[2] ! »

« La Croix n’est pas la fin de l’histoire ; c’est le début de la victoire[3] ! »

Mais dans son amour enflammé pour le Christ, notre si chère Elisabeth reste à la fois très réaliste et pleine d’espérance sur le sens à donner à sa « faiblesse » :

« Mais je sens mon impuissance et je vous demande de me « revêtir de vous-même », d’identifier mon âme à tous les mouvements de votre âme, de me submerger, de m’envahir, de vous substituer à moi, afin que ma vie ne soit plus qu’un rayonnement de votre Vie ! »

Elle a donc vécue ses limites à l’école de la petite et si grande Thérèse de Lisieux : « C’est si bon d’être le petit enfant du bon Dieu, de se laisser porter par Lui tout le temps, de se reposer en son Amour ! Demandons cette grâce de simplicité et d’abandon à Sœur Thérèse de l’Enfant-Jésus[4]… C’est si simple, cette intimité avec Dieu ; cela repose plutôt que de fatiguer… comme une enfant se repose sous le regard de sa mère[5] ! »

Ainsi, du creux de sa petitesse, Elisabeth n’attend sa transformation que de l’Œuvre de Dieu pour que « sa vie ne soit plus qu’un rayonnement de sa Vie ! » Elle le chante avec les accents uniques de sa personnalité si attachante : « Il sait tout, Il peut tout et Il nous aime d’un si grand amour, c’est l’Infini[6] !… car chaque incident, chaque évènement, chaque souffrance comme chaque joie est un sacrement qui nous donne Dieu[7] ! »

La jeune carmélite conclut par une invitation suprême, une sorte de feu d’artifice mystique final qui est un « venite » à son « Christ aimé » :

« Venez en moi comme Adorateur, comme Réparateur et comme Sauveur. O Verbe éternel, Parole de mon Dieu, je veux passer ma vie à vous écouter, je veux me faire toute enseignable, afin d’apprendre tout de vous. Puis, à travers toutes les nuits, tous les vides, toutes les impuissances, je veux vous fixer toujours et demeurer sous votre grande lumière… Ô mon Astre aimé, fascinez-moi pour que je ne puisse plus sortir de votre rayonnement… »

« Je veux passer ma vie à vous écouter… » N’est-on pas ici au cœur du cœur de la vie d’Elisabeth ? Elle, si vivante, si engagée, si rayonnante que tous la suivaient… elle était pourtant cette chrétienne belle et lumineuse qui ne cesse d’écouter Celui pour qui va faire  d’elle une « louange de sa gloire ! » N’a-t-elle pas écrit ces lignes reconnaissables entre toutes : « Une louange de gloire, c’est une âme de silence qui se tient comme une lyre sous la touche mystérieuse de l’Esprit Saint afin qu’Il en fasse sortir des harmonies divines… c’est aussi comme un cristal au travers duquel Il peut rayonner[8]… en l’âme de la Vierge, c’est là que nous adorerons la Sainte Trinité[9] ! »

                                                                                                    +Marie-Mickaël

         

[1] Lettre 314 et 317.

[2] Saint  Jean Chrysostome.

[3] Saint Léon le Grand.

[4] Lettre 179.

[5] Lettre 301.

[6] Lettre 197 bis.

[7] Le Ciel dans la foi, 10.

[8] Le Ciel dans la foi, 43.

[9] Lettre 199.




Saint Bonaventure : la Vierge a payé notre rançon…

La bienheureuse Vierge a payé notre rançon en femme courageuse et aimante d’un amour de miséricorde pour le monde, et surtout pour le peuple chrétien. […] elle a eu compassion des âmes à tel point qu’elle a compté pour rien toute perte matérielle et toute souffrance physique.

Saint Bonaventure (1221-1274) « Les sept dons du Saint-Esprit », conférence VI, 15-21) (trad. Orval).




