Le Cœur de Marie est une Mer de cristal…

« Et je vis comme une mer de cristal mêlée de feu… »

Ap 15,2

 

« La demeure de Dieu avec les hommes » (Ap 21,3)

est déjà sur terre…

Car le Cœur de la Mère est immense… »

Saint Jean-Paul II, Fatima

 

L’Apocalypse est le livre final des Saintes Ecritures et « c’est un livre unique qui ne ressemble à aucun autre dans la Bible… sa seule place à la fin confère à l’Apocalypse ce caractère d’accomplissement, de parole ultime, qui fait pendant à celle du commencement dans la Genèse[1]. »

En abordant ce livre prophétique qui ne ressemble à aucun autre, il ne faut jamais oublier que le sens du terme « Apocalypse » signifie « Révélation » : cela veut dire qu’à travers le récit mystérieux se cache un évènementiel historique qui concerne « la fin des temps ». Et selon l’exégèse traditionnelle, le chapitre 12 est le texte « cœur » de l’Apocalypse. On y découvre d’abord cette « Femme » unique où se profile à la fois l’Eglise, pérégrinante dans la foi ; et Marie, l’Eglise achevée…

J’ai toujours pensé qu’une autre résonance biblique de cette Femme « traversée » par la Lumière du Christ était cette « mer de cristal » signalée deux fois dans l’Apocalypse (Ap 4,6 et 15,2). Ne laisse-t-elle pas entrevoir la beauté pauvre et indicible du Cœur Immaculé de Marie ? « Une mer transparente, semblable à du cristal » précise Jean dans sa vision sur l’île de Patmos. Et Saint Padre Pio semble aller en ce sens dans un conseil marial qu’il nous donne :

« Reste toujours plus serré contre cette douce Mère céleste, car elle est la mer qu’il faut traverser pour parvenir aux rivages des splendeurs de l’aurore éternelle[2] ! »

Et le 13 mai 1917, lors de la première Apparition de la Vierge à Fatima, sœur Lucie témoigne en termes précis : « Nous vîmes, sur un petit chêne vert, une Dame, toute vêtue de blanc, plus brillante que le soleil, irradiant une lumière plus claire et plus intense qu’un verre de cristal rempli d’eau cristalline, traversé par les rayons du soleil le plus ardent[3] ! »

Marie est la transparence ultime de Dieu car Elle est rendue belle dés sa naissance par Celui qui est son Sauveur et son Enfant. Au-delà des saints et avant eux, la robe de l’Immaculée a été plongée dans le Sang de l’Agneau ! (Ap 7,14). Elle est la plus belle louange silencieuse du salut. Et dans son indicible foi au Christ miséricordieux (Lc 1,50), Marie resplendit d’une beauté unique issue de sa maternité : Immaculée en vue de devenir Mère de Dieu ! Et c’est pourquoi Elle proclame « être » cet espace de pauvreté transfigurée par la grâce, et donc indicible transparence de cristal traversée par la beauté de Dieu :

« Il a porté son regard sur son humble servante !

Oui, désormais, toutes les générations

me proclameront bienheureuse,

car le Tout-Puissant a fait pour moi de grandes choses ! »

Lc 1,48-49

Cette « mer de cristal » exprime ici une immensité qui la traverse et la dépasse (Ap 15,2) : Elle est « Celle qui porte Celui qui porte tout » comme le proclame magnifiquement la liturgie orientale. Alors, si pauvres et si tentés que nous soyons dans cette civilisation où triomphe momentanément l’Enfer, approchons-nous vite de cette « Mer de cristal » et nous serons enveloppés par la tendresse victorieuse de la Mère…

 

+Marie-Mickaël

 

 

[1] Serge Boulgakov, L’Apocalypse de Jean, Parole et silence 2014, p.25.

[2] Une pensée de Padre Pio chaque jour, San Giovanni Rotondo, 2000, p.86.

