Marie est l’échelon pour arriver à Jésus. St Alphonse de Liguori

« Dans une échelle, on n’arrive au troisième échelon qu’en mettant d’abord le pied sur le second, et on n’arrive au second qu’en mettant le pied sur le premier ;

de même, on n’arrive à Dieu que par Jésus Christ, et on n’arrive à Jésus Christ que par Marie ».

Saint Alphonse de Liguori




Message de Marie à Medjugorje le 25 avril 2026

Chers enfants, Je prie pour vous et je vous encourage à une vie nouvelle, une vie dans la joie et la prière. Petits enfants, que le Saint-Esprit vous comble de joie, pour que vous soyez comme une source d’eau pure et buvable et que, petits enfants, vous soyez en Dieu et avec Dieu des missionnaires de l’amour et de la paix. Votre vie ici sur terre est brève et c’est pourquoi je suis avec vous pour vous guider vers le Ciel. Merci d’avoir répondu à mon appel. »




5 leçons de Notre Dame de Fatima toujours d’actualité (I)

Nous vivons une époque marquée par la guerre, le terrorisme et les bouleversements politiques. Une crise sociale, morale et spirituelle sans précédent plane sur notre monde. Les sociétés sont aux prises avec le relativisme moral et le caractère sacré de la vie et de la famille est menacé. Il n’y a pas de solution purement humaine aux problèmes auxquels nous sommes confrontés.

Il y a plus de 100 ans, Notre Dame de Fatima est apparue à un monde également secoué par la guerre et l’agitation, avec un message d’espoir et la solution du Ciel. Ses paroles, aussi urgentes aujourd’hui qu’elles l’étaient à l’époque, offrent une lumière pour notre temps. Voici cinq leçons vitales de Fatima qui parlent de manière prophétique à notre monde d’aujourd’hui :

1. « La paix ou la guerre dépendent de la pratique de cette dévotion »

Notre Dame a fait deux demandes spécifiques à Fatima : que le Saint-Père consacre la Russie à son Cœur Immaculé – une demande satisfaite par le pape saint Jean-Paul II le 25 mars 1984 – et que chaque personne se consacre individuellement à son Cœur Immaculé par le biais de la dévotion des cinq premiers samedis.

2. « La dernière bataille entre le Seigneur et le règne de Satan portera sur le mariage et la famille »

Sœur Lucie de Fatima a prévenu que la dernière bataille concernerait le mariage et la famille. Aujourd’hui, nous voyons cette prophétie se réaliser en temps réel. Nous assistons à de graves attaques contre la famille par la promotion et la normalisation du divorce, de l’avortement, des unions entre personnes du même sexe et de l’idéologie du genre. Les enfants grandissent sans la présence d’un père et d’une mère. L’idéologie du genre enseigne qu’il n’y a pas d’homme et de femme, que le genre est « fluide » et qu’il y a autant d’identités que de lettres dans l’alphabet.

Le caractère sacré de la vie est attaqué par l’avortement, faussement qualifié de « soins de santé », d’« émancipation des femmes » ou d’« autonomie du corps ». Les mères sont amenées à croire que le meurtre d’un enfant dans le ventre de sa mère est un « droit ».

À Fatima, la Vierge a mis en garde contre ces attaques. Elle a dit : « Il y a plus d’âmes qui vont en enfer pour les péchés de la chair que pour toute autre raison ».

Valerie Joy Escalona, 19 mai 2025

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Le silence du Christ est Regard…

« Alors, Jésus fixa sur lui son Regard et l’aima… »

Mc 10,21

 

L’Evangile est traversé par le mystère du Regard de Dieu… et nous oublions souvent qu’avant la résonance de sa  Parole, son Regard la précède ! Souvenons-nous ici de l’Evangile du jeune homme riche : avant que Jésus ne l’appelle à sa suite, son Regard le fixe avec amour… et c’est mystérieusement le premier appel silencieux ! (Mc 10,21).

