Partager la publication "Les témoins d’aujourd’hui : Saint Charles de Foucauld"
Le Seigneur Jésus est « venu chercher et sauver ce qui était perdu… » (Lc 19,10) et il choquera les pharisiens d’hier et d’aujourd’hui qui se scandalisent : « Cet homme fait bon accueil aux pécheurs et il mange avec eux ! » (Lc 15,2). Et c’est alors que le Maître les enseigne avec la parabole de la brebis perdue… en concluant : « C’est ainsi qu’il y aura plus de joie dans le Ciel pour un seul pécheur qui se convertit, que pour 99 justes qui n’ont pas besoin de conversion ! » (Lc 15,7).
Charles de Foucauld a été cette brebis perdue comme il en témoigne dans ce texte bouleversant… et Jésus a pu dire de lui : « J’ai retrouvé ma brebis, celle qui était perdue ! » (Lc 15,6). Que ce témoignage d’un grand pécheur devenu un très grand Saint vienne nous délivrer de tout orgueil qui nous éloignerait de l’infinie miséricorde de Dieu : personne n’entrera dans le Royaume de Dieu sans l’humilité et l’espérance d’où peut naître l’Amour qui, seul, vient de l’Esprit ! Que la Vierge Marie nous enveloppe comme le Rosaire que Charles portait à sa ceinture et priait jour et nuit…
« Mon Dieu, comme vous m’avez gardé !… Que vous êtes bon ! »
Je m’éloignais, je m’éloignais de plus en plus de vous, mon Seigneur et ma Vie… et aussi ma vie commençait à être une mort, ou plutôt c’était déjà une mort à vos yeux. Et dans cet état de mort, vous me conserviez encore. Toute foi avait disparu… mais vous me faisiez d’autres grâces, mon Dieu, vous me conserviez le goût de l’étude, des lectures sérieuses, des belles choses, le dégoût du vice et de la laideur. Je faisais le mal, mais je ne l’approuvais ni ne l’aimais. Vous me donniez cette inquiétude vague d’une conscience mauvaise, qui endormie qu’elle est, n’est pas tout à fait morte…
Mon Dieu, c’était donc un don de vous ; comme j’étais loin de m’en douter ! Que vous êtes bon ! Et en même temps que vous empêchiez mon âme, par cette invention de votre amour, de se noyer irrémédiablement, vous gardiez mon corps : car si j’étais mort alors, j’aurais été en Enfer…
Ces dangers en voyage, si grands et si multipliés, dont vous m’avez fait sortir comme par miracle ! Cette santé inaltérable dans les lieux les plus malsains, malgré de si grandes fatigues ! O mon Dieu, comme vous aviez la main sur moi, et comme je la sentais peu ! Comme vous m’avez gardé ! Comme vous me couviez sous vos ailes lors que je ne croyais même pas à votre existence !
Saint Charles de Foucauld (1858-1916)
Retraite à Nazareth, novembre 1897