[3] Carmel de Coïmbra, Un chemin sous le regard de Marie – biographie de Sr Lucie de Fatima, Parvis 2016, p.58.




Le secret admirable du Très Saint Rosaire (21) – la prière de l’Ave Maria, suite – St Louis-Marie Grignion de Montfort

19e ROSE

[53] Il est écrit : « Donnez et l’on vous donnera. » Prenons la comparaison du bienheureux Alain : « Si je vous donnais chaque jour cent cinquante diamants, quand vous seriez mon ennemi, ne me pardonneriez-vous pas ? Ne me feriez-vous pas comme un ami toutes les grâces que vous pourriez ? Voulez-vous vous enrichir des biens de la grâce et de la gloire ? Saluez la sainte Vierge, honorez votre bonne Mère. »

Sicut qui thesaurizat, ita te qui honorificat matrem (Si 3,5). Celui qui honore sa Mère, la sainte Vierge, est semblable à un homme qui amasse des trésors. Présentez-lui chaque jour au moins cinquante Ave Maria dont chacun contient quinze pierres précieuses, qui lui sont plus agréables que toutes les richesses de la terre. Que ne devez-vous pas attendre de sa libéralité ? Elle est notre Mère et notre amie. Elle est l’impératrice de l’univers qui nous aime plus que toutes les mères et les reines ensemble n’ont aimé un homme mortel. Car, dit saint Augustin, la charité de la Vierge Marie excède tout l’amour naturel de tous les hommes et de tous les anges.

[54] Un jour, Notre-Seigneur apparut à sainte Gertrude comptant des pièces d’or ; elle eut la hardiesse de lui demander ce qu’Il comptait. « Je compte, lui répondit Jésus-Christ, tes Ave Maria, c’est la monnaie dont on achète mon paradis. »

Le dévot et le docte Suarez, de la Compagnie de Jésus, estimait tant le mérite de la Salutation angélique, qu’il disait qu’il aurait volontiers donné toute sa science pour le prix d’un Ave Maria bien dit.

[55] « Que celui qui vous aime, ô divine Marie, lui dit le bienheureux Alain de la Roche, écoute et goûte : Le ciel est dans la joie, la terre est dans l’admiration, toutes les fois que je dis : Ave Maria ; j’ai le monde en horreur, j’ai l’amour de Dieu dans mon cœur, lorsque je dis : Ave Maria ; mes craintes s’évanouissent, mes passions se mortifient, quand je dis : Ave Maria ; je croîs dans la dévotion, je trouve la componction, quand je dis : Ave Maria ; mon espérance s’affermit, ma consolation s’augmente, lorsque je dis : Ave Maria ; mon esprit se réjouit, mon chagrin se dissipe, quand je dis : Ave Maria ; car la douceur de cette bénigne salutation est si grande qu’on n’a point de terme pour l’expliquer comme il faut, et après qu’on en aura dit des merveilles, elle demeure encore si cachée et si profonde qu’on ne la peut découvrir. Elle est courte en paroles, mais grande en mystères ; elle est plus douce que le miel et plus précieuse que l’or ; il faut très fréquemment l’avoir dans le cœur pour la méditer, et dans la bouche pour la lire et la répéter dévotement. »

Le même bienheureux Alain rapporte, au chapitre 69 de son psautier, qu’une religieuse très dévote au Rosaire apparut après sa mort à une de ses sœurs et lui dit : « Si je pouvais retourner dans mon corps pour dire seulement un Ave Maria, quoique sans beaucoup de ferveur, pour avoir le mérite de cette prière, je souffrirais volontiers tout de nouveau toutes les douleurs que j’ai souffertes avant de mourir. » Il faut remarquer qu’elle avait souffert plusieurs années sur son lit des douleurs violentes.

[56] Michel de Lisle, évêque de Salubre, disciple et collègue du bienheureux Alain de la Roche dans le rétablissement du saint Rosaire, dit que la Salutation angélique est le remède à tous les maux qui nous affligent, pourvu que nous la récitions dévotement en l’honneur de la sainte Vierge.