Messages donnés à Luz de Maria en août 2026

MESSAGE DE LA TRÈS SAINTE VIERGE MARIE
À LUZ DE MARIA
6 AOÛT 2026

Enfants bien-aimés de Mon Cœur Immaculé :

Je viens vers vous avec Mon Amour pour l’offrir à l’humanité qui désire l’accepter.

MON CŒUR IMMACULÉ EST DEVANT VOUS, PRENEZ-LE ET SOYEZ DES CRÉATURES D’AMOUR, DE PAIX ET DE FRATERNITÉ.

L’humanité continue d’avancer sans voir, ni entendre, ni ressentir Mon Divin Fils, car vous vous êtes laissés entraîner par le Diable, qui vous conduit à tomber dans le précipice.

Les jours sombres et les nuits encore plus sombres se rapprochent de toute l’humanité, alors que le Soleil est en pleine activité.

Mes enfants :

Où avez-vous égaré votre cœur de chair ?
Qu’est-il advenu de la grâce du Saint-Esprit qui vous fortifie dans les moments d’épreuve ?
Vous avez adopté une attitude qui n’est pas digne des enfants de Dieu et vous rejetez les dons, les grâces et les vertus pour lesquels vous devriez lutter avec encore plus d’ardeur en ce moment, alors que de grandes et graves épreuves s’approchent de vous.

Veillez, Mes enfants !

LE DIABLE NE SE REPOSE PAS ET MAINTIENT LA PLUPART DE SES DÉMONS SUR TERRE POUR VOUS TENTER ET EMPORTER LE PLUS GRAND NOMBRE D’ÂMES.

Priez, soyez des créatures d’offrande, de réparation, de sacrifice ; tout cela offert à La Très Sainte Trinité pour le salut des âmes et la conversion des pécheurs, des hérétiques, des athées et de ceux qui se sont compromis avec le Diable.

Petits enfants :

Soyez ces âmes que Mon Divin Fils appelle à être davantage de l’esprit que de la chair.

Vous êtes les témoins de la douleur de tant de vos frères et sœurs à cause de la nature, qui manifeste sa fureur face à une génération qui montre qu’elle n’aime ni Mon Divin Fils ni Moi, Sa Mère.

PRENEZ LE SAINT ROSAIRE DANS VOS MAINS ET QUE VOTRE CŒUR CHANTE LES GLOIRES DE MON DIVIN FILS ET DE CETTE MÈRE QUI VOUS AIME !

SOYEZ PERSÉVÉRANTS ET SOYEZ CERTAINS QUE MON DIVIN FILS NE VOUS LAISSERA PAS SANS PROTECTION.

Il vous manque la foi pour croire, la foi pour être sûrs, la foi pour rester debout en adorant le Nom qui est au-dessus de tout nom.

Enfants bien-aimés de Mon Cœur Immaculé :

L’Arme des Derniers Temps, l’arme qui remportera toutes les batailles, l’arme qui brillera dans les ténèbres et que le Diable craint et craindra, c’est le Saint Rosaire, non pas parce que vous le portez pour l’exhiber, mais parce que le Saint Rosaire fait trembler l’enfer lui-même. Les démons ne peuvent même pas le regarder, et chaque mot prononcé avec amour et en pleine conscience de ce qui est dit est un haut-parleur qui répète chaque Saint Rosaire que vous, petits enfants, priez avec dévotion.

Enfants bien-aimés, le Ciel lui-même vous rappelle que la guerre fait rage et vous dit que ce que l’homme crée vient de l’homme, tandis que ce que Mon Divin Fils envoie vient d’En-Haut. Portez une attention particulière au Moyen-Orient.

Enfants, vous savez que le mal commence par la déviation de la volonté humaine ; c’est ainsi que vous adhérez à ce qui vient d’en bas et est inférieur, que vous agissez et vous comportez comme le font ceux d’en bas, ceux qui marchent avec le mal, ce qui vous conduit à prendre goût au péché.

