Message de la Reine du Rosaire donné à Gisella, le 11 octobre 2025

Enfants bien-aimés, précieux enfants de Mon Cœur, je vous explique pourquoi la Consécration à Mon Cœur Immaculé est importante. Par la Consécration et la récitation du Rosaire, vous Me permettez d’entrer dans vos vies et vos foyers. Je pourvoirai à tout si vous Me le demandez avec un cœur rempli d’Amour en Dieu.
Enfants, votre foi et votre amour facilitent les choses à Dieu. Mes enfants, il aurait mieux valu que les Iscariotes ne soient jamais nés ! Que de trahisons… même de la part de membres de l’Église elle-même, mais vous serez sauvés grâce à votre foi inébranlable.
Soyez toujours forts ! Vivez chaque jour comme si c’était le dernier. Des épées transpercent encore Mon Cœur Immaculé pour les sept péchés les plus graves (orgueil, envie, colère, paresse, cupidité, gourmandise et luxure).
Enfants, confessez-vous souvent… ! Les temps difficiles sont déjà là, mais beaucoup sont encore liés aux affaires du monde. Votre charité réjouit toujours le Ciel. Une pluie de grâces descendra sur vous aujourd’hui.
Je vous bénis, au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit !




En 1914 la Vierge a barré la route de Paris aux Allemands et 100 000 hommes l’ont vue (I)

La bataille de la Marne s’est déroulée du 5 au 8 septembre 1914 durant la Première Guerre mondiale. Après l’échec du plan Joffre en Lorraine, l’échec de la bataille des frontières, l’invasion et la retraite, l’armée française recule et il semble que rien ne pourrait la sauver du désastre. Or la 1ère armée allemande de Von Klück, chargée d’investir Paris, décida soudain de délaisser la ville pour poursuivre les forces françaises qu’il estimait en déroute. Et pourtant, très étonnamment, l’armée allemande perdit la bataille sur la Marne, le 8 septembre 1914.

Le journal catholique Le Courrier de la Manche du dimanche 14 janvier 1917 a publié un article citant des sources allemandes dignes de foi puisqu’il s’agit d’un prêtre et de deux officiers qui racontent que la Vierge a barré la route de Paris et que 100 000 hommes l’ont vue, mais devaient se taire sous peine d’être fusillés. Le récit explicite bien le retournement inespéré de la bataille de la Marne qui tient du miracle puisqu’il se produit entre le premier vendredi de septembre et l’octave de la Nativité de la Vierge Marie : ce premier vendredi de septembre, l’armée allemande se détourna soudain de la capitale pour aller se faire battre sur les bords de la Marne ! Oui, Montmartre a été la citadelle inexpugnable qui a protégé Paris.

Le pape Saint Pie X l’avait en quelque sorte prophétisé lorsque, recevant le 10 avril 1910 les pèlerins français, il leur avait dit ces paroles souvent rappelées dans le Bulletin du Vœu National : « Ne perdez jamais confiance dans la Providence mais priez le Sacré-Cœur de Jésus qui garde la France du haut de Montmartre. »

Le 3 janvier 1915, un prêtre allemand blessé et fait prisonnier à la bataille de la Marne, est mort dans une ambulance française où se trouvaient des religieuses. Il leur dit : « Comme soldat, je devrais garder le silence, comme prêtre, je crois devoir dire ce que j’ai vu. Pendant la bataille de la Marne, nous étions surpris d’être refoulés car nous étions légion, comparés aux Français et nous comptions bien arriver à Paris. Mais nous vîmes la Sainte Vierge toute habillée de blanc avec une ceinture bleue, inclinée vers Paris… elle nous tournait le dos et de la main droite, semblait nous repousser… Cela je l’ai vu et un grand nombre des nôtres aussi ».

Le Courrier de la Manche, journal du dimanche 14 janvier 1917




Les lumières de l’Hostie et les flammes du Cœur de Jésus passent par le Cœur immaculé de Marie

La Bienheureuse Dina Bélanger raconte : « Notre-Seigneur, Homme-Dieu, me fit voir son Cœur adorable dans l’Hostie sainte. Je ne regardai pas son Visage sacré, mais son Cœur et l’Hostie me captivaient.

Les deux, son Cœur et l’Hostie, étaient parfaitement unis, tellement l’un dans l’autre que je ne puis pas expliquer comment il m’était possible de les distinguer l’un de l’autre.