Marie prototype de l’Église (Cardinal Journet, † 1975)

« Quand on dit que Marie est le prototype de l’Église, on veut dire que Marie est, dans l’Église, plus Mère que l’Église, plus Épouse que l’Église, et, par exemption du péché originel, plus Vierge que l’Église.

On veut dire que Marie est Mère, qu’elle est Épouse, qu’elle est Vierge, avant l’Église et pour l’Église ; que c’est en elle surtout et par elle que l’Église est Mère, est Épouse, est Vierge.

C’est par un élan mystérieux qui vient de Marie, c’est par une excellence mystérieuse qui se diffuse à partir de Marie, que l’Église peut être, à son tour, si vraiment Mère, si vraiment Épouse, si vraiment Vierge.

Dans l’ordre des grandeurs de sainteté, qui sont les grandeurs suprêmes, Marie est, autour du Christ, comme la première onde de l’Église, génératrice de toutes les autres, jusqu’à la fin du temps.

Quand nous disons que l’Église est mariale, nous voulons signaler que Marie est intériorisée dans l’Église, à qui elle communique son esprit… »

Cardinal Journet : L’Eglise du Verbe Incarné, Essai de Théologie spéculative.

Tomes II, Paris, Desclée de Brouwer, 1951, p. 427-428 et 432




Ces célébrités attachées à la Vierge Marie : Arielle Dombasle

En sortant en 2013 un album de prières « Arielle Dombasle by Era » l’actrice et chanteuse française déclenche alors les foudres de la part de certains croyants.
Elle n’hésite pas, dans une interview accordée à Paris Match, à demander pardon à ceux que son image parfois dérangeante a pu choquer.
Elle explique aussi son sincère attachement à la Vierge Marie : « Mais franchement : qu’ai-je fait d’autre que venir chanter un “Ave Maria” dans une église consacrée à la Vierge Marie et y tourner des images avec foi, respect, espérance ? La Vierge Marie demeure, à mes yeux, une figure fondatrice. Je suis les préceptes du Christ, j’aime les Évangiles. J’ai toujours admiré les saintes, les figures féminines comme Hildegarde de Bingen, sainte Thérèse d’Avila, Juana Inés de la Cruz… Toutes celles qui ont tenté de changer le monde par leur foi… »



Le Chapelet : porte secrète du Cœur de Marie…

« Les yeux de la belle Immaculée étaient comme la Porte de Dieu…

Dans ses yeux, on voyait le Paradis ! »

Mélanie de la Salette

            Face à l’invasion médiatique actuelle que nous subissons partout sur nos écrans, la « répétitivité priante » du chapelet de la Vierge nous fortifie et garde notre cœur en éveil… car nous avons à combattre les multiples tentations d’un quotidien souvent « explosé » ! D’ailleurs, ne se lève-t-on pas chaque matin en consultant son portable, plutôt qu’en saisissant son chapelet ? D’où l’intérêt de le poser chaque soir sous l’oreiller après avoir prié trois Ave Maria pour une nuit paisible et un lever priant…

Certains s’offusquent ou se lassent devant la répétitivité qu’implique la prière du chapelet[1]. Selon Sœur Lucie de Fatima, Ils ne saisissent pas que la signification essentielle de la prière est un chant d’amour : « Quand des amoureux se retrouvent, écrit-elle, ils passent des heures et des heures à se répéter : « Je t’aime ! » Et elle poursuit magistralement sur le sens profond du Rosaire de Marie, en contemplant le mystère de la Création :

« A ceux qui pensent que le Rosaire est monotone, il manque une chose : l’amour !… La répétition des « Ave Maria » n’est pas une chose vieillie. Toutes les choses qui existent et ont été créées par Dieu se maintiennent et se conservent par le moyen de la répétition des mêmes actes. Personne ne songera à appeler le soleil une vieillerie, ni la lune, ni les étoiles, ni les oiseaux, ni les plantes… parce qu’ils vivent et se développent toujours de la même manière. Et ils sont plus anciens que la récitation du chapelet !