Petits enfants, vous vivez au milieu d’un tel péché que vous devez garder présent à l’esprit que vous êtes enfants de La Très Sainte Trinité et Mes enfants, afin que la volonté humaine ne vous détourne pas de l’unique chemin qui vous conduit à la Vie éternelle. Soyez experts en amour et le reste vous sera donné par surcroît.

Priez, Mes enfants, priez pour que les prochains tremblements de terre baissent en intensité grâce à la clameur de vos prières : Amérique du Sud, Pakistan, Mexique.

Priez, Mes enfants, priez, car le feu provenant des températures élevées du Soleil continue de provoquer des incendies : soyez vigilants aux États-Unis, au Mexique, en Amérique centrale, en Amérique du Sud, en Inde, au Sénégal et en Allemagne.

Priez, Mes enfants, priez avec ferveur pour l’institution qu’est l’Église fondée par Mon Divin Fils.

Préparez votre âme, soyez plus spirituels, assistez à la Célébration Eucharistique et recevez la Sainte Eucharistie.

LA PRIÈRE ACCOMPLIT DE GRANDS MIRACLES AU SEIN DE L’HUMANITÉ, comme le miracle qui, par Volonté Divine, se produira sur Ma Tilma dédiée à Notre-Dame de Guadalupe, en aide à cette génération et en préparation à une grande joie.

N’ayez pas peur, ne suis-Je pas ici, Moi qui suis votre Mère ?

Maman Marie

MESSAGE DE SAINT MICHEL ARCHANGE
À LUZ DE MARIA
15 AOÛT 2026

Enfants bien-aimés de Notre Roi et Seigneur Jésus-Christ :

JE VIENS À VOUS AU NOM DE LA TRÈS SAINTE TRINITÉ.

Enfants de Notre Roi et Seigneur Jésus-Christ, recevez les bénédictions de la Maison paternelle.

L’HUMANITÉ SE REND-ELLE COMPTE À QUEL POINT ELLE SE SÉPARE
« DU CHEMIN, DE LA VÉRITÉ ET DE LA VIE ».

Notre Roi et Seigneur Jésus-Christ vous a fait savoir où se dirige cette génération si elle continue à se montrer désobéissante et arrogante à Son égard. Cette humanité ignore les avertissements, les appels et méprise l’Amour Divin.

À l’heure actuelle, les prophéties s’accomplissent sous les yeux de l’humanité, qui reste insensible à la souffrance d’autrui en pensant qu’elle ne subira jamais les calamités dont souffrent ses semblables.

Je dois vous dire que les tremblements de terre continueront de se produire avec une grande violence un peu partout sur la Terre lorsque vous vous y attendrez le moins. L’eau envahit les terres et les hommes sont pris au dépourvu, souffrant jusqu’à l’épuisement ; le vent fouette les nations ; le feu consume de vastes étendues.

La terre tremble partout dans le monde et les créatures humaines, à genoux, imploreront la clémence de Dieu ; elles ont tant tardé à se convertir en ignorant les appels du Ciel, que lorsqu’elles souhaiteront demander pardon, elles ne se souviendront que du moment qu’elles vivent et non de Dieu. Convertissez-vous dès maintenant, enfants de Notre Roi et Seigneur Jésus-Christ.

JE VOUS INVITE À VOUS PLONGER AU PLUS PROFOND DE LA PRIÈRE…
VOUS DEVEZ PRIER DE MANIÈRE PLUS SPIRITUELLE.

J’invite les habitants de chaque nation à prier tout particulièrement pour leur propre pays, sans oublier de mentionner le monde entier dans leurs prières.

Je vous appelle à ce que chaque peuple intercède pour sa propre terre, pour ses dirigeants, pour ses familles et pour la paix dans toutes les nations ; ainsi, vous élèverez d’une seule voix vos prières vers Dieu en ce moment de grand besoin.