De l’Hostie, émanait une immensité de rayons de lumière. De son Cœur, jaillissait une immensité de flammes, lesquelles s’échappaient comme en torrents pressés. La Très Sainte Vierge était là, si près de Notre-Seigneur qu’elle était comme absorbée par lui et, pourtant, je la voyais distinctement de lui. Oh ! Qu’elle était pure !

Toutes les lumières de l’Hostie et toutes les flammes du Cœur de Jésus passaient par le Cœur immaculé de la Très Sainte Vierge.

Notre-Seigneur me dit : “Oui, faites-moi régner par Jésus-Marie”. À cette vue, à ces paroles, toujours intérieurement, à genoux, je tombai prosternée, comme anéantie d’amour en présence de mon Dieu, et avec un accent de supplication que je ne connaissais pas, je dis : “ô Cœur Eucharistique de Jésus, je t’en supplie, par Notre-Dame du Cœur Eucharistique, règne dans toutes les âmes comme tu le veux.” »

Bienheureuse Dina Bélanger (1898-1929)

Religieuse, pianiste et musicienne canadienne membre de la congrégation des Religieuses de Jésus-Marie. Québec




L’invincible douceur du Rosaire pour la Paix !

« Heureux les doux car ils posséderont la terre ! »

Matthieu 5,4

       Il faut se souvenir ici de « l’avertissement » marial donné à Saint Padre Pio lors d’un rêve inoubliable où il était en danger de mort… la Vierge lui dit avec force : « Ne crains rien, je suis là ! Prends ton arme et sers-t’en ! » L’arme dont il s’agit ici n’est pas un revolver ou une kalachnikov, mais bien sûr un chapelet : la seule puissance qui peut arrêter toutes sortes de guerres et rétablir la paix dans les cœurs et dans le monde ! Souvenons-nous ici de la parole prophétique de Sœur Lucie de Fatima : « Depuis que la Très Sainte Vierge a donné une grande efficacité au chapelet, il n’y a pas de problème matériel ou spirituel, national ou international, qui ne puisse être résolu par le chapelet et nos sacrifices ! »

Dans ces paroles de la Vierge à Padre Pio, comme dans celles de sœur Lucie, est révélé le secret de la victoire sur les forces du mal et de la division. Le 13 mai 1917, à Fatima, Notre Dame n’avait-t-elle pas promis la fin de la première guerre mondiale : « Je suis du Ciel… récitez le chapelet tous les jours, pour obtenir la paix pour le monde ! » Et en passant par la victoire de Lépante[1] et tant d’autres prodiges… laissons-nous émerveiller par la douce puissance du Rosaire de la Vierge ! Par le Notre Père l’Ave et le Gloria,  cette prière mariale n’est-elle pas la plus évangélique ? Et face au défi de la disparition de notre civilisation chrétienne évoqué par Philippe de Villiers[2], la survie jusqu’à la Renaissance viendra par le « réveil » de la prière du Rosaire de Marie[3]

Alors, face aux tentations de lâcher cette prière ou de la prier trop mécaniquement, sans attention du cœur, soyons persuadés que le chapelet est l’arme secrètement puissante et invincible… car elle est le « cri » des pauvres et des petits qui triomphe sur les forces du Mal ! Péguy en était persuadé quand il faisait dire au Seigneur :

« Récite ton chapelet, dit Dieu !

Et ne te soucie pas de ce que raconte tel écervelé :

Que c’est une dévotion passée qu’on va abandonner…

Cette prière-là, je te le dis,

Est un rayon de l’Evangile ;

On ne la changera pas…

Ce que j’aime dans le chapelet, dit Dieu,

C’est qu’il est simple et qu’il est humble,

Comme fut mon Fils,

Comme fut sa Mère[4]… »

N’oublions donc jamais que le Rosaire n’est pas simplement une dévotion répétitive, mais qu’il est par excellence au quotidien « l’apprentissage de la douceur » : à travers lui, Marie nous façonne à l’image de Jésus « doux et humble de cœur » (Mt 11,29). En effet, inspiré et traversé  par l’amour, il commence dans l’humilité, se creuse dans la patience pour nous conduire à la paix rayonnante. C’est un chemin simple et mystérieux où, peu à peu, L’Esprit ouvre une « brèche » dans notre cœur de pierre. C’est un itinéraire où, Ave près Ave, la Vierge nous emporte dans le mystère de la « douceur trinitaire »…  elle va d’ailleurs opérer dans notre cœur de pécheur un terrible conflit :