Pour Dieu, rien n’est ancien. Saint Jean dit que les bienheureux dans le Ciel chantent un cantique nouveau, en répétant toujours : « Saint, saint, saint est le Seigneur ! » (Ap 4,8). Et le cantique est nouveau parce que, dans la lumière de Dieu, tout apparaît avec un reflet nouveau[2] ! »

Nous avons donc à découvrir plus profondément que la « répétitivité » du chapelet est l’expression d’un amour qui se renouvelle à chaque instant sous la mouvance de l’Esprit Saint :

En effet, dans l’apparente pauvreté du Rosaire est caché un secret…

Là, l’Esprit crée dans le cœur de l’enfant de Dieu, et à son insu, un jaillissement inédit où se déploie l’inexprimable vie du Ciel ! Car le Rosaire fait passer déjà les enfants de Marie vers le Ciel par la Porte secrète de son Cœur :

« La prière du Rosaire t’ouvre les portes du Ciel dès maintenant[3] ! »

Ce mystère inouï et si peu connu, Saint Louis Marie de Montfort l’a prophétisé avec une étonnante sagesse, don de l’Esprit. Son message a ouvert tant de cœurs à la béatitude de la vie mariale : un Saint Jean-Paul II et bien d’autres… à nous aussi d’en être bouleversés et de changer de direction pour suivre et écouter Jésus, notre Sauveur, qui nous a dit du haut de la Croix :

« Voici ta Mère ! » (Jn 19,27)

Voici donc, parmi tant d’autres[4] à découvrir, une des plus belles pages mariales de l’histoire de l’Eglise :

« Heureux ceux et celles qui entrent en Marie comme dans l’Arche de Noé ! Les eaux du déluge de péchés, qui noient tant de monde, ne leur nuiront point… Pauvres enfants de Marie, votre faiblesse est extrême, votre inconstance est grande, votre fond est bien gâté… Vous êtes tirés de la même masse corrompue des enfants d’Adam et d’Eve ; mais ne vous découragez pas pour cela ; consolez-vous ; réjouissez-vous : voici le secret que je vous apprends, secret inconnu de presque tous les chrétiens…

Mettez, versez dans le sein et le Cœur de Marie tous vos trésors, toutes vos grâces et vertus… Oh ! Qu’un homme qui a tout donné à Marie, qui se confie, se perd en tout et pour tout en Marie est heureux !

Je vous prie donc instamment, par l’amour que je vous porte en Jésus et Marie… de réciter tous les jours votre chapelet et même… votre Rosaire ! Et vous bénirez, à l’heure de votre mort, le jour et l’heure que vous m’avez cru…

Quand viendra ce temps heureux et ce siècle de Marie ? Où plusieurs âmes choisies et obtenues du Très-Haut par Marie, se perdant elles-mêmes dans l’abîme de son intérieur, deviendront de copies vivantes de Marie, pour aimer et glorifier Jésus-Christ ? Ce temps ne viendra que quand on connaîtra et pratiquera la dévotion que j’enseigne : « Pour que votre règne arrive, Seigneur, qu’arrive le règne de Marie[5] ! »

+Marie-Mickaël

 

[1] On pourrait faire le même reproche à « la prière de Jésus » de l’Orient chrétien. Le « Jésus, Fils de Dieu Sauveur, aie pitié de moi, pécheur ! » est répété tant de fois au quotidien…

[2] Sœur Lucie de Fatima, Lettre à Maria Teresa de Cunha, 12 avril 1970.

[3] Messages de Jésus à Maryam, Le Rosaire – L’arme pour sauver la France et le monde, Parvis 2018, p.38.

[4] Pour vivre ces derniers temps : Lire et méditer absolument le court « Secret de Marie » … et par-dessus tout : « Le traité de la vraie dévotion à la Saint Vierge ».

