Partager la publication "Le silencieux Regard de la Miséricorde…"
« Ses yeux sont comme une flamme de feu ! »
Ap 1,14
« Prends ton Crucifix, regarde, écoute…
Avec quel amour Il te regarde ! »
Sainte Elisabeth de la Trinité
Etre chrétien, c’est croire à « une Présence mystérieuse » dans ce qui fait le quotidien de ma vie… C’est découvrir de plus en plus « le silencieux Regard » de Celui qui avec moi « tous les jours jusqu’à la fin du monde ! » (Mt 28,20). Et ce mystère de la foi est d’un absolu réalisme : je suis appelé à le vivre là où je suis, et pas ailleurs ! Tel est le réalisme des Saints qui ont vécu la grande aventure qui, seule, bouleverse une vie : suivre Jésus par un absolu regard de confiance jusqu’au bout de l’amour !
Alors, quel que soit ma situation ou mon appel, la foi me fait pressentir qu’Il est là, à la fois caché et présent, dans le mystère le plus profond de mon cœur… Saint Augustin le savait plus que tout :
« Ecoute le fond de ton être, il y a toujours Quelqu’un[1]… »
Tel est le fondement de « l’oraison silencieuse » où l’on se découvre toujours habité et regardé par Dieu qui est Amour (1 Jn 4,16) : la Vierge Marie, notre Mère, le savait mieux que personne et c’est pourquoi « Elle repassait en son Cœur » chaque évènement, chaque rencontre, chaque silence où, mystérieusement, Dieu lui parlait… (Lc 2,19).
Ainsi, sur les traces d’une Elisabeth de la Trinité, j’ai sans cesse à découvrir le sens contemplatif de ma vie chrétienne : « Croire qu’un Etre qui s’appelle l’Amour habite en moi à tout instant du jour et de la nuit [2]… » Et il m’est présent par cet incessant Regard posé sur moi et absolument tout ce qui fait ma vie :
« Dieu te regarde, qui que tu sois. Il t’appelle « par ton nom » (Jn 10,3). Il te voit et il te comprend, lui qui t’ fait. Tout ce qu’il y a en toi, il le sait : tous tes sentiments, tes pensées, tes inclinations, tes goûts, ta force et ta faiblesse. Il te voit dans tes jours de joie comme dans tes jours de peine ; il partage tes espoirs et tes tentations ; il prend à cœur toutes tes angoisses et tes souvenirs, tous les élans et tous les découragements de ton esprit ; il a compté tes cheveux. Il t’entoure de ses bras et te soutient…
Il contemple ton visage, dans le sourire ou les pleurs, dans la santé ou la maladie… Il entend ta voix, le battement de ton cœur et jusqu’à ton souffle… Ce n’est pas seulement que tu fais partie de sa Création, Lui qui a souci même des moineaux (Mt 10,29). Tu es un être humain racheté et sanctifié, tu es son enfant… Tu es un de ceux pour qui le Christ a offert au Père sa dernière prière et y a mis le sceau de son Sang précieux…
Qu’est-ce que l’homme, que sommes-nous, que suis-je, pour que le Fils de Dieu « ait de moi un si grand souci ? » (Ps 8,5). Que suis-je pour qu’il m’ait refait à neuf, et pour qu’il ait fait de mon cœur sa demeure[3] ? »
+Marie-Mickaël
[1] Saint Augustin, Commentaire sur le Psaume 102,2.
[2] Saint Elisabeth de la Trinité, Œuvres complètes, Lettre 330, p.785.
[3] Saint John Henry Newman, A Particular Providence as revealed un the Gospel, PPS vol.3, n° 9.