Les signes et les signaux ne se font pas attendre, mais, cela ne suffit pas, la créature humaine cherche une explication à tout ce qui se passe.

L’HUMANITÉ GOÛTE AU CALICE DE LA DOULEUR.
C’EST DÉSORMAIS LE MOMENT OÙ VOUS VERREZ CE QUE VOUS N’AVEZ PAS ENCORE VU.

Priez, enfants de Notre Roi et Seigneur Jésus-Christ, priez pour le Mexique, les États-Unis et le Canada, qui souffrent des tremblements de la terre.

Priez, enfants de Notre Roi et Seigneur Jésus-Christ, priez pour l’Amérique Centrale, l’Argentine, le Brésil, le Chili, la Colombie, l’Équateur et le Pérou, qui sont secoués avec violence.

Priez, enfants de Notre Roi et Seigneur Jésus-Christ, priez pour l’Espagne, l’Italie, le Portugal, la Suède, la Turquie et l’Afrique du Sud.

IL EST IMPORTANT QUE VOUS PRIIEZ AVEC FOI ET EN VIVANT LA PRIÈRE afin que Mes Légions, sous Mon commandement, vous protègent face à l’élite mondiale, face à la division qui va survenir au sein de l’Église de Notre Roi et Seigneur Jésus-Christ, face à la persécution…

IL EST IMPORTANT POUR L’HUMANITÉ QUE VOUS VOUS PRÉPARIEZ INTÉRIEUREMENT, que vous soyez plus spirituels et que vous aimiez défendre la foi.

Gardez présent à l’esprit que le combat n’est pas contre des hommes, mais contre les esprits du mal qui errent dans le monde. En ce moment, le Diable prend plaisir à persécuter les enfants de Notre Roi et Seigneur Jésus-Christ, oubliant qu’il a été vaincu et qu’il sera vaincu, et que sa tête sera écrasée sous le pied de Notre Reine et Mère des Derniers Temps, et que Son Cœur Immaculé Triomphera.

Sur Terre, il y a tant d’âmes qui doivent être sauvées et conduites vers l’Amour Divin. Ces âmes sont confiées aux Enfants de Prédilection (les prêtres) de Notre Reine et Mère, qui sont appelés à évangéliser, à aider, à prier et à arracher ces âmes des griffes du Diable. Il y a tant de créatures humaines qui se sont corrompues par les arts du Diable et qui persécutent le Peuple que nous devons défendre.

PRIEZ ET SOYEZ AMOUR, ASSISTEZ À LA CÉLÉBRATION EUCHARISTIQUE, EN TROUVANT REFUGE DEVANT LE TRÈS SAINT SACREMENT DE L’AUTEL.

Je vous bénis de la bénédiction de l’Amour Divin et de la protection de Notre Reine et Mère.

Saint Michel Archange

MESSAGE DE NOTRE SEIGNEUR JÉSUS-CHRIST
À LUZ DE MARIA
24 AOÛT 2026

Enfants bien-aimés :

JE VOUS BÉNIS, JE VOUS INVITE À EXAMINER EN CONSCIENCE LES ACTES ET LES COMPORTEMENTS MAUVAIS DE CHACUN D’ENTRE VOUS, MES ENFANTS.

Enfants, Je vous ai dotés de la capacité de vous regarder en face et de vous définir tels que vous êtes. Vous devez en prendre conscience avant qu’il ne soit trop tard ! Car celui qui ne se reconnaît pas tel qu’il est, n’est pas capable de demander pardon, ni de se pardonner à lui-même, ni de pardonner à ses frères et sœurs.

Avez-vous remarqué qu’une boussole indique à ceux qui l’utilisent la direction qu’ils doivent prendre ? Vous possédez la conscience, qui est comme cette boussole qui indique le bien et le mal à la plupart de Mes enfants. Utilisez-la pour votre bien, afin de rejeter le mal et d’être capables de vous évaluer vous-mêmes sans vous référer à autrui.