[5] Saint Louis Marie de Montfort, Traité de la vraie dévotion à la Sainte Vierge, n°175-178-217-254.




Le secret admirable du Très Saint Rosaire (20) – la prière de l’Ave Maria, suite – St Louis-Marie Grignion de Montfort

18e ROSE

[52] Cette divine Salutation attire sur nous la bénédiction abondante de Jésus et de Marie, car c’est un principe infaillible que Jésus et Marie récompensent magnifiquement ceux qui les glorifient : ils rendent au centuple les bénédictions qu’on leur donne. Ego diligentes me diligo (Pr 8, 17 et 21), ut ditem diligentes me et  thesauros eorum repleam. C’est ce que Jésus et Marie criaient hautement : « Nous aimons ceux qui nous aiment, nous les enrichissons et nous remplissons leurs trésors. » – Qui seminat in benedictionibus, de benedictionibus et metet, (2 Co 69, 6) : « Ceux qui sèment des bénédictions recueilleront des bénédictions. »

Or n’est-ce pas aimer, bénir et glorifier Jésus et Marie que de réciter comme il faut la Salutation angélique ? En chaque Ave Maria, on donnera deux bénédictions à Jésus et à Marie. Vous êtes bénie entre toutes les femmes et béni est le fruit de votre ventre, Jésus. Par chaque Ave Maria, vous rendez à Marie le même honneur que Dieu lui rendit en la saluant avec l’archange Gabriel. Qui pourrait croire que Jésus et Marie, qui font du bien souvent à ceux qui les maudissent, donnassent leurs malédictions à ceux et celles qui les bénissent et les honorent par l’Ave Maria ?

La Reine des cieux, disent saint Bernard et saint Bonaventure, n’est pas moins reconnaissante et honnête que les personnes de qualité bien élevées en ce monde ; elle les surpasse même en cette vertu comme en toutes les autres perfections ; elle ne souffrira donc jamais que nous l’honorions avec respect, qu’elle ne nous le rende au centuple. Marie, dit saint Bonaventure, nous salue avec la grâce, si nous la saluons avec l’Ave Maria : Ipsa salutabit nos cum gratia si salutaverimus eam cum Ave Maria.

Qui pourrait comprendre les grâces et les bénédictions qu’opèrent en nous le salut et les regards bénins de la sainte Vierge ?

Dans le moment que sainte Élisabeth entendit le salut que lui donna la Mère de Dieu, elle fut remplie du Saint-Esprit et l’enfant qu’elle portait dans son sein tressaillit de joie. Si nous nous rendons dignes du salut et de la bénédiction réciproques de la sainte Vierge, sans doute nous serons remplis de grâces et un torrent de consolations spirituelles découlera dans nos âmes.

Pour lire l’introduction et consulter le plan de l’ouvrage de Grignion de Montfort, cliquer ici.




Le Rosaire a conservé la foi vivante en Chine

Le saint Rosaire a été donné par la Reine du Ciel au glorieux saint Dominique pour ramener les hérétiques au sein de l’Église et convertir les pécheurs. Nous empruntons aux Annales des Missions de la Chine, un fait digne d’attention.

Dans le Kiang-Nan, dit le missionnaire chinois, la dévotion du chapelet ou du Rosaire est aussi ancienne que la foi, et c’est peut-être à lui que celle-ci doit sa conservation. Dans les paroisses, les fidèles portent le chapelet à leur boutonnière, et ils ne sont pas moins fiers de cette décoration, qu’on ne l’est ailleurs d’une croix ou d’un ruban. Aussi Marie leur accorde-t-Elle, en retour, des marques sensibles de Sa protection. Nous n’en donnerons qu’un exemple:

