Partager la publication "L’invincible douceur du Rosaire pour la Paix !"
« Heureux les doux car ils posséderont la terre ! »
Matthieu 5,4
Il faut se souvenir ici de « l’avertissement » marial donné à Saint Padre Pio lors d’un rêve inoubliable où il était en danger de mort… la Vierge lui dit avec force : « Ne crains rien, je suis là ! Prends ton arme et sers-t’en ! » L’arme dont il s’agit ici n’est pas un revolver ou une kalachnikov, mais bien sûr un chapelet : la seule puissance qui peut arrêter toutes sortes de guerres et rétablir la paix dans les cœurs et dans le monde ! Souvenons-nous ici de la parole prophétique de Sœur Lucie de Fatima : « Depuis que la Très Sainte Vierge a donné une grande efficacité au chapelet, il n’y a pas de problème matériel ou spirituel, national ou international, qui ne puisse être résolu par le chapelet et nos sacrifices ! »
Dans ces paroles de la Vierge à Padre Pio, comme dans celles de sœur Lucie, est révélé le secret de la victoire sur les forces du mal et de la division. Le 13 mai 1917, à Fatima, Notre Dame n’avait-t-elle pas promis la fin de la première guerre mondiale : « Je suis du Ciel… récitez le chapelet tous les jours, pour obtenir la paix pour le monde ! » Et en passant par la victoire de Lépante[1] et tant d’autres prodiges… laissons-nous émerveiller par la douce puissance du Rosaire de la Vierge ! Par le Notre Père l’Ave et le Gloria, cette prière mariale n’est-elle pas la plus évangélique ? Et face au défi de la disparition de notre civilisation chrétienne évoqué par Philippe de Villiers[2], la survie jusqu’à la Renaissance viendra par le « réveil » de la prière du Rosaire de Marie[3]…
Alors, face aux tentations de lâcher cette prière ou de la prier trop mécaniquement, sans attention du cœur, soyons persuadés que le chapelet est l’arme secrètement puissante et invincible… car elle est le « cri » des pauvres et des petits qui triomphe sur les forces du Mal ! Péguy en était persuadé quand il faisait dire au Seigneur :
« Récite ton chapelet, dit Dieu !
Et ne te soucie pas de ce que raconte tel écervelé :
Que c’est une dévotion passée qu’on va abandonner…
Cette prière-là, je te le dis,
Est un rayon de l’Evangile ;
On ne la changera pas…
Ce que j’aime dans le chapelet, dit Dieu,
C’est qu’il est simple et qu’il est humble,
Comme fut mon Fils,
Comme fut sa Mère[4]… »
N’oublions donc jamais que le Rosaire n’est pas simplement une dévotion répétitive, mais qu’il est par excellence au quotidien « l’apprentissage de la douceur » : à travers lui, Marie nous façonne à l’image de Jésus « doux et humble de cœur » (Mt 11,29). En effet, inspiré et traversé par l’amour, il commence dans l’humilité, se creuse dans la patience pour nous conduire à la paix rayonnante. C’est un chemin simple et mystérieux où, peu à peu, L’Esprit ouvre une « brèche » dans notre cœur de pierre. C’est un itinéraire où, Ave près Ave, la Vierge nous emporte dans le mystère de la « douceur trinitaire »… elle va d’ailleurs opérer dans notre cœur de pécheur un terrible conflit :
« Le cœur de pierre et le cœur de chair souffrent l’un par l’autre. L’amour souffre d’étouffer dans notre cœur de pierre, qui souffre à son tour d’être attaqué du dedans et finalement « déchiré » par la douceur de Dieu ! Déchirement inexprimable dont parle Saint Paul : « Nous gémissons dans les douleurs de l’enfantement avec des gémissements ineffables… » (Rm 8,26). On parle de la « douceur déchirante » des couchers de soleil, de certaines musiques. Mais la douceur de Dieu est infiniment plus déchirante et en même temps, c’est la béatitude ! Demandons la joie d’être déchiré par l’appel de l’Amour… Pour nous y aider, Dieu nous offre la Sainte Vierge. Elle ne nous dispensera pas des douleurs, mais nous évitera celles que nous ajoutons par notre faute. Elle est une invention et un don de Dieu, un geste par lequel Il veut adoucir les douleurs[5]… »
Cette approche si juste du combat spirituel nous laisse « entrevoir » la profondeur mariale de la seconde béatitude évangélique : « Heureux les doux car ils posséderont la terre ! » (Mt 5,4). J’ai toujours pensé que cette béatitude était secrètement « mariale », liée à la terre du Cœur de Marie. Si nous l’habitons par la fidélité au Rosaire, nous serons travaillés, purifiés, adoucit et enflammés par l’œuvre du Saint Esprit… Qui dira la puissance « cachée » du Rosaire de Marie ? Elle est un mystère de pauvreté, de douceur et de paix opéré par la Vierge au fond de nos cœurs…
+Marie-Mickaël
[1] La Fête de Notre-Dame du Rosaire fut instituée par le Pape Saint Pie V en la Fête de « Notre-Dame de la Victoire » (1571) en action de grâces pour « la victoire de Lépante » où : face à une flotte musulmane supérieure, les forces chrétiennes nettement désavantagées furent victorieuses ! De fait, le Pape Pie V avait appelé de Rome toute l’Europe à prier le chapelet pour la victoire, tandis que lui avait rassemblé une foule à Rome priant le Rosaire ! C’est une victoire décisive et historique car elle a empêché l’invasion islamique de toute l’Europe… Ne sommes-nous pas confrontés au même défi encore plus grave aujourd’hui sur notre propre terre européenne ?
[2] Voir son livre « Mémoricide », Fayard 2024.
[3] Je sais qu’il existe déjà bien des mouvements marials de qualité qui prient le chapelet pour la paix du monde… mais Il faut créer « d’urgence » en France et dans les autres nations européennes une immense « Communion mondiale de Rosaire quotidien » pour la conversion évangélique des nations chrétiennes décadentes et celle de l’invasion islamique ! Cela commence dans les familles, les consacrés sous différentes formes, les paroisses, les mouvements de jeunes, les entreprises, les sanctuaires et lieux marials majeurs ou cachés : partout doit monter vers Dieu le Rosaire mondial du combat quotidien pour triompher du mondialisme transhumaniste et de la colonisation musulmane !
[4] Charles Péguy, « Chantre de Chartres ».
[5] Marie Dominique Molinié, Qui comprendra le Cœur de Dieu ? Saint-Paul 1994, p.114-116.