« Le cœur de pierre et le cœur de chair souffrent l’un par l’autre. L’amour souffre d’étouffer dans notre cœur de pierre, qui souffre à son tour d’être attaqué du dedans et finalement « déchiré » par la douceur de Dieu ! Déchirement inexprimable dont parle Saint Paul : « Nous gémissons dans les douleurs de l’enfantement avec des gémissements ineffables… » (Rm 8,26). On parle de la « douceur déchirante » des couchers de soleil, de certaines musiques. Mais la douceur de Dieu est infiniment plus déchirante et en même temps, c’est la béatitude ! Demandons la joie d’être déchiré par l’appel de l’Amour… Pour nous y aider, Dieu nous offre la Sainte Vierge. Elle ne nous dispensera pas des douleurs, mais nous évitera celles que nous ajoutons par notre faute. Elle est une invention et un don de Dieu, un geste par lequel Il veut adoucir les douleurs[5]… »

Cette approche si juste du combat spirituel nous laisse « entrevoir » la profondeur mariale de la seconde béatitude évangélique : « Heureux les doux car ils posséderont la terre ! » (Mt 5,4). J’ai toujours pensé que cette béatitude était secrètement « mariale », liée à la terre du Cœur de Marie. Si nous l’habitons par la fidélité au Rosaire, nous serons travaillés, purifiés, adoucit et enflammés par l’œuvre du Saint Esprit… Qui dira la puissance « cachée » du Rosaire de Marie ? Elle est un mystère de pauvreté, de douceur et de paix opéré par la Vierge au fond de nos cœurs…

                                                                                                   +Marie-Mickaël

 

[1] La Fête de Notre-Dame du Rosaire fut instituée par le Pape Saint Pie V en la Fête de « Notre-Dame de la Victoire » (1571) en action de grâces pour « la victoire de Lépante » où : face à une flotte musulmane supérieure, les forces chrétiennes nettement désavantagées furent victorieuses ! De fait, le Pape Pie V avait appelé de Rome toute l’Europe à prier le chapelet pour la victoire, tandis que lui avait rassemblé une foule à Rome priant le Rosaire ! C’est une victoire décisive et historique car elle a empêché l’invasion islamique de toute l’Europe… Ne sommes-nous pas confrontés au même défi encore plus grave aujourd’hui sur notre propre terre européenne ?

[2] Voir son livre « Mémoricide », Fayard 2024.

[3] Je sais qu’il existe déjà bien des mouvements marials de qualité qui prient le chapelet pour la paix du monde… mais Il faut créer « d’urgence » en France et dans les autres nations européennes une immense « Communion mondiale de Rosaire quotidien » pour la  conversion évangélique des nations chrétiennes décadentes et celle de l’invasion islamique ! Cela commence dans les familles, les consacrés sous différentes formes, les paroisses, les mouvements de jeunes, les entreprises, les sanctuaires et lieux marials majeurs ou cachés : partout doit monter vers Dieu le Rosaire mondial du combat quotidien pour triompher du mondialisme transhumaniste et de la colonisation musulmane !

[4] Charles Péguy, « Chantre de Chartres ».

[5] Marie Dominique Molinié, Qui comprendra le Cœur de Dieu ? Saint-Paul 1994, p.114-116.




Mon Coeur Immaculé sera ton refuge…

« Ma fille, je ne t’abandonnerai jamais ! Mon Cœur Immaculé sera ton refuge et le chemin qui te conduira jusqu’à Dieu. »

La Sainte Vierge à Lucie
Fatima 13 juin 1917




Canonisation de Bartolo Longo, l’apôtre du Rosaire

Bartolo Longo -DR
Bartolo Longo -DR
« Sa canonisation est une déclaration d’amour que Dieu fait à l’humanité. Même celui qui fut prêtre de Satan a pu devenir saint : c’est le triomphe absolu de la miséricorde. »

Le 19 octobre 2025, le pape Léon XIV proclamera saint Bartolo Longo, fondateur du sanctuaire de la Vierge du Rosaire de Pompéi. Celui que l’on surnommait autrefois “le prêtre de Satan” sera élevé aux autels de l’Église, au terme d’un parcours de conversion unique dans l’histoire du christianisme. De l’occultisme à la sainteté, la vie de Bartolo Longo révèle la puissance absolue de la miséricorde divine.