Ainsi, n’oublions jamais que « la Parole de son Regard » est toujours « première » dans l’Evangile et dans notre vie. Son Regard silencieux, c’est la certitude d’être aimé à chaque instant…  et le Sauveur veut que nous ne perdions pas de temps à trop nous regarder dans le piège, les complications et les contradictions de nos psychologies pécheresses…

Il y a là un appel évangélique fort, une conversion de notre regard de pécheur où secrètement, l’orgueil prend la première place en étant trop occupé de notre « moi ». Dieu veut que nous venions maintenant tels que nous sommes, sans rien cacher et sans nous décourager. La parole de l’Apôtre Jean qui nous ouvre à l’Amour sera ici pour nous libératrice :

« Petits enfants, n’aimons ni de mots, ni de langue, mais en actes et en vérité !

        A cela nous saurons que nous sommes de la vérité,

        et devant Lui nous apaiserons notre cœur,

        si notre cœur venait à nous condamner,

        car Dieu est plus grand que notre cœur et il connaît tout !

        Bien-aimés, si notre cœur ne nous condamne pas,

        nous avons pleine assurance devant Dieu…

        Car Celui qui est en vous est plus grand que celui qui est dans le monde ! »

                                                                         1 Jn 3,18-21 / 4,4

       Retenons cette intuition majeure de Saint Jean : « Dieu est plus grand que notre cœur » ! Et Il ne voit pas comme nous… son Regard a un poids d’infinie miséricorde qui le pousse sans cesse à aller chercher très loin et très bas l’égaré, la «brebis perdue » (Lc 15,4-7). Et son « ultime Parole sera celle, folle et silencieuse, de la Croix… »

Qui comprendra le Cœur de Dieu ? C’est pour nous encore « inconnu » à nos cœurs étroits de pécheurs… mais c’est aussi pour nous une telle source d’émerveillement et de paix que de commencer à découvrir un tel mystère caché au cœur de nos vies ! Le silence du Christ est Regard… et son Regard exprime l’infinie intensité d’amour de son Cœur ouvert sur la Croix qui nous dit « tout » de Dieu !

Son Regard, c’est son Cœur : Regard miséricordieux sur nos trahisons comme pour Pierre qui renie son Maître (Lc 22,61-62) ; Regard respectueux et libérateur sur nos fragilités de la chair  comme sur la femme adultère (Jn 8,6-11) ; Regard fou de l’infinie miséricorde sur les terribles errances de nos vies  comme le bon larron crucifié avec lui (Lc 23,42)… et tant d’autres lieux de l’Evangile où resplendit « la flamme ardente » de ses yeux ! (Ap 1,14).

Son silencieux Regard est la réalité cachée au cœur de nos vies !  Par son Regard, Il vient nous « appeler à Lui » sans forcer un seul instant notre liberté. Ainsi, notre première réponse sera « l’oraison silencieuse » qui nous plonge en sa Présence cachée : elle ouvre les yeux de notre cœur sur Son Regard si beau qui ne se détournera jamais !

 

                                                                                             +Marie-Mickaël

       




A Lourdes, le regard de Marie fait fuir le démon…

« Bernadette parla d’un fait étrange qui s’était produit durant la vision de ce vendredi 19 février. Pendant qu’elle était en prière, un tumulte de voix sinistres paraissant sortir des entrailles de la terre était venu éclater au-dessus des eaux du Gave. ces voix s’interpellaient, se croisaient, se heurtaient, comme les clameurs d’une foule en querelle. L’une de ces voix, dominant les autres, avait crié d’une manière stridente et pleine de rage : Sauve-toi ! Sauve-toi ! A ce cri qui ressemblait à une menace, la Dame avait levé la tête et froncé le sourcil en regardant vers la rivière. Sur ce simple mouvement, les voix s’étaient prises d’épouvante et avaient fui dans toutes les directions. »

Témoignage de Jean-Baptiste Estrade, cité dans Les apparitions de Lourdes, Imprimerie de Lourdes, réed. de 1974, p. 64




« Si Jésus est la Vie, Marie est la Mère de la Vie »

Le pape Jean-Paul II, dont la devise épiscopale faisait référence à Mère Marie, a toujours parlé de la Sainte Mère.