Une pauvre femme, livrée à tous les désespoirs, et en mauvaise intelligence avec son mari, était horriblement tentée de se suicider et elle découvrit au missionnaire son coupable dessein. Celui-ci fit tous ses efforts pour l’en détourner, et après l’avoir exhortée à mettre toute sa confiance en Marie, il lui donna un chapelet, lui recommandant de ne jamais le quitter. Un mois après, elle revint et dit à son confesseur: «Mon Père, ayez pitié de moi; je suis bien à plaindre! Si j’existe encore, si je ne suis pas engloutie dans l’enfer, ce n’est pas ma faute. Je n’ai rien épargné pour me faire mourir; mais chose inconcevable! je n’y ai pas réussi. J’ai avalé des sapèques de cuivre rouillé, et bu à plusieurs reprises des doses énormes de poison, et chaque fois, je n’en ai éprouvé que des douleurs d’entrailles accompagnées d’affreux vomissements. Que de fois je me suis mise en route pour me précipiter dans le fleuve! et toujours une main invisible m’a retenue au bord de l’eau: mes pieds refusaient de quitter la terre, quelques efforts que je fisse pour les en détacher.»

Pendant qu’elle parlait, les larmes inondaient son visage et ses traits bouleversés témoignaient de sa sincérité. Alors le Père lui adressa question sur question touchant ses exercices de piété. «Mon Père, depuis plusieurs mois, je n’ai pas, je vous l’assure, récité la moindre prière; je n’ai pas même (crime incroyable chez ces fervents chrétiens) dit mon chapelet. J’avais au fond de mon âme l’intime persuasion que j’étais une victime vouée sans ressource à la damnation.» Pendant une demi-heure, le missionnaire chercha vainement le nœud secret de l’affaire; mais le mot de chapelet le lui fit rencontrer. Il apprit que l’infortunée, fidèle à sa recommandation, ne s’était jamais laissé séparer de son Rosaire, malgré toutes les suggestions contraires de l’ennemi du genre humain. «C’est assez, lui dit-il, allez vous humilier aux pieds de la bonne Mère.» Une conversion sincère fut le fruit de cette protection signalée.

Pieux enfants de Marie, apprenez par le récit de ce pieux missionnaire à avoir une entière confiance en Notre-Dame du Rosaire. Appliquez-vous au saint usage de réciter chaque jour le chapelet, aimez à le porter avec vous, il vous sera d’un grand secours pour vous rendre la Reine du Ciel favorable. Ah! qu’il est précieux d’aimer et de servir Marie !




Ces célébrités attachées à la Vierge Marie : Bruce Springsteen

La création musicale de cette légende américaine du rock est visiblement influencée par sa quête du spirituel et par la Bible.
Le « Boss » a été élevé dans son enfance dans une foi catholique fervente. « Ma famille vivait à deux pas de l’église catholique et du couvent et de l’école des religieuses Sainte-Rose de Lima. J’ai véritablement grandi entouré de Dieu », confie-t-il un jour au public venu assister à l’un de ses concerts. Avec l’album Devils & Dust, et notamment sa chanson « Jesus Was an Only » sortie en 2005, Springsteen retrouve une authentique inspiration religieuse. Il parle de Marie, mère de Jésus, celle qui marche au côté de son fils « sur le chemin où son sang se déversait. »




Message de Marie à Medjugorje le 25 mai 2024

« Chers enfants,

En ce temps de grâce, je vous appelle à la prière avec le cœur.

Petits enfants, créez des groupes de prière dans lesquels vous vous encouragerez au bien et grandirez dans la joie.

Petits enfants, vous êtes encore loin. C’est pourquoi, convertissez-vous à nouveau et choisissez le chemin de la sainteté et de l’espérance pour que Dieu vous donne la paix en abondance.

Merci d’avoir répondu à mon appel. »

Marie à Medjugorje le 25 mai 2024




Le Rosaire est l’arme des Doux

« Le Rosaire apprend le secret de la paix ! »

Saint Jean-Paul II

          Lors d’un rêve où il était en danger de mort, le Saint Padre Pio nous rapporte une parole de la Vierge qui a traversé sa vie :

« Ne crains rien, je suis là… Prends ton arme et sers t’en ! »

Ces paroles lapidaires renferment en vérité « le secret de la paix » selon l’expression de Saint Jean-Paul II sur le mystère du Rosaire. En effet, quand Marie dit : « Ne crains rien, je suis là… » Elle exprime en urgence une évidence de la foi catholique : la Mère de Jésus est aussi notre Mère (Jn 19,27), et Elle a reçu « mission » de veiller sur nous pour nous tourner vers son Fils… Elle est donc là, au cœur de nos vies, avec son indicible disponibilité maternelle !