Né à Latiano, dans les Pouilles, le 11 février 1841, Bartolo Longo perd sa mère à dix ans et s’éloigne de la foi. Étudiant en droit à Naples, il plonge dans les milieux anticléricaux, rationalistes et maçonniques qui, dans l’Italie unifiée, rejettent violemment l’autorité du pape. Séduit par le spiritisme, il assiste à des séances occultes et participe à des rituels sataniques où la messe catholique est tournée en dérision.Selon plusieurs témoignages et sources hagiographiques, Longo fut même “consacré prêtre satanique”, c’est-à-dire initié à un rituel de parodie sacrilège de la prêtrise catholique. Il s’enfonça alors dans la drogue, la paranoïa et la dépression, vivant dans une terreur spirituelle permanente. Son propre témoignage, repris plus tard par les Dominicains, évoque ces années comme une descente aux enfers : « J’étais un prêtre de Satan, perdu dans les ténèbres, mais Marie m’a tiré de l’abîme. »

En 1871, grâce à son ami Vincenzo Pepe, Bartolo rencontre le père Alberto Radente, un dominicain de grande sagesse. Ce dernier l’aide à confesser ses fautes et à renouer avec la foi catholique. Après un chemin de purification intérieure, il entre dans le Tiers Ordre dominicain sous le nom de frère Rosario. Dès lors, sa vie change radicalement. Il devient un homme de prière et de pénitence, animé d’une certitude : seule la Vierge Marie pouvait sauver ceux que le démon avait séduits.En 1872, alors qu’il se trouvait dans la vallée de Pompéi, Bartolo Longo entendit une voix intérieure lui dire : « Si tu cherches le salut, répands le Rosaire. Celui qui répand le Rosaire est sauvé. » À partir de ce jour, il consacra sa vie à la diffusion du Rosaire. Il enseigna la prière aux paysans, restaura une chapelle abandonnée, puis entreprit la construction du Sanctuaire de Notre-Dame du Rosaire de Pompéi, qui devint un centre spirituel mondialement connu.

Il fonda aussi des orphelinats, un hospice pour les enfants de prisonniers, la communauté des Filles du Saint Rosaire de Pompéi, ainsi que le journal Il Rosario e la Nuova Pompei. Sous son impulsion, Pompéi devint une véritable cité chrétienne : écoles, hôpital, logements ouvriers et structures sociales y virent le jour. Le pape Léon XIII encouragea personnellement ses initiatives, admirant sa ferveur et son apostolat. À la fin de sa vie, Bartolo Longo fit don de tous ses biens au Saint-Siège, préférant mourir dans la pauvreté. Il s’éteignit à Pompéi, le 5 octobre 1926, à 85 ans, assisté de son ami, le futur saint Joseph Moscati.Jean-Paul II le béatifia le 26 octobre 1980, le proclamant « véritable apôtre du Rosaire ». Dans sa lettre apostolique Rosarium Virginis Mariae (2002), le pape polonais le cita à cinq reprises, soulignant son rôle unique dans la redécouverte de la prière mariale.

Le 18 juin 2024, le prélat de Pompéi adressa au pape une supplique demandant sa canonisation sans reconnaissance de miracle, invoquant la ferveur universelle des fidèles. Le 24 février 2025, alors qu’il était hospitalisé à la clinique Gemelli, le pape François signa le décret de canonisation. Après son décès le 21 avril 2025, son successeur, le pape Léon XIV, confirma la date : Bartolo Longo sera canonisé le 19 octobre 2025, aux côtés de Pier Giorgio Frassati et d’autres bienheureux.Le jour de l’annonce officielle, les cloches du sanctuaire sonnèrent à toute volée. L’archevêque de Pompéi, MonseigneurTommaso Caputo, conduisit un Te Deum devant les reliques du fondateur. Prêtres, religieuses dominicaines, frères des Écoles chrétiennes, fidèles et pèlerins remplirent la basilique pour remercier Dieu. « Bartolo Longo est un père pour tous », déclara Mgr Caputo. « Sa canonisation est une déclaration d’amour que Dieu fait à l’humanité. Même celui qui fut prêtre de Satan a pu devenir saint : c’est le triomphe absolu de la miséricorde. »Mgr Caputo souligna encore : « Longo est un saint moderne, un précurseur de l’Église en sortie chère au pape François. Ses écrits, d’une étonnante modernité, parlent encore à l’homme du XXIe siècle. »