Dans sa lettre apostolique de 1988, Mulieris Dignitatem, sur la dignité et la vocation des femmes dans le cadre de l’Année mariale, Jean-Paul II a fait remarquer qu’ « en Marie, Eve redécouvre la véritable dignité de la femme, de l’humanité féminine. Cette découverte doit continuellement atteindre le cœur de chaque femme et donner un sens à sa vocation et à sa vie. »

En 1982, le pape Jean-Paul II a mis l’accent sur le « message d’amour de Marie ».

« Marie nous embrasse tous avec une sollicitude particulière dans l’Esprit Saint. … L’amour de la Mère du Sauveur atteint tous les lieux touchés par l’œuvre du salut. Sa sollicitude s’étend à chaque individu de notre temps et à toutes les sociétés, nations et peuples. … La puissance de la Rédemption est infiniment supérieure à tout l’éventail des maux de l’homme et du monde. Le Cœur de la Mère en est conscient, plus que tout autre cœur dans tout l’univers, visible et invisible. C’est pourquoi elle nous appelle. Elle ne nous appelle pas seulement à nous convertir : Elle nous appelle à accepter son aide maternelle pour retourner à la source de la Rédemption ».

Lors de la solennité de la Mère de Dieu en 2002, Jean-Paul II a replacé le rôle de Marie dans un contexte magnifique.

« Si Jésus est la Vie, Marie est la Mère de la Vie. Si Jésus est l’Espérance, Marie est la Mère de l’Espérance. Si Jésus est la Paix, Marie est la Mère de la Paix, la Mère du Prince de la Paix ».

Amy Smith, le 6 mai 2025

ncregister.com




Le silencieux Regard de la Miséricorde…

« Ses yeux sont comme une flamme de feu ! »

Ap 1,14

 

« Prends ton Crucifix, regarde, écoute… 

Avec quel amour Il te regarde ! »

Sainte Elisabeth de la Trinité

 

      Etre chrétien, c’est croire à « une Présence mystérieuse » dans ce qui fait le quotidien de ma vie… C’est découvrir de plus en plus « le silencieux Regard » de Celui qui avec moi « tous les jours jusqu’à la fin du monde ! » (Mt 28,20). Et ce mystère de la foi est d’un absolu réalisme : je suis appelé à le vivre là où je suis, et pas ailleurs ! Tel est le réalisme des Saints qui ont vécu la grande aventure qui, seule, bouleverse une vie : suivre Jésus par un absolu regard de confiance jusqu’au bout de l’amour !

Alors, quel que soit ma situation ou mon appel, la foi me fait pressentir qu’Il est là, à la fois caché et présent, dans le mystère le plus profond de mon cœur… Saint Augustin le savait plus que tout :

« Ecoute le fond de ton être, il y a toujours Quelqu’un[1]… »

      Tel est le fondement de « l’oraison silencieuse » où l’on se découvre toujours habité et regardé par Dieu qui est Amour (1 Jn 4,16) : la Vierge Marie, notre Mère, le savait mieux que personne et c’est pourquoi « Elle repassait en son Cœur » chaque évènement, chaque rencontre, chaque silence où, mystérieusement, Dieu lui parlait… (Lc 2,19).

Ainsi, sur les traces d’une Elisabeth de la Trinité, j’ai sans cesse à découvrir le sens  contemplatif de ma vie chrétienne : « Croire qu’un Etre qui s’appelle l’Amour habite en moi à tout instant du jour et de la nuit [2]… » Et il m’est présent par cet incessant Regard posé sur moi et absolument tout ce qui fait ma vie :

     « Dieu te regarde, qui que tu sois. Il t’appelle « par ton nom » (Jn 10,3). Il te voit et il te comprend, lui qui t’ fait. Tout ce qu’il y a en toi, il le sait : tous tes sentiments, tes pensées, tes inclinations, tes goûts, ta force et ta faiblesse. Il te voit dans tes jours de joie comme dans tes jours de peine ; il partage tes espoirs et tes tentations ; il prend à cœur toutes tes angoisses et tes souvenirs, tous les élans et tous les découragements de ton esprit ; il a compté tes cheveux. Il t’entoure de ses bras et te soutient…

