Partager la publication "Les Saints du Carmel : Sainte Elisabeth de la Trinité"
Elisabeth est un visage inoubliable : sa beauté rayonnante, son charme humain, son amour de la vie et cet amour fou du Christ qui l’emportera au cœur du mystère de la Sainte Trinité… « blessée par l’Infini », elle nous interpelle en témoignant que la vraie vie d’en-Haut résonne aujourd’hui dans le silence : « N’entends-tu pas déjà le grand silence, l’hymne d’amour qui se chante là-haut ?… Celui des cœurs blessés par l’Infini ! » (Poésie 85). Laissons donc résonner en nos cœurs sa méditation sur la Vierge, qu’elle aimant tant voir comme la « Janua coeli » : la « Porte du Ciel » !
« Je me réjouis de sa beauté ! »
« Nul n’a vu le Père, nous dit Saint Jean, si ce n’est le Fils et ceux auxquels Il a plu au Fils de le révéler ! » (Jn 1,18 / Mt 11,27). Il me semble que l’on peut dire aussi : « Nul n’a pénétré le mystère du Christ en sa profondeur, si ce n’est la Vierge ! » Jean et Madeleine ont lu bien loin dans ce mystère, Saint Paul parle souvent de « l’intelligence qui lui en a été donnée » (Ep 3,3-4), et pourtant, come tous les Saints restent dans l’ombre quand on regarde aux clartés de la Vierge !
Elle, c’est l’inénarrable, c’est le « secret qu’elle gardait et repassait dans son cœur » (Lc 2,19) et que nulle langue n’a pu révéler, nulle plume n’a pu traduire ! Cette Mère de grâce va former mon âme afin que sa petite enfant soit une image vivante, « saisissante », de son premier-né (Lc 2,7), le Fils de l’Eternel…
Après Jésus-Christ, sans doute à la distance qu’il y a de l’Infini au fini, il est une créature qui fut aussi la grande louange de la gloire de la Sainte Trinité. Elle répondit pleinement à l’élection divine, dont parle l’Apôtre : elle fut toujours « pure, immaculée, irrépréhensible » (Col 1,22) aux yeux du Dieu trois fois saint. Son âme est si simple. Les mouvements en sont si profonds que l’on ne peut les surprendre. Elle semble reproduire sur la terre cette vie qui est celle de l’Être divin, l’Être simple. Aussi, elle est si transparente, si lumineuse qu’on la prendrait pour la lumière, pourtant elle n’est que le « miroir » du Soleil de justice : Spéculum justitiae !…
A chaque fête de Marie, je renouvelle ma consécration à cette bonne Mère. Aujourd’hui donc, je me suis confiée à elle, et de nouveau je me suis jetée dans ses bras. Avec la plus entière confiance, je lui ai recommandé mon avenir, ma vocation…
Oh ! jamais je ne l’ai tant aimée ! Je pleure de joie en pensant que cette créature toute sereine, toute lumineuse est ma Mère et je me réjouis de sa beauté comme un enfant qui aime sa Mère ; j’ai un mouvement très fort vers elle, je l’ai établie Reine et Gardienne de mon ciel et du tien… »
Sainte Elisabeth de la Trinité (1880-1906).
Dernière retraite 2 / 40 / Journal 2 / Lettre 298