Pour l’Église, la canonisation de Bartolo Longo scelle une vérité fondamentale : aucun péché, si grand soit-il, ne peut surpasser la grâce de Dieu. Celui qui fut un jour prêtre du démon entre désormais dans la gloire comme serviteur de Marie. Il laisse à la postérité une prière devenue universelle, la Supplication à la Vierge de Pompéi, qu’il composa en 1883 et que Jean-Paul II qualifia de « chant d’espérance pour les âmes perdues ».« Le Rosaire, disait Bartolo Longo, est la douce chaîne qui nous relie à Dieu. » Le 19 octobre 2025, sur la place Saint-Pierre, le pape Léon XIV proclamera saint celui que le monde croyait perdu, rappelant à l’humanité entière que la lumière du Christ peut jaillir jusque du cœur des ténèbres.




« La prière est une condition posée par Dieu pour l’obtention des grâces »

L’Église proclame que les grâces uniques dont Marie a été comblée dans son Immaculée Conception étaient préparatoires à sa mission, à sa dignité de Mère de Dieu, de première prédestinée et de Reine des Anges. Nous retrouvons d’ailleurs cette pensée dans le nom même de Marie qui signifie entre autres « maîtresse », « souveraine. »

Le 13 janvier 1864, le père Louis-Edouard Cestac (1801-1868), fondateur de la Congrégation des Servantes de Marie au sanctuaire de Notre-Dame du Refuge, à Anglet, entre Bayonne et Biarritz (France), fut subitement frappé comme d’un rayon de clarté divine.

Il vit les démons répandus sur la terre, y causant des ravages inexprimables. En même temps, il eut une vision de Marie qui lui dit que les démons sont déchaînés dans le monde et que l’heure est venue de la prier comme Reine des anges et de lui demander de les envoyer pour combattre et terrasser les puissances de l’enfer.

« Ma Mère », dit le prêtre, « vous qui êtes si bonne, ne pourriez-vous pas les envoyer sans que l’on vous le demande ? »

« Non, » répondit la Mère de Dieu, « la prière est une condition posée par Dieu même pour l’obtention des grâces. »

blog.croix-glorieuse.org




Vendée Globe : « Grâce à Elle j’ai trouvé une paix intérieure »

Arrivé le 4 mars aux Sables-d’Olonne, le navigateur Fabrice Amedeo a terminé à la 32e et dernière place au Vendée Globe 2024-2025. Après 114 jours d’un long périple, 20 de plus que le temps qu’il pensait nécessaire pour boucler son tour du monde en solitaire. « Et croyez-moi, quand on est sur l’eau depuis déjà trois mois, c’est énorme, souffle le navigateur. À la fin, c’est une vraie torture morale. Plus de bouffe, à l’arrêt sans le moindre vent et encore deux semaines à patienter, c’est l’enfer ». Dans ce moment difficile, il a vécu une expérience forte avec la Vierge Noire de Rocamadour, la patronne des marins du sanctuaire du Lot, qui l’a aidé à surmonter les moments difficiles.

La vie des marins a toujours été rude. Dans la Bible, déjà, la mer est le lieu de l’obscurité, de l’inconnu et de la mort. C’est un lieu de danger extrême où l’homme est confronté aux limites de ses seules ressources. En mer, aucune aide extérieure ne peut lui être apportée.

Après s’être tourné depuis le Moyen-Âge vers les saints, on se tourne à partir du XVIIIe siècle, vers la Vierge Marie, comme Notre Dame de la Garde à Marseille ou la Vierge noire à Rocamadour, la patronne des marins. Voilà pourquoi, avant le départ du Vendée Globe, après la bénédiction des skippeurs et des bateaux, une médaille de la Vierge de Rocamadour est offerte à ceux qui le souhaitent. « Pourquoi pas à moi aussi ? Cela ne peut pas me faire de mal ! Je n’ai pas grand-chose à perdre ».

Il n’avait jamais prié de sa vie mais face aux difficultés de navigation, il s’est mis à invoquer tous les jours, la Vierge de Rocamadour. « Grâce à Elle, j’ai trouvé une paix intérieure qui m’a aidé à surmonter les moments difficiles ».