        Il contemple ton visage, dans le sourire ou les pleurs, dans la santé ou la maladie… Il entend ta voix, le battement de ton cœur et jusqu’à ton souffle… Ce n’est pas seulement que tu fais partie de sa Création, Lui qui a souci même des moineaux (Mt 10,29). Tu es un être humain racheté et sanctifié, tu es son enfant… Tu es un de ceux pour qui le Christ a offert au Père sa dernière prière et y a mis le sceau de son Sang précieux…

        Qu’est-ce que l’homme, que sommes-nous, que suis-je, pour que le Fils de Dieu « ait de moi un si grand souci ? » (Ps 8,5). Que suis-je pour qu’il m’ait refait à neuf, et pour qu’il ait fait de mon cœur sa demeure[3] ? »

 

                                                                                          +Marie-Mickaël

[1] Saint Augustin, Commentaire sur le Psaume 102,2.

[2] Saint Elisabeth de la Trinité, Œuvres complètes, Lettre 330, p.785.

[3] Saint John Henry Newman, A Particular Providence as revealed un the Gospel, PPS vol.3, n° 9.




Marie, Mère de la Miséricorde. St Jean-Paul II

« Personne n’a expérimenté autant que la Mère du Crucifié le mystère de la croix, la rencontre bouleversante de la justice divine transcendante avec l’amour : ce « baiser » donné par la miséricorde à la justice. […] Marie est donc celle qui connaît le plus à fond le mystère de la miséricorde divine. Elle en sait le prix, et sait combien il est grand. En ce sens, nous l’appelons aussi Mère de la miséricorde. »

Saint Jean-Paul II, encyclique Dives in Misericordia




« En ce jour, les entrailles de ma miséricorde sont ouvertes… »

« En ce jour, les entrailles de ma miséricorde sont ouvertes et je déverse tout un océan de grâces sur les âmes qui s’approchent de la source de ma miséricorde ; toute âme qui se confessera et communiera recevra le pardon complet de ses fautes et la remise de leurs peines …

En ce jour sont ouvertes toutes les sources divines par lesquelles s’écoulent les grâces ; qu’aucune âme n’ait peur de s’approcher de moi, même si ses péchés sont comme l’écarlate ! » (Petit journal, 699).

 

      Nous allons maintenant découvrir le bouleversant mystère du « Jour » que Révèle pour nous le Christ miséricordieux à Sainte Faustine. Et je préfère prévenir que cette méditation sera plus longue que d’habitude en vous invitant à aller jusqu’au bout… car un « trésor unique » ici nous est donné ! Et nous découvrirons qu’il y a « un avant et un après » à travers la Révélation de la Miséricorde dont l’Eglise est la voix et la gardienne. Pour l’approcher quelque peu dans son sens ultime, nous méditerons d’abord quelques textes majeurs de la Parole de Dieu.

         Le premier se situe au début de l’Evangile de Saint Luc où dans son Cantique, Zacharie prophétise à son fils Jean-Baptiste :

« Et toi petit enfant, tu seras appelé prophète du Très-Haut devant le Seigneur pour préparer ses voies, pour donner à son peuple la connaissance du salut, par le pardon de ses péchés, grâce aux « entrailles de la miséricorde de Dieu » par lesquelles nous visiteras l’Astre d’en Haut, pour illuminer ceux qui demeurent dans les ténèbres et l’ombre de la mort, pour conduire nos pas vers un chemin de paix ! » (Lc 1,76-79).

Contemplons ici le mystère insondable de ces « entrailles de la miséricorde de Dieu ». En effet, au niveau théologique, la miséricorde divine n’est pas un simple sentiment de compassion… c’est selon Saint Thomas d’Aquin « l’attribut même de Dieu » : la manière dont son amour se manifeste face au mal, à la souffrance et au péché. Dans sa Somme théologique, Saint Thomas d’Aquin la définit splendidement : « La miséricorde est attribuée à Dieu au plus haut point… Car avoir compassion, c’est avoir un cœur misérable face à la misère de l’autre, et s’efforcer de la dissiper comme si c’était la sienne propre !… Il appartient à Dieu d’exercer sa toute-puissance surtout en pardonnant et en faisant miséricorde[1] ! »

        Cela nous renvoie à l’hébreu biblique qui emploie deux termes précis pour la miséricorde :

Hesed : il s’agit ici de l’inclination du cœur à faire preuve d’une « grâce surprenante » à l’égard de la personne aimée… Ainsi, « hesed » décrit souvent la miséricorde et la compassion de Dieu. Un bel exemple est l’intercession de Moïse lorsqu’il fait appel à la « bonté » de Dieu face au peuple infidèle :

« L’Eternel est lent à la colère et riche en bonté (hesed)… Pardonne-la faute de ce peuple, conformément à la grandeur de ta bonté (hesed), tout comme tu lui as pardonné depuis l’Egypte jusqu’ici… » (Nombres 14,18-19).

