Partager la publication "Parmi les Evangiles, les prémices sont celui de Jean"
« Aucun des évangélistes n’a montré la divinité de Jésus d’une manière aussi absolue que Jean, qui lui fait dire : C’est moi la lumière du monde (Jn 8, 12), C’est moi le chemin, la vérité et la vie (Jn 14, 6), C’est moi la résurrection (Jn 11, 25), C’est moi la porte (Jn 10, 9), C’est moi le bon berger (Jn 10, 11), et dans l’Apocalypse, C’est moi l’alpha et l’oméga, le commencement et la fin, le premier et le dernier (Ap 22, 13).
Il faut donc oser dire que, de toutes les Ecritures, les Evangiles sont les prémices et que, parmi les Evangiles, les prémices sont celui de Jean, dont nul ne peut saisir le sens s’il ne s’est renversé sur la poitrine de Jésus (Jn 13, 25) et n’a reçu de Jésus Marie pour mère. Et, pour être un autre Jean, il faut devenir tel que, tout comme Jean, on s’entende désigner par Jésus comme étant Jésus lui-même. Car, selon ceux qui ont d’elle une opinion saine, Marie n’a pas d’autre fils que Jésus ; quand donc Jésus dit à sa mère : Voici ton fils (Jn 19, 26) et non « Voici cet homme est aussi ton fils », c’est comme s’il lui disait : « Voici Jésus que tu as enfanté ». En effet, quiconque est arrivé à la perfection ne vit plus mais le Christ vit en lui (Ga 2, 20) et puisque le Christ vit en lui, il est dit de lui à Marie : Voici ton fils, le Christ. »
Origène, Commentaire sur St Jean, I, 22-23 (Sources Chrétiennes, n° 120, Cerf, pp. 71-73).

Père de l’exégèse biblique. Né à Alexandrie vers 185 et mort à Tyr vers 253[1], c’est un théologien de la période patristique. Il est reconnu comme l’un des Pères de l’Église mais, contrairement à eux, il n’a pas été canonisé par l’Église catholique ni par l’Église orthodoxe, en raison de certaines de ses thèses qui furent rejetées par l’orthodoxie chrétienne.