À l’arrivée, les traits tirés mais visiblement heureux, il manifeste « une joie incroyable ». Ce sont ses mots. « C’est évident que ça a bouleversé mon rapport à la foi qui était jusqu’à présent inexistante. Parfois, les conditions de vie en mer sont vraiment dures mais ça vaut le coup d’avoir fait tout ça pour en arriver là. C’est une histoire qui va énormément me changer ».




« Lui ouvrir dès qu’il viendra ! »

« Soyez semblables à des gens qui attendent leur Maître à son retour de noces,

afin de lui ouvrir dès qu’il viendra et frappera !

Heureux ces serviteurs

que le Maître, à son arrivée, trouvera fidèles à veiller ! » (Luc 12,36-37)

     Dans les temps qui sont les nôtres, revenons d’urgence aux Evangiles des temps de la fin. Il ne s’agit pas d’une fuite vers l’avant…  mais d’une foi  habitée par le réalisme eschatologique de la Parole de Dieu : « Veillez donc, car vous ne savez pas quel jour va venir votre Maître ! » (Mt24,42). Car selon l’Evangile, la « Source » de l’Amour résonne à travers deux appels qui viennent frapper à notre porte : d’abord, l’appel au silence du cœur pour laisser résonner « le cri » de l’incessante prière vers la Présence cachée, mystérieuse, mais non moins réelle du Seigneur ressuscité. N’a-t-il pas affirmé avant de monter vers le Père : « Je suis avec vous tous les jours, jusqu’à la fin des temps !… » (Mt 28,20). « Veillez et priez en tout temps ! » (Lc 21,36). Et aussi cet autre appel, indissociable du premier, où s’accomplit la plénitude de l’amour de Dieu : « Celui qui n’aime pas son frère, qu’il voit, ne saurait aimer Dieu qu’il ne voit pas !… Si Dieu nous a tant aimés, nous devons nous aimer les uns les autres ! (1 Jn 4,20 et 11) Telle est la Parole de Dieu qui nous interpelle, puisque proclamée par le plus contemplatif des Apôtres !

Ainsi, à la suite des Apôtres et des premiers chrétiens, les Saints et les Saintes de tous les temps sont les témoins lumineux de ces deux absolus de l’Evangile. Ils furent tous de grands priants débordants de charité fraternelle ! Mais la vie de certains a mis plus en relief l’un ou l’autre appel : pensons à Saint Bruno, fondateur des Chartreux, qui, par toute sa vie, a témoigné de cette vocation contemplative où, dans la solitude du désert, Dieu révèle son Visage… Dans un appel au silence fondé sur l’Evangile, n’écrivait-il pas à son meilleur ami :

« Quelle utilité, quelle joie divine la solitude et le silence du désert apportent à qui les aime, ceux-là seuls le savent qui en ont fait l’expérience… Ici, on s’efforce d’acquérir cet œil dont le clair regard blesse l’Epoux d’amour et dont la pureté donne de voir Dieu ! Ici, on jouit d’un loisir sans oisiveté, on se repose dans une action tranquille. Ici, pour le labeur du combat, Dieu donne à ses athlètes la récompense désirée : une paix que le monde ignore et la joie dans l’Esprit-Saint. Telle est la meilleure part que Marie a choisie (Lc 10,42) et qui ne sera pas enlevée[1] ! »

Ecoutons maintenant un Saint Vincent de Paul qui fût pour les plus pauvres ce merveilleux visage du Christ : « Les âmes humbles, simples et charitables sur la terre, sont des soleils que Dieu dans le Ciel montrent aux bienheureux qui l’entourent… car dans l’autre monde, ce seront les pauvres qui ouvriront les portes à leurs bienfaiteurs[2] ! »

Quelles merveilles a fait naître l’Evangile pour nous tous dans l’histoire de l’Eglise ! Et il nous faut retrouver d’urgence cette indicible joie de veiller dans la prière et dans l’amour… avec ce bonheur d’attendre avec patience car nous n’avons qu’une vie pour dire à Dieu : « Je t’aime plus que tout ! » N’est-il pas notre Créateur et notre Sauveur ? Les Saintes et les Saints l’ont proclamé par toute leur vie : la persévérance dans « l’attente joyeuse » est le signe lumineux de la grâce et de l’élection ! Cela vient contredire avec force « l’immédiateté » consommatrice de notre civilisation décadente… car Il y a un « bonheur de la patience » fondé sur la force de l’humilité qui vient nous délivrer de l’orgueil de vouloir dominer toujours et partout ! Dans une entreprise comme dans une vie, ceux et celles qui ne voient que la performance deviennent inhumains… ils sont devenus incapables de cette « écoute miséricordieuse » qu’a eu le Christ avec les pauvres et les pécheurs que nous sommes tous !