Rahamim : ce second terme est encore plus fort et révélateur du Cœur de Dieu : Dieu éprouve pour nous ce qu’une mère ressent pour l’enfant né de ses entrailles ! Il s’agit ici d’un amour d’une telle

Profondeur… et qui ne peut renier le fruit de son sein ! Le terme grec ancien « éléos » signifie « compassion » et donnera dans la version latine « miséricorde » : Cœur qui se donne à la misère !

Il faut se souvenir ici de ce moment phare de l’Evangile où Le Seigneur s’adresse aux pharisiens :

« Ce ne sont pas les gens bien portants qui ont besoin du médecin, mais les malades. Allez donc apprendre le sens de cette parole : « C’est la miséricorde (eleos) que je désire et non le sacrifice. En effet, je ne suis pas venu appeler les justes, mais les pécheurs ! » (Mt 9,12-13).

Nous sommes là au cœur de la Révélation où « Dieu qui est riche en miséricorde (eleos), à cause  du grand amour dont il nous a aimés, alors que nous étions morts par suite de nos fautes, nous a fait revivre avec le Christ ! » (Ep 2,4). Et comment oublier ici l’affirmation de l’Apôtre et Evangéliste Saint Jean qui est le véritable « Cœur de l’Ecriture » : « Celui qui n’aime pas n’a pas connu Dieu, car Dieu est Amour ! » (1 Jn 4,8).

En effet, seule « la miséricorde » transforme la dureté du regard de notre cœur  sur l’autre et sur la vie… et elle nous fait basculer du côté de la tendresse de Dieu dont le regard est juste parce que miséricordieux !  Comment ne pas écouter ici l’audacieuse sagesse du nouveau « Docteur de l’Eglise ? »  Sainte Petite Thérèse est « une voix unique » de la Miséricorde pour notre temps :

« A moi, Il a donné sa Miséricorde infinie et c’est à travers elle que je contemple et adore les autres perfections Divines !… Alors, toutes m’apparaissent rayonnantes d’amour, la Justice même (et peut-être encore plus que tout autre) me semble revêtue d’amour…

       Quelle douce joie de penser que le Bon Dieu est Juste, c’est-à-dire qu’Il tient compte de nos faiblesses, qu’Il connaît parfaitement la fragilité de notre nature. De quoi donc aurais-je peur ?…

       Le Dieu infiniment juste qui daigna pardonner avec tant de bonté toutes les fautes de l’enfant prodigue (Lc 15,21-24), ne doit-il pas être juste envers moi qui « suis toujours avec Lui [2]? » (Lc 15,31).

      Aussi, ne loupons pas le grand rendez-vous avec Miséricorde que Jésus a fixé lui-même en Eglise à travers Sainte Faustine et Saint Jean-Paul II[3]. Ce dernier n’a-t-il pas annoncé dans son admirable Lettre Encyclique « Dieu riche en miséricorde » :

« Le Christ confère à toute la tradition vétéro-testamentaire de la miséricorde divine sa signification définitive. Non seulement il en parle et l’explique à l’aide d’images et de paraboles, mais surtout il l’incarne et la personnifie. Il est lui-même, en un certain sens, la miséricorde. Pour qui la voit et la trouve en Lui, Dieu devient « visible » comme le Père « riche en miséricorde[4] » (Ep 2,4).