COMPRENEZ, MES ENFANTS, QUE LE SALUT EST PERSONNEL ET QUE LA CONDAMNATION EST PERSONNELLE !

Vous vous acharnez contre vos frères et sœurs, vous vous érigez en juges de vos frères et sœurs. Et Moi, qui suis-Je ? Qui vais-Je juger ? Vous-mêmes. Vous pensez à tort que ce sont les grands péchés que Je juge le plus ; certes, Je les juge, mais vous péchez si assidûment que vous ne pourriez le croire si Je vous donnais le nombre de petits actes et comportements qui constituent des péchés, et des péchés très graves.

L’humanité accueille la méchanceté parce que le bien exige de l’humanité un comportement bien défini, dans lequel elle doit s’efforcer d’accomplir ce que Ma Maison vous demande pour que vous soyez véritablement Mes enfants.

Combien vivent en esprit et en vérité ?
Qui sont les pharisiens d’aujourd’hui ? Ceux qui prêchent en s’appuyant sur des fondations enfoncées dans des eaux marécageuses et qui condamnent leurs semblables.

« Aussi es-tu sans excuse, qui que tu sois, toi qui juges. Car en jugeant autrui, tu juges contre toi-même : puisque tu agis de même, toi qui juges. » (Rm 2, 1).

Lorsque J’ai interpellé ceux qui accusaient la femme adultère en leur disant : « Que celui qui est sans péché lui jette la première pierre » (cf. Jn 8, 1-11), leur conscience s’est retournée contre eux-mêmes, l’un après l’autre, et, convaincus par leurs propres actes, ils se sont retirés, en commençant par les plus âgés.

CERTAINS DE MES ENFANTS USURPENT MON AUTORITÉ, SE SUBSTITUENT AU JUGE, CE QUI RELÈVE DE L’ORGUEIL. Mes enfants se croient supérieurs à Ma Loi en aspirant à occuper Ma place unique de Juge.

« Ne médisez pas les uns les autres, frères. Celui qui médit d’un frère ou qui juge son frère, médit de la Loi et juge la Loi. Or si tu juges la Loi, tu n’es pas l’observateur de la Loi,
mais son juge. Il n’y a qu’un seul législateur et juge, celui qui peut sauver ou perdre.
Et toi, qui es-tu pour juger le prochain ? (Jc 4, 11-12)

En ce moment où l’humanité est en danger, vous continuez à faire preuve de folie, à commettre les mêmes erreurs, et vous continuerez à souffrir.

LE PÉCHÉ EST TELLEMENT GRAND QUE VOUS VOUS FLAGELLEZ VOUS-MÊMES ET QUE VOUS SOUFFREZ À CAUSE DE LA FOLIE D’ALLER À MON ENCONTRE.

La Terre continuera de trembler ici et là avec une force différente de celle d’autrefois ; tandis que d’autres pays seront inondés par les eaux, recouverts par la cendre des volcans. Ô humanité, comme vous déplorerez la disparition d’une partie d’un pays !

Les volcans se sont réveillés et continueront de se réveiller, comme vous l’a annoncé Ma Maison. Le soleil continue de contribuer aux séismes sur la Terre et l’homme de pouvoir dans le monde insiste pour déclencher la grande et redoutable guerre.

PRÉPAREZ-VOUS, MES ENFANTS, PRÉPAREZ-VOUS !

La grande panne d’électricité est en cours, elle ne s’arrête pas et vous continuez à désobéir.

Les aliments se font rares et comment vais-Je pourvoir Mes enfants de la même Manne, s’ils ne croient pas ?

VOUS AVEZ BESOIN DE VOUS CONVERTIR DE TOUTE URGENCE, ne prenez pas de raccourcis, Mes enfants, car c’est dans ces raccourcis que vous rencontrerez davantage de difficultés et que vous ne trouverez pas Mon Chemin.