Je pense ici à une remarque de sagesse sur la mission de Saint Jean Chrysostome qui affirmait :

« Dieu ne nous demande pas de réussir mais de travailler ! Or, notre travail ne sera pas moins récompensé parce qu’on ne nous aura pas écoutés… Le Christ savait bien que Judas ne se convertirait pas et pourtant jusqu’à la fin il essayait de le convertir, en lui reprochant sa faute dans les termes les plus touchants : « Ami, pourquoi es-tu venu ? » (Mt 26,50). Or, si le Christ, le modèle des pasteurs a travaillé jusqu’à la fin à la conversion d’un homme désespéré, que ne devons-nous pas faire pour ceux envers qui il nous est ordonné de toujours espérer[3] ! »

Cet élan de gratuité des « pauvres de cœur » est déjà l’œuvre de l’espérance : ils désirent sans cesse la victoire de la Lumière et de l’Amour… mais ils sont libres face à  l’immédiateté de l’issue et de la réussite que Dieu seul donnera par des chemins qui nous échappent ! Cela vaut autant pour la mission que pour la conversion : l’important n’est pas de réussir mais de se battre jusqu’au bout ! La Tradition de l’Eglise appelle ce trésor le don de la « persévérance finale ». Cela implique que notre cœur soit habité par « un incessant désir » qui soulève notre prière ! Car « le cœur qui crie » brûle d’un amour déjà éternel comme l’a admirablement découvert Saint Augustin :

« Tout mon désir est devant Toi ! » (Ps 37,10). Non pas devant les hommes qui ne sauraient voir le cœur ; mais c’est « sous tes yeux que sont mes désirs… Et mon Père qui voit dans le secret te le rendra ! »(Mt 6,6). Car ton désir, c’est ta prière ; et si ton désir est continuel, ta prière est continuelle. Aussi, n’est-ce pas en vain que l’Apôtre a dit : « Priez sans cesse ! » (1 Th 5,17)… mais je ne crois pas que nous puissions le faire sans relâche.  Il est cependant dans l’âme une autre prière incessante, qui est le désir. Quoi que tu fasses, tu ne cesses point de prier, si tu désires le repos du Ciel. Si donc tu ne veux pas interrompre ta prière, n’interromps pas ton désir. Un désir incessant est une voix continuelle. Te taire, ce serait ne plus aimer. Qui donc se sont tus ? Ceux dont il est dit : « Et comme l’iniquité se multiplie, la charité de beaucoup se refroidira ! » (Mt 24,12). La charité qui se refroidit, c’est le silence du cœur ; la flamme de la charité au contraire est le cri du cœur ! Si ta charité demeure fervente, tu cries toujours ; si tu cries sans cesse, tu désires toujours[4] ! »

Ainsi, comme l’affirme Saint Paul : « Espérer ce que nous ne voyons pas, c’est l’attendre avec constance ! » (Ro 8,25). Et c’est sans aucun doute l’œuvre mystérieuse de l’Esprit au plus profond de notre cœur : « L’Esprit vient au secours de notre faiblesse ; car nous ne savons pas prier comme il faut ; mais l’Esprit lui-même intercède pour nous en des gémissements ineffables… et Celui qui sonde les cœurs sait quel est le désir de l’Esprit et que son intercession pour les saints correspond aux vues de Dieu ! » (Ro 8,26-27).

                                                                                          +Marie-Mickaël

 

[1] Lettre à Raoul le Verd, Sources Chrétiennes, n° 88, p.71.

[2] Maximes spirituelles, 1576.

[3] Saint Jean Chrysostome (345-407), Commentaire Evangile de Saint Matthieu.

[4] Saint Augustin, Discours sur les psaumes, Psaume 37, n° 14, Tome1, Sagesses chrétiennes, Cerf 2007, p.553.




St Pie X : la puissance du chapelet

« Donnez-moi une armée qui récite le chapelet et je ferais la conquête du monde ».

Saint Pie X (pape de 1903 à 1914) 

 

Illustration : la Bataille de Lépante (sous St Pie V qui institua à la suite de la victoire la fête de Notre-Dame du Rosaire)