Et « le Pape marial » qu’était Jean-Paul II ne pouvait oublier ici la participation unique de la Vierge Marie au mystère de la miséricorde :

« Marie est aussi celle qui, d’une manière particulière et exceptionnelle a expérimenté la miséricorde… car le sacrifice de Marie est une participation spécifique à la Révélation de la miséricorde… Personne n’a expérimenté autant que la Mère du Crucifié le mystère de la Croix, la rencontre bouleversante de la justice divine transcendante avec l’amour :

        Ce « baiser » donné par la miséricorde à la justice (Ps 85,11). Personne autant qu’elle, Marie, n’a accueilli aussi profondément dans son cœur ce mystère… Marie est donc celle qui connaît le plus à fond le mystère de la miséricorde divine. Elle en sait le prix, et sait combien il est grand… et cet amour ne cesse pas, en elle et grâce à elle, de se révéler dans l’histoire de l’Eglise et de l’humanité[5] »

Quelle invitation pour nous tous à « découvrir  de plus en plus le secret de l’infinie Miséricorde » qui est le « cœur de l’Evangile ! » Alors, durant cette Pâque 2026 où nous sommes habités par la joie de la « Résurrection du Sauveur » ; réalisons à nouveau combien « les promesses de Jésus miséricordieux »  viennent nous inviter à ce rendez-vous décisif ! Repassons encore et encore en notre cœur ses paroles éblouissantes :

« En ce jour, les entrailles de ma miséricorde sont ouvertes et je déverse tout un océan de grâces sur les âmes qui s’approchent de la source de ma miséricorde ; toute âme qui se confessera et communiera recevra le pardon complet de ses fautes et la remise de leurs peines …

        En ce jour sont ouvertes toutes les sources divines par lesquelles s’écoulent les grâces ; qu’aucune âme n’ait peur de s’approcher de moi [6]… »

     Nous voici donc prévenus ! Tout est dit… et il faut sans hésitations nous ouvrir « dans la confiance » à l’infinie Miséricorde qui vient, avec une incompréhensible tendresse, frapper à la porte de nos cœurs … » Alors, concrètement, vivons avec ferveur la neuvaine de prière à la miséricorde divine du Vendredi Saint au deuxième Dimanche de Pâques : chaque jour, nous méditerons les textes prévus et nous prierons le chapelet de la Miséricorde. Et le Dimanche de la miséricorde, Jésus nous fait cette promesse inouïe qu’il faut méditer et accueillir comme une opportunité « unique » dans notre vie :

« Toute âme qui se confessera et communiera recevra le pardon complet de ses péchés et la remise de leurs peines … En ce jour sont ouvertes toutes les sources divines ! »

       Cela signifie que dans « l’accomplissement fidèle » de cette fête une grâce absolument unique est offerte[7] !  Alors,   accueillons avec amour et reconnaissance « l’ultime cri » de Jésus miséricordieux pour notre temps :

« La Fête de la Miséricorde a jailli de mes entrailles pour la consolation du monde entier !… car les âmes périssent malgré mon amère Passion. Je leur offre une dernière planche de salut, c’est la fête de ma Miséricorde. Si elles n’adorent pas ma miséricorde, elles périront pour l’éternité. Secrétaire de ma miséricorde, écris, parle aux âmes de ma grande miséricorde !…

         Je poursuis les pécheurs de ma Miséricorde sur tous leurs chemins… Dis aux pécheurs que Je les attends toujours [8]… »

 

                                                                              +Marie-Mickaël

 

[1] Somme théologique, Ia, q.21.

[2] Sainte Thérèse de Lisieux, Œuvres complètes –  Manuscrit A, Cerf-DDB, 1992, p.211-212.

[3] Le 30 avril 2000, jour de la canonisation de Sainte Faustine, le Pape Jean-Paul II déclara à Rome : « Désormais, le 2° dimanche de Pâques, dans toute l’Eglise, prendra le nom de « Dimanche de la Divine Miséricorde ».

[4] Saint Jean-Paul II, Dieu riche en miséricorde, 1980, n° 2.

[5] Saint Jean-Paul II, Dieu riche en miséricorde, 1980, n° 9.

[6] Petit Journal, 699.

[7] « Le Seigneur a promis que si nous recevons les sacrements de la pénitence et de l’Eucharistie lors de la Fête de la Miséricorde, la peine éternelle, mais aussi la peine temporelle de nos péchés seraient remises ! Nous recevons ainsi une indulgence plénière ! C’est une très bonne nouvelle à communiquer autour de nous… » Jésus, Roi de miséricorde, Association pour la miséricorde, 25 mars 2014, p. 90.