NE VOUS ÉCARTEZ PAS DU VRAI CHEMIN, restez fidèles à la Tradition de Mon Église, marchez sur les bons chemins, Mes enfants, ce n’est pas le moment de mépriser Ma Miséricorde.

Votre Jésus




Les saints du Carmel : Sainte Elisabeth de la Trinité – 1. O mon Dieu, Trinité que j’adore !

« O mon Dieu, Trinité que j’adore, aidez-moi à m’oublier entièrement pour m’établir en vous,  immobile et paisible comme si déjà mon âme était dans l’éternité…

       Que rien ne puisse troubler ma paix, ni me faire sortir de vous, ô mon Immuable, mais que chaque minute m’emporte plus loin dans la profondeur de votre Mystère. Pacifiez mon âme, faites-en votre ciel, votre demeure aimée et le lieu de votre repos. Que je ne vous y laisse jamais seul, mais que je sois là toute entière, toute éveillée en ma foi, toute adorante, toute livrée à votre Action créatrice… »

Voici donc la première partie de la contemplation Trinitaire de notre chère Elisabeth : on est là au cœur du cœur du mystère de la foi chrétienne et, en ce sens, le témoignage de la jeune carmélite me semble « unique » dans l’histoire de l’Eglise ! Il faut donc tenter de contempler et creuser cette prière qui lui a été inspirée par l’Esprit-Saint…

« O mon Dieu, Trinité que j’adore ! » Cette première affirmation est l’acte de foi suprême en la Révélation contemplé par Saint Jean : « Au commencement était le Verbe, et le Verbe était tourné vers Dieu, et le Verbe était Dieu… Tout fut par Lui et sans Lui rien ne fut… Et le Verbe s’est fait chair et Il a demeuré parmi nous, et nous avons vu sa gloire, gloire qu’Il tient de son Père comme Fils unique, plein de grâce et de vérité !… Nul n’a jamais vu Dieu ; le Fils unique, qui est dans le sein du Père, Lui, l’a fait connaître… » (Jn 1,1-2 / 14-18)

Alors, dans cette contemplation, l’âme devient, selon l’expression favorite d’Elisabeth : « une louange de Gloire !… une âme de silence qui se tient comme une lyre sous la touche mystérieuse de l’Esprit Saint afin qu’Il en fasse sortir des harmonies divines[1] ! » Et elle conclut en citant d’abord Saint Paul : « Vous n’êtes plus des hôtes ou des étrangers, mais vous êtes de la Cité des saints et de la Maison de Dieu ! » (Ep 2,19). La Trinité, voilà notre demeure, notre « chez nous », la maison paternelle d’où nous ne devons jamais sortir[2]… »

On comprend pourquoi elle insiste tant sur « l’oubli de soi » qui seul, permet à Dieu de nous emporter dans « la profondeur de son Mystère » ! Il faut donc repasser en nos cœurs cette lumineuse élévation. Elisabeth nous y invite à devenir de vrais chrétiens qui découvrent le secret de la foi : dépasser tout le créé, et surtout soi-même, pour entrer dans le « Royaume intérieur[3] » pour la plus belle des rencontres ! Elle fera de nous des témoins de la beauté de Dieu : « Aidez-moi à m’oublier entièrement pour m’établir en vous, immobile et paisible comme si déjà mon âme était dans l’éternité… Que rien ne puisse troubler ma paix, ni me faire sortir de vous, ô mon Immuable, mais que chaque minute m’emporte plus loin dans la profondeur de votre Mystère… »

Et c’est pourquoi elle ose écrire à sa Mère : « Tu sais que je suis la petite maman de ton âme, aussi je suis pleine de sollicitude pour elle. Rappelle-toi ces mots de l’Evangile : « Le Royaume de Dieu est au-dedans de vous ! » (Lc 17,21). Entre en ce petit royaume pour adorer le Souverain qui y réside[4]… »