Mais sans l’ouverture de la prière, nous la laissons à la porte de nos cœurs. En négligeant de prier son chapelet dans la force de la foi et la ferveur de l’espérance, nous renonçons au combat et déposons les armes, déjà vaincus…

C’est pourquoi Elle nous dit, comme au Padre Pio : « Prends ton arme et sers t’en ! » Ce langage guerrier est un appel au combat spirituel et signifie que le Rosaire cette « armure de Dieu » évoquée par Saint Paul :

En effet, « pour pouvoir résister aux manœuvres du Diable », nous devons lutter « non contre des adversaires de sang, mais contre les principautés, les puissances, les régisseurs de ce monde de ténèbres, contre les esprits du mal qui habitent les espaces célestes » (Ep 6,10-13). Cela signifie que la vie chrétienne n’est pas un long fleuve tranquille, mais qu’elle est le lieu d’une lutte constante. Sainte Catherine de Sienne le laissait entendre avec réalisme : « Sans guerre, il n’y a pas de paix ! » Car la terre de notre cœur est encore assaillie par l’Ennemi de la paix qui veut l’occuper… Et dans ce combat spirituel de chaque jour, le chapelet est l’Arme des pauvres et des petits que nous sommes tous !

Péguy en était persuadé quand il faisait dire au Seigneur :

« Récite ton chapelet, dit Dieu…

Et ne te soucies point de ce que raconte tel écervelé :

Que c’est une dévotion passée et qu’on va abandonner.

Cette prière-là, je te le dis,

est un rayon de l’Evangile…

Ce que j’aime dans le chapelet, dit Dieu,

c’est qu’il est simple et qu’il est humble,

comme fut mon Fils, comme fut sa Mère[1]… »

Depuis tant d’années, la Vierge nous demande « d’abord » cette fidélité à « son » Arme : là, s’exerce la persévérance des pécheurs où le Rosaire devient peu à peu l’apprentissage de la douceur… En effet, inspiré par l’amour, il commence dans l’humilité et se creuse dans la patience pour nous conduire à la paix. Jour après jour, Marie nous façonne mystérieusement à l’image de son Fils, doux et humble de Cœur (Mt 11,29). Et sur ce chemin, l’Esprit, peu à peu, ouvre une brèche dans notre cœur de pierre. C’est un itinéraire où, Ave après Ave, Marie nous fait entrer dans la douceur Trinitaire en nous y adaptant avec tendresse :

« On parle de la « douceur déchirante » des couchers du soleil, de certaines musiques… Mais la douceur de Dieu est infiniment plus déchirante… et en même temps, c’est la béatitude ! Demandons la joie d’être déchiré par l’appel de l’Amour… Pour nous y aider, Dieu nous offre la Sainte Vierge… Elle est une invention et un don de Dieu, un geste par lequel Il veut adoucir les douleurs[2]… »

Ainsi, le Rosaire est l’Arme des doux et il fait de nous des « artisans de paix » (Mt 5,9). En ces temps actuel où la paix sociale et la paix mondiale sont menacées comme jamais… cette prière mariale quotidienne est notre premier engagement pour la paix : nous ne pourrons affronter les terribles défis actuels qu’avec la paix du Christ dans le cœur et la douceur de Marie dans le regard…

+Marie-Mickaël

 

 

[1] Charles Péguy, « Chantre de Chartres ».

[2] M.D. Molinié, Qui comprendra le Cœur de Dieu ? Saint Paul 1994, p.14-   16.