[8] Petit Journal, 1517 / 965 / 1728.




La Vierge était absolument certaine de la résurrection de son Fils… St Vincent Ferrier

La Vierge était absolument certaine de la résurrection de son Fils puisqu’il l’avait si ouvertement prédite; mais elle en ignorait l’heure qui, en effet, ne se trouve nulle part déterminée. Elle passa donc la nuit du Grand Samedi, qui lui parut bien longue, à réfléchir sur l’heure possible de la résurrection.

Sachant que David a plus que les autres Prophètes, parlé de la Passion du Christ, elle parcourut le psautier, mais n’y trouva nulle indication de l’heure. Cependant, au psaume 56, David, parlant en la personne du Père à son Fils, dit : « Eveille-toi, ma gloire, éveille-toi ma harpe et ma cithare. » Et le Fils répondit :« Je m’éveillerai à l’aurore… »

Quand la Vierge Marie sut l’heure de la résurrection, je vous laisse penser avec quel empressement elle se leva pour voir si l’aurore venait. Elle constata que non et acheva le psautier.

Puis elle voulut s’assurer si d’autres Prophètes n’avaient pas mentionné l’heure de la résurrection et elle trouva au chapitre six d’Osée ce texte : « Après deux jours il nous rendra la vie, le troisième jour il nous relèvera et nous vivrons en sa présence. Appliquons-nous à connaître le Seigneur, sa venue est certaine comme l’aurore. »

La Vierge se leva et dit :« Ces témoins de l’heure où mon Fils doit ressusciter me suffisent… »

Puis elle regarda par la fenêtre et vit que l’aurore commençait à poindre. Sa joie fut grande : « Mon Fils va ressusciter », dit-elle.

Puis, fléchissant les genoux, elle pria  « Réveille-toi, sois devant moi et regarde, et toi, Seigneur Dieu Sabaoth, réveille-toi. »

Et, aussitôt, le Christ lui envoya l’ange Gabriel disant : « Toi qui as annoncé à ma Mère l’incarnation du Verbe,annonce-lui sa résurrection. »

Aussitôt l’Ange vola vers la Vierge et lui dit  « Reine du ciel, réjouis-toi, car celui que tu as mérité de porter dans ton sein 
est ressuscité comme il l’a dit. »

Et le Christ salua sa Mère en disant : « La paix soit avec toi… »

Et Marie dit à son Fils : « Jusqu’ici, mon Fils, je rendais mon culte le samedi, pour honorer le saint repos après la création du monde ;désormais, ce sera le dimanche, en mémoire de ta résurrection, de ton repos et de ta gloire. » Et le Christ approuva.

Le Christ raconta à Marie ce qu’il avait fait aux enfers, comment il avait enchaîné Satan, et présenta à sa Mère les patriarches qu’il en avait ramenés. Et tous la saluèrent d’une inclination profonde.

Je vous laisse à penser quels furent les sentiments d’Adam et d’Eve lorsqu’ils dirent à la Vierge Marie : « Bénie sois-tu notre fille et notre Dame, toi dont parlait le Seigneur lorsqu’il dit au serpent : je mettrai une hostilité entre toi et la femme. »

Eve ajouta : « J’ai fermé par ma faute le paradis, mais toi, pleine de grâce, tu l’as ouvert à nouveau. »

Et chaque Prophète lui disait tour à tour :

« J’ai prophétisé de toi ici ou là dans mon livre », puis tous la saluèrent en disant : « Tu es la gloire de Jérusalem, la joie d’Israël et l’honneur de notre peuple. »

Et la Vierge leur rendit leur salut par ces mots : « Vous êtes une race élue, un sacerdoce royal, une nation sainte, un peuple que Dieu s’est acquis pour annoncer les louanges de celui qui vous a appelés des ténèbres à son admirable lumière. »

Et les anges chantèrent à nouveau : « Reine du ciel, réjouis-toi. »

Saint Vincent Ferrier 
Dominicain espagnol 1357-1418

 

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