Ensuite, la jeune Carmélite témoigne avec une splendide liberté du mystère de l’inhabitation divine en son âme. N’est-ce pas d’ailleurs le grand témoignage de toute sa vie ? Assurément, car n’oublions pas que notre Elisabeth était une remarquable pianiste classique qui aurait pu accéder à une carrière internationale… mais Elle a été définitivement saisie par « la musique intérieure » de la Présence de Dieu qui l’a toute emportée dans le silence et la louange ! Aussi, elle affirme avec force : « Ce silence dont parlait David ((Ps 65,1)… est la plus belle louange !… Que rien ne me sorte de ce beau silence du dedans[5]… »

Cela aboutira à cette prière à la Sainte Trinité que nous méditons. Et, avec l’audace et la liberté que donne l’Esprit, Elisabeth y affirme la plénitude qui traverse sa vie baptismale : « Pacifiez mon âme, faites-en votre ciel, votre demeure aimée et le lieu de votre repos ! »

On peut vraiment dire qu’elle a vécu à la belle époque, la plus belle histoire d’amour qui soit : le mystère de ses Noces avec l’Agneau ! Et elle a saisi avec une intensité particulière l’exigence première de cette relation : quand on aime passionnément, on ne laisse jamais seul l’être aimé… et c’est bien ce qu’exprime son admirable prière :

« Que je ne vous y laisse jamais seul, mais que je sois là toute entière, toute éveillée en ma foi, tout adorante, toute livrée à votre Action créatrice ! »

« Que je ne vous y laisse jamais seul… »  Ne jamais s’éloigner jusqu’à oublier la personne aimée… et à fortiori quand il s’agit de mon Créateur et mon Sauveur ? N’est-ce pas là la prévenance majeure de l’amour ? En effet, le vrai amour désire sans cesse une chose unique : ne jamais laisser seul l’être aimé ! L’amour est d’abord présence et communion… On laissera donc résonner ici quelques expressions si reconnaissables et si révélatrices de la spiritualité unique de notre merveilleuse  Elisabeth :

« Il faut que l’âme soit toute éveillée en sa foi, avec ce beau regard tendu vers le Maître… Alors, le Créateur, en voyant le beau silence qui règne en sa créature, en la considérant toute recueillie en sa solitude intérieure, est épris de sa beauté et il la fait passer en cette solitude immense, infinie, en ce « lieu spacieux » chanté par le prophète et qui n’est autre que Lui-même : « J’entrerai dans les profondeurs de la puissance de Dieu… » (Ps 70,16). « Je la conduirai dans la solitude et je lui parlerai au cœur… » (Os 2,14). La voici, cette âme, entrée en cette vaste solitude où Dieu va se faire entendre[6]…

N’est-ce pas là un Ciel anticipé ?… en l’âme de la Vierge, c’est là que nous adorerons la Sainte Trinité !… Oh ! que cela grandit l’âme ; c’est comme une étreinte d’infini[7] !… »

                                                                                      +Marie-Mickaël

[1] Le Ciel dans la foi, 43.

[2] Le Ciel dans la foi, 2.

[3] Lettre 264.

[4] Lettre 280.

[5] Dernière Retraite, 21 et 26.

[6] Dernière Retraite, 25 et 27.

[7] Lettre 199.




Saint Bonaventure : « Quelle Mère aimante nous avons ! »

« Une femme peut-elle oublier son nourrisson et être sans pitié pour le fruit de ses entrailles ? (Is 49.15). Ceci peut nous faire comprendre que le peuple chrétien tout entier est issu des entrailles de la glorieuse Vierge. Quelle Mère aimante nous avons ! Modelons-nous sur notre Mère et suivons-la dans son amour. »

Saint Bonaventure (1221-1274) « Les sept dons du Saint-Esprit », conférence VI, 15-21) (trad. Orval).